• Chambre 2

    Chambre 2

    Une maternité. Chaque porte ouvre sur l'expérience singulière d'une femme tout juste accouchée. Sensible, vulnérable, Béatrice, qui travaille là, reçoit de plein fouet ces moments extrêmes.
    Les chambres 2 et 4 ou encore 7 et 12 ravivent son passé de danseuse nue sillonnant les routes à la lumière des projecteurs et au son des violons. Ainsi réapparaissent Gabor, Paolo et d'autres encore, compagnons d'une vie à laquelle Béatrice a renoncé pour devenir normale. Jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus supporter la violence du quotidien de l'hôpital.

    Un hommage poignant au corps des femmes, et un regard impitoyable sur ce qu'on lui impose.

    --> NB: je découvre après avoir lu le livre qu'il a été adapté au cinéma avec Voir le jour, film que j'ai vu 2 mois auparavant. Je n'ai pas fait le lien.

    C'est un regard sur les corps : Béatrice, ex-danseuse nue qui vivait en camion aménagé au gré des spectacles, devenue auxiliaire de puériculture dans une maternité nous livre son regard sur son corps, le corps des danseurs et sur celui des jeunes accouchées. Un regard sur le corps vivant, sur le corps qui donne la vie, mais aussi -on y pense moins souvent- la mort. C'est un regard, le témoignage d'une marginale qui doit remplir un rôle nouveau comme auxiliaire de puériculture. Les chapitres alternent entre sa vie d'avant, de danseuse amoureuse de Gabor, dans une marginale et épanouie et sa fonction actuelle auprès des mères, des bébés, fonction qui ne lui va pas. C'est un récit fort et touchant. Il y est question des propres maternités de Béatrice: 3 dont une fausse couche à trois mois, ils placeront le foetus dans une boîte en carton qu'ils iront enterrer au père Lachaise. On assiste au suicide choisi de Pierre et Pierre, début de l'enfer pour la troupe. C'est un récit plein de sensibilité. Une belle découverte.

    - Un vrai flic. Encore une qui me torturait à me trouver un peu trop pas pareille. Encore une qui voulait "aider". Je lui ai dit que tout allait très bien, qu'on était très heureux, que je voulais rentrer chez moi, que Gabor était un homme merveilleux.

    Elle n'en a pas cru un mot.

    Elle a noté un truc dans son dossier et m'a dit au revoir, mais j'ai entendu pauvre fille, je lui ai répondu au revoir, mais j'ai pensé connasse.

    - "J'aime beaucoup ce que vous faites. C'est très courageux. Le corps des femmes est maltraité de nos jours, vous lui redonnez son sens vital. J'ai été très émue par votre dernier spectacle." p.99


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