• La femme la plus détestée d'Amérique

     

    Réalisé par Tommy O'Haver (2017)
    Avec Melissa Leo, Brandon Smith, Juno Temple

     Biopic qui retrace l'enquête policière sur la disparition de Madalyn Murray O’Hair, figure majeure de l'athéisme américain qui a fondé l'association American Atheists et qui s'est battue pour la séparation de l'Etat et de l'Eglise.

    --> Nouveau Biopic, le scénario manque un peu d'épices, mais ce film a le mérite de faire connaître Madalyn Murray O'Hair, activiste de l'athéisme américain. Elle obtint légalement l'interdiction de dire des prières dans les écoles publiques pour inconstitutionnalité. L'association, bénéficiaire de nombreux dons, elle plongea dans des placements à l'étranger. C'est ce qui lui valut son enlèvement par l'ancien directeur en charge de l'association, enlèvement avec son fils et sa petite fille qui tournera au meurtre. A voir.


    votre commentaire
  • Une merveilleuse histoire du temps

    Réalisé par James Marsh (2014)
    Avec Eddie Redmayne, Felicity Jones, Charlie Cox

     

    1963, Angleterre. L'histoire du physicien Stephen Hawking qui se bat contre la maladie de Charcot dont il est atteint, avec l'aide de sa femme, Jane Wilde.

    --> Un biopic simplement admirable parce que l'homme était hors norme et c'est peu dire.


    votre commentaire
  • Des fleurs pour Algernon

    Daniel Keyes

    "Si l'opération réussi bien je montrerai a cète souris d'Algernon que je peux être ossi un télijen quelle et même plus. Et je pourrai mieux lire et ne pas faire de fotes en écrivan et apprendre des tas de choses et être comme les otres." Charlie Gordon a 33 ans et l'âge mental d'un enfant de 6 ans. Il voit sa vie bouleversée le jour où, comme la souris Algernon, il subit une opération qui multipliera son Q.I. par 3. Charles va enfin pouvoir réaliser son rêve . devenir intelligent. Au jour le jour, il fait le compte rendu de ses progrès. Mais jusqu'où cette ascension va-t-elle le mener ?

    --> Expérience littéraire et émotionnelle mitigée: ce livre ne peut pas laisser indifférent. De la science fiction au service de la réflexion sur le progrès, la recherche et l'intelligence. De manière simple et efficace. Une manière d'aborder le QI originale. Malgré son âge, ce récit a très bien vieilli.


    votre commentaire
  • La belle époque

     

    Réalisé par Nicolas Bedos (2019)
    Avec Daniel Auteuil, Guillaule Canet, Doria Tillier

    Victor, un sexagénaire désabusé, voit sa vie bouleversée le jour où Antoine, un brillant entrepreneur, lui propose une attraction d’un genre nouveau : mélangeant artifices théâtraux et reconstitution historique, cette entreprise propose à ses clients de replonger dans l’époque de leur choix. Victor choisit alors de revivre la semaine la plus marquante de sa vie : celle où, 40 ans plus tôt, il rencontra le grand amour..

    --> Scénario surprenant, sorte de mise en abyme, ce film au casting renommé est à la hauteur de ses ambitions. Il fallait le faire, c'est habile.


    votre commentaire
  • Le consentement

    Vanessa Springora

    Au milieu des années 80, élevée par une mère divorcée, V. comble par la lecture le vide laissé par un père aux abonnés absents. A treize ans, dans un dîner, elle rencontre G. , un écrivain dont elle ignore la réputation sulfureuse. Dès le premier regard, elle est happée par le charisme de cet homme de cinquante ans aux faux airs de bonze, par ses oeillades énamourées et l'attention qu'il lui porte.
    Plus tard, elle reçoit une lettre où il lui déclare son besoin " impérieux " de la revoir. Omniprésent, passionné, G. parvient à la rassurer : il l'aime et ne lui fera aucun mal. Alors qu'elle vient d'avoir quatorze ans, V. s'offre à lui corps et âme. Les menaces de la brigade des mineurs renforcent cette idylle dangereusement romanesque. Mais la désillusion est terrible quand V. comprend que G. collectionne depuis toujours les amours avec des adolescentes, et pratique le tourisme sexuel dans des pays où les mineurs sont vulnérables.
    Derrière les apparences flatteuses de l'homme de lettres, se cache un prédateur, couvert par une partie du milieu littéraire.
    V. tente de s'arracher à l'emprise qu'il exerce sur elle, tandis qu'il s'apprête à raconter leur histoire dans un roman. Après leur rupture, le calvaire continue, car l'écrivain ne cesse de réactiver la souffrance de V. à coup de publications et de harcèlement.
    " Depuis tant d'années, mes rêves sont peuplés de meurtres et de vengeance. Jusqu'au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence : prendre le chasseur à son propre piège, l'enfermer dans un livre " , écrit-elle en préambule de ce récit libérateur.

    Plus de trente ans après les faits, Vanessa Springora livre ce texte fulgurant, d'une sidérante lucidité, écrit dans une langue remarquable. Elle y dépeint un processus de manipulation psychique implacable et l'ambiguïté effrayante dans laquelle est placée la victime consentante, amoureuse.
    Mais au-delà de son histoire individuelle, elle questionne aussi les dérives d'une époque, et la complaisance d'un milieu aveuglé par le talent et la célébrité.

    --> Un livre à la fois pesant et d'une certaine manière libérateur. Oser écrire l'indicible. Une "histoire" qui a ses témoins dont chacun peut en être par une recherche google. Ce livre peut être insupportable: pourquoi? Je laisse chacun trouver ses réponses dans son intimité comme dans sa conscience collective.
    Pour ma part, après avoir hésité, c'est sans regret aucun que j'ai découvert ce récit: il m'éclaire sur un sujet qui retombera d'actualité en septembre avec le procès Matzneff, il met sous les projecteurs les traits d'une époque qui me parle. Il me laisse également très admirative d'une femme qui nous donne à voir toute la difficulté de saisir la frontière entre consentement et abus, sans apitoiement. Cette frontière est une clé pour comprendre toutes les victimes de pédophilie, mais si difficile à exprimer.
    Dépassant l'intime, le grand public doit s'emparer de cette histoire: de Denise Bombardier décidée à s'en indigner sur le plateau d'apostrophes à Franck Riester qui prend la décision de soumettre le versement de l'aide pour rayonnement artistique et littéraire, cette histoire nous concerne tous.

    Citations:

    - Plus tard, avec un peu plus de maturité et de courage, j'opterai pour une stratégie différente: dire toute la vérité, avouer que je me sens comme une poupée sans désir, qui ignore comment fonctionne son propre corps, qui n'a appris qu'une seule chose, être un instrument pour des jeux qui lui sont étrangers.
    Chaque fois, la révélation se soldera par une rupture. Personne n'aime les jouets cassés.

    - Comment admettre qu'on a été abusé, quand on ne peut nier avoir été consentant ?

     


    votre commentaire
  • Paf!

    Jérôme Camil

    Une enquête qui ne manque pas de piquant ni de rebondissements...

    Une série de crimes inexpliqués fait trembler la ville. Heureusement, le célèbre commissaire Rustik et son fidèle assistant l'inspecteur Lipstik sont sur le coup ! Mais parviendront-ils à démasquer le coupable avant qu'il ne fasse de nouvelles victimes ?
    Un polar au suspense insoutenable... pour les petits !

    --> Comme elle est sympa cette petite enquête, joliment illustrée, sur une édition de qualité. On a envie d'en découvrir d'autres... cela pourrait inspirer une collection! J'ai beaucoup apprécié, merci à l'éditeur Alice (que je vais suivre....) et à l'opération masse critique !Et... moustiques, méfiez-vous.


    votre commentaire
  • Comment dire à son fils tant désiré qu'il est le plus formidable des petits garçons malgré le terrible diagnostic qui tombe comme un couperet : autisme, troubles psychomoteurs, inadaptation sociale...
    C'est le combat que va mener ce père, resté uni à sa femme malgré leur séparation, pour transformer ensemble une défaite annoncée en formidables petites victoires.

    --> Des graphismes déjà vus, mais capables de "porter des propos intimistes" comme l'exprime l'auteur Yvon Roy. Cette bande dessinée apporte un nouveau regard sur l'autisme. J'ai aimé le témoignage de l'auteur qui ne s'est pas toujours plié aux recommandations des "fonctionnaires" spécialistes et bienveillants sans pour autant les rejeter. Il a éduqué, suivant son intime conviction, et vient témoigner sans donner de préceptes absolus. A découvrir.


    votre commentaire
  • Sacrées sorcières

    Attention ! Les vraies sorcières sont habillées de façon ordinaire et ressemblent à n'importe qui. Mais elles ne sont pas ordinaires. Elles passent leur temps à dresser les plans les plus démoniaques et elles détestent les enfants. La Grandissime Sorcière compte bien les faire tous disparaître. Seuls un jeune garçon et son extravagante grand-mère semblent capables de l'en empêcher...

    Pénélope Bagieu, l'autrice de Culottées, met son talent au service du géant de la littérature jeunesse en adaptant le conte merveilleusement noir de Roald Dahl.

    --> Je n'ai pas lu ce classique jeunesse. J'ai passé un moment agréable avec son adaptation BD, mais surtout cela a déclenché en moi l'immense envie de parcourir l'oeuvre de Roald Dahl, pour les petits... et les grands!

     


    votre commentaire
  • Les brigades immunitaires

    Akane Shimizu

    Savez-vous ce qui se passe dans votre organisme quand de terribles microbes débarquent ? Des brigades immunitaires d’élite, toutes plus impitoyables les unes que les autres, sont chargées de les éradiquer pour protéger les autres cellules et les globules rouges…
    Pneumocoque, allergie, grippe, éraflure…
    Les batailles pour votre santé ne font que commencer !

    --> Un voyage original et éducatif dans le corps humain plutôt réussi. Ca vaut le coup de faire découvrir ce manga au plus grand nombre, lecteurs de mangas ou non.


    votre commentaire
  • Le grand A

    Xavier Bétaucourt - Jean-Luc Loyer

    L'Hypermarché est-il un ogre qui dévore et détruit tout sur son passage ou est-il source de développement ? Comment fonctionnent les filières d'approvisionnement ? Les producteurs locaux sont-ils les laissés-pour-compte de ce gigantisme ? Les clients sont-ils les victimes de la guerre économique liée au modèle de consommation ou en sont-ils les bénéficiaires ? Les hypermarchés sont-ils responsables de la malbouffe ? Le petit commerce et la vie des centres-villes sont-ils victimes ou coupables de ne pas s'être adaptés ?

     

    Citation:

    Mon oncle dit toujours que si on veut se faire une idée du genre humain...Ben c'est ici, dans les hypermarchés qu'il faut venir. Tout le monde y est représenté.

     


    votre commentaire
  • Dans les bois

    Emily Carroll

    Une cabane perdue dans la neige et des jeunes filles qui disparaissent tour à tour la nuit venue...
    Des monstres parasites cachés au fond des bois qui attendent la proie idéale pour faire ... leur nid.
    Emily Caroll nous livre un florilège de contes horrifiques à l’ambiguïté grinçante, et nous rappelle cette délicieuse sensation d'avoir peur, confortablement installé sous les couvertures, en toute sécurité.
    A moins que...

    --> J'aurais aimé être à la hauteur du travail de l'auteur, car à n'en pas douter il y en a. J'aime beaucoup l'univers graphique. En revanche, je ne suis pas du tout rentrée dans le scénario... au point d'abandonner, ce qui m'arrive rarement!


    votre commentaire
  • A 4 mètres du sol

    Scénario: Charlotte Erlih

    Raoul, beau gosse, look de bad boy, sort d'un petit pavillon moderne et sans âme. Il pousse un scooter flambant neuf que son père, entrepreneur en bâtiment, vient de lui offrir. Il part retrouver sa bande de potes : Jessica la punkette révoltée, Ludo le bon vivant et Aurélie la ravissante métisse que Raoul courtise un peu. L'arrivée d'un nouveau, Yohann, va bouleverser le groupe et remettre en question la suprématie de Raoul.
    Yohann est funambule, il tend des fils dans la forêt et marche à plusieurs mètres de hauteur, puis filme ses exploits : il se prépare à entrer dans une école de cirque. D'un tempérament doux, visage délicat et fin, Yohann ne s'oppose pas frontalement à Raoul… mais son caractère aérien et ses exploits de funambule suffisent à l'imposer dans le groupe. Raoul va tout faire pour le contrer… Finira-t-il par accepter qu'un autre le dépasse ?

    --> Raoul est fougueux et fier, il a sa bande et ses admirateurs. Son mépris est imposé et joue avec le cynisme. L'arrivée de Yohann va perturber cet équilibre et révéler toute la rage de Raoul. Cette bande dessinée est intéressante à bien des égards et mérite qu'on s'y intéresse. Le personnage de Raoul qui glisse sur la pente de la délinquance n'est pas du tout jugé sur cette voie. La bande de copain (collégiens) montre plutôt bien ce qu'on peut vivre à cette âge. Le père de Raoul est aussi un personnage intéressant: bienveillant mais pas laxiste. Bref, je trouve que le scénario de cette BD est plutôt fin sans en faire des tonnes. La couverture n'est pas représentative du graphisme général mais prend sens avec l'ensemble de l'histoire. On est proche de la pépite selon moi. 


    votre commentaire
  • Le monument aux Girondins

    --> Un petit livre qui a plutôt bien vieilli. On y retrouve l'histoire du Monument: l'idée germe en 1855. Une fontaine se référant aux mythes, avec le symbole de la rivière et glorifiant la République. Les Girondins révolutionnaires devaient être des symboles de la République. De symboles, cette oeuvre est généreuse et ce livre permet d'avoir les clés de lecture. Il est enrichi de photographies qui relatent notamment la sauvegarde en 1940 du monument mis à l'abri à Nantes, de son retour à Bordeaux, de son oubli sous le pont d'Aquitaine avant d'être réinstallé. Un bon petit livre pour découvrir ce Monument aux Girondins.


    votre commentaire
  • La tristesse de l'éléphant

    Nicolas Antona - Nina Jacqmin

    "La vie, c'est des étapes...
    La plus douce, c'est l'amour,
    La plus dure, c'est la séparation,
    La plus pénible, c'est les adieux
    La plus belle, c'est les retrouvailles."

    L'histoire se passe en France au début des années 60. Elle met en scène Louis, un jeune homme un peu rondouillard, pas le style de garçon qui plait aux femmes. Orphelin, il grandira jusqu'à sa majorité dans un orphelinat, élevé par les frères jésuites. Son embonpoint naturel et ses problèmes de vue ne plaident pas en sa faveur lors de l’adoption, il verra ses camarades partir les uns après les autres. De toute façon, il n’a pas vraiment d’amis, Louis est le souffre-douleur de tous.
    Les seuls bons moments que connait Louis, sont ceux qu'il passe dans le cirque Marcos qui vient planter son chapiteau dans un terrain vague de la ville. Là, tout s'illumine en lui, il sourit, il s'égaie, et puis il y Clara, la dompteuse d'éléphants. Clara, magnifique, qui au gré des retours du cirque dans la ville devient sa confidente, son amie, son amante...
    Clara s’éprend de Louis et quittera sa famille et son cirque pour vivre avec lui.
    Ils connaîtront des jours heureux et insouciants...

    --> Il est des histoires, simples, qui vous tirent une larme. La tristesse de l'éléphant est de celles-là. Les dessins (au pastel, crayons?) emmènent notre imaginaire à croire à cette tendre bien que douloureuse histoire de Louis. A l'image de l'histoire de Louis, les couleurs suivent parfaitement le récit et le renforcent. Un complément texte/image qui m'a particulièrement marqué.


    votre commentaire
  • Graffiti Général

    Du célèbre terrain vague de la Chapelle qui a vu naître le graffiti en France dans le milieu des années 1980 aux multitudes de galeries à ciel ouvert que représentent encore les nombreux chantiers et bâtiments désaffectés du site, Karim Boucherka a mené une étude qui passe en revue plus de trente ans d'art urbain. Elle culmine avec le gigantesque bâtiment des Magasins généraux de Pantin qui,laissé à l'abandon depuis 2004, est devenu le terrain de jeu des graffeurs du monde entier. Pour confronter le lecteur à la majesté des lieux, le livre s'appuie sur le travail des photographes Meffre et Marchand qui se sont fait connaître par leur travail sur les ruines de Détroit. Avec son grand format et sa jaquette-poster, ce livre est un incontournable qui ravira les nombreux amateurs de street-art.

    --> Un grand format qui met en valeur le travail des photographes Marchad et Meffre. On y découvre dans une première partie la friche industrielle des magasins généraux, porte de Pantin: recouverte de graffs, celle-ci est impressionnante. Une histoire du graff parisien occupe la deuxième partie et des places sont mises en valeur: Stalingrad, les grands murs et l'extension du graff à tout terrain ouvert pour s'achever par un chapitre "L'été du canal" pendant lequel Artof Popof, DaCruz et Marko, les graffeurs du collectif Podama se sont emparés du bâtiment avec leurs invités. Enfin, une dernière partie est consacré à la restauration de ce bâtiment. Le tout est photographié. Un livre à découvrir!


    votre commentaire
  • Le 30 novembre 2016, Granville est parcourue d'un frisson particulier : surprise profonde, joie immense et choc émotionnel, le Carnaval de Granville est désormais inscrit à l'UNESCO au titre du patrimoine culturel immatériel ! Il n'en fallait pas plus au duo Jacques Bougeard et Jean-Louis Goëlau pour reprendre la plume et produire « Granville, un carnaval à l'UNESCO ». Quel meilleur moyen de fêter la consécration de la fête séculaire qui anime le territoire tous les ans en février ou mars ? 17 ans après « Mémoires de Carnaval », ce nouvel ouvrage donne un autre visage au Carnaval et rend hommage à ceux qui, depuis si longtemps, en assurent l'organisation et la pérennité dans le temps. On ne va pas « au carnaval de Granville », on va « à Carnaval ». On ne « participe pas au carnaval de Granville », on « fait Carnaval ». « Granville, un carnaval à l'UNESCO » permet à chacun, granvillais ou non, carnavalier ou pas, de comprendre ce qu'est un carnaval, où celui de Granville prend ses origines et comment il fut possible d'acquérir une telle notorieté, reconnue désormais à l'échelon international. Les auteurs mettent également en perspective les liens du Carnaval avec l'actualité, qu'elle soit locale ou nationale, puis présentent ceux qui font carnaval, entre copains, en famille ou par quartiers. Richement illustré, cet ouvrage est une ode au Carnaval de Granville. Souvent malmené, parfois en danger, le Carnaval a toujours su renaître des cendres du roi précédent et s'adapter aux évolutions du temps et de la société dont il dresse une image souvent satirique, toujours drôle.


    votre commentaire
  • Strange fruit

    Chatterlee,1927. Le fleuve Mississipi est en crue et menace de dévaster des villes entières. Des villes qui ont vécu il n'y a pas si longtemps encore de la richesse des plantations de coton où l'esclavage était de mise. Un être venu d'ailleurs aux pouvoirs extraordinaires descend littéralement du ciel et fait irruption au milieu de cette catastrophe naturelle. Sa peau est noire...

    --> Quels dessins! Je ne lis habituellement pas de comics et j'ai été littéralement séduite par le travail de J.G.Jones, mis en valeur dans la postface par une gallerie d'illustrations. Le thème est accrocheur: la grande crue de 1927 dans le Mississipi et le témoignage des tensions raciales qui régnaient. Pas sûr que l'histoire soit représentative de ce que l'on trouve dan les comics, mais ce fut pour moi une excellente manière d'entrer dans le genre.


    votre commentaire
  • Les vermeilles

    Camille Jourdy

    Beau temps pour un pique-nique ! Pas pour Jo, la cadette, qui fuit sa famille recomposée le temps de se perdre dans une forêt mystérieuse, loufoque et pleine de vermeilles.

    Camille Jourdy offre aux jeunes lecteurs un récit initiatique de haute voltige.

    Ouvrage récompensé pour ses illustrations de la Mention prix BolognaRagazzi 2020, à la Foire du livre de jeunesse de Bologne. (catégorie Comics - Middle Grade)

    --> Cette bande dessinée aux couleurs douces m'a fait pensé à la nostalgie du goût sucré des sucres d'orge. C'est une plongée dans les jeux d'enfants, "et si on faisait comme si...". Je me suis laissée surprendre et c'est objectivement un petit bijou. Mais... je n'ai pas envie de sucre d'orge en ce moment. Ma note est totalement subjective: laissez-vous tenter par un voyage en enfance!


    votre commentaire
  • L'amie, la mort, le fils

    Anne Dufourmantelle a péri le 21 juillet 2017 pour sauver des enfants de la noyade en Méditerranée, dont le propre fils de l'auteur.Elle était psychanalyste, philosophe, romancière, auteure d’une œuvre reconnue de par le monde. Sa notoriété culturelle ne suffit pourtant pas à expliquer l’émotion considérable qui s’est répandue à l’annonce de sa mort, en France et au-delà, jusqu’auprès de gens qui ne l’avaient jamais lue ni entendue.Ce récit de chagrin livre le portrait d’une femme exceptionnelle, en même temps qu’il médite sur les rapports père-fils, l’origine du sacré et l’aura d’un être qui avait « la passion de l’amitié ».« Ses traits s’étiraient dès qu’elle voyait autrui heureux. Il n’y a pas beaucoup de gens qui nous donneraient envie d’être heureux rien que pour les rendre heureux. »

    --> Séduisant témoignage, intimiste, récit d'un drame qui touche et transforme à jamais ceux qui le vivent. J'ai abandonné ma lecture: d'autres livres m'attendaient.


    votre commentaire
  • Nous sommes tous des féministes

    Chimamanda Ngozi Adichie

    «Partout dans le monde, la question du genre est cruciale. Alors j'aimerais aujourd'hui que nous nous mettions à rêver à un monde différent et à le préparer. Un monde plus équitable. Un monde où les hommes et les femmes seront plus heureux et plus honnêtes envers eux-mêmes.

    Et voici le point de départ : nous devons élever nos filles autrement. Nous devons élever nos fils autrement.» Chimamanda Ngozi Adichie aborde le sujet controversé du féminisme avec lucidité, éloquence et humour.

    --> Après le séduisant Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie, je voulais en savoir plus sur l'auteure. Déception avec l'entrée dans le livre: une retranscription d'une conférence TED, avec son ton, et ses simplicités. Peut-être le contenu a-t-il vieilli, le message (tant mieux) connu... Beaucoup plus convaincante dans sa conférence. Témoignage plus qu'essai. En revanche j'ai apprécié la nouvelle "Les marieuses". Je retrouve l'auteure et sa narration, ou fiction et autobiographie se mêle très certainement... et le message passe mieux! 5 références bibliographique accompagnent ce petit livre: Madame de Lafayette, Denis Diderot, Olympe de Gouges, George Sand, Simone de Beauvoir. Hâte de retrouver l'auteure dans un nouveau roman.


    votre commentaire
  •  

    Réalisé par Lars Kraume (2018)
    Avec Leonard Scheicher, Jonas Dassler, Tom Gramenz
    Allemagne de l'est, 1956. Kurt, Theo et Lena ont 18 ans et s'apprêtent à passer le bac. Avec leurs camarades, ils décident de faire une minute de silence en classe, en hommage aux révolutionnaires hongrois durement réprimés par l'armée soviétique. Cette minute de silence devient une affaire d'Etat. Elle fera basculer leurs vies. Face à un gouvernement est-allemand déterminé à identifier et punir les responsables, les 19 élèves de Stalinstadt devront affronter toutes les menaces et rester solidaires.
     
    --> Wahouh... quel film. Adaptation d'un roman allemand Das schweigende Klassenzimmer de Dietrich Garstka. Inspiré d'un fait réel: une classe de terminale d'Allemagne de l'Est improvise une minute de silence en soutien au peule Hongrois opprimé. Ce n'est pas vu d'un bon oeil par le pouvoir politique communiste qui va oeuvrer à retrouver le leader. Mais la classe est soudée. Le film monte crescendo, le ministère mène son enquête et fait pression sur les élèves avec des mthodes dignes des heures noires des dictatures. Nous sommes en 1956... se mêle le douloureux héritage du nazisme, la politique communiste propagandiste, la désinformation, la délation, la manipulation, la censure, et le désir de liberté de pensée et d’expression ... un excellent film!  

    votre commentaire
  • Le fils

     

    Réalisé par Jean-Pierre et Luc Dardenne (2002)
    Avec Olivier Gourmet, Morgan Marinne, Isabelle Soupart

    Qui est ce garçon prénommé Francis ? Pourquoi Olivier qui a refusé de le prendre dans son atelier de menuiserie se met-il à le suivre dans les couloirs du Centre de formation, dans les rues de la ville, dans son immeuble ? Pourquoi est-il ainsi attiré par lui ? Pourquoi semble-t-il le craindre à ce point ?

    --> Filmé caméra à l'épaule: un film des frères Dardenne qui nous plonge dans les faits au delà des mots (cf. Rosetta). Les mouvements de caméra, incessants, semblent refléter les tourments absents des dialogues. Un film d'hommes sensibles. Un film social.

     


    votre commentaire
  • Le retour d'Antoinette

    Antoinette s’est fait sa place sous le soleil de Los Angeles. Elle cache à ses collègues sa nationalité. Bien qu’elle ne veuille jamais remettre les pieds en Allemagne, elle a pour habitude d’observer son village natal via une webcam. Quelle n’est pas sa surprise quand elle se voit passer nue sur l’écran. Est-ce un sosie ? Une hallucination ? Un retour au pays s’impose pour élucider cette apparition rocambolesque. Le malaise s’installe lorsqu’elle rejoint les lieux de son enfance où elle a été le souffre douleur de l’école. Elle revient et ils vont devoir payer pour tout le mal qu’ils lui ont fait.

    --> Bd prise au hasard du catalogue de la bibliothèque pour cause de drive lié aux conditions sanitaires, j'ai été attirée pas la couverture. La bd terminée, cette couverture s'avère parfaitement illustrer cette histoire riche en ellipse. Tout n'est pas dit, on laisse deviner. Pour une "énième" histoire de harcèlement, je l'ai trouvée différente, abordée d'un point de vue original, même s'il s'agit de la victime. Peut-être est-ce la possibilité de vengeance? Réussite au niveau graphique aussi. Je suis étonnée par la note moyenne des babelionautes. Un peu sévère à mon avis :)


    votre commentaire
  • Un divan à Tunis

     

    Réalisé par Manèle Labidi Labbé (2020)
    Avec Golshifteh Farahani, Maid Mastoura, Hichem Yacoubi

    Selma Derwish, 35 ans qui, après avoir exercé en France, ouvre son cabinet de psychanalyse dans une banlieue populaire de Tunis. Les débuts sont épiques, entre ceux qui prennent Freud et sa barbe pour un frère musulman et ceux qui confondent séance tarifée avec "prestations tarifées". Mais au lendemain de la Révolution, la demande s'avère importante dans ce pays schizophrène. Alors que Selma commence à trouver ses marques, elle découvre qu'il lui manque une autorisation de pratique indispensable pour continuer d'exercer…


    votre commentaire
  • Animaux cachés

    Lucile Piketty

    Qui se cache dans la végétation luxuriante de la jungle, sur les berges du fleuve ou dans la canopée?
    Soulève le décor pour découvrir l'animal qui y vit, en relief, comme un mobile, fascinant à observer dans l'écrin naturel de son habitat naturel...
    Un voyage hors du commun et passionnant à la découverte d'espèces animales à protéger à tout prix !

    --> Seulement 5 animaux cachés dans ce livre. "Seulement" 5, mais un bel objet et un joli jeu de devinette pour un bon moment de plaisir partagé. C'est un album qui me fait penser que l'objet livre peut cacher des ressources parfois ignorées.


    votre commentaire
  • Graines de bandits

    Yvon Roy

    "Trouver un lopin de terre intouché, un petit paradis. » C’est le bel objectif du père d’Yvon Roy quand il embarque femme et enfants dans leur Canada natal. Finalement, c’est dans une maison qui « sent le malheur à plein nez » que la famille va emménager. Qu’importe. Autour de la maison : tout un territoire à découvrir ; « comme si l’Amazonie était débarquée derrière chez nous ». « C’est notre mission de l’explorer et d’y amener la civilisation », affirme son frère à l'auteur. Une parenthèse intime à hauteur d’enfants où les souvenirs disent avec justesse ces moments d’évasion pour échapper à un quotidien difficile et au grand déchirement familial.

    --> C'est l'histoire de deux frères, fraîchement arrivés dans une Amérique rurale, avec leurs parents. Le terrain ne sera pas celui espéré, les conditions de vie ne ressemblent pas à la vie rêvée. Leurs parents prennent des chemins différents. Tout cela on le comprend, ce n'est pas le coeur du récit. Ce qui nous intéresse, ce sont les deux frangins. Les rivalités de pouvoirs, entre eux, avec les autres. Et un imaginaire d'enfatn qui permet d'échapper au quotidien qui nous dépasse. C'est là que l'auteur réalise une prouesse: on passe de ce que vivent les enfatns à leur monde imginaire tout en douceur, pour ensuite revenir à la réalité. Très bien écrit, les dessins sont en noir et blanc. C'est un Une BD qui donne envie d'en savoir plus sur l'auteur, je cours emprunter "Les petites victoires".


    votre commentaire
  • Otages intimes

    Jeannne Benameur

    Photographe de guerre, Etienne a toujours su aller au plus près du danger pour porter témoignage. En reportage dans une ville à feu et à sang, il est pris en otage. Quand enfin il est libéré, l'ampleur de ce qu'il lui reste à ré-apprivoiser le jette dans un nouveau vertige, une autre forme de péril. De retour au village de l'enfance, auprès de sa mère, il tente de reconstituer le cocon originel, un centre duquel il pourrait reprendre langue avec le monde. Au contact d'une nature sauvage, familière mais sans complaisance, il peut enfin se laisser retraverser par les images du chaos. Dans ce progressif apaisement, se reforme le trio de toujours. Il y a Enzo, le fils de l'Italien, l'ami taiseux qui travaille le bois et joue du violoncelle. Et Jofranka, l'ex petite fille abandonnée, avocate à La Haye, qui aide les femmes victimes de guerres à trouver le courage de témoigner. Ces trois-là se retrouvent autour des gestes suspendus du passé, dans l'urgence de la question cruciale : quelle est la part d'otage en chacun de nous ? De la fureur au silence, Jeanne Benameur habite la solitude de l'otage après la libération. Otages intimes trace les chemins de la liberté vraie, celle qu'on ne trouve qu'en atteignant l'intime de soi.

    --> Après Insurrections singulières puis Ceux qui partent, me voilà entraînée dans l'oeuvre de J. Benameur. Etienne est un otage nouvellement libéré. Sa liberté retrouvé, comment retrouver le passé, panser les plaies, surmonter le traumatisme de l'enfermement ou de ce dernier évènement qui a précédé l'enlèvement? Il y a des gens qui l'attende: sa mère, Irène, ses amis d'enfance Enzo et Jofranka, sa dernière petite amie Emma. Une attente parfois discrète. Ce retour est pour chacun l'occasion de repenser le passé, de repartir avec une nouvelle donne: le retour d'Etienne. J'aime beaucoup comment Jeannne Benameur emmène son lecteur avec simplicité vers des histoires complexes et des personnages fouillés. On a le sentiment que leur vie est influencée par un fort déterminisme, les chemins choisis ont toujours une explication. Ce sont tous des personnages vivants. D'histoires qui pourraient être dramatiques, l'auteure crée des romans puissamment vivants!

    Citations:

    Les fils ne savent pas ce que vivent les mères. J'ai vécu en fonction de toi en croyant être libre. Je ne voyais pas que c'était toi qui avait pris toute la place. Et il n'y a pas à t'en vouloir. C'est comme ça que les mères font. Elles laissent le fils prendre peu à peu toute la place et elles deviennent d'étranges et absolues servantes.


    votre commentaire
  • Compromis

    Deux amis de trente ans dans un appartement vide. L’un est un comédien médiocre, l’autre un dramaturge raté. Le premier vend l’appartement et a demandé au second d’être présent lors de la signature du compromis, pour rassurer l’acheteur. Car s’il écrit de très mauvaises pièces, il a tout de même un visage rassurant. C’est sa grande qualité. La seule ? On attend l’acheteur. D’ailleurs, acheteur ou pigeon ? En l’attendant on parle. On se flatte. On se caresse. On se moque. On se taquine. Cela glisse peu à peu. On se blesse en se lançant à la face ce que l’on retient depuis longtemps. Et l’acheteur finit par arriver, qui va assister à un règlement de comptes, farcesque mais sans concession, entre les deux amis. Va-t-il en demeurer le spectateur, en devenir l’arbitre ou en être au final la seule victime ? La vie nous réserve tant d’occasions de nous compromettre pour garder le peu qu’elle nous donne, et parmi cela l’amitié, qui se nourrit bien souvent de compromis.

    --> Je ne suis pas rompue à lire des textes de théâtre, comme à aller au théâtre... J'ai un piètre regard, je suis une piètre lectrice dans ce genre. Je dirais même plus... les lectures scolaires m'ont clairement éloignée de ce genre. Compromis se laisse lire, j'ai passé un bon moment en compagnie de Denis, Martin et Monsieur Duval. Aucune difficulté à imaginer une mise en scène. J'ai souri. A l'heure où nous ne pouvons plus fréquenter les salles, je recommande.

    citations:

    Denis: Ce n'est parce qu'il n'est pas ce que tu pensais qu'il était, que pour autant il est ce que je te disais qu'il pourrait être. p.122

     

     


    votre commentaire
  • New York-Miami

     

    Réalisé par Frank Capra (1934)
    Avec Clark Gable, Claudette Colbert, Walter Connolly

    Ellie Andews, jeune fille gâtée, échappe à l'emprise de son père millionnaire qui veut l'empêcher d'épouser un play-boy sans avenir. En route pour New York, elle rencontre Peter Warner, journaliste au chômage. Mais le bus tombe en panne et le couple impromptu se lance dans une folle randonnée improvisée.

    --> Capra, capra, capra... du bonheur.


    votre commentaire
  • Sur les chemins noirs

    Sylvain Tesson

    Il m'aura fallu courir le monde et tomber d'un toit pour saisir que je disposais là, sous mes yeux, dans un pays si proche dont j'ignorais les replis, d'un réseau de chemins campagnards ouverts sur le mystère, baignés de pur silence, miraculeusement vides.
    La vie me laissait une chance, il était donc grand temps de traverser la France à pied sur mes chemins noirs.
    Là, personne ne vous indique ni comment vous tenir, ni quoi penser, ni même la direction à prendre.

    -->Déception, ce livre n'est pas ce à quoi je m'attendais. le parcours de Sylvais Tesson après son accident interpelle, pousse à l'admiration. Son histoire nous touche. Pas son livre. J'ai eu le sentiment que l'objet était froid, sinon inaccessible. J'avais pris son livre pour un témoignage simple je me suis trompée. Je n'ai pas compris . Je n'ai pas terminé, j'ai passé mon chemin. Je préfère écouter l'auteur.


    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires