• Les veuves

     

    Réalisé par Steve McQueen (2018)
    Avec Viola Davis, Michelle Rodriguez, Elizabeth Debicki

    Chicago, de nos jours. Quatre femmes qui ne se connaissent pas. Leurs maris viennent de mourir lors d’un braquage qui a mal tourné, les laissant avec une lourde dette à rembourser. Elles n’ont rien en commun mais décident d’unir leurs forces pour terminer ce que leurs époux avaient commencé. Et prendre leur propre destin en main…

    --> Ce sont trois femmes, rejointes par une quatrième "chauffeuse" qui vont faire le braquage contre les plans et prévisions de Harry, supposé mort. "Il suffisait que tu vendes mon carnet" lui dira-t-il découvert.


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  • Le silence de la mer

    Vercors

    Le Silence de la mer, publié le 20 février 1942, fut le premier livre des Éditions de Minuit, fondées clandestinement à l'automne 1941 par Vercors (pseudonyme de Jean Bruller) et Pierre de Lescure.
    Le récit met en scène une famille française qui oppose son silence à l'officier allemand qu'elle a été contrainte de loger, révélant ainsi "la vie sous-marine des sentiments cachés, des désirs et des pensées qui nient et qui luttent". Vercors invitait les Français à refuser l'occupation allemande, la trahison de Pétain et les pièges d'une propagande prônant le mariage des deux peuples, alors qu'elle masquait la barbarie et la servitude. Sa nouvelle fit entrer le livre en guerre, en proposant une voie d'insoumission aux écrivains, et connut un grand retentissement dans le monde.
    Les autres écrits, qui accompagnent Le Silence de la mer, ont pour cadre la France occupée par l'Allemagne hitlérienne. Tous invitent l'homme, conscient de ses devoirs, à l'engagement et à la dignité.


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  • La fille de Brest

    Réalisé par Emmanuel Bercot (2016)

    Avec Sidse Babett Knudsen, Benoît Magimel, Charlotte Laemmel

    Dans son hôpital de Brest, une pneumologue découvre un lien direct entre des morts suspectes et la prise d'un médicament commercialisé depuis 30 ans, le Mediator. De l’isolement des débuts à l’explosion médiatique de l’affaire, l’histoire inspirée de la vie d’Irène Frachon est une bataille de David contre Goliath pour voir enfin triompher la vérité.

    --> Véritable docu-fiction, j'ai aimé cette équipe de l'hôpital brestois... parce qu'il était brestois. Irene Frachon pour son tempérament. Et tout simplement le film sur ce thème et plus largement sur les lanceurs d'alerte.

     


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  • Le bateau (1981)

    Réalisé par Wolfgang Petersen (1981)
     
    Avec Jürgen Prochnow, Herbert Grönemeyer, Klaus Wenneman
    1941. Deuxième Guerre Mondiale. À la veille de s'embarquer pour une mission dans l'Atlantique Nord, l'équipage d'un sous-marin allemand fait la fête.

    --> Vu en version longue (3h30). La fin est le point d'orgue du film. Au top 5 des films dans un sous marin. Original point de vue des allemands. On vit au travers les sous mariniers allemands le départ (orgie puis discipline), la traque du destroyer: être traqueur et traqué, faire machine arrière et ne pas secourir les anglais à l'eau, le passage de Gibraltar jusq'au retour sur la terre ferme en Italie. C'est l'absurdité de la guerre qui est dénoncée.


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  • Giorgi Albertini et Gregory Panaccione

    Rien ne nous a vraiment préparés à cette folle épopée mêlant science-fiction, polar, conte initiatique et roman sentimental décalé. Mais une chose est certaine, vous allez vivre une expérience de lecture jubilatoire... Bloch vient de recevoir l'appel de sa vie : il va enfin intégrer la mythique Chronosquad pour une mission en Égypte antique ! Une banale fugue d'adolescents d'un centre de vacances que l'expérience de ses coéquipiers, Penn et Beylogu, devrait permettre de résoudre rapidement. Mais ce qui se présentait comme une balade temporelle de santé se transforme bientôt pour Bloch en voyage initiatique...

    --> Un récit étonnant, original qui mêle les voyages dans le temps à l'enquête policière. Le personnage de Bloch est attachant, plutôt drôle.


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  • Dimanche blanc

    de Françoise Arnault

    « Papa et maman vivent comme s'ils n'avaient pas d'enfants. Des oiseaux exotiques. Ils descendent sur terre une fois par semaine, le dimanche... »À Paris, dans les années 1960, Clémence et sa soeur cadette sont élevées par leurs grands-parents paternels dans une atmosphère froide et oppressante. Spectatrice et prisonnière de la comédie cruelle des adultes, Clémence voue un amour fou à sa mère, Angèle, si élégante et joyeuse. La grand-mère, elle, poursuit sans fin cette femme d'une haine implacable. Clémence n'a alors que seize ans.

    --> Ce petit roman est à découvrir. Le roman commence par des brides de souvenirs, comme si la narratrice effectuait un retour dans le passé par associations d'idées. Le lien ne se fait pas immédiatement, cela rend la lecture active avec la peur de ne pas comprendre où veut en venir l'auteure. La crainte également de rester sur un roman thérapeutique et personnel. Et puis vers le milieu on est emporté dans cette histoire, on comprend la place de chacun, jusqu'à comprendre la couverture. Un bien agréable moment de lecture.


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  • En attendant Bojangles

    Ingrid Chabbert et Carole Maurel

    Un couple et leur fils nagent dans le bonheur, en compagnie de Mademoiselle Superfétatoire, un grand oiseau exotique adopté par la mère. Cependant, imprévisible et extravagante, cette dernière entraînera malgré elle sa famille dans un dangereux tourbillon, que tenteront d'éviter père et fils.

    --> Trois ans plus tard, je ressors aussi émue, amusée et attristée par la lecture de cette adaptation du roman éponyme. Ne passez pas à côté de la préface et replongez vous avec délice et désespoir dans cette histoire d'Olivier Bourdeaut. Je ne pense pas que l'adaptation puisse se passer du roman, mais l'adaptation ne le dénature pas. La fin m'est apparue plus "violente", plus "vraie". L'ensemble aussi "réjouissant"!


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  • Qui suis-je?

    de Bernard Friot

    « Pour maman, je suis une petite marmotte ; pour papa, un cochon ; mon professeur de maths me demande d’arrêter de faire le singe ; et, pour grand-mère, je suis son lapin. Alors, quand on me demande de dessiner mon autoportrait, je me dis que ça va être difficile. »

    --> Marmotte, cochon, singe, rat, biquet, éléphant, vache, biquet... voilà un garçon affublé de toutes sortes de noms d'animaux: comment va-t-il réaliser son autoportrait?


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  • D'une petite mouche bleue

    Mathias Friman

    Dans un conte randonnée aussi drôle que classique, la chaîne alimentaire comme vous ne l'avez jamais vue !

    Tout commence avec une simple petite mouche bleue, qui croise une grenouille. La grenouille ne fait qu'une bouchée de la petite mouche, et devient... toute bleue. Dans ce conte randonnée, on découvre la chaîne alimentaire dans tout ce qu'elle a de plus rude, et de plus drôle. Tout le monde y passe : petits et gros, insectes et mammifères : chacun devient bleu et finit par se faire manger. Cet album d'apparence très classique, aux illustrations réalistes ponctuées d'un beau bleu électrique, tire tout son charme de la chute finale. Tout fait sens à la dernière page, lorsque l'humain devenu bleu dépose derrière un arbre un caca bleu, et qu'une petite mouche vient s'y poser... L'effet comique est alors garanti, et on peut recommencer l'album indéfiniment !

    --> Un conte de randonnée élégamment illustré en bichromie. Il manque un je ne sais quoi pour le recommander les yeux fermés.

     


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  • 10 p'tits pingouins

    10 p'tits pingouins autour du monde

    Jean-Luc Fromental et Joëlle Jolivet

    Embarquement immédiat avec les 10 P'tits Pingouins! Chaque soir, histoire après histoire, un tour du monde, des aventures, des mots nouveaux, des facéties, des glissades : une sacrée rigolade!

    -->C'est la collection, Hélium, qui m'a attirée vers cet album de 2011. Les auteurs ne me sont pas inconnus, et je découvre... une pépite!!! Mon fils est un peu grand (15 ans...) mais j'aurais aimé testé cet album sur lui. Le texte est très riche, particulièrement le vocabulaire (et il y a même un lexique à la fin). Les sonorités, le rythme est travaillé. Un album à lire avec son enfant à n'en pas douter, pour un plaisir partagé.

    harangue, facéties, visqueux, mélasse, vocifère, tarmac,taïkonaute, volupté


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  •  Secret pour secret

    de Charlotte Bousquet et Jaypee

    Voilà Lucas. Lucas et ses yeux de chien battu. Lucas et ses mains moites, ses baisers trop mouillés. Lucas, qui n’a toujours pas compris qu’entre nous c’est terminé. Dégage, Lucas. Disparais ! Fous-moi la paix ! D’habitude, en soirée, je danse, je m’éclate. Ça me permet d’oublier les semaines en solitaire, le silence étouffant de cet appartement trop grand. Là, c’est le contraire. Je me sens étrangère. Pas intégrée. Désintégrée.

    « Je suis enceinte. » C’est réel, puisque je l’ai dit. Je n’ai plus le choix, je ne peux plus faire comme si j’en m’en foutais.

    --> Sur le thème de la grossesse non désirée et l'ivg.


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  • Invisible

    de Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini

    Sensible et mélancolique, un drame pour aborder le thème du suicide avec les adolescents

    En classe comme dans sa famille, Marie est invisible. Sa passion ? La couture et les bijoux faits main. Lorsqu'elle observe les autres filles, elle se trouve laide, grosse, inutile. Le seul qui la voit, c'est Soan. Mais ce regard est capable de faire éclore chez Marie une nouvelle confiance en elle. Une confiance bien fragile.

    --> J'aime cette collection chez Gulf Stream, mais attention, coeurs bien serrés, c'est de suicide qu'il s'agit et pas seulement d'un mal être adolescent. Personnellement, je ne m'attendais pas à la chute. 


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  • Eperdument

     

    Réalisé par Pierre Godeau (2016)
    Avec Adele Exarchopoulos, Guillaume Galienne, Stéphanie Cléau

    Un homme, une femme. Un directeur de prison, sa détenue. Un amour impossible.


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  • L'essai

    de Nicolas Debon

    Avec L'Essai, Debon signe un histoire complète qui, entre fiction et réalité, met en scène l'histoire vraie d'une communauté anarchiste.

    Dans son nouveau one shot, Nicolas Debon s'inspire de l'histoire vraie d'une communauté anarchiste installée dans les Ardennes en 1903. Fonctionnant sur le principe de liberté et sur les préceptes libertaires, la communauté de L'Essai illustre à merveille l'espoir d'un modèle de société différent et exempt de toute autorité, dans une France plongée dans la misère. Un récit historique poignant sur un épisode méconnu de notre histoire et mis en images par un auteur au talent hors du commun.

    Une aventure documentaire, un récit inspiré d'une histoire vraie, mais aussi une bande dessinée servie par un graphisme original avec des couleurs directes parfaitement appropriées aux décors majestueux.

    - 1903, Les Ardennes, une communauté anarchiste. Je suis curieuse d'expériences qui ont été et n'ont pas perduré, pour me poser des questions, tenter de comprendre, expliquer des convictions. Cette bande dessinée est parfaite pour découvrir l'expérience de cette communauté et choisir d'en savoir plus. Quant au dessin, je ne suis pas une grande amatrice, mais c'est ce que j'aime.


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  • Le soleil des Scorta

    de Laurent Gaudé

    Lorsque commence le récit, Luciano Mascalzone, un traîne-savate vivant de petites rapines, revient après quinze années de prison à Montepuccio, un village des Pouilles aux façades sales où les heures passent dans une fournaise qui abolit les couleurs. Autour, ce ne sont que collines et mer enchevêtrées. « Il m'a fallu du temps mais je reviens. Je suis là. Vous ne le savez pas encore puisque vous dormez. Je longe la façade de vos maisons. Je passe sous vos fenêtres. Vous ne vous doutez de rien. Je suis là et je viens chercher mon dû. » Son dû, c'est Filomena Biscotti, une femme qu'il désire depuis qu'il l'a rencontrée et dont le souvenir n'a cessé de le hanter. Ce que Luciano ignore, c'est que celle qui lui ouvre sa porte et qui se laisse dépuceler est la sœur cadette de celle qu'il convoitait, Immacolata. Battu à mort par les villageois, il meurt dans le dégoût du monde. Immacolata donne naissance à un fils. C'est ainsi que naît la lignée des Mascalzone, qui portera le nom de Scorta : d'une erreur, d'un malentendu. « D'un homme qui s'était trompé. Et d'une femme qui avait consenti à ce mensonge parce que le désir lui faisait claquer les genoux. »

    Avec une imagination qui semble avoir atteint son apogée, inondée de fraîcheur et poussée par la musicalité d'un style irréprochable, Laurent Gaudé raconte l'existence des Scorta de 1870 à nos jours. Chronique d'une famille qui vivra certes pauvrement, mais dans l'éternel désir « de manger le ciel et de boire les étoiles », Le Soleil des Scorta est une fresque vivante et volcanique.

    --> J'ai envie d'écrire "éblouissant" comme le soleil estival de Montepuccio, mais aussi "étouffant" comme la destinée auquelle on a l'impression de ne pas échapper, ou "entrainant" comme ce récit d'une saga familiale qu'on n'a pas envie de quitter. ça sent l'Italie à plein nez. Ce récit nous interroge sur nos origines, nos destinées, la famille, nos racines. Notre héritage subit et l'importance de construire par soi-même nos vies, le rôle des secrets de famille confiés avant de mourir et l'inéluctable fin qui nous attend tous. C'est un roman riche que je vais avoir plaisir à recommander.

    - Nous n'avons été ni meilleurs ni pires  que les autres, Elia. Nous avons essayé. C'est tout. De toutes nos forces, nous avons essayé. Chaque génération essaie. Construire quelque chose. Consolider ce que l'on possède. Ou l'agrandir. Prendre soin des siens. Chacun essaye de faire au mieux. Il n'y a rien à faure d'autre que d'essayer. Mais il ne faut rien attendre de la fin de la course. Tu sais ce qu'il y a, à la fin de a course? La vieillesse. Rien d'autre. Alors écoute, Elia, écoute ton vieil oncle Faelucc' qui ne sait rien de rien et n'a pas fait d'études. Il faut profiter de la sueur. C'est ce que je dis, moi. Car ce sont les plus beaux moments de la vie. Quand tu te bats pour quelque chose, quand tu travailles jour et nuit comme un damné et que tu n'as plus le temps de voir ta femmes et tes enfants, quand tu sues pour construire ce que tu désires, tu vis les plus beuax moments de ta vie. Crois-moi. Rien ne valait pour ta mère, tes oncles et moi les années où nous n'avions rien, pas un sou en poche, et où nous nous sommes battus pour le bureau de tabac. C'étaient des années dures. Mais pour chacun d'entre nous, ce furent les plus beaux instants de notre vie. Tout à construire et un appétit de lion. Il faut profiter de la suer, Elia. Souviens-toi de cela. Après, tout finit si vite, crois-moi.


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  • Le monde en 33 questions

     de Marc Levy Provençal

     Entre deux et cinq ans, un enfant pose en moyenne 40 000 questions. Cette faculté disparaît au cours préparatoire, quand l'école met l'accent sur la connaissance des réponses, la mémorisation et la discipline. Progressivement, nous perdons l'habitude de « remettre en question » notre monde. Les vingt prochaines années seront façonnées par des révolutions multiples, technologiques, sociales, environnementales, politiques et économiques. À quoi voulons nous que notre monde ressemble ? Comment agir, à l'échelle individuelle et collective, pour saisir les opportunités et éviter les risques ? Voici 33 interrogations clefs dans tous les domaines : santé, éducation, énergie, transport, agriculture, travail... Pour la première fois, un livre donne la faculté de comprendre le monde qui vient en se posant les bonnes questions.

    --> Ainsi va le monde….

    Il se globalise, tout va plus vite, plus loin, plus fort.

    Nous sommes entrés dans la civilisation du « choix permanent, de l’hyperpersonalisation et de l’individualisation à outrance ».

    Cette accélération s’accompagne d’un un sentiment d’injustice lié l’accroissement des inégalités entre individus : les gagnants et les perdants.

    Le monde avance avec son lot de frustrations, de révoltes des laissés « sur le côté » de cette accélération de l’histoire.

    Comment éviter la déflagration, la barbarie et la disparition de la civilisation.

    MLP décrit le monde tel qu’il est, et tel qu’il va être en 33 questions fondamentales.

    Il met le lecteur en face des mutations et de défis abyssaux et lui propose de se poser les bonnes questions pour pouvoir devenir un acteur éclairé du changement.

    33 questions en 4 thèmes :

    ·         Nos territoires et la gestion des ressources : l’énergie de demain, nos territoires abandonnés…

    ·         La révolution politique : la fin du travail, les biens communs…

    ·         La révolution de la vie et du vivant : la génétique de demain…

    ·         La révolution cognitive : l’intelligence artificielle…

    Menaces ou opportunités….

    33 questions, quelques pistes pour des solutions.

    Le livre se termine sur l’éloge du doute… « seul remède contre la folie et la barbarie ».


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  • Le daible est dans tous ses états

    Leïla Slimani

    « Leïla Slimani a reçu le prix Goncourt 2016 pour Chanson douce paru chez ­Gallimard. Remarquée ​dès son premier roman, Dans le ­jardin de l’Ogre, publié lui aussi chez ­Gallimard, Leïla Slimani a obtenu un immense succès de librairie. Ce livre-ci ­rassemble les textes qu’elle a écrits pour Le 1. Six petits bijoux, chacun doté d’une force qui impressionne, servis par une plume déliée, un regard tout en finesse, qu’il s’agisse de courtes nouvelles à la Tchekhov – Le diable est dans les détails – ou de textes engagés : ainsi Intégristes je vous hais, rédigé dans ­l’urgence et la rage au lendemain des attentats du 13 novembre 2015. Nous vous proposons ainsi de mieux connaître les multiples facettes d’une jeune auteure dont la voix n’a pas fini de nous ­interpeller, tantôt par un murmure, tantôt par un cri. »
    Éric Fottorino,
    Directeur de l’hebdomadaire Le 1

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  • A la ligne: feuillets d'usine

    Joseph Ponthus

    "À la ligne" est le premier roman de Joseph Ponthus. C'est l'histoire d'un ouvrier intérimaire qui embauche dans les conserveries de poissons et les abattoirs bretons. Jour après jour, il inventorie avec une infinie précision les gestes du travail à la ligne, le bruit, la fatigue, les rêves confisqués dans la répétition de rituels épuisants, la souffrance du corps. Ce qui le sauve, c'est qu'il a eu une autre vie. Il connaît les auteurs latins, il a vibré avec Dumas, il sait les poèmes d'Apollinaire et les chansons de Trenet. C'est sa victoire provisoire contre tout ce qui fait mal, tout ce qui aliène. Et, en allant à la ligne, on trouvera dans les blancs du texte la femme aimée, le bonheur dominical, le chien Pok Pok, l'odeur de la mer.
    Par la magie d'une écriture tour à tour distanciée, coléreuse, drôle, fraternelle, la vie ouvrière devient une odyssée où Ulysse combat des carcasses de boeufs et des tonnes de boulots comme autant de cyclopes.

    --> A la ligne est un récit sans pause, sans respiration. Sans plainte. Un témoignage d'un homme qui ne s'attarde pas sur ce qu'il pourrait faire d'autre. Un rude expérience de travail à la chaîne moderne. L'intérim. Ce n est pas larmoyant, c'est dit. On se demande quoi en faire quand on a tourné la dernière page. le sentiment que le travail à la chaîne pourrait nous avaler. Avec calme, l'auteur pousse un cri.


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  • Embarqué

    Christian Cailleaux

    «Durant des mois, j'ai accompagné des marins sur leurs navires. Je me suis interrogé sur les raisons justifiant une telle mobilisation d'hommes et de moyens. Il est évident que les intérêts des autorités françaises, civiles et militaires, sont économiques et stratégiques, à l'heure où l'espace maritime apparaît de plus en plus comme le prochain territoire à conquérir. Mais qui sont les jeunes gens, filles ou garçons, qui s'embarquent sur ces bateaux ? Qui en sont les ouvriers ? Qui sont les marins du XXIe siècle qui se dirigent vers les falaises sombres des antipodes battues par les vents ? Que reste-il de "La Royale" et, dans son sillage, de la découverte du monde et d'escales exotiques censées donner un sens à la vie ? Bienvenue à bord !» Christian Cailleaux.

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  • Chateaux Bordeaux

    Eric Corbeyran

    À la suite du décès de leur père, les trois enfants Baudricourt héritent de l’exploitation vinicole familiale, un vaste domaine situé au cœur du Médoc. Les deux frères comptent se séparer rapidement de la propriété et des dettes dont elle est criblée. Mais leur décision est aussitôt remise en cause par la détermination de leur sœur, Alexandra, qui voit dans cet héritage l'opportunité de rebâtir sa vie sur les terres de son enfance. Décidée à reprendre en main le vignoble paternel, Alexandra se retrouve rapidement au pied du mur. D'un côté, elle affronte l'hostilité de son entourage, de l'autre, elle sait que pour réussir elle va devoir tout apprendre, car la fabrication d'un grand cru ne s'improvise pas. Avec humilité et courage, Alexandra se consacre dès lors entièrement à son nouvel univers qui deviendra - au fil du temps - sa passion...

    Le vin est au cœur de l'intrigue de cette grande fresque familiale qui séduira les amateurs de grands crus comme les néophytes. Une saga digne des Maîtres de l’Orge commence ici, au cœur du Médoc, orchestrée par Corbeyran et Espé.

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  • Le patient

    Timothée Le Boucher

    La police arrête une jeune fille errant dans la rue, couverte de sang, un couteau à la main. En se rendant chez elle, les agents découvrent avec effroi une scène de massacre : toute sa famille a été assassinée... 6 ans plus tard, Pierre Grimaud, l’unique survivant du « massacre de la rue des Corneilles », se réveille d’un profond coma. L’adolescent de 15 ans qu’il était au moment des faits est aujourd’hui un jeune homme de 21 ans. Désorienté, encore paralysé et souffrant d’amnésie partielle, il est pris en charge par le docteur Anna Kieffer, psychologue spécialisée sur les questions de criminologie et de victimologie. Pendant leurs séances, Anna tente de l’amener à se souvenir des circonstances du drame, malgré ses pertes de mémoire. Pierre lui évoque la présence mystérieuse d’un « homme en noir » qui hante ses rêves, probable réponse inconsciente à son traumatisme. Après plusieurs rendez-vous, Anna découvre en Pierre un être sensible et très intelligent. Touchée par son histoire, elle se met même à le prendre en affection. Petit à petit, une véritable complicité s’installe entre eux. Anna n’imagine pas à quel point ce patient va changer sa vie…

    Après le remarqué Ces jours qui disparaissent, Timothé Le Boucher revient avec un ouvrage témoignant une nouvelle fois de sa science narrative exemplaire. S’inscrivant dans une veine plus réaliste, Le Patient est un thriller psychologique prenant et surprenant, laissant entrevoir quelques-uns des thèmes de prédilection de l’auteur : le rapport à l’autre, la notion du « temps », de l’identité et de la mémoire.

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  • Didier Quella-Guyot

    Un fils revient au pays après 25 ans sans avoir donné la moindre nouvelle à ses parents qu’il a quittés brutalement pour entrer dans l’armée. "Viré" d’Indochine par le Vietminh, il a fini par s’installer près de "chez lui", sans pour autant renouer vraiment avec son père, veuf, qui vit encore dans ses collines des Cévennes. C’est à la faveur des terribles inondations de 1958 qu’ils vont se reparler, remonter le temps, refaire l’histoire, leur histoire.

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  • Une chanson douce

    de Leïla Slimani

    orsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame.
    À travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c'est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l'amour et de l'éducation, des rapports de domination et d'argent, des préjugés de classe ou de culture.
    Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant.

    Le fait-divers sordide avait inspiré à l’écrivaine franco-marocaine Leila Slimani la trame de son livre à succès “Chanson Douce”, prix Goncourt 2016. Yoselyn Ortega, la “nounou tueuse”, comme l’ont renommée les médias anglo-saxons, a été reconnue coupable par la justice new-yorkaise du meurtre des deux enfants qu’elle gardait en 2012 et devrait être condamnée à la prison à perpétuité.

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    Un secret

    de Philippe Grimbert

    Souvent les enfants s'inventent une famille, une autre origine, d'autres parents. Le narrateur de ce livre, lui, s'est inventé un frère. Un frère aîné, plus beau, plus fort, qu'il évoque devant les copains de vacances, les étrangers, ceux qui ne vérifieront pas... Et puis un jour, il découvre la vérité, impressionnante, terrifiante presque. Et c'est alors toute une histoire familiale, lourde, complexe, qu'il lui incombe de reconstituer. Une histoire tragique qui le ramène aux temps de l'Holocauste, et des millions de disparus sur qui s'est abattue une chape de silence.

    --> François est chétif, fils d'un couple sportif Tania et Maxime dont on ne puet douter de l'amour qui les rassemble. François s'est inventé un frère. Qu'est ce qui ne va pas? Qu'est ce qu'il ne comprend pas? A 15 ans alors qu'à l'école est projeté un film sur la shoah, il passe à tabac son voisin. C'est alors que Louise chez qui il passe du temps depuis tout petit lui révèle ce que tout le monde sait, sauf lui. L'existence de Simon et Hanna... redoutable secret. L'arrestation de Simon et Hanna alors qu'ils allaient rejoindre Maxime derière la ligne de démarcation. L'acte délibéré d'aHannah qui redoutait de revoir Tania dont la présence auprès de Maxime était inconvenante en l'absence de son frère....

    "DEPUIS QUE JE POUVAIS LES NOMMER, LES FANTÔMES CESSAIENT DE ME HANTER"

     


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  • Gran Torino

     

    Réalisé par Clint Eastwood (2008)
    Avec Clint Eastwood, Christopher Carley, Bee Vang

     

    Vétéran de la guerre de Corée, Walt n'aime pas ses voisins asiatiques. Les événements vont forcer Walt à défendre ses voisins face à un gang local.

    --> Un beau film, un poil violent car il s'agit d'une guerre de gangs. Ou plutôt de la pression qu'exerce un gang sur une famille de sa communauté Hmongs. Clint Eastwood incarne l'Amérique, ancien du Vietnam il porte en lui une culpabilité inavouable. Le film débute sur l'enterrement de son épouse. Ses liens familiaux se réduisent à une filiation assumé mais pleine d'incompréhension. Il est seul dans son deuil. Son quartier est en train de se transformer et il ne voit pas d'un bon oeil ses voisins asiatiques. Et c'est peut dire. Mais la vie le met face à des événements improbable qui l'amèneront à protéger et tenter d'émanciper Thao comme son propre fils. Un film très US. Très Clinteastwoodien.

     


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  • Né d'aucune femme

    Franck Bouysse

    "Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d’une femme à l’asile.
    — Et alors, qu'y-a-t-il d’extraordinaire à cela ? demandai-je.
    — Sous sa robe, c’est là que je les ai cachés.
    — De quoi parlez-vous ?
    — Les cahiers… Ceux de Rose."

    Ainsi sortent de l’ombre les cahiers de Rose, ceux dans lesquels elle a raconté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin.
    Franck Bouysse, lauréat de plus de dix prix littéraires, nous offre avec 'Né d’aucune femme' la plus vibrante de ses oeuvres.
    Ce roman sensible et poignant confirme son immense talent à conter les failles et les grandeurs de l’âme humaine.

    --> Wahou... les cahiers de Rose, son histoire. Accrochez-vous c'est une histoire pas banal qui risquera vous accompagner. La manière dont ses confidences arrivent à la connaissance du prêtre est originale. C'est la force d'un secret révélé. Témoigner de l'irracontable... mais comment faut-il comprendre la fin?


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  • Les gratitudes

    Delphine de Vigan

    « Je suis orthophoniste. Je travaille avec les mots et avec le silence. Les non-dits. Je travaille avec la honte, le secret, les regrets. Je travaille avec l’absence, les souvenirs disparus, et ceux qui ressurgissent, au détour d’un prénom, d’une image, d’un mot. Je travaille avec les douleurs d’hier et celles d’aujourd’hui. Les confidences.
    Et la peur de mourir.
    Cela fait partie de mon métier.
    Mais ce qui continue de m’étonner, ce qui me sidère même, ce qui encore aujourd’hui, après plus de dix ans de pratique, me coupe parfois littéralement le souffle, c'est la pérennité des douleurs d’enfance. Une empreinte ardente, incandescente, malgré les années. Qui ne s’efface pas. »

    Michka est en train de perdre peu à peu l’usage de la parole. Autour d’elles, deux personnes se retrouvent : Marie, une jeune femme dont elle est très proche, et Jérôme, l’orthophoniste chargé de la suivre.

    --> Le titre - quel mot puissant, la gratitude - la couverture et le succès de ce livre m'ont entraîné dans sa lecture. J'avais aussi envie d'un roman court. Alors, oui, j'ai passé un agréable moment. Parce que l'histoire de Michka enfant, finalement effleurée, m'a tirée quelques larmes. Parce que l'entrée en Ehpad est un sujet qui mérite le coup de projecteur que lui donne l'auteur. Parce que les personnages de Marie et Jérôme sont intéressants. J'ai passé un bon moment, je n'ai pas aimé les dialogues, la façon dont le maque du mot a été traité dans la pathologie de Michka de quoi m'identifier. Un histoire qui est assez inégale à mes yeux. La profondeur des personnages mériterait un roman plus dense.


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  • Le cercle littéraire de Guernesey

     

    Réalisé par Mike Newell (2018)
    Avec Lily James, Jessica Brown-Findlay, Matthew Goode
     
    Londres, 1946. Juliet Ashton, une jeune écrivaine en manque d’inspiration reçoit une lettre d’un mystérieux membre du Club de Littérature de Guernesey créé durant l’occupation. Curieuse d’en savoir plus, Juliet décide de se rendre sur l’île et rencontre alors les excentriques membres du Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates dont Dawsey, le charmant et intriguant fermier à l’origine de la lettre. Leurs confidences, son attachement à l’île et à ses habitants ou encore son affection pour Dawsey changeront à jamais le cours de sa vie.
     
    --> Adaptation du roman éponyme réussie. Quelques années après avoir lu le roman, c'est un bonheur de retrouver Juliet Ashton. Le film lui donne corps. Singulière histoire que celle de Guernesey pendant la période d'occupation!

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  • Juno

     

    Réalisé par Jason Reitman (2007)
    Avec Ellen Page, Michael Cera, Jennifer Garner

     

    Juno McGuff tombe enceinte à 16 ans avec Bleeker, un ami du lycée. Courageusement, elle cherche alors des parents adoptifs pour s'occuper de son bébé.

    --> Pfff mouai bofff. Je suis un brin déstabilisée par ce film. La grossesse de Juno est quelque chose qui sera vécu de manière complètement naturelle et "sans problème", ce qui est plaisant dans une époque où l'habitude est de dramatiser pour interesser. Mais par ailleurs l'adoption, telle qu'elle est présentée ou les mères porteuses soulève des questions fondamentales qui sont totalement évincées...


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  • Ces jours qui disparaissent

    Timothé Le Boucher

    Que feriez-vous si d’un coup vous vous aperceviez que vous ne vivez plus qu’un jour sur deux ? C’est ce qui arrive à Lubin Maréchal, un jeune homme d’une vingtaine d’années qui, sans qu’il n’en ait le moindre souvenir, se réveille chaque matin alors qu’un jour entier vient de s’écouler. Il découvre alors que pendant ces absences, une autre personnalité prend possession de son corps. Un autre lui-même avec un caractère bien différent du sien, menant une vie qui n’a rien à voir. Pour organiser cette cohabitation corporelle et temporelle, Lubin se met en tête de communiquer avec son « autre », par caméra interposée. Mais petit à petit, l’alter ego prend le dessus et possède le corps de Lubin de plus en plus longtemps, ce dernier s’évaporant progressivement dans le temps... Qui sait combien de jours il lui reste à vivre avant de disparaître totalement ?

    --> Tel le temps qui s'accélère, je suis rentrée dans cette bande dessinée et je ne l'ai plus lâchée. Comme son héros Lubin, je me demandais combien de temps serait écoulé avant de tourner la page. Au delà de la fiction, ce livre nous interroge sur l'identité, l'ambivalence des personnalités, le passé et les expériences qui font ce que chacun devient. C'est aussi la folie qui est interrogée. C'est très astucieux. J'ai par ailleurs aimé le dessin auquel les fans de BD peuvent trouver quelque chose de trop simpliste. J'ai aimé aussi le ton en apparence naïf qui laisse la place aux bons sentiments: une amitié indéfectible, un amour fidèle, et même quand l'esprit de vengeance pointe, Lubin reste quelqu'un de très fréquentable! Bravo!


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