• de Joseph Lambert

    Née en 1880 dans l’Alabama, la petite Helen Keller devient aveugle et sourde à l’âge de dix-neuf mois, probablement des suites d’une méningite. Elle devient alors incapable de communiquer avec son entourage, si ce n’est avec quelques gestes maladroits. Sa vie va être bouleversée à l’âge de six ans quand ses parents engagent Annie Sullivan comme gouvernante. Annie Sullivan, alors âgée de 20 ans, vient de finir ses études à l’Institut pour aveugles Perkins. Elle-même mal voyante, elle a appris à enseigner la langue des signes dans cette institution précurseur. Elle va prendre en charge l’éducation de Helen Keller, et au fil des mois elle va réussir non seulement à établir un contact avec l’enfant, mais à lui apprendre le langage des signes, puis l’écriture. Les deux femmes resteront amie à vie.

    Helen Keller deviendra une figure de la société américaine, écrivain féministe, elle mènera également un combat politique, sera membre du parti socialiste américain et créera une fondation. Complémentaire des livres ou films existant à propos d’Helen Keller, cette bande dessinée est centrée sur l’histoire de cette extraordinaire rencontre et sur les nombreux obstacles contre lesquels va buter Annie Sullivan dans une famille très conservatrice du Sud des États-Unis. Une incroyable leçon d’humanité, magnifiquement dessinée par Joseph Lambert.

    --> Attention... pépite! L'histoire d'Helen Keller, je la connais, un peu, depuis longtemps déjà: une histoire qui avait marqué mon enfance. Quel plaisir de la retrouver, dans une bande dessinée extrêmement sensible qui nous démontre les caractères de la jeune Helen et de son professeur Annie. L'auteur est habile pour nous parler de la naissance du langage chez Helen. Les dessins et le scénario se complètent très bien. Une BD au service d'une histoire qui force l'admiration.

    Extraits:

    -Depuis que j'ai renoncé aux leçons régulières, je trouve qu'Hélène apprend beaucoup plus vite. J'ai le sentiment qu'un professeur dans une classe passe beaucoup de temps à faire régurgiter à l'enfant le savoir qu'il lui a inculqué. Pour moi, c'est de la complaisance et une perte de temps.

    - Nous faisons chaque jour de longues promenades. Le parfum des fraises des bois embaume l'air. Notre but est le débarcadère au bord du Tennessee. On ne sait jamais comment on y arrive, et on se perd souvent en chemin, mais cela ne fait qu'ajouter à notre plaisir. Surtout que tout est nouveau, étrange. A vrai dire, j'ai l'impression de tout découvrir moi aussi. Helen m'interroge si souvent le long du chemin. Chaque mot nouveau semble en appeler de nombreux autres, qui deviennent nécessaires.

    - Helen a une volonté de fer et elle n'a pas l'habitude de recevoir des ordres. Heureusement pour nous tous, je peux aussi me montrer très têtue, si nécessaire.

     

    - Que ce soit vrai ou non, tu dois apprendre à maîtriser ton caractère.
    Il y a aura toujours des gens pour nous insulter, volontairement ou pas. Nous n'avons aucun contrôle sur ces gens-là. Seulement sur nous-mêmes.

    - MADAME KELLER : Que se passe-t-il, Helen va bien ?
    MONSIEUR KELLER : Non, elle ne va pas bien !

    MONSIEUR KELLER : Elle est encore... Il est dix heures, et cette pauvre petite Helen n'a pas encore eu l'autorisation de petit-déjeuner. Elle est toujours en CHEMISE DE NUIT.

     


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  • Les sous-sols du révolu: extrait du journal d'un expert

    de Marc-Antoine Mathieu

    Dans un futur indéterminé, à moins qu’il ne s’agisse d’un monde parallèle ou d’une autre dimension de la réalité, Marc-Antoine Mathieu nous entraîne dans les profondeurs du musée, dans les entrailles de l’institution.
    Nous suivons les pas du Volumeur, chargé de quantifier l'inquantifiable, et de son assistant Léonard.
    Ils vont arpenter les coulisses du plus grand musée du monde pour en prendre les mesures. Mais peut-on mesurer l’incommensurable ?

    --> Je n'ai pas aimé en fait... je n'ai pas compris, mais vraiment. Et j'ai décroché, tant pis.


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  • Le ciel au-dessus du Louvre

    d'Yslaire

    Il fallait bien Le Louvre, Robespierre et le peintre David pour réunir ces deux personnalités. Une collaboration inédite, entre Bernar Yslaire, auteur de Sambre, du XXe Ciel, du Ciel au-dessus de Bruxelles ou récent scénariste de La Guerre des Sambre, et Jean-Claude Carrière, scénariste de Bunuel, Wajda, Forman ou Louis Malle au cinéma, mais aussi dramaturge, romancier, comédien. Immense homme de lettres. Le quatrième album co-édité par Futuropolis et Le Louvre fera incontestablement date. Son casting est déjà un événement. Mais au-delà de l'accolement de deux grand noms, Le Ciel au-dessus du Louvre est surtout une plongée dans la Révolution Française sous un angle totalement inédit : celui de la représentation de la Révolution.
    Jean-Claude Carrière avait déjà magistralement abordé le sujet de la Révolution dans le film «Danton» de Wajda. Mais son regard, confronté à celui de Bernar Yslaire, renouvelle le sujet. Robespierre apparaît à la fois éclairé et perdu, tandis que David accomplit son destin : celui d'un peintre tiraillé entre devoir et art.

    Un livre sur un tableau inachevé qui traverse à lui seul tous les thèmes et les débats de la Révolution Française. Une page d'Histoire revue, corrigée, interprétée, et assaisonnée comme il se doit de plumes d'ange, qui plonge le lecteur dans les grandes questions auxquelles notre temps n'a pas davantage répondu que la Révolution Française.

    --> Comment Jacques-Louis David traverse-t-il la révolution? Quelles intentions dans ces tableaux? Une qualité graphique et un intérêt grandissant pour le scénario, j'ai appris, j'ai aimé voyagé pendant la Révolution à travers l'art. Superbe.


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  • Farenheit 451 / Ray Bradbury

    Dessinée par Tim Hamilton.

     

    Guy Montag exerce le métier de pompier depuis dix ans : il a pour mission de brûler les livres interdits par la loi, susceptibles de troubler l’ordre public. Un soir en quittant son service, il rencontre une jeune fille aux goûts étranges pour leur société où la vitesse prime sur le reste : effectivement, l’adolescente marche dans les bois, regarde la lune et déambule sous la pluie.

     

    Cette intrigante rencontre bouleverse notre pompier : il y aurait d’autres sentiments que ceux vantés par les murs-écrans de sa maison ? Que renferment donc de si précieux ces livres pour lesquels certains de leurs propriétaires sont prêts à mourir plutôt que de s’en séparer ?

     

    --> Après avoir lu le roman, j'ai vu le film. En empruntant la bande dessinée, je doutais qu'elle puisse apporter quelque chose de nouveau. Et bien si! Cet ouvrage apporte un nouveau regard sur cette fascinante histoire, et en particulier au film qui parait du coup bien fade côté scénario.

    Donc, n'ayez pas peur de lire la BD. Elle n'enlève rien au chef d'oeuvre qu'est le roman.


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  •  Astérix chez les Pictes

     

    --> Vous êtes tombés dedans quand vous étiez petits?

    Vous avez peur d'être déçus? C'est normal: on garde un souvenir ému du goût de la madeleine, et lire un album d'astérix sans Goscinny NI Uderzo, ça fait un peu peur.

    Et bien foncez, cet album-là est dans la droite ligne des bons albums de la série, avec une légère pointe de modernité dans certains personnages et graphismes.


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  • Maus

    de Art Spiegelman

    Maus raconte la vie de Vladek Spiegelman, rescapé juif des camps nazis, et de son fils, auteur de bandes dessinées, qui cherche un terrain de réconciliation avec son père, sa terrifiante histoire et l'Histoire. Des portes d' Auschwitz aux trottoirs de New York se déroule, en deux temps (les années 40 et les années 70), le récit d'une double survie : celle de son père, mais aussi celle du fils qui se débat pour survivre au survivant. Ici, les Nazis sont des chats et les juifs des souris.

    --> à lire pour tous, à recommander pour les collégiens, en particulier en 3ème, un regard sur la shoah.

    wikipédia: Maus est une bande dessinée traitant des persécutions des juifs dans les années 1930 et 1940, et notamment de la Shoah. Après une première esquisse de trois planches dans Funny Animals en 1972, elle a été sérialisée dans la revue RAW avant sa publication en deux tomes en 1986 et 1991. Cette œuvre a reçu un prix Pulitzer spécial en 1992 et a été traduite en dix-huit langues. Cette œuvre sans précédent, de plus de 250 pages, mêle étroitement deux trames narratives : le père de Spiegelman racontant sa déportation, et le récit des relations entre Spiegelman et son père, récit de la transmission de la Shoah. Tant en Europe qu’en Amérique, l’œuvre a été saluée par la critique : des dessins originaux sont exposés dans divers musées du monde.


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  • La guerre d'Alan La guerre d'Alan

    Emmanuelle Guibert d'après les souvenirs d4aln Ingram Cope

    Avis FNAC: Emmanuel Guibert utilise la bande dessinée pour donner forme aux souvenirs d'Alan Cope, un Américain septuagénaire qui lui a raconté sa vie quotidienne durant la Seconde Guerre mondiale. Pendant plusieurs années, Guibert a écouté cet homme dérouler le fil de son existence. Frappé par la résonance que ces souvenirs évoquaient en lui et par leur dimension universelle, il a décidé de les retranscrire en images et en mots. Son récit atteste de tout le potentiel de témoignage et d'émotion de la biographie dessinée, pour peu qu'elle soit menée par un auteur sensible et respectueux de la parole de l'autre comme l'est Emmanuel Guibert.

    Résumé: Il existe quantité de manières de parler de la guerre. À travers les souvenirs d'Alan Ingram Cope, Emmanuel Guibert raconte les petites choses de la vie quotidienne d'un jeune Américain pendant le deuxième conflit mondial, aux États-Unis puis en Europe. Et c'est toute une existence passionnante qu'il fait défiler avec pudeur et sobriété sur fond d'Histoire du XXe siècle.

    Mot éditeur: La Seconde Guerre mondiale vécue par l'Américain Alan I. Cope, et transmise par Emmanuel Guibert, comportera trois volumes. Ce premier volet raconte la préparation militaire du jeune Alan depuis Fort Knox jusqu'au débarquement en Normandie. Quand la bande dessinée mérite pour de bon l'adjectif de "réaliste".

    --> La vie d'Alan Cope qui confie ses souvenirs au dessinateur Emmanuel Guibert.

    Dans ce premier tome, on voit comment Alan est mobiilsé au moment de Pearl Harbour. Il ne part pas au combat, mais suit de multiples entraînements, à plusieurs armes et aussi à la radio. Il sera même professeur avant d'embarquer dans un immense paquebot italien réformé qui transporte 10 000 hommes pour les débarquer au Havre en février 45. C'est là que s'arrête le premier tome. C'est une histoire agréable à lire, un point de vue de soldat différent de ce que je connais jusque là.

     

    --> Un sentiment mitigé après la lecture des trois tomes. C'est le récit d'une "existence", où il ne se passe pas grand chose et beaucoup à la fois. Des questions existentialistes nombreuses, une mise ne avant des choix qu'Alan a fait durant sa vie. Finalement, ce récit ressemble un peu au récit qu'un grand-père pourrait faire à son petit-fils curieux e mieux le connîatre le comprendre pour comprendre d'où il vient. Un récit peut-être ausi emprunt d'amertume: on ne sait pas. Ce qui m'a le plus touché dans cette histoire, c'est la volonté d'Alan de décrire la profondeur des relations qu'il a eu avec les gens qu'ils rencontraient. Les éloignement, les retourvailles ou les tentatives pour renouer, les heureux hasards de rencontres aussi.

    Dans ce récit, on parle bien plus de rencontres que de guerre!

    La guerre d'Alan La guerre d'Alan La guerre d'Alan


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  • Kiki de Montparnasse

     

    Jamais Kiki ne fera la même chose trois jours d'affilée, jamais, jamais, jamais !

    --> A la manière de Olympe de Gouges (livre que j'ai lu avant, mais qui a été publié après), on a dans les mains une bande dessinée en noir et blanc qui nous dresse la biographie d'une femme de caractère, d'une femme célèbre, oubliée... Kiki, de son vrai nom Alice Prin a été modèle, muse et amante d'artistes célèbres des années folles. Elle a fréquenté les milieux post impressionniste, dadaïste, cubiste, surréaliste... elle a posé mais elle a aussi été chanteuse, danseuse, gérante de cabaret, peintre, actrice...


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  • Y: le dernier homme

     

    Une épidémie mystérieuse a décimé toute la population mâle de la Terre ! Toute sauf un jeune homme, appelé Yorick Brown, et son singe, Esperluette. Pourchassés par des groupements de femmes aux intérêts divers, Yorick et Esperluette partent sur les routes dévastées des États-Unis, sous la protection de la mystérieuse et mortelle Agent 355.

    --> Déception pour ce récit de science fiction, le thème a tout pour me plaire, mais il y a un je ne sais quoi (le dessin?) avec lequel je n'accroche pas. C'est dommage, la série semblait très prometteuse. Je ne lirai pas la suite.


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  • Olympe de Gouges

    de Catel et Bocquet

    Présentation du livre chez Casterman: De Montauban en 1748 à l’échafaud parisien en 1793, quarante-cinq ans d’une vie féminine hors normes, et l’invention d’une idée neuve en Europe : la lutte pour les droits des femmes. 
    Née dans une famille bourgeoise de province, sans doute fille adultérine d’un dramaturge à particule, Marie Gouze dit Olympe de Gouges a traversé la seconde moitié du XVIIIe siècle comme peu de femmes l’ont fait. Femme de lettres et polémiste engagée, elle se distingue par son indépendance d’esprit et l’originalité parfois radicale de ses vues, s’engageant pour l’abolition de l’esclavage et surtout pour les droits civils et politiques des femmes. Opposée aux Robespierristes et aux ultras de la Révolution, elle est guillotinée pendant la Terreur.

    Comme ils l’avaient fait avec Kiki de Montparnasse, Catel et Bocquet retracent de façon romancée, mais avec une rigueur historique constante, le parcours de vie de cette femme d’exception, dont les idéaux très en avance sur son temps ont forgé quelques-unes des valeurs clés de nos sociétés d’aujourd’hui. En quelque trois cent planches de création exigeante et généreuse, un magnifique portrait féminin et un hommage vibrant à l’une des figures essentielles du féminisme.

    --> C'est l'histoire de la révolutionnaire, depuis sa naissance. Pas seulement sa rédaction des droits de la femme. L'histoire prend le temps de placer le contexte historique, de décrire les rencontres de la jeune Marie Gouzes qui deviendra Olympe (de sa mère) de Gouges. Une batarde, fille illégitime d'un académicien. Une jeune fille bercée par les belles lettres, une femme balançant entre aristocratie et démocratie. Celle qui ne voudrait être d'aucun partie, mais qui défend avec ardeur les droits de la femme et de la citoyenne et l'abolition de l'esclavage.

    Vous voulez en savoir plus sur ce personnage historique, avec la forme "légère" de la bande dessinée? Foncez! On trouve à la fin du livre une biographie de chaque protagoniste du livre.

     

    Des citations:

    - Dans la République des Lettres, nous sommes tous égaux par la naissance, les particules se gagnent à la pointe de la plume....
    - Oui, je sais que les mots peuvent être la cause de blessures plus profondes que la pointe d'une épée.

     

    - Et vous, chère madame, croyez-vous en l'avènement de la démocratie ou en la sauvegarde de la monarchie?
    - Les uns veulent que je sois aristocrate, mais les aristocrates prétendent ue je suis démocrate! Je suis comme le pauvre agonisant auquel un prêtre vigoureux demande: "êtes-vous moliniste ou janséniste?" "Hélas, répond le moribond, je suis ébéniste!" Comme lui, je ne connais aucun parti. Le seul qui m'intéresse vivement est cemui de ma Patrie, celui de la France.

     

    - Le 2 janvier,  je ne serai plus jouée.
    - Qu'en sais-tu?
    - Le règlement de la Comédie est ainsi.
    - Quel règlement?
    - Si au bout de trois jours la pièce n'a pas atteint un minimum de recettes, elle peut être retirée.
    - Ils n'oseront pas!
    - Mes collègues nous l'ont déjà annoncé.
    - Quoi?!
    - Sachez,  jeune Pierre, que 40 loges sont louées par les colons et que chacune rapporte plus de 1 600 livres par an.
    - Alors il faut trouver un autre théätre!
    - Impossible: la pièce appartient désormais au Théâtre Français. Elle ne pourra jamais plus être jouée.

     


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  • Le viandier de Polpette

    De Olivier Milhaud et Julien Neel

    A l’auberge du Coq Vert, les casseroles fument, les portes claquent et les sentiments contrariés sont légion. Au cœur de cette fresque enlevée : Polpette le cuisinier, Fausto le baron propriétaire, Alméria l’employée volcanique et une tribu de furets vindicatifs... Le jour où Fausto apprend l’arrivée de son père, puissant monarque qu’il n’a pas vu depuis ses 7 ans, c’est le branle-bas de combat dans l’auberge...

    --> Attention, coup de coeur. C'est dans le rayon jeunesse que la bibliothécaire m'a déniché et recommandé ce livre. Et bien je trouve que c'est de la bd adulte. Il y a est question de paix, de recettes de cuisine, de destinée, de lien familial.... J'ai tout aimé.

     


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  • Seuls

    De Gazzotti et Vehlmann

    Dans une ville dont les habitants ont mystérieusement disparu, cinq enfants vont devoir apprendre à se débrouiller... seuls.

    --> Le scénario est intéressant et prenant, un univers fantastique original. Malheureusement, il y a un peu trop d'armes, de langage familier ( partir du tome 2, ça va crescendo, au moins jusqu'au 5). Enfin, les enfants sont placés dans des rôles de tueurs (tome 5) qui me dérangent un peu. C'est dommage, car j'ai le sentiment qu'on peut faire une BD passionante pour les plus jeunes sur les idées de celles-ci, mais plus "soft". Etienne, 8 ans 1/2 la lit en même temps que moi. Cependant, je recommanderai plutôt à partir de 10/11 ans.

    Un grand +++ pour le premier tome, à découvrir. Mais trop de défauts pour les suivants. Dommage.


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    L'ambulance 13

    Scénario: P.Cothias et P.Ordas; Dessins: A.Mounier; Couleurs: S.Bouet

    Résumé de l’éditeur :

    Il s’appelle Louis-Charles Bouteloup. Fraîchement diplômé de la Faculté de Médecine, il se retrouve en première ligne, à Fleury, en décembre 1915.
    Il commande une ambulance hippomobile, surnommée l’As de Pique parce qu’elle est connue aussi bien pour le courage de ses infirmiers, que pour leur manque de soumission au Règlement.
    Bouteloup est un nom qui compte en politique, car le baron Horace, père de Louis, est député, lieutenant-colonel et proche du général Pétain. Cette relation privilégiée, loin de le protéger, fera du jeune officier une cible désignée pour les ennemis de l’élu, entre autres le redoutable Georges Clemenceau.
    Néanmoins, Louis accomplira la tâche épouvantable que la guerre lui impose, en essayant de préserver un humanisme auquel il est attaché jusqu’à la rébellion…

    --> inspirée du roman, cette bande dessinée prend de grands raccourcis, et ça rend le scénario assez pauvre. Cependant, l'histoire et les images ont le mérite d'attiser notre curiosité sur la vie dans les tranchées, sur le travail des soignants, l'horreur de la guerre, la hiérarchie militaire, les influences politiques, la "pactisation" avec l'ennemi...

    Les dessins sont puissants, soutiennent l'horreur de la guerre.

    Dans le premier tome, la partie documentaire nous prouve comme cette bande dessinée est plus qu'une fiction.


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  •  Blast

    de Manu Larcenet

    Tome 1: Grasse carcasse

    4ème de couverture: Je pèse lourd. Des tonnes. Alliage écrasant de lard et d'espoirs défaits, je bute sur chaque pierre du chemin. Je tombe et me relève, et tombe encore. Je pèse lourd, ancré au sol, écrasé de pesanteur. Atlas aberrant, je traîne le monde derrière moi. Je pèse lourd. Pire qu'un cheval de trait. Pire qu'un char d'assaut. Je pèse lourd et pourtant, parfois, je vole.

    --> Blast, c'est une oeuvre dessinée, un roman graphique. Le dessin, le scénario, l'écriture, tout s'équilibre. C'est l'errance d'un homme obèse. C'est une bande dessinée angoissante. Est-ce pour cela que je me suis empressée de l'oublier?

    - J’ai réalisé que, mon père mort, je ne pouvais plus le décevoir… J’étais libre… L’évidence était d’expérimenter pleinement cette liberté nouvelle avant de m’échouer à mon tour sur un lit d’hôpital… Je suis alors devenu adulte et j’ai adoré ça !

    - "Je sais que c'est la mode du moment...on pense que le mystère n'existe que pour être dissipé...on pense que tout est explicable, qu'il suffit d'aller chercher les réponses sur internet... mon histoire n'est pas mathématique! elle se résume tout entière à la collision entre le hasard et..mes obsessions...c'est pas des choses qu'on trouve sur internet! ...et ce qui est fascinant, c'est qu'entre ces deux pôles, il n'y a pas de trace de morale, d'éthique ou même de justice... là ou vous vous réduisez à la moi, je ne me conforme qu'à la nature...et la justice n'existe pas, dans la nature!"


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  • de Pierre Maurel

    Dans une société ultra répressive envers les fanzines et l’autoédition, un groupe d’auteurs marginaux est traqué par la police. Une BD militante en forme de manifeste pour la liberté d’expression et de mise en garde contre les dérives totalitaires.

    L'histoire : Ce jour là, les députes votent une loi qui interdit strictement l’autoédition et les fanzines : afin de contrôler les contenus à caractère litigieux (et d’offrir aux auteurs des conditions optimales de distribution de leurs ouvrages…), toute publication devra désormais passer par un éditeur agréé ! Ils sont cinq. Cinq jeunes auteurs marginaux à se retrouver complètement désemparés par cette loi. Eux qui mettent depuis des mois toute leur énergie dans la création de leur fanzine Blackbird (des photocops agrafées), dans sa promotion (des stickers) et sa distribution (sur le comptoir des boutiques amies), deviennent des hors la loi s’ils poursuivent cette activité. Or, au même moment, l’un d’eux a le bonheur de voir un de ses projets accepté par un petit éditeur… Il passera néanmoins pour un traitre au sein du groupe. Dans leur local, les autres se mettent en quête d’un photocopieur, outil indispensable et désormais très recherché sur le marché noir. L’un d’eux, un peu plus sanguin, pète les plombs : il tabasse le propriétaire d’une boutique, agacé par le sticker que le jeune venait de coller sur la grille. Il attire aussitôt les projecteurs de la police sur son groupe, qui fera dès lors l’objet d’une traque intensive…

    --> Une bande dessinée engagée qui met en scène avec simplicité et justesse les dérives possibles de la liberté de publier. A faire circuler.


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  • Les lettres de mon moulin

    d'après Alphonse Daudet

    de Thouret et Duthil

    Résumé de"Les lettres de mon moulin en BD"

     

    Adaptation joyeuse et pittoresque des célèbres nouvelles d'Alphonse Daudet en BD !
    Partez à la rencontre du berger de La Chèvre de Monsieur Seguin, du Curé de Cucugnan et de bien d'autres personnages pittoresques à l'accent chantant !
    Des petites histoires pour se ressourcer au chant des cigales et à l'ombre des oliviers.

    --> un dessin doux, un texte raffiné. Les auteurs ont voulu coller au texte original d'Alphonse Daudet. Mais cela rend les histoires incompréhensibles à qui ne connait pas déjà ces magnifiques lettres. A lire donc éventuellement en prolongement du chef d'oeuvre original, sinon à éviter.


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  • Le photographe  Le photographe  Le photographe

    Tome 1:

    Présentation de l'éditeur

     

    "D'un même élan, d'une même foulée, on attaque notre premier col. C'est la montagne-frontière, le Dewana Baba, le col du vieux fou. 5 000 mètres. On m'a prévenu que ce ne serait pas une partie de plaisir. Effectivement, c'est très pénible. Toute la nuit, on grimpe au pas de charge un tas de cailloux sans fin qu'on ne voit pas. Tandis que ma raison me répète en boucle que je ne vais pas y arriver
    mes pieds continuent d'avancer. Il fait de plus en plus froid. Vers cinq heures, l'aube point. Saoul de fatigue, au passage du col, je dois avouer qu'au fond de moi, je me demande ce que je fous là. Et comme d'habitude, je me réponds en prenant des photos.
     

     

    Biographie de l'auteur

    Fin juillet 1986. Didier Lefèvre quitte Paris pour sa première grande mission photographique : accompagner une équipe de Médecins Sans Frontières au cœur de l'Afghanistan, en pleine guerre entre Soviétiques et Moudjahidin. Cette mission va marquer sa vie comme cette guerre marquera l'histoire contemporaine. Au croisement des destins individuels et de la géopolitique, à l'intersection du dessin et de la photographie, ce livre raconte la longue marche des hommes et des femmes qui tentent de réparer ce que d'autres détruisent

    Tome 2:

    Présentation de l'éditeur

    " Je ne sais pas combien de temps durera cette guerre, mais je sis que plus elle dure, plus elle déracine, ratiboise et mutile d'enfants et plus ce sera difficile d'en sortir. "Fin juillet 1986. Didier Lefèvre quitte Paris pour sa première grande mission photographique accompagner une équipe de Médecins Sans Frontières au cœur de l'Afghanistan, en pleine guerre entre Soviétiques et Moudjahidin. Cette mission va marquer sa vie
    comme cette guerre marquera l'histoire contemporaine. Au croisement des destins individuels et de la géopolitique,
    à l'intersection du dessin et de la photographie, ce livre
    raconte la longue marche des hommes et des femmes
    qui tentent de réparer ce que d'autres détruisent.

    Tome 3:

    Présentation de l’éditeur

    L'Afghanistan chevillé au coeur
    Fin 1986. Après trois mois passés avec les MSF en Afghanistan, Didier Lefèvre, le Photographe, décide de rentrer seul en France. Juliette, la chef de mission, s'y oppose ; sans la protection de l'équipe, sans parler la langue, c'est trop dangereux. Didier insiste. Juliette, finalement, lui cède la responsabilité qu'elle exerce sur lui : "Tu es majeur et vacciné. Si tu veux partir, pars". Et c'est le retour. Un retour riche en péripéties et en rencontres, léger et heureux dans les premiers jours, âpre et pénible à l'extrême les jours suivants. Ses photos et sont récit en témoignent. La mission et le chemin du retour marqueront sa vie à jamais. De la même façon que longtemps encore après avoir refermé ce livre poignant, merveilleusement écrit, photographié et dessiné, les lecteurs auront l'Afghanistan chevillé au coeur, et qu'ils n'oublieront jamais ces hommes et ces femmes qui "tentent de réparer ce que d'autres détruisent".

    --> Le troisième tome est indispensable à cette trilogie, il donne de l'ampleur aux récits des 2 premiers. Il laisse aussi de la place pour les sentiments de l'auteur.

    Le photographe est une bande dessinée qui mêle le dessin et la photographie, racontant le véritable voyage d'un photographe en Afghanistan pour suivre une équipe de médecin sans frontières. Un livre qui réveille notre curiosité sur le conflit afghan. Un regard tout à fait original, un récit que l'auteur a bien peu partagé avant la sortie de cette bande dessinée, presque 20 ans après son retour!


    CITATIONS:

    - Le chadri, d'abord, c'est un phénomène essentiellement urbain. Dans un petit village, tout le monde est de la même famille. Pas besoin de se voiler. En plus, ça coûte cher, un chadri. Une paysanne en voudrait un qu'elle ne pourrait pas se le payer. Ensuite, il faut savoir que le chadri, c'est assez récent. À peu près un siècle. Auparavant, beaucoup de femmes des villes, de toute leur vie, ne mettaient pas le nez dehors de leur maison. [...] Le chadri a été un gain d'autonomie et de liberté. Elles ont enfin pu sortir de chez elles. De toute manière, on en fait un symbole exagéré et idiot de ce chadri. Les vraies priorités, pour les femmes, c'est l'accès aux soins, à l'éducation, au travail et à la justice, pas les fringues. [...] En ce moment, c'est un vrai outil de résistance. Beaucoup de femmes transportent des armes sous le chadri.

    - [...] - L'ennemi c'est l'hélicoptère.
    Les avions sont redoutables mais ils passent et, le temps qu'ils reviennent, tu peux éventuellement te cacher.
    Alors que l'hélicoptère, il survole, il s'arrête, il reste en vol stationnaire, il te cherche, il te traque, c'est horrible.
    Si tu es dans un endroit où il est difficile de se cacher, tu te jettes sous ton patou. Le patou c'est la couverture des afghans.
    - Oui je sais, j'en ai une, marron.
    - Couleur de la terre.
    Tu ne bouges plus et surtout, tu fais en sorte que rien ne dépasse.
    Tu serres les poings avec le pouce à l'intérieur, comme ça. Tu sais pourquoi ?
    - Non.
    - Parce que l'hélicoptère repère tout ce qui brille. Même un ongle.

     

    --> 1979, l'armée soviétique envahit l'Afghanistan. Commence alors une période de guerre qui va durer plus de vingt ans.. En 1986, les résistants afghans, lesMudjahedines, tiennent toujours tête à l'occupant.. Depuis 1982, Médecins Sans Frontières organise clandestinement des missions d'aide humanitaire dans l'extrême nord du pays coupé du monde. Une caravane accompagnée de 10 infimières et médecins doit rejoindre les vallée de Teshkan et Yaftal pour y délivrer des soins et former le personel local. Mais auparavant, il faut traverser mille kilomètres de haute montagne à travers un pays en guerre... c'est la mission racontée par le film glissé en fin de tome 3.

    C'est la mission racontée dans ces 3 tomes. Une bande dessinée qui nous donne à voir un regard sur la guerre, celui des occidentaux en mission pour soigner. Des bandes dessinées à faire circuler.


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  • Manteau de neige

    de Craig Thompson

    Présentation de l'éditeur

     Je voulais le ciel. Et j'ai grandi en m'efforçant d'obtenir de ce monde... un monde éternel.

    Biographie de l'auteur

    Craig Thompson est né en 1975 dans le Michigan. Son premier album, Adieu, Chunky Rice (traduit en français chez Delcourt) lui a valu le Harvey Award for New Talents. Blankets, souvent comparé pour sa qualité à Maus d'Art Spiegelmann ou à Jimmy Corrigan de Chris Ware, a connu un grand succès public et critique Outre-Atlantique.

    --> Après la belle surprise d'Habibi, j'ai eu envie de connaître plus l'oeuvre de cet auteur. On retrouve de beaux dessins, ici pour raconter l'enfance et l'adolescence de l'auteur. Son premier amour. C'est une bande dessinée pleine de sensibilité, avec un peu de sensualité. Tout au long du livre, l'auteur montre comment l'éducation religieuse peut accompagner (briser?) la vie d'un homme. Comment la question d'être ou ne pas être chrétien cherche une réponse. Une bande dessinée qui peut être troublante, qui donne encore envie de lire Craig Thompson.


    CITATIONS:

    -La première fois que je suis allé dans une bibliothèque publique, j'ai eu l'impression d'être un gamin qui rentre dans une confiserie où tous les bonbons seraient gratuits.

    - Je crois toujours en Dieu, à la parole de Jésus aussi, mais le reste du christianisme... cet Bible, ces églises, ce dogme... seulement dressés pour séparer les peuples et les cultures. C'est comme nier la beauté d'être un Humain et ignorer tous ces espaces qui ont besoin d'être remplis par l'individuel

    - Enfant, j'étais convaincu que le vrai monde était horrible et qu'il devait y avoir quelque chose de mieux

     
     

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  • Plusieurs tomes, celui que j'ai lu, c'est "Les souvenirs de Mamette"

    Mamette

    Présentation de l'éditeur

    Pas facile, la vie aux champs, dans les années 30. Surtout quand on est une fillette de 8 ans qui a grandi en ville, que vos parents en crise ont confiée aux grands-parents dans la ferme familiale, et qu'on tombe sur des secrets de famille un peu lourds. Heureusement, la petite Marinette est plus solide qu’elle n'y paraît. C'est le moment de découvrir l'école communale et de faire de nouvelles rencontres !Entre Sans famille et La Petite Fadette, retrouvez une nouvelle tranche de vie de Marinette, une petite fille pleine de bonne humeur baladée par le destin, qui deviendra un jour une grand-mère plus connue sous le nom de Mamette.Le tome 1 des Souvenirs de Mamette était en compétition pour le Prix Jeunesse au Festival International de la BD d'Angoulême en 2010.

    --> Un beau graphisme, une colorisation légèrement pastel. Des sentiments rudes mes finalement tendres.


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  •     

    de Davide Cali / Ninice

    Présentation de l'éditeur

    La très pimpante Madame Lamort élève seule sa fille Joëlle. Elle travaille pour la société TRÉPAS, société dont les opératrices zélées délivrent les très redoutées cartes noires aux «candidats» à l’au-delà... Mais tout se complique lorsque Madame Lamort décide, afin de gagner le titre envié d’employée du mois, de s’occuper du père du meilleur, et seul, ami de sa fille. Une histoire hilarante, tout en rebondissements humoristiques, menée tambour battant par un Davide Cali en grande forme et porté par le dessin léger et drôle de Ninie. La coloration, changeante et terriblement gothique, ravira petits et grands !

    --> Des albums très colorés, sur fond de mort où elle est un commerce, une marchandise distribuée en fonction de quota. Pour les jeunes ados.


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  • Habibi

    de Craig Thomson

    Présentation de l'éditeur

     

    Ancré dans un paysage épique de déserts, harems et bâtiments industriels, Habibi raconte l'histoire de Dodola et Zam, deux enfants liés par le hasard, puis par un amour grandissant. Réfugiés dans l'improbable épave d'un bateau échoué en plein désert, ils essaient de survivre dans un monde violent et corrompu. Seule la sagesse des récits narrés par la jeune femme, issus des Livres sacrés et des traditions orientales, pourra les protéger de l'avidité des hommes. A la fois contemporain et intemporel, Habibi est une histoire d'amour aux résonances multiples, une parabole sensible et lucide sur le monde moderne et la relation à l'autre. Avec Habibi, Craig Thompson signe un travail graphique d'une impressionnante sophistication, marqué du sceau du merveilleux.
     

     

    Biographie de l'auteur

    Craig Thompson est né en 1975 dans le Michigan et a grandi dans la campagne du Wisconsin. Ses trois précédents livres (parus aux éditions Casterman) - Adieu, Chunky Rice (1999), Blankets - manteau de neige (2003) et Un américain en balade (2005) - ont remporté de nombreux prix et ont été publiés dans près de 20 langues. Il vit depuis quinze ans à Portland, dans l'Oregon.

    --> Quelle belle surprise, un livre que j'ai découvert grâce aux lecteurs de babelio, par recoupement. Mon avis ne pourrait qu'être terriblement réducteur. C'est un livre magnifique qui ouvre plusieurs voies de réflexion sur l'identité, les religions, la sexualité... 670 pages de dessins magnifiques. de nombreuses métaphores. Un mélange des sociétés traditionnelles et modernes. La quatrième de couverture: "un récit onirique, érudit et sensuel à l'atmosphère oriental digne des Mille et une nuits". Cependant une retenue et pas des moindres... la place livrée au viol, à l'abus es assez équivoque. Je pense que c'est volontaire. ça pousse à une lecture au deuxième degré.  Et une relecture, que j'ai trouvé moins enthousiasmante que la première, une fois découverts les superbes graphismes.


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  • Une sacré mamie

    de Yoshichi Shimada

    Présentation de l'éditeur

    1958, Hiroshima A cette époque au Japon, il est difficile pour une jeune femme d'élever seule ses deux fils. Acculée, Hikedo décide un jour de confier son plus jeune garçon, Akihiro, à sa mère qui vit à la campagne. Arrivé chez sa grand-mère, une vie complètement nouvelle va commencer pour Akihiro. Pas facile de quitter la ville pour la campagne quand on n'y est pas préparé ! Mais le petit garçon va vite s'habituer à sa nouvelle vie au grand air. Suivant l'exemple de sa super mamie débrouillarde, il apprend à s'adapter à toutes les situations.

    --> Un enfant se voit contraint de partir vivre à la campagne chez sa grand-mère, sans préavis. La famille vit dans la puvreté, et mamie voit toujours le verre à moitié plein. Emprunte d'optimisme, elle transmet à son petit fils des valeurs essentielles, et elle a souvent besoin d'humour pour faire passer la pilule.
    Le thème est plaisant, et cette mamie sacément attachante.
    En revanche, je n'ai pas accroché avec le format manga.

    L'auteur est une star du comique japonais, et ce manga puise ses sources dans son histoire.


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  • Endurance

    scénario Pascal Bertho

    Dessin et couleur Marc-Antoine Boidin

    Cherche hommes pour voyage incertain. Petits gages, froid rigoureux, longs mois de nuit complète, dangers permanents, retour incertain. Honneur et reconnaissance en cas de succès. " C'est avec cette annonce que Sir Ernest Shackleton a recruté une bonne partie des membres du bateau " L'Endurance " pour son expédition vers l'Antarctique, qui démarra en 1914 pour s'achever trois ans plus tard. Une aventure humaine parmi les plus incroyables du XXe siècle.

    --> Amundsen a déjà planté son drapeau au pôle sur, et Ernest Shackleton se lance dans un autre défi: traverser de mer à mer le continent antarctique. C'est à bord de L'endurance qu'il embarque avec ses hommes. Pris par les glaces, ils vont affronter le froid, la famine, l'attente... l'enfer.

    C'est une belle bande dessinée, assez réaliste, proche de documentaire. Le scénario comme les dessins sont plaisants. On rentre dans l'aventure des ces héros d'un autre siècle. Un livre à recommander.

    C'est un récit impressionnant.

    Endurance



     


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  •  Coup de coeur pour cet auteur de bande dessinée "engagée"
    Il est né le 19 octobre 1965 à Chaudron-en-Mauges (Maine-et-Loire). C'est un libraire caennais qui me l'a fait découvrir à l'occasion de la sortie de Ignorants. Mais ce sont les autres livres que j'ai préférés. Certaines de ses histoires sont "introspectives", d'autres sont des fictions. Son dessin est beau. J'admire sans me lasser quelques-unes de ses vignettes.

     BD commentées:

    - Le chien qui louche (2013)

    - Chute de vélo (2004)

    - Un homme est mort (2006)

    - Les ignorants (2011)

    - Lulu femme nue (2010)

    - Les mauvaises gens (2005)
    une histoire de militants

    - Rural! (2001)
    ou chronique d'une collision politique

    - Le constat (2004)

    - Quelques jours avec un menteur (1997)

     

     

    Etienne Davodeau

    Fabien, surveillant au Louvre, aime son métier. Depuis quelques semaines, il aime aussi Mathilde. Celle-ci vient présenter son ami à sa famille dans la vaste maison de campagne près d’Angers. Non sans appréhension : le clan Benion est un peu « particulier ». Après le dîner, on veut « montrer un truc » à Fabien. Au grenier, à l’occasion de travaux, on a trouvé récemment un coffre dans lequel un aïeul avait laissé une peinture, ou plutôt, une affreuse toile… Que vaut le tableau de l’ancêtre, demandent les Benion, est-ce une croûte ou un chef d’oeuvre ?

    Quiproquos pittoresques, malentendus drolatiques, intervention d’une mystérieuse République du Louvre composent une comédie alerte et hautement réjouissante qui pose les bases d’une question fondamentale: qui décide de ce qui est Beau ?

    --> Entrée au Musée du Louvre avec la fiction et les dessins d'Etienne Davodeau. J'ai tout aimé: retrouver le Louvre, le choix du point de vue d'un surveillant de salle, l'intrigue originale: faire entrer une médiocre toile d'un inconnu au Louvre.

     

    Etienne Davodeau

    Présentation de l'éditeur

    Avec son mari, ses enfants, son frère et un ami, Jeanne vient remettre en état la maison de sa mère pour en préparer la vente. La vieille dame, qui perd la mémoire, est hospitalisée. Mais les médecins ont accepté qu'elle revienne passer quelques jours en famille dans la maison. De l'autre côté de la rue, un maçon forme un apprenti sur un chantier. L'ambiance est rude. Fascinés par les rapports entre les deux hommes, les enfants vont, par accident, exacerber cette tension. C'est le moment que choisit la vieille dame pour disparaître. Elle demeure introuvable. C'est la panique. Mais heureusement, Toussaint est là. Toussaint est un ami, un pauvre type malchanceux que toute la famille aide depuis des années à ne pas sombrer dans la misère. Toussaint est quelqu'un d'étrange : rendre service le bouleverse, comme s'il cachait un secret dont ses amis ne sauront jamais rien.

    --> C'est un récit très proche de nos vies ordinaires, pas si ordinaires. Il y a une mère âgée et malade, un frère fâché avec la famille, des cousins qui se retrouvent dans la maison de famille, un dernier grand nettoyage de la dite maison.

    Il y a à côté un chantier et un patron odieux avec son "arpette" (son apprenti).

    Et enfin, il y un secret, caché par le bon ami de la famille, celui qui paye sa dette en cachette.

    Etienne Davodeau

    Présentation de l'éditeur

    1950. Brest est un immense chantier. De la ville fortifiée, aux ruelles étroites, une nouvelle ville va surgir, orthogonale, rectiligne, ordonnée, moderne. Ce sera Brest-la-Blanche, qui deviendra très vite Brest-la-Grise.

    Mais face aux revendications salariales des ouvriers travaillant à la reconstruction, les patrons refusent de céder. La grève générale est déclarée. Les chantiers sont immobilisés, les ouvriers de l'Arsenal rejoignent le mouvement.
    Et le 17 avril, le drame se produit. La police, dépassée par l'ampleur du mouvement, tire sur la foule, blessant plus de vingt personnes et tuant un homme. Édouard Mazé.
    Le lendemain, appelé par la CGT pour tourner un film sur le mouvement, René Vautier débarque clandestinement à Brest. Il est alors recherché par la police suite à un premier film documentaire, Afrique 50, témoignage sans concessions du système colonial français d'après guerre.
    René arrive dans une ville en état de siège. Le lendemain ont lieu les obsèques d'Édouard Mazé.
    Une foule immense, un peuple entier accompagnera son cercueil.
    En s'attachant à la véracité des événements, en respectant la parole des témoins, Kris et Étienne Davodeau nous redonnent l'espoir en l'homme et en sa faculté à lutter pour sa liberté.

    --> Un film engagé est tourné pendant les grèves ouvrières qui perturbent la reconstruction de Brest. Un militant meurt. Un poème de Paul Eluard est déclamé. 50 ans plus tard, Etienne Davodeau en fait une magnifique bande dessinée, associée à un dossier documentaire.

    Le poème de Paul Eluard, en hommage à Gabriel Péri:

    Un homme est mort
    Un homme est mort qui n’avait pour défense
    Que ses bras ouverts à la vie
    Un homme est mort qui n’avait d’autre route
    Que celle où l’on hait les fusils
    Un homme est mort qui continue la lutte
    Contre la mort contre l’oubli.
    Car tout ce qu’il voulait
    Nous le voulions aussi
    Nous le voulons aujourd’hui
    Que le bonheur soit la lumière
    Au fond des yeux au fond du coeur
    Et la justice sur la terre.
    Il y a des mots qui font vivre
    Et ce sont des mots innocents
    Le mot chaleur le mot confiance
    Amour justice et le mot liberté
    Le mot enfant et le mot gentillesse
    Et certains noms de fleurs et certains noms de fruits
    Le mot courage et le mot découvrir
    Et le mot frère et le mot camarade
    Et certains noms de pays de villages
    Et certains noms de femmes et d’amis
    Ajoutons-y Péri
    Péri est mort pour ce qui nous fait vivre
    Tutoyons-le sa poitrine est trouée
    Mais grâce à lui nous nous connaissons mieux
    Tutoyons-nous son espoir est vivant.

     

    Etienne Davodeau

     Présentation chez l'éditeur Futuroplis: Un vigneron chez Jean-Pierre Gibrat ou chez Emmanuel Guibert, et un auteur de bande dessinée dans la vigne : mais qui sont-ils ? Deux ignorants ! Comment, pourquoi, et pour qui faire des livres ou du vin ? Les réponses à ces questions forment le récit vivant et joyeux d’une initiation croisée.

    --> Je ne trouve pas ce récit si vivant, et encore moins joyeux. Cependant, j'admire les dessins, le dessinateur usent des gris avec finesse, en particulier pour les paysages et les outils de travail. Quant au récit, la moitié du livre aurait suffit. Mais en même temps, il faut du temps pour découvrir ce qu'est le travail et la passion d'un autre, alors peut-être qu'il a été judicieux de faire durer l'histoire. Je reste sur un sentiment mitigé: de beaux dessins, une histoire attirante mais trop longue qui me fait trop penser à une émission qui pourrait s'appeler "vis ma vie".

     

    Etienne Davodeau

     

    Présentation de l'éditeur

    Abandonnant provisoirement le documentaire et l'enquête dessinés, Étienne Davodeau renoue avec la fiction, à sa manière, c'est-à-dire au plus près des gens, ceux de la vie de tous les jours, ancrés à plein coeur dans le réel. En racontant l'étrange voyage de Lulu, Étienne Davodeau nous emplit du bonheur, retenu ici, explosif là, de connaître une femme simple et magnifique qui devient, définitivement, notre amie.
    « C est dans la proximité qu'une des grandes forces de la bande dessinée réside. On parle au creux de l'oreille du lecteur », écrit Étienne Davodeau. Et nous ne pouvons être que subjugués par cette élégance des mots, cette justesse graphique, cette sobriété expressive et joyeuse qui sont l'expression de son art, plus vivant que jamais : Lulu, femme nue, première partie d'une histoire qui en comptera deux, est à coup sûr l'un des récits phare de cette rentrée.
    De même que, après les succès des Mauvaises gens et d'Un homme est mort, avec Lulu, femme nue, Étienne Davodeau s affirme comme l'un des acteurs majeurs de la bande dessinée contemporaine.


    Lulu, mère de famille de quarante ans, sans histoire, a disparu depuis plus de deux semaines, abandonnant mari et enfants à ses amis désemparés.
    L'un d'eux, Xavier, a retrouvé sa trace. En une nuit, il entreprend de raconter aux autres ce qu'a vécu Lulu pendant cet étrange voyage : Lulu a quitté sa vie normale en sortant d'un énième entretien d'embauche. Elle n'avait rien prémédité. Ça s'est passé très simplement. Elle est partie avec une femme dont elle ne connaissait rien, et s'est octroyé quelques jours de liberté, seule, sur la côte, sans autre projet que de savourer pleinement, et sans culpabilité, cette vacance inédite.
    Presque surprise par sa propre audace, Lulu rencontre de drôles de gens, qui sont, d'une façon ou d'une autre, eux aussi au bord du monde.
    Grisante, joyeuse, dangereuse et cruelle, l'expérience improvisée de Lulu en fera une autre femme.

    --> voilà 2 tomes qu'on lit sans s'arrêter. Le scénario est bien construit. On suit Lulu en se demandant "et si c'était moi?" ou une Lulu que je connais? Une très belle bande dessinée.

     

    Etienne Davodeau

    Présentation de l'éditeur

    Les Mauges. Une région rurale, catholique et ouvrière de l'ouest français. Les années 50. Quittant l'école au seuil de l'adolescence, des centaines de jeunes gens découvrent l'usine et ses pénibles conditions de travail. Avec l'église, elle semble être l'horizon indépassable de leur quotidien. Sur ces terres longtemps considérées comme rétives aux changements, certains d'entre eux se lancent pourtant dans l'action militante. Pourquoi ? Comment ? De l'immédiat après-guerre à l'accession de la gauche au pouvoir en 1981, Les Mauvaises Gens raconte ce désir d'émancipation collective, ses difficultés, ses limites et ses espoirs. C'est à travers l'expérience de ses propres parents et de leurs amis militants qu'Etienne Davodeau dresse ce portrait passionnant du monde ouvrier et de ses combats. Au fil de ces pages, c'est non seulement l'histoire de toute une région qui se dessine, mais aussi celle d'une France en pleine mutation.

    --> Dans l'introspection, Etienne Davaudeau a interrogé ses parents, et quelques autres qui ont croisé leur chemin. Il se rapelle.

    C'est la place des Jeunesses Ouvrières Chrétiennes dans la vie de ses parents, puis du militantisme CGT / CFDT , l'engagement politique de son père, la motée d u socialisme  et l'élection deFrançois Mitterand.

    Etienne Davodeau

    Présentation de l'éditeur

    Ecrasé par la chaleur, le vieux break fonce sur l'autoroute. Vincent, trente ans, vient de tenter un gros coup de poker. Assis à côté de lui, un vieil homme, il a traversé le siècle, ses contradictions et ses errements.
    Ces deux types n'ont rien en commun, pourtant, ensemble, ils foncent vers des ennuis et des désillusions qu'ils n'auraient pas imaginés dans leurs pires cauchemars.
    Heureusement, sur leur route, il y a Rose, une jeune femme sans attache, si a priori...

    --> Etienne Davaudeau livre là une fiction. C'est une rencontre qui pourrait être qualifiée d'insolite, un bout de chemin partagé par 3 personnages que le hasard a fait se rencontrer.

     

    Etienne Davodeau

    --> E.Davaudeau a suivi 3 agriculteurs qui ont choisi de quitter l'agriculture conventionnelle pour choisir l'agriculture bio. Il s'immerge dans leur univvers et nous offre de beaux dessins, avec une description simple et clair du choix de ces hommes. Il décrit aussi les enjeux du passage d'une autoroute et la modifications du paysage rural.

     

    Etienne Davodeau

    Quatrième de couverture :
    C'est l'histoire de cinq vieux copains. Ils viennent de passer la trentaine, ils s'accordent huit jours de vacances au grand air pour faire le point sur leurs existences respectives. Bon, pour être franc, il s'agit surtout de passer une semaine à bâfrer et à rigoler. Mais ces vacances ne vont pas se dérouler comme prévu. Qui est le menteur ?

    --> Cinq copains, trentenaires, se retrouvent pour passer une semaine de vacances à la campagne, dans la maison d'un oncle. Des retrouvailles qui ressemblent à celles de mes 30 ans, presque trop sages. Heureusement que l'un d'eux porte une action mensongère, ce qui va donner l'occasion à chacun de dire que sa vie n'est ni plus ni moins ratée ou réussie que n'importe quelle vie. Dire aussi que trente ans est un âge où il ne faut pas hésiter à affirmer et faire ce qu'on désire de sa vie, si on ne l'a pas déjà fait avant. (comme à tout âge, non?) J'ai bien  sourit avec cette BD, parce que les actions "terroristes" décrites nous font un peu rêver quand même.


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  • Poulet aux prunes

    de Marjane Satrapi

    Présentation de l'éditeur

    Avec cette nouvelle Ciboulette, Marjane Satrapi comblera les lecteurs de Persepolis tout en en surprenant plus d'un.

    En effet, si l'Iran et la famille de l'auteur sont de nouveau les principaux sujets de Poulet aux prunes, l'auteur explore ici de nouvelles voies de narration qui en font probablement son meilleur livre. Ou comment entrer dans le for intérieur de Nasser Ali Khan, qui a décidé de se laisser mourir car sa femme lui a cassé son Tar, son instrument de musique inégalable

    --> après avoir lu Persépolis, j'avais dévoré Poulet aux prunes à sa sortie. Je n'en gardais pas un souvenir impérissable, mais la sortie au cinéma du film du même nom a ravivé positivement cette lecture.

    Dans Poulet aux prunes, on est touché par l'histoire d'amour de l'homme et son instrument (un tar dans le livre, un violon dans le film), son désespoir, son désir de mourir. Des faits qui nous lancent des interrogations métaphysique. La vie, destin ou choix?

    Poulet aux prunes

    Poulet aux prunes

    Poulet aux prunes


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  • BD commentées de Jirô Taniguchi:

    - L'orme du Caucase (2004)

    - Le journal de mon père (1999)

    - Un zoo en hiver (2009)

    - Quartier lointain (2002) (à venir)

    - Au temps de Botchan (2002)

    - La montagne magique

    - L'homme qui marche

    - Le sommet des Dieux (6 tomes)

     

    L'orme du Caucase

    de Jirô Tanigushi

    Présentation de l'éditeur

    " Comme s'il repoussait les nuages, l'orme dominait majestueusement, tel un géant attendant tranquillement sa dernière heure. "

    Résumé des quelques nouvelles sur un blog (Ponpokopon):

    - L'orme du Caucase
    Monsieur et Madame Harada ont acheté leur nouvelle maison car elle possédait un jardin hors du commun. Lors de leur aménagement, ils se rendent compte que les propriétaires ont emporté tous les arbustres et ont laissé l'orme encombrant.
    - Le cheval de bois
    Les Kinoshita se voient confier à la dernière minute leur petite fille Hiromi qu'ils ne voient qu'une fois par an. Celle-ci semble aussi gâtée que sa maman.
    - La petite fille à la poupée
    A la lecture du journal annonçant une exposition, Iwasaki se rappelle son premier mariage et son divorce.
    - La vie de mon frère
    Sakamoto s'inquiète pour son frère aîné : veuf et à l'âge de la retraite, celui-ci a décidé de quitter la maison de son fils pour habiter seul dans un hôtel bon marché.
    - Le parapluie
    Voici 12 ans qu'elle n'a plus vu son frère et pourtant ce dernier vient de recontacter Komaki pour lui annoncer sa venue. Elle va enfin pouvoir lui présenter sa petite famille.
    - Les environs du musée
    Tous les soirs, Madame Otami part faire une longue promenade près du musée et cela malgré les remarques inquiètes de ses enfants et de sa petite fille.
    - Dans la forêt
    Après avoir entendu plusieurs nuits de suite un chien aboyer, Hiroshi et Yôji, certains d'avoir reconnu la voix de la chienne dont ils avaient du se séparer lors de leur déménagement, décidèrent d'aller la voir de l'autre côté du bois.
    - Son pays natal
    C'est un beau jour pour Noémie : l'une de ses oeuvres a été retenue pour l'exposition annuelle des Beaux-Arts. Depuis 6 ans et la mort de son mari japonais, elle fait tout son possible pour s'intégrer à son pays d'adoption : le Japon.

     

    --> Toujours en Bande dessinée, c'est un petit recueil de nouvelles:

    Une relecture, 4 ans plus tard, me laisse dans une telle émotion que ce livre devient pour moi un incontournable.

    Je découvre dans la postface (un "essai") qui est Utsumi, fort connu au Japon. Un homme dont la bienveillance transparait dans son oeuvre. C'est bien le cas ici.

    - L'orme du Caucase: un couple déjà âgé achète une maison: celle dans laquelle ils veulent finir leur jours. Ce n'est pas la maison qui les attire mais le jardin, richement et harmonieusement planté. Lorsqu'ils prennnent possession de la maison, toutes les plantes ont été enlevées. Le jardin n'a plus le même charme. Seul reste un vieil orme. Encombrant peut-être, mais majestueux. Très vite les voisins viennent se plaindre des feuilles perdues par l'orme: elles bouchent les goutières, il faut balayer devant sa porte... Le couple qui ne veut pas créer d'ennuis décide de faire abattre l'arbre. Mais une année s'écoule, avec ses saisons. L'orme qui revit est magnifique. Et le précédent propriétaire de la maison leur rend visite.

    L'orme va porter toute la symbolique de la place de la nature dans nos vies. L'orme habitait là avant les hommes. Quel orgueil de ne pas supporter que les feuilles tombent.... C'est une très belle fable.

    J'aime chaque personnage de cette fable: les voisins qui râlent, les propriétaires qui ne veulent surtout pas causer de gêne, et le pouvoir de la nature et de la raison après la floraison. La réplique du jardinier aussi qui avoue qu'il ne souhaitait pas non plus voir abattre cet arbre.

    - Le cheval de bois: Yoshiko élevait seule sa fille Hiromi. Elle souhaite se remarier et le temps de parler de sa nouvelle vie avec son futur époux, elle confie son enfants aux grands-parents pour une durée indéterminée. Ils emmènent leur petite fille au parc d'attractions, l'observent sous toutes les coutures. Elle ne souhaite faire qu'un seul jeu: le cheval. Les grands-parents sont dans l'énigme, sous entendent des explications. Assez rapidement, le nouveau couple vient rechercher l'enfant. La maman sait pourquoi Hiromi ne veut pas monter dans les manèges: elle a peur d'être abandonnée.

    La scène dans le parc d'attraction, c'est une métaphore de la peur de l'abandon, des souvenirs qui laissent des marques en chacun de nous.

    Lecteur, nous échafaudons des explications quant au mutisme de cette petite fille, le jugement vient vite aussi contre cette mère qui semble abandonner son enfant à ses parents (ce qui se fait au Japon?). Et finalement le dénouement apporte une fin d'histoire heureuse et somme toute très banale!

    - La petite fille à la poupée: un graphiste d'une cinquantaine d'année a une vie bien établi, une épouse, 2 enfants, un travail florissant. Un matin comme tous les autres, il découvre une photographie dans le journal qui lui rappelle son "erreur" de jeunesse. Une première femme, un enfant qu'il a trompée(s) et qu'on lui a demandé d'oublier. Sa première fille a désormais 25 ans et va inaugurer une exposition de peinture dans la ville même où il vit. Il annule ses rendez-vous et se rend à la galerie où il achètera un tableau et croisera sa fille qui se réjouit que quelqu'un extérieur à la famille puisse s'intéresser à ses tableaux (...). Il croisera sa première épouse: reconnu ou pas ? Le temps a passé: pas un mot échangé.

    "et sans un mot il inclina profondément la tête"

    Dans cette fable, le père évoque les liens du sang. Il reconnait dans l'art de sa fille une transmission qui ne peut être que celle du sang. Dans cette histoire encore il est question de mémoire et d'oubli. De liens. De non-dits.

    Quelle émotion de voir ce père arpenter la galerie de sa fille, admirer ses peintures. Et ne rien dire.

     - La vie de mon frère: Seizô rend visite à son frère Sakamoto. Ce dernier a décidé de vivre seul, "nomade" dans un hôtel. A 69 ans, est-ce qu'il est raisonnable de vivre ainsi? C'est la question qu'il veut lui poser. Une entrevue, dans le lieu de vie de son frère. Le lecteur se demande finalement qui est le plus raisonnable des deux? Qui est le plus libre?

    "quoi! j'devrais supporter que ce métier de couvreur transmis de génération en génération fasse honte?"

    L'indépendance de Sakamoto nous renvoie à nos choix, à ce qu'on assume, ce qu'on subit, ce qu'on choisit. Il vie dans un lieu simple et épuré. Il n'a pas besoin de beaucoup. Mais il ne se passerait pas de son honneur.

    Le frère de Sakamoto, auquel on s'identifie plus facilement, nous paraît bien fade et triste et nous bouscule un peu!

     - Le parapluie: un frère et une soeur, abandonnés différemment par leur mère vont se revoir à 35 et 33 ans après 12 années passées sans se voir et après 17 ans de séparation. Nous ne savons pas ce qu'ils se diront mais ce jour là il pleut des cordes, comme il y a 12 ans, un jour où ils ont parlé et éclairé leurs vies, du moins celle de Mme Komaki

    "je prends un parapluie"

    Le lien, défaillant ou pas, entre un frère et une soeur. Une fois encore, il est question du temps qui passe.

    Des relations bien compliquées  entre ce frère et cette soeur qui ont subi la séparation de leurs parents de manière bien différente: alors que l'une partait avec sa mère, l'autre restait avec le père. Celui-ci dit des années plus tard s'être obligé à aimer une nouvelle maman alors que la soeur revenue vivre avec eux lui en voudra d'aimer cette maman là. De même le retour de la soeur est vécu par le frère comme le retour insupportable du souvenir de la mère. Toujours beaucoup d'émotions.

    - Les environs du musée: une dame âgée fait un court séjour chez son fils qui insiste pour qu'elle vienne vivre chez lui. Mais elle ne veut pas persuadée que l'intérêt de son fils serait de vendre la maison de sa mère pour acheter une autre maison, et trop attachée à une liberté qu'elle conserve en vivant seule. Elle rencontre un vieux monsieur sur un banc proche du musée et ils observent une ombre faite sur le mur du musée par les feuilles des arbres.

    Les sentiments renouvelés des personnes âgées sont souvent ignorés. Pourtant cette rencontre, avec peu de mots redonne le sourire à cette vieille dame triste.

    La rencontre des ces deux personnages nous donnent forcément le sourire, et la complicité devinée du vieil homme avec sa petite fille renforce ce sentiment. Comme c'est bon à lire!

    - Dans la forêt : Hiroshi et Yôji ont déménagé dans un appartement, abandonnant leur chienne Koro. Leur mère ne dit pas ce qu'elle a fait du chien. Lorsque chaque nuit ils entendents un aboiement, ils en sont sûrs, Koro doit être de l'autre côté de la ville, par delà la forêt.

    --> Les sentiments du grand frère pour son petite frère vont apparaitre plutôt ambigüs pendant leur expédition. Le chien retrouvé - ce  n'est pas le leur - il préfère cacher certaines vérités.

    Ce grand frère porte toute la sagesse et la maturité des plus âgés devant ce petit frère qu'il jalouse pourtant un peu.

    - Son pays natal: une française se marie à un japonais et part vivre au Japon. Son intégration y est difficile, et lorsqu le destin tragique entraîne la mort de son époux, la Française se retrouve bien seule.

    --> Peut-on aimer à en perdre racine?

    Quelle difficulté pour cette jeune française de se faire accepter par sa belle-famille avec a barrière de la langue et la barrière culturelle. Son jeune mari meurt prématurément et lors des obsèques, la jeune Noémie comprend bien qu'elle incarne une sorte de malédiction aux yeux de la belle-famille. Malgré cela elle reste et s'intègre à son nouveau pays, faisant des prouesses artistiques. Quelle plaisir d'assister à la fin de la nouvelle au pardon demandé par la belle-mère à sa belle-fille, quel chemin parcouru l'une vers l'autre pour se comprendre, s'accepter: c'est pour tout ça que j'aime cette bande dessinée.

     

    --> L'orme du Caucase, ce sont des chemins de pardons, d'acceptations, de tolérances, de compréhensions face à la différence, face à la difficulté, face à la vie ou la mort. C'est une oeuvre vibrante et vivante. Je l'emporterai sur une île déserte.

     

    Le journal de mon père

    de Jirô Tanigushi

    Présentation de l'éditeur

     

    Moi qui n'étais pas revenu dans ma ville natale depuis plus de dix ans, je découvrais peu à peu de facettes de mon père qui m'étaient inconnues. Je prenais conscience du fossé que j'avais creusé pour échapper à tout dialogue avec lui.
     

     

    Biographie de l'auteur

    Jirô Taniguchi est né le 12 août 1947 à Tottori. Il débute dans la bande dessinée en 1970 avec Un été desséché. De 1976 à 1979, il publie, avec le scénariste Natsuo Sekikawa, Ville sans défense, Le Vent d'Ouest est blanc et Lindo 3. Puis ils s'attaquent, toujours ensemble, aux cinq volumes que comte Au temps de Botchan (deux volumes parus en français au Seuil). A partir de 1991, Jirô Taniguchi signe seul ses albums : L'Homme qui marche, Le Chien Blanco, et Le Journal de mon père. Le premier volume de Quartier Lointain (chez Casterman) a remporté, lors du festival d'Angoulême 2003, l'Alph'Art du meilleur scénario. Il a également reçu le prix Canal BD des librairies spécialisées.

     

    --> Simpliste ou dépouillé? Les Bandes dessinées de Tanigushi se lisent vite. Proche du manga, le dessin est simple. Les dialogues sont à l'image des dessins.

    Ici, un homme découvre qui était son père lors de la veillée des morts. Victime d'une enfance dans le non-dit, des morceaux de son histoire s'éclairent à la lumière des témoignages de ceux qui sont venus dire un dernier au revoir à son père.

    Il s'arrête dans sa fuite en avant, comprend. Des faits qui nous font comprendre le personnage. Ce qu'il a été, ce qu'il est devenu. Une histoire somme toute banale.

     

    Jirô Taniguchi

    de Jirô Taniguchi

    Présentation de l'éditeur

     

    Kyôto, 1966. Le jeune Hamaguchi travaille chez un fabriquant de textile. Mais lassé de ne pouvoir y assouvir sa passion pour le dessin, il démissionne et part pour Tôkyô. Il y découvre, en même temps qu'un studio de mangas qui lui donne sa chance, la vie nocturne et les milieux artistiques de la capitale. Mais le travail d'assistant mangaka est éreintant et Hamaguchi comprend vite qu'on y trouve difficilement le temps et l'énergie pour se consacrer à des oeuvres personnelles. Pour la première fois, Jirô Taniguchi se remémore ses débuts de mangaka et sa jeunesse dans le Tôkyô des années 1960. Un magnifique récit d'apprentissage, où toute la finesse et l'élégance de l'auteur sont réunies pour illustrer les premiers émois de l'âge adulte.
     

     

    Biographie de l'auteur

    Jirô Taniguchi est né en 1947 à Tottori. Il débute dans la bande dessinée en 1970 avec Un été désséché. De 1976 à 1979, il publie notamment, avec le scénariste Natsuo Sekikawa, les cinq volumes d'Au temps de Botchan. A partir de 1991, Jirô Taniguchi signe seul de nombreux albums, dont L'Homme qui marche, Le Journal de mon père, Dans un ciel radieux, et plus récemment, Le Gourmet solitaire et Le Promeneur, en collaboration avec Masayuki Kusumi. Le premier volume de Quartier lointain, qui a remporté lors du Festival d'Angoulême 2003 l'Alph'Art du meilleur scénario, a également reçu le prix Canal BD des librairies spécialisées. Une adaptation cinématographique de cette oeuvre est en cours en France.

    --> Récit d'initiation dans lequel l'auteur semble raconter son histoire. On retrouve toujours la délicatesse du dessin et des faits. Les snetiments sont distillés mais forts. C'est le tome de Tanigushi que j'ai le moins aimé pour le moment.

     

    Jirô Taniguchi

     

    Présentation de l'éditeur

    Japon 1905. An 37 de l'ère Meiji. Natsume Soseki, l'un des plus grands écrivains japonais modernes, se coupe les ongles au soleil de la véranda de sa maison bucolique, pendant qu'un petit chaton noir se promène entre ses jambes. De retour d'Angleterre et passablement déprimé, Soseki se lance dans l'écriture de son œuvre majeure et jubilatoire : le célébrissime Botchan. C'est le point de départ choisi par le dessinateur Jiro Taniguchi et l'écrivain Natsuo Sekikawa pour dresser un panorama de la société japonaise, à travers les intellectuels et la littérature de cette époque. Au temps de Botchan est une gigantesque fresque romanesque qui couvre près de 1500 pages. Le temps semble s'y écouler paisiblement au moment même où le Japon, déjà fasciné par l'Occident, s'apprête à rentrer dans la modernité.
     

    Quatrième de couverture

    Japon 1905. An 37 de l'ère Meiji. Natsume Soseki, l'un des plus grands écrivains japonais modernes, se coupe les ongles au soleil de la véranda de sa maison bucolique, pendant qu'un petit chaton noir se promène entre ses jambes. De retour d'Angleterre et passablement déprimé, Soseki se lance dans l'écriture de son oeuvre majeure et jubilatoire : le célébrissime Botchan. C'est le point de départ choisi par le dessinateur Jiro Taniguchi et l'écrivain Natsuo Sekikawa pour dresser un panorama de la société japonaise, à travers les intellectuels et la littérature de cette époque. Au temps de Botchanest une gigantesque fresque romanesque qui couvre près de 1500 pages. Le temps semble s'y écouler paisiblement au moment même où le lapon, déjà fasciné par l'Occident, s'apprête à rentrer dans la modernité.

    Souvent comparé au cinéaste Ozu, Jiro Taniguchi est considéré comme l'un des pères de la manga d'auteur. Unanimement reconnu au lapon, Au temps de Botchan est son oeuvre la plus importante. Avec le romancier Natsuo Sekikawa, ils ont créé la première manga littéraire de l'histoire de la bande dessinée.

    --> Ce manga est une approche littéraire de l'histoire du Japon. Je n'en ai lu que la moitié, mais il a eu le mérite de m'apporter des informations et de susciter ma curiosité sur le Japon des années 1900.

    Jirô Taniguchi

    --> Dans un musée, une salamandre qui voudrait sortir qui va s'adresser à un enfant. L'enfant qui espère la guérison de sa mère, répond à la demande de la salamandre en échange de la guérison de sa maman.

    C'est un Taniguchi qui m'a beaucoup déçu. Peut-être que je n'était pas réceptive au moment où je l'ai lu. Je ne retrouve pas la poésie de ces autres livres, l'histoire, sorte de parabole est bien légère et même sans intérêt... je suis passée à côté!

    Jirô Taniguchi

    Qui prend encore le temps, aujourd'hui, de grimper à un arbre, en pleine ville ? D'observer les oiseaux, ou de jouer dans les flaques d'eau après la pluie ? D'aller jusqu'à la mer pour lui rendre un coquillage dont on ne sait comment il est arrivé chez soi ? L'homme qui marche, que l'on apprend à connaître à travers ses balades, souvent muettes et solitaires, rencontre parfois un autre promeneur avec qui partager, en silence, le bonheur de déambuler au hasard.
    La réédition, très attendue, de la première oeuvre de Taniguchi publiée par Casterman en 1995. Une histoire inédite, prépubliée dans la revue BANG! en juillet 2003, viendra compléter cet album.

    --> Je suis passé à côté. J'ai contemplé les dessins, j'ai aimé l'idée. Prendre son temps, en dire peu. Mais des nouvelles trop courtes et redondantes à mon goût m'ont donné l'impression d'une répétition trop longue. Les dessins restent magnifiques, mais sortant de la lecture de l'orme du caucase (dessiné par Tanigushi, mis en scène par Utsumi), j'ai trouvé l'homme qui marche bien fade. Dommage.

     

    Jirô Taniguchi

    Un manga à vous couper le souffle ! Dans une petite boutique népalaise, Fukamachi tombe sur un appareil photo qui pourrait bien être celui de George Mallory, le célèbre alpiniste qui fut le premier à essayer de vaincre l'Everest. Mallory disparût avec Andrew Irvine, lors de cette ascension en 1924, sans que l'on puisse savoir s'ils sont parvenus au sommet. Et si c'était seulement lors du chemin du retour qu'ils avaient eu cet accident fatal ? Cela changerait l'histoire de l'alpinisme ! C'est sur cette passionnante question que s'ouvre le chemin initiatique de Fukamachi qui sera amené à faire la rencontre de figures hautes en couleurs. Le dépassement de soi, l'aventure, la passion de la montagne sont les leitmotivs de cette formidable aventure signée Jirô Taniguchi !

     


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  • Le journal de mon père

    de Jirô Tanigushi

    Présentation de l'éditeur

     

    Moi qui n'étais pas revenu dans ma ville natale depuis plus de dix ans, je découvrais peu à peu de facettes de mon père qui m'étaient inconnues. Je prenais conscience du fossé que j'avais creusé pour échapper à tout dialogue avec lui.
     

     

    Biographie de l'auteur

    Jirô Taniguchi est né le 12 août 1947 à Tottori. Il débute dans la bande dessinée en 1970 avec Un été desséché. De 1976 à 1979, il publie, avec le scénariste Natsuo Sekikawa, Ville sans défense, Le Vent d'Ouest est blanc et Lindo 3. Puis ils s'attaquent, toujours ensemble, aux cinq volumes que comte Au temps de Botchan (deux volumes parus en français au Seuil). A partir de 1991, Jirô Taniguchi signe seul ses albums : L'Homme qui marche, Le Chien Blanco, et Le Journal de mon père. Le premier volume de Quartier Lointain (chez Casterman) a remporté, lors du festival d'Angoulême 2003, l'Alph'Art du meilleur scénario. Il a également reçu le prix Canal BD des librairies spécialisées.

     

    --> Simpliste ou dépouillé? Les Bandes dessinées de Tanigushi se lisent vite. Proche du manga, le dessin est simple. Les dialogues sont à l'image des dessins.

    Ici, un homme découvre qui était son père lors de la veillée des morts. Victime d'une enfance dans le non-dit, des morceaux de son histoire s'éclairent à la lumière des témoignages de ceux qui sont venus dire un dernier au revoir à son père.

    Il s'arrête dans sa fuite en avant, comprend. Des faits qui nous font comprendre le personnage. Ce qu'il a été, ce qu'il est devenu. Une histoire somme toute banale.


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    Les gouttes de Dieu

    Il s'agit d'un manga sur le vin, écrit par Tadashi Agi, dessiné par Shu Okimoto.

     

    L'histoire:

    Shizuku Kanzaki est le fils d'un oenologue mondialement reconnu, récemment décédé et propriétaire d'une collection de vin très convoitée.

    Dans son testament, il décrit 12 grands vins, "les douze apôtres", ainsi qu'un treizième mystérieux vin idéal nommé "Les gouttes de Dieu". Afin de prendre possession de son héritage, Shizuku va devoir découvrir de quels vins il s'agit, dans une compétition avec Issei Tomine, un jeune oenologue réputé, adopté par son père une semaine avant sa mort, dont il est légalement le frère!

    Pour gagner chaque manche, Shizuku et Issei doivent présenter leur choix de vin qui correspond à la description qu'a fait Yutaka Kanzaki de chaque Apôtre,


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