• Le journal d'une femme de chambre

     

    Réalisé par Luis Bunuel (1964)
    Avec Jeanne Moreau, Georges Géret, Michel Piccoli

     

    Dans les années 30, Célestine, une jeune femme de chambre de 32 ans, arrive de Paris pour entrer au service d'une famille de notables.

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  • Le jeu de la mort

    Réalisé par Christophe Nick (2010)

    Le Jeu de la mort est un documentaire coproduit par France Télévisions et la Radio Télévision Suisse1 en 2009 et mettant en scène un faux jeu télévisé (La Zone Xtrême) durant lequel un candidat doit envoyer des décharges électriques de plus en plus fortes à un autre candidat, jusqu'à des tensions pouvant entraîner la mort. La mise en scène reproduit l'expérience de Milgram réalisée initialement aux États-Unis dans les années 1960 pour étudier l'influence de l'autorité sur l'obéissance : les décharges électriques sont fictives, un acteur feignant de les subir, et l'objectif est de tester la capacité à désobéir du candidat qui inflige ce traitement et qui n'est pas au courant de l'expérience. La différence notable avec l'expérience originelle est que l'autorité scientifique est remplacée par une présentatrice de télévision, Tania Young.

    --> L'expérience de Milgram dans un contexte contemporain, où on observe des comportements face à l'autorité et la force de la télévision sur les comportements. A faire connaître, à montrer à nos jeunes.


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  • Le paradoxe d'Anderson

    Pascal Manoukian

    Plus rien n'est acquis. Plus rien ne protège. Pas même les diplômes. À 17 ans, Léa ne s'en doute pas encore. À 42 ans, ses parents vont le découvrir.
    La famille habite dans le nord de l'Oise, où la crise malmène le monde ouvrier. Aline, la mère, travaille dans une fabrique de textile, Christophe, le père, dans une manufacture de bouteilles.
    Cette année-là, en septembre, coup de tonnerre, les deux usines qui les emploient délocalisent. Ironie du sort, leur fille se prépare à passer le bac, section « économique et social ». Pour protéger Léa et son petit frère, Aline et Christophe vont redoubler d'imagination et faire semblant de vivre comme avant, tout en révisant avec Léa ce qui a fait la grandeur du monde ouvrier et ce qui aujourd'hui le détruit. Comme le paradoxe d'Anderson, par exemple.
    « C'est quoi, le paradoxe d'Anderson ? » demande Aline. Léa hésite. « Quelque chose qui ne va pas te plaire », prévient-elle. Léon, dit Staline, le grand-père communiste, les avait pourtant alertés : « Les usines ne poussent qu'une fois et n'engraissent que ceux qui les possèdent. »

    Citations

     

    Elle valait mieux, pourtant. Il y a peu de temps encore on se disputait sa compagnie. Elle encombrait ses journées de rendez-vous inutiles, d'apéros, de déjeuners du week-end, de mèches chez le coiffeur, de sorties ciné/pizza quatre-fromages entre copines au multiplexe de la zone industrielle. Son téléphone sonnait, on comptait sur elle, on lui faisait promettre « à demain » ou « à très vite », elle embrassait, lançait des « ciao » avec la main, textotait des « merci » et des « je t'aime ». Depuis, comme un cyclone, le chômage a déforesté sa vie, plus un de ses arbres ne tient de bout, on dirait les montagnes pelées d'Haïti, rien pour arrêter l'érosion, personne, un Sahel affectif.

     

    p.133

     

     

    Elle ne parle plus qu'à des guichets et des hygiaphones, n'appelle plus que des numéros à quatre chiffres, surtout le 3949, ne s'adresse plus qu'à des répondeurs et à des voix numériques, articulant lentement son identifiant à sept chiffres et ses mots de passe, punie, bannie, coupable d'avoir simplement la quarantaine juste à la pliure entre l'économie d'hier et celle de demain.

     

     

    Elle se demande ce que vont devenir tous ceux qui travaillent avec leurs mains. Où vont disparaître leurs gestes, dans quels musées ? Les terrils et les mines sont déjà classés au Patrimoine de l'Unesco. Quel avenir pur toutes ces usines mortes ? Des cars scolaire y emmèneront peut-être les enfants pour observer des ouvriers faisant semblant de travailler en tournant en rond autour de machines débranchées comme les singes des zoos font semblant de vivre libres.

     


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  • Nuala O'Faolain     Nuala O'Faolain

    L'écriture de Nuala O'Faolain, en compagnie d'Emmanuelle Devos

     

    Ca peut pas faire de mal - Guillaume Gallienne - France Inter - Du lundi au vendredi 15h00

    Quand j’avais vingt ou trente ans, je ne connaissais pas la peur. On ne peut pas dire que j’avais tous les hommes que je voulais, loin de là. Mais les gens remarquaient toujours ma présence. Puis j’étais entrée dans la quarantaine. Le jeu – le jeu de la séduction – occupait une place si centrale dans ma vie que j’avais de la peine à croire qu’il touchait à sa fin. Et, à l’approche de la cinquantaine, ç’avait été comme si les gradins se vidaient et que je me retrouvais seule au milieu d’une arène déserte. Et maintenant ? Maintenant ?

    Nuala O'Faolain

    Ce regard émouvant et lucide sur les différents âges de la féminité, est celui d’une grande dame de la littérature irlandaise, hélas disparue il y a tout juste dix ans, en 2008 : il s’agit de Nuala O’Faolain.

    Journaliste radio, puis chroniqueuse dans la presse écrite, Nuala O’Faolain s’est mise à écrire précisément à l’âge où elle s’interroge : « Et maintenant ? et maintenant ?». En 1996, à 56 ans, elle publie son premier livre, une autobiographie intitulée On s’est déjà vu quelque part ?, qui devient un best-seller aux Etats-Unis.  

    En France, où toute son œuvre est éditée chez Sabine Wespieser, elle connaît la consécration en 2006, lorsque son 4e livre, L’Histoire de Chicago May, un western haletant sur les traces d’une « Calamity Jane » irlandaise, est récompensé par le Prix Femina Etranger. 

    Cette écriture, audacieuse et féministe, est à l’image de mon invitée de ce soir, une magnifique comédienne qui s’empare avec autant de talent des grands textes de théâtre, que des grands sujets de société au cinéma : Emmanuelle Devos.

     

    Avec les extraits suivants :

    1. Best Love Rosie, traduction de Judith Roze (2008)

    2. L'histoire de Chicago May, traduction de Vitalie Lemerre (2006)

    3. Chimères, traduction de Stéphane Camille (2001)

    4. et 5. On s’est déjà vu quelque part ? traduction de Julia Schmidt et Valérie Lermite (2005) : portrait de la mère et mort du père

    6. J’y suis presque, traduction de Stéphane Camille (2003)

    7. Le mot de la fin avec Rosie 

    Toute l'oeuvre de Nuala O'Faolain est actuellement rééditée en collection poche aux éditions Sabine Wespieser.

     

     


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  • Anaïs s'en va-t-en guerre

     

    Réalisé par Marion Gervais (2014)

    Anaïs vit au milieu d’un champ en Bretagne. Rien ne l’arrête. Elle veut être agricultrice et faire pousser des plantes aromatiques et médicinales.


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  • Khalil

    Yasmina Khadra

    Vendredi 13 novembre 2015. L'air est encore doux pour un soir d'hiver. Tandis que les Bleus électrisent le Stade de France, aux terrasses des brasseries parisiennes on trinque aux retrouvailles et aux rencontres heureuses. Une ceinture d'explosifs autour de la taille, Khalil attend de passer à l'acte. Il fait partie du commando qui s'apprête à ensanglanter la capitale.
    Qui est Khalil ? Comment en est-il arrivé là ?
    Dans ce nouveau roman, Yasmina Khadra nous livre une approche inédite du terrorisme, d'un réalisme et d'une justesse époustouflants, une plongée vertigineuse dans l'esprit d'un kamikaze qu'il suit à la trace, jusque dans ses derniers retranchements, pour nous éveiller à notre époque suspendue entre la fragile lucidité de la conscience et l'insoutenable brutalité de la folie.

    --> Dans ce nouveau tome sur l'islamisme montant, Yasmina Khadra prend la voix d'un terroriste qui a grandi à Mollenbeck. Directement inspiré de l'actualité des dernières années, il nous fait entrer dans la peau puis dans la tête de Khalil, kamikaze du stade de France dont la ceinture d'explosifs ne se déclenchera pas. On suit alors son désœuvrement, on doute, mais on mesure la détermination qui l'anime, ses fondements pseudo-philosophiques. On mesure son isolement familial et amical. Il n'y a plus que dans son réseau qu'il trouve une place. Restant déterminé, il est candidat à un autre attentat et attend le jour où il sera élu. Son entourage familial et amical lui exprime son désaccord sur ses postures extrémistes, mais rien n'y fait: Khalil est désormais radicalisé et c'est le sens de sa vie. Rien ne semble pouvoir le faire changer d'avis. Sauf s'il commence à se poser des questions. Des questions, justement, il ne faut pas en poser au sein du réseau. Mais il ne peut plus les retenir lorsqu'il s'agira d'affronter la mort de sa soeur jumelle victime d'un attentat dans le métro.

    Citations:

    - Un pays ne se construit pas sur l’identité, mais sur la citoyenneté.

    - Pourquoi ? hurla-t-il. Pour le paradis ? Il est autour de toi, en vrai. Regarde comme la campagne est belle. Il y a des oiseaux dans les arbres et tu peux courir dans les champs jusqu’à tomber dans les pommes. Si tu n’es pas content, attends le printemps. Mais qu’est-ce que tu as dans le crâne ?

    - Rayan n’avait même pas de camp. Il n’était rien d’autre qu’un figurant relégué au fond des coulisses, sans idéal et sans cause. Que savait-il de la religion, du devoir sacré du croyant, du véritable exercice de la foi ? Il ne savait même pas pourquoi il était sur terre. Parce qu’il avait réussi à l’école, il était persuadé de triompher dans la vie. Trimer dans une entreprise ne lui suffisait pas, il devait en plus s’imposer des heures sup’ pour joindre les deux bouts, sans se rendre compte qu’il n’était qu’un galérien banalisé. Son monde n’était qu’illusions, ses rêves des pièges mortels, ses ambitions des carottes en carton.

     


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  • Millénium

    Réalisé par Daniel Alfredson (2009)
    Avec Per Oscarsson, Micke Spreitz, Annika Hallin

     

    Traquée, prise au piège d'une manipulation manifestement très planifiée... Lisbeth va devoir affronter son passé. Elle pourra compter sur l'amitié infaillible de Mikael Blomkvist, qui fera tout pour prouver qu'elle n'est pas la tueuse en série que les médias et la police dépeignent.

    Millénium

     

    Réalisé par Daniel Alfredson (2009)
    Avec Sofia Ledarp, Michalis Koutsogiannakis, Annika Hallin

     

    Abattue et laissée pour morte par son père, Lisbeth Salander est soignée dans un hôpital de Stockholm en attendant son procès pour tentative de meurtre. En parallèle, Mikael Blomkvist prépare un numéro choc de la revue Millénium qui mettra au jour un scandale politique de dissimulation qui devrait la disculper entièrement, mais qui mettra en danger tous les collaborateurs de la revue, incluant Erika. Car les autorités, menées en coulisses par une organisation secrète, n'ont pas l'intention de le laisser faire. Quoi qu'il fasse cependant, Lisbeth devra retourner dans ses souvenirs afin de prouver à la cours qu'elle n'est pas sociopathe, malgré les recommandations du Dr. Teleborian


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  • Millénium

     

    Réalisé par Niels Arden Oplev (2009)
    Avec Noomi Rapace, Lena Endre, Michael Nygvist

     

    Mikael, journaliste au mensuel suédois Millennium, enquête à la demande de l'ancien industriel Henrik Vanger sur la disparition de sa nièce, Harriet.

    --> Il est question de crimes violents, sur des femmes aux prénoms juifs. De violences sexuelles. Mikael est aidé par l'étrange hackeuse Lisbeth...


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  • Lune de guerre

    ill. Hermann aut. Van Hamme

    Leur mariage devait être le plus beau jour de leur vie, mais la noce va rapidement se transformer en bataille rangée. Des crevettes pas fraîches que le restaurateur refuse de remplacer gratuitement, et tout dégénère : Jean Maillard, le tout-puissant "pater familias", quitte le restaurant sans payer, avec l'ensemble des convives... ou presque...

    À peine sortis, Franz Berger, le propriétaire du restaurant, s'y barricade avec la mariée et l'épouse de Maillard, qui étaient malheureusement aux toilettes. Dès lors, la guerre est déclarée le siège du restaurant commence et les coups de fusils deviennent les seules discussions possibles.

    La nuit va être longue, et seule la bêtise humaine en ressortira grandie. Hermann, le célèbre dessinateur de Jeremiah, Bernard Prince et Les Tours de Bois-Maury, et J.Van Hamme, le scénariste des séries à succès que sont XIII, Thorgal, Largo Winch, nous offrent un fait divers très réaliste servi par un graphisme et des couleurs qui rendent l'atmosphère presque palpable.

    --> Un huis clos, qui correspondrait bien à un scénario de film. Un roman aussi. Quelle bonne idée ce format BD pour cette histoire, un "one shot" souhaité par Van Hamme comme c'est expliqué dans la préface. J'ai aimé la présentation des personnages au début de l'album. Le scénario invraisemblable nous amène à une véritabel scène de guerre à la fin. Les dessins sont parfaitement à la hauteur du scénario. C'est une belle réussite cet album!

     


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  • Laëtitia, mon étoile!

    Affaires sensibles - Fabrice Drouelle - France Inter - Du lundi au vendredi 15h00

    Aujourd’hui Affaires sensibles vous propose "Laëtitia, mon étoile !" une fiction écrite par François Luciani et réalisée par Michel Sidoroff. Jean Lafourcade travaillait à la banque mais sa place été prise par un robot dénommé Laëtitia. Invité Ariel Kyrou, journaliste spécialiste de l’Intelligence Artificielle.

     

    C'est l’histoire de Jean Lafourcade, cadre d’une cinquantaine d’années qui travaillait dans la banque. 

    Aujourd’hui il a rendez-vous avec Marlène Rocca, adjointe aux Relations Humaines, pour envisager son licenciement.

    Ça, c’était il y a deux ans. 

    Entre temps les bureaux de l’agence ont fermé. Les conseillers clientèle ont été remplacés par des robots. Lui le premier. 

    En l’espace de dix-huit mois, la banque a licencié 950 personnes et fermé 3.000 agences sur le territoire. Il y eut des manifestations, des grèves, des heurts avec la police. 

    Jean n’aime pas la violence. Alors, il a  fait comme tout le monde, il a accepté l’ordre nouveau… Voilà pour le début de la fiction….

    Mais dans le monde réel nous en sommes déjà là : en cherchant dans la presse et sur Internet des informations, des explications à cette nouvelle révolution portée par l’intelligence artificielle nous avons découvert cette publicité d’une banque française, un vrai scénario de fiction et pourtant bien réel ! Cet article de communication institutionnelle commence ainsi :

    « Notre banque est l’une des premières banques françaises. Ses 5 000 caisses et agences reçoivent chaque jour plus de 350 000 demandes en ligne. Traiter un tel flux, tout en maintenant la qualité de la relation client, était un défi majeur. Il fallait réinventer le rôle de conseiller, faute de quoi la banque risquait de perdre son atout concurrentiel. Après étude, La banque a alors sollicité IBM pour réfléchir à une solution capable de libérer les conseillers des tâches répétitives pour leur permettre de se consacrer davantage aux conseils à forte valeur ajoutée. Puis nous avons appris que l’application cognitive Watson était en cours de développement et nous avons saisi cette opportunité. Grâce à l’intelligence artificielle et aux robots nos conseillers ont pu se consacrer à d’autres tâches… »

    Alors fiction ou réalité ? Progrès ou Cauchemar ? 

    Certains s’inquiètent de l’arrivée de robots intelligents destructeurs d’emplois, voire d’une Intelligence Artificielle consciente qui remplacerait l’humanité. D’autres y voient au contraire un nouveau champ de progrès pour l’Homme !

    Qu’en pense Jean Lafourcade le personnage de notre fiction dont la place à la banque où il travaillait a été prise par un robot dénommé Laetitia ?

    Extrait du scénario

    Scène N°2 Watson, Jean et Laetitia

    Watson : Bonjour, Jean. Bienvenue sur Watson.com. Vous êtes connecté sous le système d’exploitation  Mac OS Sierra 10.12.6. adresse IP 194.28.12.1 D’accord, Jean?

    Jean Lafourcade : Oui. Sans aucun doute.

    Watson : Oui ou non ? Répondez d’une voix claire et bien en face de l’écran, s’il vous plaît, Jean.

    Jean Lafourcade : Ok.

    Watson : D’accord, Jean. Je vais vous accompagner dans le paramétrage du profil de compte. Souhaitez-vous ouvrir un compte sur Watson.com?

    Jean Lafourcade : OUI.

    Watson : D’accord, Jean. Acceptez-vous les conditions générales en annexe  au lien suivant : http.deux points.double slash.point.watson.point.conditions.tiret.point.générales.point?

    Jean Lafourcade : Ok.

    Watson : Pour la gestion de vos avoirs, choisissez-vous l’optimisation des placements prévue au contrat ?

    Jean Lafourcade : Oui.

    Watson : D’accord, Jean. On se dit « tu » ou « vous » ?

    Jean Lafourcade : Pardon ?

    J’ai compris assez vite que Watson validait mes réponses au fur et à mesure qu’il répétait « d’accord, Jean » comme on appuie sur la touche « enter ».  C’était un moyen rapide d’alimenter l’algorithme et de croiser mes données personnelles avec la basse de données IBM et les profils voisins. Je lui répondais calmement, au fil de l’eau…

    Watson : Je répète. Préférez-vous conserver le vouvoiement ?

    Jean Lafourcade : Tu. C’est plus simple.

    Watson : D’accord, Jean. Pour un conseiller en ligne, quelle est ta préférence, un homme ou une femme ?

    Jean Lafourcade : Une femme.

    Watson : D’accord, Jean. Tu peux choisir un prénom dans cette liste de femmes: Amanda, Christina, Nawel, Ursula, Laetitia, Patricia, Ornella…

    Jean Lafourcade : Laetitia.


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  • Vipère au poing

     

    Réalisé par Philippe de Broca (2004)
     
    Avec Catherine Frot, Jacques Villeret, Jules Sitruk

    Premier volet d'une trilogie autobiographique, Vipère au poing raconte l'enfance de Jean Rezeau. En 1922, après le décès de leur grand-mère paternelle qui en avait la charge, le jeune garçon et son frère Ferdinand retrouvent leurs parents revenus d'Indochine. Mais les relations avec la mère, vite surnommée "Folcoche", association de "folle" et de "cochonne", vont prendre une tournure cauchemardesque. Celle-ci n'hésitera pas à tondre les deux enfants, à mal les nourrir et à leur planter sa fourchette dans leurs mains.

     


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  • Françoise Dolto

    Françoise Dolto

    Françoise Dolto, une révolution?

    Affaires sensibles - Fabrice Drouelle - France Inter - Du lundi au vendredi 15h00

    Les grandes affaires, les aventures et les procès qui ont marqué les cinquante dernières années.

    Son idée que l’enfant n’est pas la propriété des parents a été révolutionnaire. Ce soir, Affaires Sensibles tentera de comprendre comment, à travers cette trajectoire singulière et à contre-courant, Françoise Dolto a révolutionné notre regard et notre rapport à l’enfant.

    Aujourd’hui, dans ce premier volet, nous reviendrons sur le parcours, les travaux et la présence médiatique de Françoise Dolto. Il s'agit de comprendre comment, à travers cette trajectoire singulière et à contre-courant, elle a révolutionné notre regard et notre rapport à l’enfant. Demain, dans la fiction, nous nous intéresserons à ses années de jeunesse. Deux émissions chronologiquement inversée, comme le reflet de Françoise Dolto elle-même, qui, vers la fin de sa vie, est revenue sur sa propre enfance pour éclairer ses travaux d’un jour nouveau.

    Prendre en compte les souffrances et les désirs de l'enfant, l’écouter et lui parler comme une personne à part entière... Aujourd’hui, ces considérations paraissent évidentes et tenant du bon sens. Pourtant, il a fallu que Françoise Dolto mette cette thèse en pratique, l’explique, l’écrive, pour que ce regard sur l’enfant change et qu’une révolution se mette en marche. Ce qui ne fût pas sans conséquence, bien sûr. Objet d’un véritable culte, vénérée par les uns, honnie par les autres, Françoise Dolto laisse un héritage contrarié, sur lequel s’affrontent médecins, psychanalystes et éducateurs. Car Françoise Dolto tient une place à part dans l’histoire de la psychanalyse : reconnue pour son génie clinique, elle n’a pas fait « œuvre » théorique.... Un hiatus qui a ouvert la voie à diverses interprétations et critiques.

    Se pencher sur le parcours de Françoise Dolto, c’est donc traverser cinquante ans d’histoire de la psychanalyse française, et c'est ausculter une méthode qui elle-même s’est construite sur le scandale, le débat et la rupture.

    Pour nous accompagner au cours de ces deux émissions, nous recevons Elisabeth Roudinesco, historienne et psychanalyste, auteur d’une Histoire de la psychanalyse en France (Fayard) et de plusieurs biographies sur Jacques Lacan ou Sigmund Freud, et qui a connu Françoise Dolto.


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  • Un grand coup de coeur et coup de chapeau à l'un pour ses textes, et à l'autre pour ses illustrations. Ces albums ont adopté un grand format qui les met parfaitement en valeur.

    Duo Fred Bernard et François Roca

     La fille du Samouraï

    Résumé: - Je suis Masumi Musashi, mais tu m'appelleras Maître. Quel est ton nom ?
    - Tomé Dias.
    - C'est drôle ! Ma fille s'appelle Tomo, lança le vieux samouraï aveugle. Tomé et Tomo !

    Sur cette île déserte du Japon, Tomé apprit la tactique des samouraïs. Tout était paisible et les jours s'égrenaient au rythme des entraînements, de la pêche et des promenades amoureuses.
    Jusqu'au jour où les Guerriers-Démons se manifestèrent... 

    --> Les auteurs nous emmènent à la frontière de la réalité et de la fiction. Entre récit narratif et scène de théâtre. Encore une histoire EXTRAordinaire du duo Bernard/Roca.

    Duo Fred Bernard et François RocaL'homme-Bonsaï

    Résumé: 'Le capitaine O’Murphy raconte aux buveurs d’une taverne son extraordinaire rencontre, lors d’un périple en mer, avec l’homme bonsaï, cette créature mi-homme, mi-arbre au destin tragique.
    Lors d’un voyage en mer, deux cents ans plus tôt, Amédée le potier fut enrôlé de force sur le navire du capitaine Stroke. Devenu son souffre-douleur, Amédée est finalement abandonné sur une île déserte. Sur cette île, il sent une graine lui tomber sur la tête. Très lentement, il sent qu’il est en train de se transformer en arbre… Recueilli par des pirates chinois, il est soigné, et devient leur arme la plus meurtrière. Un jour, Amédée devenu homme bonsaï reconnaît le pavillon du capitaine Stroke. Sa vengeance est terrible. Mais les Chinois abandonnent ensuite en pleine mer, à son triste sort, l’homme devenu arbre. Aussi, lorsqu’il croise le capitaine O’Murphy, Amédée lui demande de mettre fin à ses jours.

     

    Duo Fred Bernard et François RocaLe fantôme du cirque d'hiver

    Résumé: Spirit le singe et Dino le perroquet vivent au Cirque d'Hiver. À eux deux, ils en ont vu, des choses, mais pas forcément les mêmes ! Dino est sûr de lui : un fantôme hante les lieux… Les deux amis n'ont en commun que l'affection qu'ils éprouvent l'un pour l'autre : Spirit est taquin, lecteur et terre à terre, Dino est superstitieux et boudeur. Ils vont mener l'enquête (le fantôme existe-t-il ?) auprès des animaux du cirque, corroborant les rumeurs et les pistes. La narration est alternée, Dino puis Spirit racontant chacun leur tour les étapes de l'enquête. Ils nous entraînent dans une visite du prestigieux Cirque d'Hiver, jusqu'à la représentation du soir avec le clou du spectacle : Marina Ants, la dresseuse de fourmis… 

     --> Le fantôme du cirque d'hiver fait partie de ces albums précieux qui peuvent plaire aux petits comme aux grands pour des raisons différentes : le duo Bernard/Roca y parvient une nouvelle fois. On peut aimer le grand format, la qualité des illustrations qui soutiennent un texte qui dévoile juste ce qu'il faut pour nous tenir en haleine et avoir envie de tourner la page. J'ai trouvé difficile de savoir qui parlait (Dino, Spirit?) et cela peut gêner la première découverte de l'album, en gêner aussi sa lecture à voix haute qui devra être absolument préparée. Mais cela fait aussi la richesse des albums qui gagnent à être relus. Une double page en fin d'album retrace une courte histoire du cirque Bouglione. L'histoire en elle-même ? Dino, un perroquet du cirque tient à prouver à Spirit le singe intellectuel que les fantômes existent et l'entraîne à la rencontre des acteurs du cirque pour les interroger, jusqu'à découvrir le spectacle de Marina Ants et ses fourmis...

     Liens Ecole 

    Le pompier de Lilliputia

    Résumé: 'Si vous venez un jour à New-York... si vous passez devant la porte ouverte de la grande caserne des pompiers... Vous risquez de remarquer parmi les tenues de soldats du feu suspendues là une toute petite veste de cuir noir, un petit casque et une petite paire de bottes perdue au milieu des grandes paires de bottes réglementaires.' Vous êtes à Lilliputia. Venez vite, le spectacle commence ! Vous allez suivre la compagnie des mini-pompiers ! Vous pourrez admirer Henry, leur chef, qui a du feu dans le ventre et dans les mains. Le Pompier de Lilliputia raconte l'extraordinaire destinée de Henry, garçon lilliputien, devenu pompier à Dreamland, le plus gran parc d'attractions du monde. Approchez, approchez messieurs, mesdames, les héros du feu vont vous faire frémir...

    --> offert par sa tante à mon fils... il a autant plu à maman qu'à lui. Cet album a participé  au prix des incorruptibles 2010/2011 dans la catégorie CE2/CM1

     

    indien de la tour eiffel

    L'indien de la tour Eiffel

    Paris, printemps 1889. La tour de 300 mètres est achevée. Gustave Eiffel est content. Billy Powona n'a vécu que pour ça et pour la beauté et la douceur de La Garenne pendant deux ans. Ah, La Garenne, le cabaret de la Bête à Bon Dieu, Montmartre et ses artistes ! Billy était heureux. Mais Nicéphore Palamas, un homme d'argent qui sent la mort, est de retour. Il veut La Garenne, rien de moins. Et il est prêt à tout pour l'avoir, et surtout au pire.
    Quand l'amour soulève des montagnes, il écrase tout sur son passage !

    --> Cette fois, c'est moi qui l'ai choisi celui-ci à la bibliothèque municipale. Une belle et dramatique histoire qui nous tient en haleine. A réserver pour des plus grands.

     jesus betzJesus Betz

    Présentation de l'éditeur

    Sous la forme d'une lettre adressée à sa mère, Jésus Betz raconte son histoire. Pour cet homme tronc, la vie ne s'annonce pas aussi paisible que celle de ses frères et soeurs. Confié à un curé, puis à un pirate, Jésus Betz s'embarque sur un bateau et découvre les océans, en débusquant les baleines. De retour sur la terre ferme, il est enrôlé dans le monde du spectacle où il finit par faire fureur avec sa mémoire d'éléphant et sa voix de Soprano. Jésus Betz trouvera le bonheur malgré son handicap, auprès d'une ravissante acrobate muette. Illustré par François Roca, ce destin hors du commun est raconté d'une manière à la fois touchante et pudique car le narrateur, au milieu de tous ses malheurs, ne livre à sa mère que le meilleur.

    --> Celui-ci est arrivé à l'école dans une malle "cirque".

    reine des fourmisLa reine des fourmis a disparu

    Présentation de l'éditeur

    " On a enlevé notre reine ! " Ce cri résonne dans ma tête comme dans celle de milliers de fourmis. Notre reine a disparu dans l'épaisse forêt tropicale qui nous entoure. Et c'est moi, Mandibule de Savon, qui suis chargé de l'enquête. Ma mission : mettre la patte sur celui ou celle qui a enlevé notre très chère reine pendant la nuit. Un indice m'a déjà mis la puce à l'oreille. Il s'agit d'un poil, un poil perdu par l'agresseur, sans nul doute. Mais à qui peut appartenir ce fameux poil ?

    --> encore un livre rapporté par fiston de la bibliothèque de l'école. Ils ont une belle sélection à l'école! On apprend dans cet album quelques détails sur les bêtes à poils et pas à poils en suivant l'enquête d'Elie accompagné de son assistante Elytre de Lait.


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  • La machine de Michel

    Dorothée de Monfreid

    Son truc, à Michel, c’est le bricolage et l’invention. Il a un talent fou pour concevoir des machines extraordinaires, des machines démentes, des machines qui n’existaient pas avant. Aussi, le jour où il reçoit une invitation pour se rendre à l’anniversaire d’Alice, il a une idée de cadeau très originale… Une machine à fêter les anniversaires ! Ses amis Marcus et Darius ne font que se moquer de lui et critiquer ses premiers prototypes. Mais Michel tient bon. Et c’est lui qui a raison.

    --> Un sympathique garçon qui fabrique une machine pour l'anniversaire de son amie Alice. Ses camarades sont décourageants, affirmant que les créations successives de Michel ne répondent pas aux aspirations d'Alice. C'est pourtant une erreur, et Alice va trouver un usage formidable pour la machine Michel: "une machine à embrasser les garçons"!


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  • Le naufragé du rond-point

    Au cœur d'une grande ville il y avait un rond-point. Ce rond-point abritait un arbre bien isolé. Chaque jour l'arbre regardait les voitures défiler. Or, un beau matin, un conducteur vient à s'échouer au pied de l'arbre tout étonné. Commence alors pour l'arbre et l'homme pressé une incroyable journée...

    --> C'est une belle surprise que cet album qui tient de la fable écologique moderne. L'arbre témoigne de la transformation des paysages. Il va aider l'homme en panne d'une manière plutôt inattendue. La fin, implicite, laisse penser au lecteur que l'homme reconnaissant perpétuera la vie de l'arbre en semant des graines, des glands. A lire en réseau avec la fabuleuse nouvelle de Jean Giono: L'homme qui platait des arbres.


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  • Monsieur William

    Monsieur William est un poisson rouge qui sort de son bocal lorsque personne ne le regarde pour explorer l'univers de la vie quotidienne. Un renouvellement complet de la notion d'imagier. Avec Monsieur William les enfants apprennent à regarder, à nommer... C'est drôle, c'est passionnant la vie de tous les jours avec Monsieur William !

    --> De belles illustrations colorées soutiennent ce qui pourraient être comme l'annonce l'éditeur un imagier renouvelé. Pourquoi pas, mais je m'en suis vite lassée.


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  • Jumanji

    Chris Van Allsburg

    Que se passe-t-il lorsque deux enfants qui s'ennuient tombent soudain, au pied d'un arbre, sur un jeu dont les règles sortent de l'ordinaire ? Des événements extraordinaires, c'est le moins que l'on puisse dire !"Jumanji, une aventure dans la jungle, pour la jeunesse, spécialement conçue pour les désoeuvrés et les agités" n'est pas un jeu comme les autres. Chaque coup de dés peut entraîner une catastrophe et il n'y a aucune possibilité d'abandonner le jeu avant d'atteindre la case finale, la Ville d'Or. Comment cela finira-t-il ?Pierre et Judith, les deux jeunes héros de cette aventure, sont entraînés dans un univers fantastique, où le quotidien se trouve soudain envahi de rhinocéros, et autres créatures de la jungle. Les grandes illustrations monochromes de l'auteur permettent aux plus jeunes lecteurs de suivre l'histoire plus facilement et aux plus avertis d'accompagner agréablement leur lecture.

    --> Un vrai plaisir de découvrir l'album qui a inspiré le film. Il y a ce qu'il faut de texte et d'illustration pour rendre l'univers de Jumanji immersif, même sans le cinéma: cet album y suffit. Une réussite. Un poil désuet, mais pas tant que ça!


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     Hatufim

    Réalisé par Gideon Raff

    Ils sont 1500 en Israël à avoir été prisonniers de guerre et à être revenus au pays. Hatufim ("prisonniers") explore le retour de deux d'entre eux dans leur famille, et les traumatismes qu'ils doivent gérer.

    Nemrod, Uri et Amiel, trois soldats israéliens, sont capturés lors d'une opération au Liban puis maintenus en détention en Syrie par un groupe d'islamistes, les Enfants du Djihad. Libérés et de retour au pays dix-sept ans plus tard, les deux premiers doivent non seulement apprendre à se réintégrer et surmonter le traumatisme dû aux mauvais traitements infligés durant leur captivité mais découvrir avec surprise le rôle joué par les services secrets durant toutes ces années.

    L'histoire est ponctuée de multiples rebondissements, l'essentiel du scénario étant centré sur le sort du troisième homme (est-il mort ? est-il encore en captivité ?) et sur les réactions des femmes, Talia, l'épouse de Nemrod, Nurit, la fiancée d'Uri et Yael, la sœur d'Amiel.

    Sur cette trason enfance.

    --> 2 saisons "seulement". 2 otages, prisonniers de guerre sont libérés après 17 ans de détention. Le troisième otage est déclaré mort, des funérailles sont organisées. MAis le doute s'installe. Les deux otages retrouvent leur "famille". Pour Nemrod: une épouse qui l'a attendu en menant de grands combats médiatisées, des marches, des sittings, des coloques, en élevant leurs deux enfants: une fille toute puissante, manipulatrice, un garçon fragile. Pour Ouri, sa fiancée s'est mariée avec son frère et a eu 2 enfants, mais elle reste l'amoureuse qu'elle a été et quitte le frère pour retrouver son amour de jeunesse. Amiel, lui, était attendu par sa soeur. Difficile de faire son deuil sans corps, et pour cause....A leur libération les ex-otages subissent des interrogatoires poussés. On y découvre le langage codé qu'ils ont construit pour communiquer dans le silence. Au fil des épisodes on découvre que Nouri puis Amiel seront les professeurs d'Ismaïl le fils du ravisseur qui s'avèrera être orphelin de mère depuis le jour de l'enlèvement. Le père et ravisseur, Jamal, mourra au début de la saison 2. On a alors compris qu'Amiel est en vie, il semble être désormais du côté de l'ennemi répondant au nom de Youssef et prendrait la suite de Jamal, mais c'est sans compter sur la libération d'Abdallah, prisonnier du côté israëlien pour une prise d'otages dans une école maternelle. Lors de cette prise d'otage un garçon de 6 ans voit son père se faire abattre, après son institutrice. Il est aujourd'hui un jeune homme de 20 ans surentraîné et entré dans les services secrets. Il s'est rapproché de la soeur d'Amiel....


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  • Les chèvres du pentagone

     

    Réalisé par Grant Heslov (2009)
     
    Avec George Clooney, Ewan McGregor, Jeff Bridges

     

    Bob Wilton, un journaliste désespéré, fait l'heureuse rencontre de Lyn Cassady, un soldat aux pouvoirs paranormaux combattant le terrorisme.

    --> Dans le genre décalé, loufoque... que je n'aime pas.


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  • The revenant

     

    Réalisé par Aleiandro Gonzalez Inarritu (2016)
    Avec Leonardo DiCaprio, Tom Hardy, Will Poulter

    Dans une Amérique profondément sauvage, le trappeur Hugh Glass est sévèrement blessé et laissé pour mort par un traître de son équipe, John Fitzgerald. Avec sa seule volonté pour unique arme, Glass doit affronter un environnement hostile, un hiver brutal et des tribus guerrières, dans une inexorable lutte pour sa survie, portée par un intense désir de vengeance.

    --> Focus sur Glass, alias Leonardo di Caprio. Un film qui monte en pression, le réalisateur nous entraîne dans une traque à l'homme dans un environnement hostile que Glass surmonte avec une volonté hors du commun. Un beau film.


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    Marguerite Duras

    Marguerite Duras et le Goncourt: une histoire en deux temps

    Affaires sensibles - Fabrice Drouelle - France Inter - Du lundi au vendredi 15h00

    Les grandes affaires, les aventures et les procès qui ont marqué les cinquante dernières années.

    Marguerite Donnadieu, dite Duras, est née le 4 avril 1914 en Indochine, où ses parents sont enseignants. Son père est natif du Lot-et-Garonne, sa mère est fille de fermiers du Pas-de-Calais. Elle a déjà deux grands frères, Pierre, cinq ans, qui restera toujours le préféré de la mère et Paul, deux ans, celui que Marguerite appellera le petit frère. La famille a pu croire quelque temps aux mirages de la vie coloniale (belle maison de fonction, belle situation) mais, malade, le père est rapatrié en urgence en France où il meurt seul. La mère de Marguerite est envoyée comme simple institutrice dans un village du delta du Mékong.

    La fin de ses économies est emportée par le projet insensé de contenir la mer avec des barrages faits de sacs de sable et de rondins. Ruinée, elle n’est plus que le fantôme d’elle-même. Marguerite, qui a 15 ans, est envoyée au lycée à Saigon. C’est là que son chemin croise celui d’un jeune homme de 27 ans, un Chinois, fils d’un homme immensément riche. La mère est favorable à cette relation, d’autant que le Chinois participe financièrement à la vie de la famille. Marguerite ramène l’argent de son amant à la maison et récolte en échange les coups de sa mère dépressive et de son frère aîné.

    L’idéal serait le mariage. La mère est prête à s’y résoudre malgré la mésalliance que cela représente, mais le père du Chinois, lui, s’y oppose. La rupture, moyennant finance, est inévitable. Toute la communauté de Saigon étant au courant du scandale, Marguerite doit quitter l’Indochine pour la France.

     C’est l’histoire de cette liaison que Marguerite Duras racontera une première fois dans Un barrage contre le Pacifique , puis, trente-cinq ans plus tard, dans L’Amant.

    Née Donnadieu en Indochine. Le père meurt et le début d'une vie difficile avec seulement sa mère institutrice dans le delta du Mékong. Deux grands frères de 5 et 2 ans ses aînés.

    C'est aussi un bout de l'histoire de la colonisation de l'Indochine.


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  •  Marcel Proust

    1915 - Une journée dans la vie de Marcel Proust

    Émouvante évocation de la belle relation du grand écrivain avec sa gouvernante Céleste Albaret

    Avril 1915 à Paris. L’Europe est en guerre depuis huit mois, une guerre qui s’enlise ; quoique qu’en disent les journaux et leurs communiqués patriotiques. L’atmosphère est étrange dans la capitale : on ne voit plus d’hommes jeunes dans les rues ; ils sont tous au front. Tous, sauf un : cet homme de 43 ans, qui a été réformé en raison de son asthme et vit cloîtré dans son appartement du 102 boulevard Haussmann. 

    La nuit, alors que le ciel s’illumine des projecteurs de la défense antiaérienne, Marcel Proust écrit. Il écrit pendant des heures, assis dans son lit, éclairé par une petite lampe à l’abat-jour vert. L’écrivain est un homme pressé. Aura-t-il le temps d’achever son œuvre, sa « cathédrale » comme il l’appelle ?

    --> 1871-1922 (51 ans) Juif, homosexuel, malade (asthme). Parents morts en 1903 et 1905. Journée du 13 avril 1915, où les réformés doivent se présenter à un contrôle. La fiction présente les sentiments de Marcel Proust et l'attitude de sa "gouvernante" Céleste (épouse d'Odilon, qui avait été embauché comme chauffeur par M.Proust avant la guerre). Surprenant témoignage de Céleste en 1949 qui parle d'un personnage gentil et tyrannique! La maladie de Proust était effective, il mourra des suites d'une pneumonie, mais on peut noter au passage que les artistes de renommé, engagés dans la guerre était généralement protégés du front.


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  • La porte de la salle de bain

    Sandrine Beau

    Ce matin, Mia pourrait le jurer, ses seins ont commencé à pousser. La joie qu’elle éprouve devant sa métamorphose ne dure pas : le regard des autres change, en particulier celui de son beau-père qui prend l’habitude de franchir la porte de la salle de bain lorsqu’elle se douche.

    --> Un roman court qui utilise un ton plutôt léger au départ et qui sans tomber dans la dramatisation montre comment Mia voit bien ce qui n'est pas normal dans le comportement du compagnon de sa maman et quelques autres hommes anonymes. On lit comme il est difficile pour Mia d'en parler, de tirer la sonnette d'alarme. On lit aussi comme sa maman ne voit rien. Mia parviendra finalement à se protéger et l'issu du récit est positive: on évite le drame, on ne pleure pas, il met les jeunes en état de vigilance: juste ce qu'il faut.

    - Moi, je n'arrivais toujours pas à sortir les mots qui auraient mis fin à tout ça. J'avais la tête et le coeur prêts à exploser, mais rien ne réussissait à franchir mes lèvres. J'écoutais maman se mettre en colère, j'avais envie de pleurer et la seule chose que j'arrivais à faire, c'était la regarder avec des yeux noirs, lourds de reproches. J'aurais tellement voulu qu'elle comprenne sans que j'ai besoin de raconter ce qui m'arrivait...

    - La vie humaine est une rosée passagère. J'ai lu cette phrase un jour, c'est un poète japonais qui a dit ça. Ça veut dire, en gros, (enfin, je crois !) que toutes les bonnes choses ont une fin. Et il a drôlement raison, le poète japonais...

    - Moi qui adorais passer des heures dans la salle de bain, à partir de ce moment-là, cette pièce est devenue mon cauchemar…

    - Y'a un moment, je ne sais pas à quoi c'est dû, mais les adultes se croient autorisés à parler de votre corps, comme si vous étiez absent.

    - Plusieurs fois, j'ai essayé d'imaginer que je parlais. Que je racontais ce qui se passait dans la salle de bain, depuis quelques temps... Mais je n'arrivais pas à trouver les mots. Je ne savais pas par quoi commencer . « Le copain de ma mère entre dans la salle de bain quand je prends ma douche... » ça me semblait ridicule comme phrase. On aurait dit une petite fille qui couine. Et puis, ça n'avait pas vraiment l'air grave dit comme ça.

    - A la fin de la journée, je n'avais plus une seule petite peau autour des ongles.
    Ca brûlait un peu.
    Mais ce n'était rien, comparé à ce qui se passait dans mon ventre.

    - J’ai senti son souffle dans mon cou et ça m’a fait un frisson jusqu’en bas de la colonne vertébrale. C’est la première fois que je ressentais ça. J’ai sautillé jusqu’à mon arrêt de bus, tellement j’avais de la joie qui débordait de partout.

     


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  • Slumdog millionnaire

    Réalisé par Danny Boyle et Loveleen Tandan (2008)
    Avec Dev Patel, Saurabh Shukla, Anil Kapoor

     

    Depuis son enfance dans les bidonvilles de Mumbai, Jamal poursuit son rêve : retrouver Latika, une jeune orpheline dont il est amoureux.

    --> Un film déjà vu et revu. Une sympathique parodie du jeu "Qui veut gagner des millions", où Jamal donne les bonnes réponses, question après question. Il en est suspecté de tricherie, mais le spectateur assiste à chaque fois à des flashbacks de sa vie qui expliquent la réponse à la question. On connait son adolescence avec Latika et on découvre que sa participation à l'émission vise à être vu et à retrouver Latika. Un film pétillant.

     

     


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  • Là où vont nos pères

    Shaun Tan

    Pourquoi tant d'hommes et de femmes sont-ils conduits à tout laisser derrière eux pour partir, seuls, vers un pays mystérieux, un endroit sans famille ni amis, où tout est inconnu et l'avenir incertain ?

    Cette bande dessinée silencieuse est l'histoire de tous les immigrés, tous les réfugies, tous les exilés, et un hommage à ceux qui ont fait le voyage...

    --> Quel talent de savoir dessiner des récits de vie, des idées. Dans cette BD muette place au dessin seul et seulement lui. Il faudra observer, les zooms, les détails, comprendre l'histoire des migrants, comprendre l'exil. Une vision propre à l'auteur qui nous emporte dans quelque chose qui est à la fois imaginaire et si concret. L'exil vers des terres et des habitudes inconnues. Une bel album.

     


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  • ... une étrange correspondance

    de Nick Bantock

    Un jeune médecin reçoit une étrange carte postale signée d'une inconnue...
    Où l'on retrouve les personnages de Sabine & Griffon - une correspondance passionnée entre Alexandrie, Paris et Paolo, mystérieuse adresse du couple réuni.
    Où l'on savoure un texte poétique et des images oniriques.
    Où l'on découvre deux nouvelles voix, Matthew et Isabella, amants séparés, qui croisent le destin de Sabine et Griffon pour se lier à eux... peut-être à jamais.
    Nick Bantock reprend le mode épistolaire pour la quatrième fois après le succès de sa trilogie (Sabine & Griffon, les Carnets de Sabine et Le Nombre d'or). Et toujours des enveloppes, des lettres manuscrites, des cartes postales qui font de ce livre un étonnement permanent.

    --> C'est un album petit format de 1993 (réédité en 1997 pour l'exemplaire que je détiens). Il tient une place particulière dans mon coeur: offert par mon ancienne institutrice de CM, je venais de passer 2 années dans son école comme aide-éducatrice. Je quittais cet emploi après avoir été reçue au concours de porf. des écoles.

    Il s'agit d'une correspondance imaginaire entre Sabine, qui habite les îles Salomon et Grifon Moss, artiste peintre en Angleterre. La première contacte le second pour lui révéler que depuis bien longtemps elle est capable de le voir peindre. Elle a vu tous ses dessins se créer. Griffon semble accepter ces révélations, les détails de Sabine prouvent ses visions. Cependant il ne reste pas indemne de cette révélation et sombre dans la dépression...

    C'est un joli album sur la forme: et même parfait pour le genre épistolaire. L'histoire, elle, s'arrête brutalement. L'auteur a certainement une intention en rompant ainsi le récit, intention que je n'ai pas comprise et qui laisse finalement cette correspondance sans queue ni tête. Un avis mitigé,donc.


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  • Les passeurs de livres de Daraya

    ...une bibiliothèque secrète en Syrie

    de Delphine Minoui

    De 2012 à 2016, la banlieue rebelle de Daraya a subi un siège implacable imposé par Damas. Quatre années de descente aux enfers, rythmées par les bombardements au baril d’explosifs, les attaques au gaz chimique, la soumission par la faim. Face à la violence du régime de Bachar al-Assad, une quarantaine de jeunes révolutionnaires syriens a fait le pari insolite d’exhumer des milliers d’ouvrages ensevelis sous les ruines pour les rassembler dans une bibliothèque clandestine, calfeutrée dans un sous-sol de la ville.

    Leur résistance par les livres est une allégorie : celle du refus absolu de toute forme de domination politique ou religieuse. Elle incarne cette troisième voix, entre Damas et Daech, née des manifestations pacifiques du début du soulèvement anti-Assad de 2011, que la guerre menace aujourd'hui d'étouffer. Ce récit, fruit d'une correspondance menée par Skype entre une journaliste française et ces activistes insoumis, est un hymne à la liberté individuelle, à la tolérance et au pouvoir de la littérature.

    Citations:

    Il n'existe pas de prison qui puisse enfermer la parole libre ;
    il n'existe pas de blocus assez solide pour empêcher l'information de circuler.

     

    Face aux bombes, la bibliothèque est leur forteresse dérobée. Les livres, leurs armes d'instruction massive.

     

    Sur la couverture, noire de poussière, ses ongles crissent, comme le son d'un instrument de musique. Le titre est en anglais, ça parle de connaissance de soi, un ouvrage de psychologie sans doute. Ahmad tourne la première page, déchiffre les quelques mots familiers de cette langue étrangère qu'il parle mal. Qu'importe le sujet, en fait. Il tremble. Tout en lui se met à vaciller. Cette sensation troublante d'ouvrir les portes du savoir. De s'échapper, un instant, de la routine du conflit. De sauver un petit bout, même infime,  des archives du pays. De sa faufiler à travers les pages comme on fuit vers l'inconnu.

     

    En une semaine, ils sauvent six mille ouvrages. Un exploit ! Un mois plus tard, la récolte atteint les quinze mille exemplaires. Des petits, des grands, des cabossés, des écornés, des illisibles, des très rares, des très recherchés. Il faut désormais trouver un lieu pour les stocker. Les protéger. Préserver cette petite miette du patrimoine syrien avant qu’il ne parte en fumée. Après une concertation générale, un projet de bibliothèque publique voit le jour. Sous Assad, Daraya n’en a jamais eu. Ce serait donc la première. « Le symbole d’une ville insoumise, où l’on bâtit quelque chose quand tout s’effondre autour de nous », précise Ahmad. Il s’interrompt, pensif avant de prononcer cette phrase que je n’oublierai jamais :

    - Notre révolution s’est faite pour construire, pas pour détruire.

    Par crainte des représailles, ce musée de papier serait maintenu au plus grand secret. Il n’aurait ni nom, ni enseigne. Un espace souterrain, à l’abri des radars et des obus, où se retrouveraient petits et grands lecteurs. La lecture comme refuge. Une page ouverte sur le monde lorsque toutes les portes sont cadenassées.

     

    Le livre ne domine pas. Il donne. Il ne castre pas. Il épanouit.

     

    Les livres, leurs armes d'instruction massive.

     

    Comme les cailloux du Petit Poucet, un livre mène à un autre livre. On trébuche, on avance, on s'arrête, on reprend. On apprend. Chaque livre dit il, renferme une histoire, une vie, un secret.

     

    En fait, le simple acte de lire lui est d'un immense réconfort. Une sensation découverte dès la création de la bibliothèque. Il aime flâner entre les pages. Feuilleter sans fin. Se perdre entre les points et les virgules. Naviguer sur des territoires inconnus.

     

    Je suis curieuse de savoir à quel moment exactement les livres ont commencé à avoir une importance capitale dans sa vie. Etait-ce à l'inauguration de la bibliothèque ? A la lecture d'un passage particulier ?
    - C'est quand j'ai compris que la guerre pouvait durer des années. Quand j'ai réalisé que nous ne pouvions compter que sur nous-mêmes.
    A partir de là, les livres allaient remplacer l'université qu'il n'avaient plus : il lui fallait s'éduquer par lui-même. Combler le vide dont pourraient justement profiter les fanatiques pour imposer leurs idées rétrogrades.
    - Les livres ont rapidement eu un impact crucial : ils m'ont aidé à ne pas me perdre.
    Et c'est ainsi qu'Omar s'est mis à dévorer tout ce qui lui tombe sous la main.

     

     

     

     


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    J'aimerais lire

    Quels choix pour la rentrée littéraire 2018?

    Hatoko a vingt-cinq ans et la voici de retour à Kamakura, dans la petite papeterie que lui a léguée sa grand-mère. Le moment est venu pour elle de faire ses premiers pas comme écrivain public, car cette grand-mère, une femme exigeante et sévère, lui a enseigné l'art difficile d'écrire pour les autres.
    Le choix des mots, mais aussi la calligraphie, le papier, l'encre, l'enveloppe, le timbre, tout est important dans une lettre. Hatoko répond aux souhaits même les plus surprenants de ceux qui viennent la voir : elle calligraphie des cartes de voeux, rédige un mot de condoléances pour le décès d'un singe, des lettres d'adieu aussi bien que d'amour. A toutes les exigences elle se plie avec bonheur, pour résoudre un conflit, apaiser un chagrin.
    Et c'est ainsi que, grâce à son talent, la papeterie Tsubaki devient bientôt un lieu de partage avec les autres et le théâtre de réconciliations inattendues.

    Quels choix pour la rentrée littéraire 2018?

    Plus rien n'est acquis. Plus rien ne protège. Pas même les diplômes. À 17 ans, Léa ne s'en doute pas encore. À 42 ans, ses parents vont le découvrir.
    La famille habite dans le nord de l'Oise, où la crise malmène le monde ouvrier. Aline, la mère, travaille dans une fabrique de textile, Christophe, le père, dans une manufacture de bouteilles.
    Cette année-là, en septembre, coup de tonnerre, les deux usines qui les emploient délocalisent. Ironie du sort, leur fille se prépare à passer le bac, section « économique et social ». Pour protéger Léa et son petit frère, Aline et Christophe vont redoubler d'imagination et faire semblant de vivre comme avant, tout en révisant avec Léa ce qui a fait la grandeur du monde ouvrier et ce qui aujourd'hui le détruit. Comme le paradoxe d'Anderson, par exemple.
    « C'est quoi, le paradoxe d'Anderson ? » demande Aline. Léa hésite. « Quelque chose qui ne va pas te plaire », prévient-elle. Léon, dit Staline, le grand-père communiste, les avait pourtant alertés : « Les usines ne poussent qu'une fois et n'engraissent que ceux qui les possèdent. »

    Quels choix pour la rentrée littéraire 2018?

    Vendredi 13 novembre 2015. L'air est encore doux pour un soir d'hiver. Tandis que les Bleus électrisent le Stade de France, aux terrasses des brasseries parisiennes on trinque aux retrouvailles et aux rencontres heureuses. Une ceinture d'explosifs autour de la taille, Khalil attend de passer à l'acte. Il fait partie du commando qui s'apprête à ensanglanter la capitale.
    Qui est Khalil ? Comment en est-il arrivé là ?
    Dans ce nouveau roman, Yasmina Khadra nous livre une approche inédite du terrorisme, d'un réalisme et d'une justesse époustouflants, une plongée vertigineuse dans l'esprit d'un kamikaze qu'il suit à la trace, jusque dans ses derniers retranchements, pour nous éveiller à notre époque suspendue entre la fragile lucidité de la conscience et l'insoutenable brutalité de la folie.

    Quels choix pour la rentrée littéraire 2018?

    « Drôle, mordant, poétique, politique, alarmant, inspirant, Les Heures rouges révolutionne la fiction de notre époque. » Maggie Nelson (Une partie rouge, Les Argonautes)

    États-Unis, demain. Avortement interdit, adoption et PMA pour les femmes seules sur le point de l’être aussi. Non loin de Salem, Oregon, dans un petit village de pêcheurs, cinq femmes voient leur destin se lier à l’aube de cette nouvelle ère.

    Ro, professeure célibataire de quarante-deux ans, tente de concevoir un enfant et d’écrire la biographie d’Eivør, exploratrice islandaise du xixe.

    Des enfants, Susan en a, mais elle est lasse de sa vie de mère au foyer – de son renoncement à une carrière d’avocate, des jours qui passent et se ressemblent.

    Mattie, la meilleure élève de Ro, n’a pas peur de l’avenir : elle sera scientifique. Par curiosité, elle se laisse déshabiller à l’arrière d’une voiture... Et Gin.

    Gin la guérisseuse, Gin au passé meurtri, Gin la marginale à laquelle les hommes font un procès en sorcellerie parce qu’elle a voulu aider les femmes.

    Quels choix pour la rentrée littéraire 2018?

    Les mots des autres m’ont nourrie, portée, infusé leur énergie et leurs émotions. Jusqu’à la mort de mon frère, le 14 octobre 2015 à Montréal, je ne voyais pas la nécessité d’écrire. Le suicide d’Alex m’a transpercée de chagrin, m’a mise aussi dans une colère folle. Parce qu’un suicide, c’est la double peine, la violence de la disparition génère un silence gêné qui prend toute la place, empêchant même de se souvenir des jours heureux.
    Moi, je ne voulais pas me taire.
    Alex était un être flamboyant, il a eu une existence belle, pleine, passionnante, aimante et aimée. Il s’est battu contre la mélancolie, elle a gagné. Raconter son courage, dire le bonheur que j’ai eu de l’avoir comme frère, m’a semblé vital. Je ne voulais ni faire mon deuil ni céder à la désolation. Je désirais inventer une manière joyeuse d’être triste.
    Les morts peuvent nous rendre plus libres, plus vivants. »

    Quels choix pour la rentrée littéraire 2018?

    Cyril Avery n’est pas un vrai Avery et il ne le sera jamais – ou du moins, c’est ce que lui répètent ses parents adoptifs. Mais s’il n’est pas un vrai Avery, qui est-il ?
    Né d’une fille-mère bannie de la communauté rurale irlandaise où elle a grandi, devenu fils adoptif d’un couple dublinois aisé et excentrique par l’entremise d’une nonne rédemptoriste bossue, Cyril dérive dans la vie, avec pour seul et précaire ancrage son indéfectible amitié pour le jeune Julian Woodbead, un garçon infiniment plus fascinant et dangereux.
    Balloté par le destin et les coïncidences, Cyril passera toute sa vie à chercher qui il est et d’où il vient – et pendant près de trois quarts de siècle, il va se débattre dans la quête de son identité, de sa famille, de son pays et bien plus encore.
    Dans cette œuvre sublime, John Boyne fait revivre l’histoire de l’Irlande des années 1940 à nos jours à travers les yeux de son héros. Les Fureurs invisibles du cœur est un roman qui nous fait rire et pleurer, et nous rappelle le pouvoir de rédemption de l’âme humaine.

    Quels choix pour la rentrée littéraire 2018?

    À Pointe-Noire, dans le quartier Voungou, la vie suit son cours. Autour de la parcelle familiale où il habite avec Maman Pauline et Papa Roger, le jeune collégien Michel a une réputation de rêveur. Mais les tracas du quotidien (argent égaré, retards et distractions, humeur variable des parents, mesquineries des voisins) vont bientôt être emportés par le vent de l'Histoire. En ce mois de mars 1977 qui devrait marquer l'arrivée de la petite saison des pluies, le camarade président Marien Ngouabi est brutalement assassiné à Brazzaville. Et cela ne sera pas sans conséquences pour le jeune Michel, qui fera alors, entre autres, l'apprentissage du mensonge. Partant d'un univers familial, Alain Mabanckou élargit vite le cercle et nous fait entrer dans la grande fresque du colonialisme, de la décolonisation et des impasses du continent africain, dont le Congo est ici la métaphore puissante et douloureuse. Mêlant l'intimisme et la tragédie politique, il explore les nuances de l'âme humaine à travers le regard naïf d'un adolescent qui, d'un coup, apprend la vie et son prix. Alain Mabanckou est né en 1966 à Pointe-Noire, au Congo-Brazzaville. Ses ?uvres sont traduites dans le monde entier. Il enseigne la littérature francophone à l'Université de Californie-Los Angeles (UCLA).

    Quels choix pour la rentrée littéraire 2018?

    Quand mon père est ressorti du commissariat, il avait l’air perdu. Il m’a pris dans ses bras et s’est mis à pleurer. Un court instant j’ai pensé : ça y est, on y est. Léa est morte.
    Puis il s’est écarté et j’ai vu un putain de sourire se former sur son visage. Les mots avaient du mal à sortir. Il a fini par balbutier : « On l’a retrouvée. Merde alors. On l’a retrouvée. C’en est fini de ce cauchemar. »
    Il se trompait. Ma sœur serait bientôt de retour parmi nous mais on n’en avait pas terminé.

    Quels choix pour la rentrée littéraire 2018?

    Kate, étudiante à la dérive, fait des « enquêtes » cinématographiques dans les rues désertées des banlieues pavillonnaires. Son père vient de mourir brutalement et elle noie son chagrin dans la défonce. Au cours d’une de ses déambulations, elle rencontre Jean, une vieille dame en pleine forme qui coupe son bois et prépare des thés délicats. Jean propose un étrange marché : elle veut bien raconter ses histoires, mais à condition que Kate cesse de boire.
    Tandis que Jean déroule le mirage du rêve américain et règle ses comptes avec quelques fantômes, Viêtnam, guerre froide, mouvements contestataires, Kate affronte enfin son deuil impossible et retrouve une place dans le monde.
    Avec sa prose magnétique et tendre, John Burnside rend le monde aux vivants et rappelle que seules les histoires nous sauvent.

     

    POURQUOI PAS ?

    Quels choix pour la rentrée littéraire 2018?

    Un roman initiatique drôle et acide. Le manuel de survie d'une guerrière en milieu hostile. La fureur de vivre.

    Chez eux, il y a quatre chambres. Celle du frère, la sienne, celle des parents. Et celle des cadavres. Le père est chasseur de gros gibier. Un prédateur en puissance. La mère est transparente, amibe craintive, soumise à ses humeurs.
    Avec son frère, Gilles, elle tente de déjouer ce quotidien saumâtre. Ils jouent dans les carcasses des voitures de la casse en attendant la petite musique qui annoncera l’arrivée du marchand de glaces. Mais un jour, un violent accident vient faire bégayer le présent. Et rien ne sera plus jamais comme avant.

    La Vraie Vie est un roman initiatique détonant où le réel vacille. De la plume drôle, acide et sans concession d’Adeline Dieudonné jaillissent des fulgurances. Elle campe des personnages sauvages, entiers. Un univers à la fois sombre et sensuel dont on ne sort pas indemne.

     

    Quels choix pour la rentrée littéraire 2018?

    Reykjavik, au début des années 50. Sigvaldi et Helga décident de nommer leur deuxième fille Ásta, d’après une grande héroïne de la littérature islandaise. Un prénom signifiant – à une lettre près – amour en islandais qui ne peut que porter chance à leur fille… Des années plus tard, Sigvaldi tombe d’une échelle et se remémore toute son existence : il n’a pas été un père à la hauteur, et la vie d’Ásta n’a pas tenu cette promesse de bonheur.
    Jón Kalman Stefánsson enjambe les époques et les pays pour nous raconter l’urgence autant que l’impossibilité d’aimer. À travers l’histoire de Sigvaldi et d’Helga puis, une génération plus tard, celle d’Ásta et de Jósef, il nous offre un superbe roman, lyrique et charnel, sur des sentiments plus grands que nous, et des vies qui s’enlisent malgré notre inlassable quête du bonheur.

    Quels choix pour la rentrée littéraire 2018?

    L’idée de passer tout l’été coupés du monde angoissait Franck mais enchantait Lise, alors Franck avait accepté, un peu à contrecœur et beaucoup par amour, de louer dans le Lot cette maison absente de toutes les cartes et privée de tout réseau. L’annonce parlait d’un gîte perdu au milieu des collines, de calme et de paix. Mais pas du passé sanglant de cette maison que personne n’habitait plus et qui avait abrité un dompteur allemand et ses fauves pendant la Première Guerre mondiale. Et pas non plus de ce chien sans collier, chien ou loup, qui s’était imposé au couple dès le premier soir et qui semblait chercher un maître.

    En arrivant cet été-là, Franck croyait encore que la nature, qu’on avait apprivoisée aussi bien qu’un animal de compagnie, n’avait plus rien de sauvage ; il pensait que les guerres du passé, où les hommes s’entretuaient, avaient cédé la place à des guerres plus insidieuses, moins meurtrières. Ça, c’était en arrivant.

    Serge Joncour raconte l’histoire, à un siècle de distance, d’un village du Lot, et c’est tout un passé peuplé de bêtes et anéanti par la guerre qu’il déterre, comme pour mieux éclairer notre monde contemporain. En mettant en scène un couple moderne aux prises avec la nature et confrontés à la violence, il nous montre que la sauvagerie est un chien-loup, toujours prête à surgir au cœur de nos existences civilisées.

     

    Quels choix pour la rentrée littéraire 2018?

    Monsieur Henri, soixante-quinze ans au début de ce roman, sort d'une longue période d'immobilité à la suite d'une chute de toit. C'est pour lui l'occasion de redécouvrir le monde, en toute innocence et avec des yeux neufs, comme une première fois pour chaque chose, chaque paysage, chaque réalité. D'abord la maison, puis le jardin, puis les alentours, et bientôt aidé par son médecin traitant et un nouveau voisin qui ne l'est pas tant, Monsieur Henri exprime des appétits de lointains, d'expéditions à travers le globe que ses lectures lui inspirent. Il lui faudra se contenter de moins, même si un certain goût pour les extrêmes, volcans ou sommets montagneux, trouvera sa satisfaction, ou presque, dans des entreprises plus modestes, en Auvergne et sur le mont-Blanc.
    Dans ce roman d'apprentissage ou de découverte, Patrice Pluyette fait montre d'une fantaisie à proprement parler extraordinaire, il réussit à enchanter le réel et nous invite à retrouver l'origine de nos sensations, de nos sentiments, de nos rêves aussi. Un roman des merveilles. Un roman qui rend tout merveilleux.

    Quels choix pour la rentrée littéraire 2018?

    Loin du bruit du monde, Clémence, bientôt huit ans, grandit auprès de parents rivalisant de fantaisie. Mais elle n'a pas la voix d'une petite fille et ses mots sont ceux d'un mystère cruel. Que s'est-il passé pour que l'innocence se borde ainsi de noir ? Plongée vertigineuse et poétique dans le monde de l'enfance, Je voudrais que la nuit me prenne raconte le danger du bonheur. Entre trouble et éclairs de joie, Isabelle Desesquelles explore le lien fragile et inaltérable qui nous unit à nos plus proches. Et la redoutable force du souvenir.

    Quels choix pour la rentrée littéraire 2018?

    Après un braquage avec son frère qui se termine mal, Joseph Kamal est jeté en prison. Gardes et détenus rivalisent de brutalité, le jeune homme doit courber la tête et s’adapter. Il voudrait que ce cauchemar s’arrête. Une explosion nucléaire lui permet d’échapper à cet enfer. Joseph se cache dans la zone interdite. Poussé par un désir de solitude absolue, il s’installe dans une ferme désertée. Là, le temps s’arrête, il se construit une nouvelle vie avec un mouton et un chat, au cœur d’une nature qui le fascine.

    Trois fois la fin du monde est une expérience de pensée, une ode envoûtante à la nature, l’histoire revisitée d’un Robinson Crusoé plongé jusqu’à la folie dans son îlot mental. L’écriture d’une force poétique remarquable, une tension permanente et une justesse psychologique saisissante rendent ce roman crépusculaire impressionnant de maîtrise.

    « Au bout d’un temps infini, le greffier dit que c’est bon, tout est en règle, que la fouille est terminée. Il ôte ses gants et les jette avec répugnance dans une corbeille. Je peux enfin cacher ma nudité. Mais je ne rhabille plus le même homme qu’une heure auparavant. »

    Quels choix pour la rentrée littéraire 2018?

    «Et l'enfant ?
    Il dort, il dort.
    Que peut-il faire d'autre ?»

    Une jeune mère célibataire s'occupe de son fils de deux ans. Du matin au soir, sans crèche, sans famille à proximité, sans budget pour une baby-sitter, ils vivent une relation fusionnelle. Pour échapper à l'étouffement, la mère s'autorise à fuguer certaines nuits. À quelques mètres de l'appartement d'abord, puis toujours un peu plus loin, toujours un peu plus tard, à la poursuite d'un semblant de légèreté.
    Comme la chèvre de Monsieur Seguin, elle tire sur la corde, mais pour combien de temps encore?
    On retrouve, dans ce nouveau livre, l'écriture vive et le regard aiguisé de Carole Fives, fine portraitiste de la famille contemporaine.

    Quels choix pour la rentrée littéraire 2018?

    « À supposer qu’ils habitent la même ville, Louisa Makhloufi et Romain Praisse y resteraient-ils encore cent ans que la probabilité qu’ils se croisent, s’avisent et s’entreprennent resterait à peu près nulle. En sorte que si l’une des 87 caméras de surveillance installées en 2004 par les techniciens d’un prestataire privé de la mairie les voit se croiser, s’aviser, s’entreprendre, ce ne sera qu’à la faveur d’un dérèglement des trajectoires lié à une conjonction hasardeuse de faits nécessaires. »

    Dans une France contemporaine fracturée, François Bégaudeau met en regard violence économique et drame personnel, imaginant une exception romanesque comme pour mieux confirmer les règles implicites de la reproduction sociale.

    Quels choix pour la rentrée littéraire 2018?

    Tout le monde ne parle que du vivre-ensemble mais, au fond, qui sait vraiment de quoi il retourne, sinon les familles recomposées ? Vivre ensemble, c’est se disputer un territoire.

    Quels choix pour la rentrée littéraire 2018?

    Paula s’avance lentement vers les plaques de marbre, pose sa paume à plat sur la paroi, mais au lieu du froid glacial de la pierre, c’est le grain de la peinture qu’elle éprouve. Elle s’approche tout près, regarde : c’est bien une image. Étonnée, elle se tourne vers les boiseries et recommence, recule puis avance, touche, comme si elle jouait à faire disparaître puis à faire revenir l’illusion initiale, progresse le long du mur, de plus en plus troublée tandis qu’elle passe les colonnes de pierre, les arches sculptées, les chapiteaux et les moulures, les stucs, atteint la fenêtre, prête à se pencher au-dehors, certaine qu’un autre monde se tient là, juste derrière, à portée de main, et partout son tâtonnement lui renvoie de la peinture. Une fois parvenue devant la mésange arrêtée sur sa branche, elle s’immobilise, allonge le bras dans l’aube rose, glisse ses doigts entre les plumes de l’oiseau, et tend l’oreille dans le feuillage.

    JE NE LIRAI PROBABLEMENT PAS

     

    Quels choix pour la rentrée littéraire 2018?

    Regarder à se crever les yeux, à éclater le crâne avec les yeux de derrière les yeux, de derrière la tête. » L’homme qui écrit ces lignes tentera, toute sa courte vie durant, de voir. Né à Reims en 1907 et mort à 36 ans à Paris en 1943, le poète Roger Gilbert-Lecomte – que raconte ce roman – est le fondateur avec René Daumal, Roger Vailland et Robert Meyrat de la revue Le Grand Jeu.
    Au cœur de l’émulation artistique des années 1930, il côtoie André Breton, Arthur Adamov ou encore Antonin Artaud et poursuit, tout au long de sa vie, une quête existentielle et poétique acharnée, accompagnée de prises massives d’alcools et de drogues. La littérature est pour lui considérée – au même titre que diverses substances– comme un moyen de dépassement de la condition humaine.

    Loin de l’image d’Épinal du poète maudit, Matthieu Mégevand met en scène la vie de Roger Gilbert-Lecomte en cherchant à approcher son point d’incandescence – c’est- à-dire le moment où l’existence ne se suffit plus, se dépasse, surchauffe, et où l’acte créateur surgit. Au final, un destin d’étoile filante et un roman à son image : éclatant, lumineux, profondément existentiel et qui défile à toute allure.

    Quels choix pour la rentrée littéraire 2018?

    Deux petites filles métisses d’un quartier populaire de Londres se rencontrent lors d’un cours de danse. Entre deux entrechats, une relation fusionnelle se noue entre elles. Devant les pas virtuoses de Fred Astaire et de Jeni LeGon sur leur magnétoscope, elles se rêvent danseuses. Tracey est la plus douée, la plus audacieuse mais aussi la plus excessive. Alors qu’elle intègre une école de danse, la narratrice, elle, poursuit une scolarité classique au lycée puis à l’université, et toutes deux se perdent de vue.
    La plus sage devient l'assistante personnelle d’Aimee, une chanteuse mondialement célèbre. Elle parcourt le monde, passe une partie de l’année à New York et participe au projet philanthropique d’Aimee : la construction d’une école pour filles dans un village d’Afrique. Pendant ce temps, la carrière de Tracey démarre, puis stagne, tandis que progresse son instabilité psychologique. Après une série d’événements choquants, les deux amies se retrouveront pour un dernier pas de danse.
    Roman d’apprentissage et de désillusion, le cinquième roman de Zadie Smith opère également une réflexion sur le racisme, l’identité, le genre et la célébrité, avec beaucoup de rythme, d’humour et d’émotion.

    Quels choix pour la rentrée littéraire 2018?

    « Je traversais la rue… Vincent passait sur le trottoir d’en face. Je me suis arrêtée au milieu du carrefour. J’étais là, figée. Le cœur battant. Je regardais son dos qui s’éloignait. Torse large, hanches étroites, il avait une stature impressionnante. J’aurais pu courir, le rattraper. Il a tourné au coin de la rue. Je suis restée debout, les jambes coupées. Les yeux fixés sur la direction qu’il avait prise. Je tremblais. Je n’arrivais plus à respirer. J’ai pris mon téléphone dans mon sac, j’ai appelé une amie. »

     

    Quels choix pour la rentrée littéraire 2018?

     Sitam, jeune homme fou de jazz et de littérature, tombe amoureux de la môme Capu. Elle a un toit temporaire, prêté par un ami d’ami. Lui est fauché comme les blés. Ils vivent quelques premiers jours merveilleux mais un soir, sirènes, explosions, coups de feu, policiers et militaires envahissent la capitale. La ville devient terrifiante...

    Bouleversés, Sitam et Capu décident de déguerpir et montent in extremis dans le dernier train de nuit en partance. Direction la zone - ’la grisâtre’, le pays natal de Sitam. C’est le début de leur odyssée. Ensemble ils vont traverser la banlieue, l’Europe et la précarité...

    Nerveux, incisif, musical, K.O. est un incroyable voyage au bout de la nuit. Ce premier roman, né d’un sentiment d’urgence radical, traite de thèmes tels que la poésie, la maladie, la mort, l’amitié et l’errance. Il s’y côtoie garçons de café, musiciens sans abris et imprimeurs oulipiens. Splendide et fantastique, enfin, y règne le chaos.


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  • Philippe de Dieuleveult

    Philippe de Dieuleveult

    La disparition de Philippe de Dieuleveult

    Affaires sensibles - Fabrice Drouelle - France Inter - Du lundi au vendredi 15h00

    Les grandes affaires, les aventures et les procès qui ont marqué les cinquante dernières années.

    Affaires Sensibles vous emmène en 1986, le 6 août. Ce jour-là, Philippe de Dieuleveult disparaissait au Zaïre dans des circonstances aujourd'hui encore mystérieuses

    Mercredi 19 octobre dernier, en République démocratique du Congo, des « journées villes mortes » étaient organisées à travers tout le pays. Une mobilisation lancée par l’opposition politique au président Joseph Kabila. Ce dernier, en poste depuis 2001, refuse de partir à la fin de son mandat, le 19 décembre prochain, comme l’y contraint la Constitution. Un mois auparavant, en septembre, les manifestations avaient fait au moins 53 morts selon l’ONU. De nouveau, la RDC, l’un des plus grands pays d’Afrique, surgit au cœur de l’actualité sur fond de crise politique et d’instabilité chronique.

    Il y a trente ans, c’est d’une toute autre manière que le pays s’est invité en Une des journaux français. Le 6 août 1985, Philippe de Dieuleveult, un journaliste rendu célèbre par le jeu télévisé la « Chasse au trésor » disparaît, avec six autres personnes, lors d’une aventure sur les rives du fleuve Zaïre. Pendant plusieurs semaines, la France se tourne vers ce pays qui s’appelle alors le Zaïre justement, pour suivre au jour le jour, la recherche des naufragés. Les investigations, infructueuses, concluent finalement à une noyade dans les terribles rapides du fleuve. Fermer le rideau.

    Oui, sauf que d’emblée, des témoignages troubles, des éléments incohérents et un contexte politique délicat laissent apparaître de nombreuses zones d’ombre. On évoque une possible bavure de l’armée zaïroise, voire une exécution, pour expliquer la disparition de de Dieuleveult et de ses six amis. C’est que cette affaire nous plonge au cœur d’un Zaïre alors dirigé par le Maréchal, et surtout dictateur, Mobutu, qui règne avec autorité sur ce pays depuis vingt ans.


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  • Renault

    Renault et le scandale des faux espions chinois

     

    Affaires sensibles - Fabrice Drouelle - France Inter - Du lundi au vendredi 15h00

     

    Les grandes affaires, les aventures et les procès qui ont marqué les cinquante dernières années.

    C'était en janvier 2011. Trois ingénieurs de Renault étaient brutalement mis à pied, accusés d'espionnage au profit de la Chine. Affaires Sensibles revient sur cette vraie-fausse histoire d'espionnage.

    … Lorsqu’elle éclate, en janvier 2011, la presse et les médias en font immédiatement leurs gros titres. Partout, on peut lire et entendre que le constructeur automobile, Renault, 4ème groupe mondial du secteur, fleuron de l’industrie et de l’ingénierie française, aurait été la cible d’espionnage industriel! Oui « espionnage » et qui plus est de la part de 3 de ses employés, 3 ingénieurs très hauts placés !!

     

    Au même moment, de nombreux responsables politiques montent au créneau et accusent publiquement un acteur étranger d’être derrière toute cette opération. Très vite, on pointe du doigt la Chine, réputée pour son usage et ses réseaux d’intelligence économique ! Sur les plateaux de télévision, le PDG de Renault, Carlos Ghosn prend même la parole et affirme détenir des « certitudes » dans toute cette affaire!

     

    … Tout laisse donc à penser que le dossier est grave et que l’enquête va révéler comment des « agents » à la solde des chinois ont réussi à piller les brevets technologiques de l’entreprise ! Or à la surprise générale, il n’en sera rien… Quelques semaines plus tard, on découvre en effet qu’il n’existe dans ce dossier aucune preuve… aucun témoignage… uniquement la lettre de dénonciation d’un corbeau !

     

    … L’affaire des espions chinois de Renault prend alors une toute autre tournure. Et de dossier d’espionnage international, elle se transforme en une gigantesque affaire d’escroquerie! De victime, la direction de Renault devient à son tour accusée ! Et le grand public découvre le visage de 3 hommes, 3 employés modèles du constructeur automobile : Michel Balthazard, Mathieu Tenenbaum et Bertrand Rochette. Accusés, blâmés et licenciés à tort, sur la base de simples suspicions ! Une honte dans un pays comme le notre où la présomption d’innocence est pourtant un droit fondamental !

    … Alors comment on en est arrivé là ? Comment cette affaire d’espionnage a-t-elle basculée en une rocambolesque affaire d’escroquerie ? Comment les responsables de Renault ont-ils pu se laisser berner et accuser à tort 3 de leurs ingénieurs ?


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