• Le consentement

    Vanessa Springora

    Au milieu des années 80, élevée par une mère divorcée, V. comble par la lecture le vide laissé par un père aux abonnés absents. A treize ans, dans un dîner, elle rencontre G. , un écrivain dont elle ignore la réputation sulfureuse. Dès le premier regard, elle est happée par le charisme de cet homme de cinquante ans aux faux airs de bonze, par ses oeillades énamourées et l'attention qu'il lui porte.
    Plus tard, elle reçoit une lettre où il lui déclare son besoin " impérieux " de la revoir. Omniprésent, passionné, G. parvient à la rassurer : il l'aime et ne lui fera aucun mal. Alors qu'elle vient d'avoir quatorze ans, V. s'offre à lui corps et âme. Les menaces de la brigade des mineurs renforcent cette idylle dangereusement romanesque. Mais la désillusion est terrible quand V. comprend que G. collectionne depuis toujours les amours avec des adolescentes, et pratique le tourisme sexuel dans des pays où les mineurs sont vulnérables.
    Derrière les apparences flatteuses de l'homme de lettres, se cache un prédateur, couvert par une partie du milieu littéraire.
    V. tente de s'arracher à l'emprise qu'il exerce sur elle, tandis qu'il s'apprête à raconter leur histoire dans un roman. Après leur rupture, le calvaire continue, car l'écrivain ne cesse de réactiver la souffrance de V. à coup de publications et de harcèlement.
    " Depuis tant d'années, mes rêves sont peuplés de meurtres et de vengeance. Jusqu'au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence : prendre le chasseur à son propre piège, l'enfermer dans un livre " , écrit-elle en préambule de ce récit libérateur.

    Plus de trente ans après les faits, Vanessa Springora livre ce texte fulgurant, d'une sidérante lucidité, écrit dans une langue remarquable. Elle y dépeint un processus de manipulation psychique implacable et l'ambiguïté effrayante dans laquelle est placée la victime consentante, amoureuse.
    Mais au-delà de son histoire individuelle, elle questionne aussi les dérives d'une époque, et la complaisance d'un milieu aveuglé par le talent et la célébrité.

    --> Un livre à la fois pesant et d'une certaine manière libérateur. Oser écrire l'indicible. Une "histoire" qui a ses témoins dont chacun peut en être par une recherche google. Ce livre peut être insupportable: pourquoi? Je laisse chacun trouver ses réponses dans son intimité comme dans sa conscience collective.
    Pour ma part, après avoir hésité, c'est sans regret aucun que j'ai découvert ce récit: il m'éclaire sur un sujet qui retombera d'actualité en septembre avec le procès Matzneff, il met sous les projecteurs les traits d'une époque qui me parle. Il me laisse également très admirative d'une femme qui nous donne à voir toute la difficulté de saisir la frontière entre consentement et abus, sans apitoiement. Cette frontière est une clé pour comprendre toutes les victimes de pédophilie, mais si difficile à exprimer.
    Dépassant l'intime, le grand public doit s'emparer de cette histoire: de Denise Bombardier décidée à s'en indigner sur le plateau d'apostrophes à Franck Riester qui prend la décision de soumettre le versement de l'aide pour rayonnement artistique et littéraire, cette histoire nous concerne tous.

    Citations:

    - Plus tard, avec un peu plus de maturité et de courage, j'opterai pour une stratégie différente: dire toute la vérité, avouer que je me sens comme une poupée sans désir, qui ignore comment fonctionne son propre corps, qui n'a appris qu'une seule chose, être un instrument pour des jeux qui lui sont étrangers.
    Chaque fois, la révélation se soldera par une rupture. Personne n'aime les jouets cassés.

    - Comment admettre qu'on a été abusé, quand on ne peut nier avoir été consentant ?

     


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  • L'amie, la mort, le fils

    Anne Dufourmantelle a péri le 21 juillet 2017 pour sauver des enfants de la noyade en Méditerranée, dont le propre fils de l'auteur.Elle était psychanalyste, philosophe, romancière, auteure d’une œuvre reconnue de par le monde. Sa notoriété culturelle ne suffit pourtant pas à expliquer l’émotion considérable qui s’est répandue à l’annonce de sa mort, en France et au-delà, jusqu’auprès de gens qui ne l’avaient jamais lue ni entendue.Ce récit de chagrin livre le portrait d’une femme exceptionnelle, en même temps qu’il médite sur les rapports père-fils, l’origine du sacré et l’aura d’un être qui avait « la passion de l’amitié ».« Ses traits s’étiraient dès qu’elle voyait autrui heureux. Il n’y a pas beaucoup de gens qui nous donneraient envie d’être heureux rien que pour les rendre heureux. »

    --> Séduisant témoignage, intimiste, récit d'un drame qui touche et transforme à jamais ceux qui le vivent. J'ai abandonné ma lecture: d'autres livres m'attendaient.


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  • Nous sommes tous des féministes

    Chimamanda Ngozi Adichie

    «Partout dans le monde, la question du genre est cruciale. Alors j'aimerais aujourd'hui que nous nous mettions à rêver à un monde différent et à le préparer. Un monde plus équitable. Un monde où les hommes et les femmes seront plus heureux et plus honnêtes envers eux-mêmes.

    Et voici le point de départ : nous devons élever nos filles autrement. Nous devons élever nos fils autrement.» Chimamanda Ngozi Adichie aborde le sujet controversé du féminisme avec lucidité, éloquence et humour.

    --> Après le séduisant Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie, je voulais en savoir plus sur l'auteure. Déception avec l'entrée dans le livre: une retranscription d'une conférence TED, avec son ton, et ses simplicités. Peut-être le contenu a-t-il vieilli, le message (tant mieux) connu... Beaucoup plus convaincante dans sa conférence. Témoignage plus qu'essai. En revanche j'ai apprécié la nouvelle "Les marieuses". Je retrouve l'auteure et sa narration, ou fiction et autobiographie se mêle très certainement... et le message passe mieux! 5 références bibliographique accompagnent ce petit livre: Madame de Lafayette, Denis Diderot, Olympe de Gouges, George Sand, Simone de Beauvoir. Hâte de retrouver l'auteure dans un nouveau roman.


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  • Otages intimes

    Jeannne Benameur

    Photographe de guerre, Etienne a toujours su aller au plus près du danger pour porter témoignage. En reportage dans une ville à feu et à sang, il est pris en otage. Quand enfin il est libéré, l'ampleur de ce qu'il lui reste à ré-apprivoiser le jette dans un nouveau vertige, une autre forme de péril. De retour au village de l'enfance, auprès de sa mère, il tente de reconstituer le cocon originel, un centre duquel il pourrait reprendre langue avec le monde. Au contact d'une nature sauvage, familière mais sans complaisance, il peut enfin se laisser retraverser par les images du chaos. Dans ce progressif apaisement, se reforme le trio de toujours. Il y a Enzo, le fils de l'Italien, l'ami taiseux qui travaille le bois et joue du violoncelle. Et Jofranka, l'ex petite fille abandonnée, avocate à La Haye, qui aide les femmes victimes de guerres à trouver le courage de témoigner. Ces trois-là se retrouvent autour des gestes suspendus du passé, dans l'urgence de la question cruciale : quelle est la part d'otage en chacun de nous ? De la fureur au silence, Jeanne Benameur habite la solitude de l'otage après la libération. Otages intimes trace les chemins de la liberté vraie, celle qu'on ne trouve qu'en atteignant l'intime de soi.

    --> Après Insurrections singulières puis Ceux qui partent, me voilà entraînée dans l'oeuvre de J. Benameur. Etienne est un otage nouvellement libéré. Sa liberté retrouvé, comment retrouver le passé, panser les plaies, surmonter le traumatisme de l'enfermement ou de ce dernier évènement qui a précédé l'enlèvement? Il y a des gens qui l'attende: sa mère, Irène, ses amis d'enfance Enzo et Jofranka, sa dernière petite amie Emma. Une attente parfois discrète. Ce retour est pour chacun l'occasion de repenser le passé, de repartir avec une nouvelle donne: le retour d'Etienne. J'aime beaucoup comment Jeannne Benameur emmène son lecteur avec simplicité vers des histoires complexes et des personnages fouillés. On a le sentiment que leur vie est influencée par un fort déterminisme, les chemins choisis ont toujours une explication. Ce sont tous des personnages vivants. D'histoires qui pourraient être dramatiques, l'auteure crée des romans puissamment vivants!

    Citations:

    Les fils ne savent pas ce que vivent les mères. J'ai vécu en fonction de toi en croyant être libre. Je ne voyais pas que c'était toi qui avait pris toute la place. Et il n'y a pas à t'en vouloir. C'est comme ça que les mères font. Elles laissent le fils prendre peu à peu toute la place et elles deviennent d'étranges et absolues servantes.


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  • Compromis

    Deux amis de trente ans dans un appartement vide. L’un est un comédien médiocre, l’autre un dramaturge raté. Le premier vend l’appartement et a demandé au second d’être présent lors de la signature du compromis, pour rassurer l’acheteur. Car s’il écrit de très mauvaises pièces, il a tout de même un visage rassurant. C’est sa grande qualité. La seule ? On attend l’acheteur. D’ailleurs, acheteur ou pigeon ? En l’attendant on parle. On se flatte. On se caresse. On se moque. On se taquine. Cela glisse peu à peu. On se blesse en se lançant à la face ce que l’on retient depuis longtemps. Et l’acheteur finit par arriver, qui va assister à un règlement de comptes, farcesque mais sans concession, entre les deux amis. Va-t-il en demeurer le spectateur, en devenir l’arbitre ou en être au final la seule victime ? La vie nous réserve tant d’occasions de nous compromettre pour garder le peu qu’elle nous donne, et parmi cela l’amitié, qui se nourrit bien souvent de compromis.

    --> Je ne suis pas rompue à lire des textes de théâtre, comme à aller au théâtre... J'ai un piètre regard, je suis une piètre lectrice dans ce genre. Je dirais même plus... les lectures scolaires m'ont clairement éloignée de ce genre. Compromis se laisse lire, j'ai passé un bon moment en compagnie de Denis, Martin et Monsieur Duval. Aucune difficulté à imaginer une mise en scène. J'ai souri. A l'heure où nous ne pouvons plus fréquenter les salles, je recommande.

    citations:

    Denis: Ce n'est parce qu'il n'est pas ce que tu pensais qu'il était, que pour autant il est ce que je te disais qu'il pourrait être. p.122

     

     


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  • Sur les chemins noirs

    Sylvain Tesson

    Il m'aura fallu courir le monde et tomber d'un toit pour saisir que je disposais là, sous mes yeux, dans un pays si proche dont j'ignorais les replis, d'un réseau de chemins campagnards ouverts sur le mystère, baignés de pur silence, miraculeusement vides.
    La vie me laissait une chance, il était donc grand temps de traverser la France à pied sur mes chemins noirs.
    Là, personne ne vous indique ni comment vous tenir, ni quoi penser, ni même la direction à prendre.

    -->Déception, ce livre n'est pas ce à quoi je m'attendais. le parcours de Sylvais Tesson après son accident interpelle, pousse à l'admiration. Son histoire nous touche. Pas son livre. J'ai eu le sentiment que l'objet était froid, sinon inaccessible. J'avais pris son livre pour un témoignage simple je me suis trompée. Je n'ai pas compris . Je n'ai pas terminé, j'ai passé mon chemin. Je préfère écouter l'auteur.


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  • Sans jamais atteindre le sommet

    J’ai fini par y aller vraiment, dans l’Himalaya. Non pour escalader les sommets, comme j’en rêvais enfant, mais pour explorer les vallées. Je voulais voir si, quelque part sur terre, il existait encore une montagne intègre, la voir de mes yeux avant qu’elle ne disparaisse.

    J’ai quitté les Alpes abandonnées et urbanisées et j’ai atterri dans le coin le plus reculé du Népal, un petit Tibet qui survit à l’ombre du grand, aujourd’hui perdu. J’ai parcouru 300 kilomètres à pied et franchi huit cols à plus de 5 000 mètres, sans atteindre aucun sommet.

    J’avais, pour me tenir compagnie, un livre culte, un chien rencontré sur la route, des amis : au retour, il me restait les amis.

    --> Nous retrouvons Paolo Cognetti (Les huit montagnes), cette fois dans l'Himalaya. Il s'agit cette fois principalement du récit de son expédition (presque un mois), sans trame narrative forte. Ils sont quarante-sept têtes pour cette expédition (hommes et animaux confondus) pour dix montagnards des Alpes, dont deux amis. Quelques jolis dessins ponctuent ce carnet de voyage. Il souffre toujours quelque peu du mal d'altitude, mais s'en accommode. Un récit tout en simplicité qui nous emmène en voyage, sur la trace de l'ouvrage de Peter Matthiessen, Le léopard des neiges (1991) qui doit être après ça un incontournable.

    Citations:

    - A Juhpal, cela faisait quelques jours qu'il s'activait pour constituer la caravane dont il ferait partie avec son frère, cinq jeunes hommes pour le campement et la cuisine, cinq autres pour l'entretien des bêtes et le transport, et vint-cinq mulets de bât chargés de tout ce qui, pendant cette marche de près d'un mois, nous serait nécessaire. Avec nous dix qui arrivions des Alpes, cela faisait quarante-sept, animaux et hommes confondus.

    - Dire que je m'intéressais aux bharals, aux léopards des neiges ou même aux lamaseries reculées n'était pas répondre à sa question, bien que tout cela fût vrai; Parler de pèlerinage semblait prétentieux et vague et cependant, en un sens, c'était également vrai. J'avouai donc que je n'en savais rien. Comment aurais-je pu lui expliquer que je voulais pénétrer le secret des montagnes, découvrir quelque chose d'inconnu ... ? Peter Matthiessen Léopard des neiges

     

     

     

     


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  • Ceux qui partent

    Tout ce que l'exil fissure peut ouvrir de nouveaux chemins. En cette année 1910, sur Ellis Island, aux portes de New York, ils sont une poignée à l'éprouver, chacun au creux de sa langue encore, comme dans le premier vêtement du monde.
    Il y a Donato et sa fille Emilia, les lettrés italiens, Gabor, l'homme qui veut fuir son clan, Esther, l'arménienne épargnée qui rêve d'inventer les nouvelles tenues des libres Américaines.
    Retenus un jour et une nuit sur Ellis Island, les voilà confrontés à l'épreuve de l'attente. Ensemble. Leurs routes se mêlent, se dénouent ou se lient. Mais tout dans ce temps suspendu prend une intensité qui marquera leur vie entière.
    Face à eux, André Jonsson, New-Yorkais, père islandais, mère fière d'une ascendance qui remonte aux premiers pionniers. Dans l'objectif de son appareil, ce jeune photographe amateur tente de capter ce qui lui échappe depuis toujours, ce qui le relierait à ses ancêtres, émigrants eux aussi. Quelque chose que sa famille riche et oublieuse n'aborde jamais.

    L'exil comme l'accueil exigent de la vaillance. Ceux qui partent et ceux de New York n'en manquent pas. A chacun dans cette ronde nocturne, ce tourbillon d'énergie et de sensualité, de tenter de trouver la forme de son exil, d'inventer dans son corps les fondations de son nouveau pays. Et si la nuit était une langue, la seule langue universelle ?

     

    -->Ceux qui partent c'est le récit d'une nuit, amorcée par l'arrivée de jour sur Ellis Island d'un flot de migrants. Parmi eux, il y aura Emilia et Donato Scarpa, les Italiens fille et père; Grazia, l'être aimée et décédée, Gabor et Marucca, les bohémiens, amis d'enfance; Esther, la couturière arménienne; Andrew Jonnson, le photographe américain petit fils d'émigrés; Elizabeth (américaine du Mayflower), Sigmundur, ses parents; Ruth et Bjorn ses grands-parents venus d'Islande; Rosalind, cette enfant décédée sur le sol Islandais; Lucile, sa possible destinée; Hazel -Hariklia Antonakis- , fille de plaisir qui lit, émigrée elle aussi et ... ces deux soeurs aux longues tresses.

    Et puis il y a des des exils, l'attente d'un lendemain: Ils rêvent d'enseigner l'Italien, de faire découvrir Virgile à de nouveaux spectateurs, de poursuivre le voyage vers l'Argentine. Un passage obligé par Ellis Island, le réconfort des corps dans la nuit. Jeanne Benameur nous emmène au plus près de ses personnages, de l'un à l'autre. Son récit est envoûtant, sensuel aussi. C'est un voyage en lui-même. Fuir la guerre, fuir pour oublier, fuir la persécution, fuir pour retrouver quelqu'un. Vers une autre vie. Dans son récit, Jeanne Benameur donne également de la place aux questions de la langue maternelle, du sacrifice, de la transmission, des tabous familiaux, du langage des corps et tant d'autres sujets qu'elle aborde avec tout à la fois simplicité, grâce et profondeur...Qu'est-ce que l'amour, la passion? Qu'est-ce qu'être migrant, enfant de migrant? Un récit décidément riche et beau.

    Citations

    - Qu’ont-ils laissé là-bas ?

    Tout. Simplement tout. Maison meubles vaisselle et le reste, ce qui ne se compte pas.

    Peut-il comprendre cela ?

     

    - Doit-on tout avoir de celui qu’on aime ? Doit-on accéder à son être tout entier ? est-ce que l’amour ne peut pas accepter la part manquante ?

     

    - Ils prennent la pose, père et fille, sur le pont du grand paquebot qui vient d’accoster. Tout autour d’eux, une agitation fébrile. On rassemble sacs, ballots, valises. Toutes les vies empaquetées dans si peu.

    Eux deux restent immobiles, face au photographe. Comme si rien de tout cela ne les concernait.

    Lui est grand, on voit qu’il a dû être massif dans sa jeunesse. Il a encore une large carrure et l’attitude de ceux qui se savent assez forts pour protéger. Son bras est passé autour des épaules de la jeune fille comme pour la contenir, pouvoir la soustraire d’un geste à toute menace.

     

     

    -Les voyages, son père ne les a pas faits. Il envoie des journalistes les faire pour lui aux quatre coins du monde. Leur unique voyage familial, c’est pour la maison qu’ils rejoignent près de la mer aux vacances. C’est tout. Elle n’a jamais osé aborder cet épisode ni avec lui ni avec elle. Mais le mot “sacrifice” et le “ce n’est rien” sont devenus une boussole dans sa vie, sans qu’elle y prenne garde.

    Elle, elle ne demandera jamais à un homme de sacrifier ses rêves pour une vie de famille. Elle a trop vu ce que ça donnait. Une vie lisse et en apparence paisible. Dessous, les sables mouvants où l’on peut toujours être englouti si l’on n’y fait pas attention.

     

    - Andrew écoute. Il comprend que son père a continué à construire du solide aussi pour cette enfant qui ne connaitrait jamais la douceur d'une vie dont la faim et le froid sont exclus.

    On ne construit donc pas que pour les vivants. Inexplicablement, cela lui serre le coeur et le soulage à la fois.

     

     

     

     

     


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  • La petite fille de Monsieur Lihn

    Quatrième de couverture:
    C'est un vieil homme debout à l'arrière d'un bateau. Il serre dans ses bras une valise légère et un nouveau-né, plus léger encore que la valise. Le vieil homme se nomme Monsieur Linh. Il est seul désormais à savoir qu'il s'appelle ainsi. Debout à la poupe du bateau, il voit s'éloigner son pays,celui de ses ancêtres et de ses morts, tandis que dans ses bras l'enfant dort. Le pays s'éloigne, devient infiniment petit, et Monsieur Linh le regarde disparaître à l'horizon, pendant des heures, malgré le vent qui souffle et le chahute comme une marionnette.

    Autre résumé:
    Monsieur Linh est un vieil homme. Il a quitté son village dévasté par la guerre, n’emportant avec lui qu’une petite valise contenant quelques vêtements usagés, une photo jaunie, une poignée de terre de son pays. Dans ses bras, repose un nouveau-né. Les parents de l’enfant sont morts et Monsieur Linh a décidé de partir avec Sang diû, sa petite fille. Après un long voyage en bateau, ils débarquent dans une ville froide et grise, avec des centaines de réfugiés. Monsieur Linh a tout perdu. Il partage désormais un dortoir avec d’autres exilés qui se moquent de sa maladresse. Dans cette ville inconnue où les gens s’ignorent, il va pourtant se faire un ami, Monsieur Bark, un gros homme solitaire. Ils ne parlent pas la même langue, mais ils comprennent la musique des mots et la pudeur des gestes. Monsieur Linh est un cœur simple, brisé par les guerres et les deuils, qui ne vit plus que pour sa petite fille. Philippe Claudel accompagne ses personnages avec respect et délicatesse. Il célèbre les thèmes universels de l’amitié et de la compassion. Ce roman possède la grâce et la limpidité des grands classiques.

    --> Derrière un récit grave et sérieux se cache une farce à l'encontre du lecteur. "Farce et gravité" je dirais. C'est court et prenant. On ne peut pas en dire beaucoup plus que le résumé qui évoque l'exil d'un pays asiatique vers un pays occidental. Un récit à découvrir, vous vous souviendrez longtemps de La petite fille de Monsieur Lihn.

     


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  • Les huit montagnes

    «Quel que soit notre destin, il habite les montagnes au-dessus de nos têtes.»

    Pietro est un garçon de la ville, Bruno un enfant des montagnes. Ils ont 11 ans et tout les sépare. Dès leur rencontre à Grana, au cœur du val d'Aoste, Bruno initie Pietro aux secrets de la montagne. Ensemble, ils parcourent alpages, forêts et glaciers, puisant dans cette nature sauvage les prémices de leur amitié.
    Vingt ans plus tard, c'est dans ces mêmes montagnes et auprès de ce même ami que Pietro tentera de se réconcilier avec son passé — et son avenir.
    Dans une langue pure et poétique, Paolo Cognetti mêle l'intime à l'universel et signe un grand roman d'apprentissage et de filiation.

    --> Marqué par ses vacances estivales en montagne à conquérir les sommets avec son père, Paolo Cognetti nous livre un récit dont la beauté réside dans la simplicité, la force tranquille. Il nous offre de l'évasion. Il réveille des souvenirs pour peu que vous ayiez fait quelques excursions en altitude. On admire, on envie, d'autant que cette vie semble décalée avec nos vies. C'est aussi un monde de "taiseux", des caractères solitaires qui nous sont révélés. L'histoire d'une magnifique et singulière amitié. Un très beau roman.

     


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  • Les insurrections singulières

    L’histoire d’un ouvrier, entre France et Brésil.
    Parcours de lutte et de rébellion, voyage au centre de l'héritage familial, aventure politique intime et histoire d'une rédemption amoureuse, Les Insurrections singulières emboite les pas d'abord incertains d'un fils d'ouvrier en délicatesse avec lui-même. Entre la France qu'on dit profonde et la terre nouvelle du Brésil, sur les traces d'un pionnier oublié de la sidérurgie du XIXe siècle, Jeanne Benameur signe le roman d’une mise au monde.

    --> Roman social, sans être militant. Il s'agit de l'itinéraire d'Antoine, à l'aube de ses 40 ans en crise. Ouvrier à l'usine métallurgique en quête d'identité parce qu'il est certainement passé à côté jusqu'à maintenant.  Il n'y pas que les 40 ans, il y a aussi sa rupture avec Karima. Un retour chez ses parents, une errance, une rencontre avec Marcel, bouquiniste solitaire, vieil ami des parents, puis une quête sur les traces de Jean de Monlevade, polytechnicien à l'origine de l'installation de la sidérurgie au Brésil. C'est le livre d'une renaissance pour Antoine auprès de Thaïs. Un itinéraire original imaginé par Jeanne Benameur à la suite de rencontres avec les ouvriers d'Arcelor Mittal. Une insurrection singulière? Je découvre cette auteure, et ne vais pas m'arrêter là !

     

    Citations:

    - Pas d'arrière boutique dans la tête de ces gens.

    - De la bouche du métro arrivent des gens, par grappes. Des femmes avec leurs cabas encore vides et des gosses autour. Prêts à se mêler à la foule qui grossit devant les étals, joyeusement. Des jeunes aussi, en petites bandes, qui viennent acheter le tee-shirt ou la paire de baskets de marque, à bas prix, des filles, les yeux brillants, en route pour de nouvelles fringues, de nouvelles rencontres, des rigolades. Elles s'interpellent, parlent fort, sourient et éclatent de rire. p. 51


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  • Le triomphant

    Cinq guerriers français, lassés des combats, ont décidé de s'en prendre à l'un des leurs qui tue et viole sans distinction. Surnommé la Bête, il répand la désolation sur son passage. Les compagnons se lancent ensemble à sa poursuite. Avec la guerre de Cent ans en toile de fond.

    --> Je suis un peu déroutée par ce roman et ses courtes phrases. Du roman épuré. Une histoire, une quête, un conte. Du roman noir en littérature blanche. Un olni (Objet littéraire non identifié) pour moi. Il ne m'a pas emporté... mais je le relirai peut-être.


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  • Trois jours avec Norman Jail

    Qui est vraiment Norman Jail ? Quand Clara pousse la porte de sa maison du bord de mer, au printemps de l'an 2000, elle veut comprendre pourquoi ce mystérieux écrivain est resté l'homme d'un seul roman, Qui se souviendra de nous ?, paru l'année de ses vingt ans en pleine Occupation. Étudiante en littérature, la jeune femme découvre peu à peu que derrière le pseudonyme de Norman Jail se cache un maître de l'illusion dévoré par la rage d'écrire, auteur de nombreux manuscrits inédits sous les noms d'Alkin Shapirov, de José Manuel Ortega ou de Jean-François Purcell. Norman Jail ne dit pas forcément la vérité. Le secret de cet homme fascinant est à rechercher dans les plis de la fiction. Trois jours avec Norman Jail est un roman brillant, jubilatoire, en même temps qu'une réflexion passionnante sur la force et la magie de l'écriture.

    --> Un écrivain qui écrit sur l'écriture... perso ça ne m'attirait pas vraiment. Et puis... quelle bonne surprise! A chaque page, je voulais retenir des citations: ça fourmille de jeux de mots, de métaphores, sans ennui, sans redondance.Sans vérité toute trouvée, le roman offre une réflexion sur l'écriture, mais pas seulement. Le rythme est donné par les questions d'une étudiante en lettres qui vient s'entretenir avec l'auteur. Elle nous permet de ne pas nous égarer dans les méandres paradoxaux de l'écrivain et une pointe de suspens nous tient trois jours avec ce livre.  Que doit-on croire ou imaginer? Trois jours, c'est exactement le temps qu'il m'aura fallu pour apprécier ce roman. Lu au bon moment pour moi, je ne sais pas si j'aurai tant apprécié à un autre moment.


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  • Destins de maire

    Florent Buisson et Nicolas Da Cunha

    Mars 2020. À quelques semaines des élections municipales, partez à la rencontre des élus préférés des Français. Du maire d'une petite commune iséroise de 14 habitants, perchée dans la montagne, au maire de Lyon. Du maire de Trèbes, dans l'Aude, qui a connu un attentat et des inondations meurtrières la même année, au maire de Tramayes, première commune fonctionnant avec 100% d'énergie renouvelable. En passant par le doyen de tous, âgé de 97 ans... Quels doutes les animent ? Quelles forces les font avancer ? Quelles relations entretiennent-ils avec l'État ? Découvrez dans cet ouvrage des histoires détonantes ou d'autres, plus attachantes : celles de leur quotidien.

    --> Les auteurs présentent 26 maires, assez différents les uns des autres: maires des villes et des campagnes, hommes et femmes (5), maires de toutes régions (dont 1 dom), des maires qui se sont illustrés par leurs idées novatrices ou précurseurs (transition écologique) ou parce qu'ils ont assumé leur fonction dans des situations de crises imprévisibles (attentat, catastrophe naturelle), maire porteurs de lois, de festival, maire montagnard, maires de tous âges... les auteurs leur ont donné la parole et on lit ce qui les rassemble et ce qui les fait différents. A l'image de notre pays, c'est une France diverse qu'on se plaît à imaginer. Les propos sont simples, pas besoin d'être politologue pour feuilleter ces portraits. Des portraits souvent empreints d'humanité. Une lecture agréable..

    Merci à l'éditeur et à l'opération masse critique pour cet envoi.


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  • Musique verte

    Christophe Léon

    Le grand-père de Thomas est un amoureux des plantes, et il compte bien profiter des vacances avec son petit-fils pour l'initier à leurs surprenants secrets. Au programme : dégustation de fleurs, parties de morpion végétal, fabrication d'instruments verts... Et dire que Thomas craignait de s'ennuyer !

     

    --> Découverte de cette collection de mini-roman: Petite poche chez Thierry Magnier. Dégusté en 10 min, une parenthèse dans une journée. Mauve, tussilage, bourrache et sureau noir sont les plantes que le grand-père de Thomas va lui présenter cet été. Une histoire qui rend hommage à la nature et à la transmission. Ces mini romans peuvent être la découverte du plaisir de lire, ainsi ce tome est-il proposé dans le cadre de l'opération Facile à lire.


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  • Le ciel par-dessus le toit

    Nathacha Appanah

    «Sa mère et sa sœur savent que Loup dort en prison, même si le mot juste c’est maison d’arrêt mais qu’est-ce que ça peut faire les mots justes quand il y a des barreaux aux fenêtres, une porte en métal avec œilleton et toutes ces choses qui ne se trouvent qu’entre les murs. Elles imaginent ce que c’est que de dormir en taule à dix-sept ans mais personne, vraiment, ne peut imaginer les soirs dans ces endroits-là.»

    Comme dans le poème de Verlaine auquel le titre fait référence, ce roman griffé de tant d’éclats de noirceur nous transporte pourtant par la grâce de l’écriture de Nathacha Appanah vers une lumière tombée d’un ciel si bleu, si calme, vers cette éternelle douceur qui lie une famille au-delà des drames.

    --> Une sensation d'étrangeté et de plaisir face à l'écriture de Nathacha Appanah. Une écriture qui m'a emportée de pages en pages. Il y de la poésie et du rythme, son écriture touche l'âme. Pour narrer un récit familial triste, elle trouve des mots, des sensations qui en disent suffisamment et pas trop. C'est l'histoire d'Eliette qui devient Phenix après l'incendie qu'elle déclenche et met fin à son enfance abîmée, son enfance-objet. Comment aimer être mère, comment savoir aimer? Paloma et Loup ses enfants sont les héritiers de l'histoire maternelle. Jeune adulte, Paloma s'affranchit d'un héritage lourd alors que loup est encore trop jeune pour partir et elle promet de revenir le chercher. Loup avant sa majorité tentera de la rejoindre en voiture dans cette cité de C., dans le nord (Caen??), ce qui le mènera en prison. Et nous, lecteurs sommes témoins de ces brisures, ces enfermements physiques et psychologiques mais aussi d'un amour filial et maternel qui résiste et semble renaitre avec les évènements.

     


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  • La plus précieuse des marchandises

    Jean-Claude Grumberg

    Il était une fois, dans un grand bois, une pauvre bûcheronne et un pauvre bûcheron. Non non non non, rassurez-vous, ce n'est pas Le Petit Poucet ! Pas du tout.
    Moi-même, tout comme vous, je déteste cette histoire ridicule. Où et quand a-t-on vu des parents abandonner leurs enfants faute de pouvoir les nourrir ? Allons... Dans ce grand bois donc, régnaient grande faim et grand froid. Surtout en hiver. En été une chaleur accablante s'abattait sur ce bois et chassait le grand froid. La faim, elle, par contre, était constante, surtout en ces temps où sévissait, autour de ce bois, la guerre mondiale. La guerre mondiale, oui oui oui oui oui.

    --> Je découvre Jean-Claude Grumberg à travers ce conte, car il s'agit bien d'un conte. Le décor est planté où vivent le pauvre bucheron et la pauvre bûcheronne. Un évènement va pertuber cette vie établie, un cadeau tombé du train... c'est un conte, on y entendra ce que l'on souhaite, ce que l'on pourra y entendre. C'est court et c'est vif, c'est au temps de la shoah. Comme tout conte, le dénouement nous offrira un retour à un équilibre et l'auteur nous rappellera que rien n'est vrai. La seule chose qui mérite d'exister dans les histoires comme dans la vraie vie c'est... l'amour.

    Citations:

    Enfin, quelquefois, une main dépassait d'une de ces lucarnes et lui répondait. Quelquefois aussi l'une de ces mains lançait à son intention quelque chose qu'elle courait alors ramasser en remerciant le train et la main.
    Ce n'était la plupart du temps qu'un bout de papier qu'elle défroissait avec soin et un immense respect avant de le replier et de la ranger sur son coeur. Etait-ce l'annonce d'un cadeau à venir?
    Longtemps après le passage du train, lorsque la nuit tombait, lorsque la faim se faisait trop sentir, lorsque le froid la mordait davantage et afin que son coeur ne se serre pas trop, elle redépliait le papier avec un respect religieux et elle contemplait les gribouillis inintelligibles, indéchiffrables. Elle ne savait ni lire ni écrire, en aucune lange. Son bonhomme de mari savait lui, un peu, mais elle ne voulait pas partager avec lui, ni avec personnes ce que son train lui offrait.

    Voilà la seule chose qui mérite d'exister dans les histoires comme dans la vie vraie. L'amour, l'amour offert aux enfants, aux siens comme à ceux des autres. L'amour qui fait que, malgré tout ce qui existe, et tout ce qui n'existe pas, l'amour qui fait que la vie continue.


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    Je parle à un homme qui ne tient pas en place

    Jacques Gamblin et Thomas Coville

    En janvier 2014, Thomas Coville tente pour la 4ème fois de battre le record du tour du monde à la voile en solitaire sur son trimaran de 30 mètres. L'anticyclone de Sainte-Hélène s'installe. L'aventure tourne court. Pendant trente jours, Jacques Gamblin écrit quotidiennement à son ami pour lui dire son admiration, le soutenir, l'encourager, le hisser vers le haut et l'humilité à la fois.
    Un homme sur terre écrit à un homme en mer, un point jaune se déplaçant sur la carte du monde. Au fil des jours, des mois, des années, la correspondance se poursuit et se déploie. L'intimité, la complicité, l'amitié, l'amour ne cessent de croître, laissant entrevoir une relation d'une force et d'une sincérité stupéfiantes entre ces deux aventuriers.
    En 2016, Thomas Coville fait une 5ème tentative. Jacques Gamblin l'accompagne toujours, épistolairement, comme un frère d'armes, un compagnon de vie. Le 25 décembre 2016, le navigateur pulvérise le record.
    Ce livre n'est pas une correspondance ordinaire. C'est la rencontre de deux hommes, de deux destins extraordinaires. C'est un voyage physique, géographique et mental. L'un parcourt la France et joue ses textes d'un plateau à l'autre. L'autre soliste joue contre le temps autour de la planète. Il travaille la mer au corps à corps, sa survie en bandoulière. Des hommes de courage, de doute, de passion, de quête et de conquêtes qui ont en commun l'humour comme élégance et l'audace comme raison de vivre.

    -->Un livre en 3 voyages

    Une touchante correspondance en 2014, brute et véridique. Elle n'a pas été fabriquée pour être lu de nous, lecteurs, et elle transpire la sincérité: c'est ça qui m'a emporté, lu en une soirée... J.Gamblin a de l'humour, rebondit sur les mots. Il entame une correspondance à sens unique car dans un premier temps T.Coville ne répond pas. Jusqu'au 6 février où T.Coville offre "enfin" ses mots. Comme un cadeau fait à J.Gamblin qu'ils ont ensuite décidé de nous faire partager. Merci. J'ai été touché. Je ne sais pas si ça fonctionnera avec tous, je connais -un peu- la mer, je suis ces aventures en solitaire autour du monde, tout cela m'a parlé.

    La correspondance du convoyage, fort différente, ne porte pas l'adrénaline de la situation de course. J'ai moins aimé et j'ai pensé à l'importance des déclencheurs d'écriture, au contexte.

    Enfin, lors de la tentative de 2016 les deux hommes se connaissent mieux, ils ont déjà expérimentés leurs échanges. La correspondance est d'emblée à double sens. Une part de spontanéité ou de découverte ou d'attente s'est évanouie. Mais la course s'en mêle, la conversation à sens unique, l'attente et l'incertitude du terrien et son soutien à toute épreuve.

     

    Citations:

    Je parle à un homme qui ne tient pas en place.

    Quand je lui parle vers le sud, il est peut-être à l'ouest, quand je suis moi-même à l'ouest et lui parle vers l'est, il a peut-être perdu le nord et le rattrape au vol. Alors pourquoi parler si c'est dans le vide que je parle? Pourquoi envoyer chaque journée une bouteille dans les airs si peut-être mes paroles ne sont jamais bues? Et si, par magie, tu me reçois, quel est ce droit que je m'octroie de t déranger dans ton travail? Pourquoi?

    Jac

    p:19

    Depuis hier, j'ai décidé de péter un maximum et avec énormément de puissance pour t'envoyer de l'air dans ta toile au moment du pot au noir! Je vais péter dans les calmes. Tu vas voir la différence. Tu vas le sentir le pet au noir! Il va te dnner envie de le fuir à toutes jambes!

    p:21

    Ce que tu m'as écrit m'a sans doute transformé à jamais. Amitié.

    Thomas

    p:37

     

     

     


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  • La nuit nous serons semblables à nous-mêmes

    Alain Giorgetti

    Adèm est allongé sur la plage, incapable de bouger. Pour quitter son pays, il a payé très cher sa traversée. Malheureusement, l'embarcation a fait naufrage. Où sont les autres ? Qu'est devenue sa soeur avec qui il se trouvait ? Attendant que le jour se lève et la venue peut-être des secours, il se souvient de toute son histoire. Enfance insouciante dans la montagne, ombres de la dictature, disparition de son père enlevé par la milice, de sa mère partie le rejoindre. Puis la fuite avec sa soeur, les camps, l'espoir têtu d'arriver de l'autre côté de la mer, là où il est permis d'espérer un futur.
    Les souvenirs et les pensées d'Adèm se mêlent au rythme des vagues. Il s'accroche à sa mémoire afin de conjurer la nuit qui menace de l'engloutir. On ne sait pas d'où il vient, ni quelle langue il parle, ni comment s'appelle son pays, mais ses paroles nous emportent en un long poème faisant écho à tous les exils. Au nôtre ?

    --> C'est l'histoire d'un Exil, un exil qui pourrait se situer dans n'importe quel pays, n'importe quel continent, une dictature qui pourrait toucher n'importe quel peuple, c'est le choix de fuir. C'est l'histoire de déchirures, de l'espoir de revenir, mais partir avant tout. Adèm est dans l'eau, dans la nuit, ses pensées racontent ses dernières heures passées, ses derniers mois, ces dernières années, sa vie. Sa soeur, sur la route avec lui. Sa mère, son père, l'oncle Virgile... qui lui a appris à nager, son village de montagne, la Zamti , John. Ce sont des souvenirs. C'est assez intemporel et paradoxalement très contemporain. Puis Adèm est seul sur les galets, incapable de remuer. Il poursuit son récit de souvenirs... jusqu'à la presque fin qu'il ne faut pas divulgacher.

    Alain Giorgetti nous ramène à la réalité à la fin du récit. C'est brutal et attendu à la fois. Car si son récit est empreint de poésie, elle est là pour narrer une réalité. Pour expliquer nous dit-il à ses petits enfants d'où viennent tous ces gens, ces familles qui ont connu l'exil.

    Merci aux éditions Alma et à l'opération Masse critique. C'est une découverte que je n'aurais probablement pas faite sans eux. Une découverte qualitative tant sur le plan de l'écriture que sur le thème.


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  • Une bête au paradis

    Cécile Coulon

    Dans sa ferme isolée au bout d'un chemin de terre, appelée le Paradis, Emilienne élève seule ses deux petits-enfants, Blanche et Gabriel. Devenue adolescente, Blanche rencontre Alexandre, son premier amour. Mais, arrivé à l'âge adulte, le couple se déchire lorsqu'Alexandre, dévoré par l'ambition, exprime son désir de rejoindre la ville tandis que Blanche demeure attachée à son coin de terre.

    --> Bête et paradis. Deux mots qui s'associent, deux mots qui s'opposent. Le paradis semble être un endroit comme il en existe encore quelques uns, survivant dans un monde différent du monde en mouvement. L'auteure glisse juste ce qu'il faut de suspens pour tenir le lecteur en haleine, tout en prenant le temps de raconter. La mort des parents, un unique amour de jeunesse, la vieillesse de la grand-mère, la présence de ce jeune homme employé, adopté comme un frère. Cet amoureux qui ne peut pas.se satisfaire d'une vie ai paradis. Qui s'en va, puis revient. Et l'espoir, vague, que cela puisse se finir bien. Finalement la descente aux enfers qui semblait inévitable aura bien lieu. L'auteure a joué de nos sentiments, balancement entre espoir, rage et désespoir. Dans une bête au paradis on a le sentiment de vivre un huis clos dans une époque révolue.


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  • Grossir le ciel

    Les Doges, un lieu-dit au fin fond des Cévennes. C’est là qu’habite Gus, un paysan entre deux âges solitaire et taiseux. Ses journées : les champs, les vaches, le bois, les réparations. Des travaux ardus, rythmés par les conditions météorologiques. La compagnie de son chien, Mars, comme seul réconfort. C’est aussi le quotidien d’Abel, voisin dont la ferme est éloignée de quelques mètres, devenu ami un peu par défaut, pour les bras et pour les verres.
    Un jour, l’abbé Pierre disparaît, et tout bascule : Abel change, des événements inhabituels se produisent, des visites inopportunes se répètent.
    Un suspense rural surprenant, riche et rare.

    --> Gus est paysan, pas agriculteur. Il vit seul et le portrait qu'en dresse l'auteur fait penser qu'il ne peut pas en être autrement. Dans la vie rude des saisons cevenoles, Gus apprend à connaitre son plus proche voisin Abel. Solitaire aussi, la relation entre les hommes est faite de menus services, allant jusqu'à acheter une botteleuse en commun et ils fleurtent même avec l'amitié. Mais des secrets sont cachés dans cette relation et Franck Bouysse les divulgue avec parcimonie dans sont récit. Il nous tient en haleine jusqu'au bout. C'est un roman noir de la condition humaine.(même auteur : Né d'aucune femme)


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  • Petites scènes capitales

    « L’amour, ce mot ne finit pas de bégayer en elle, violent et incertain. Sa profondeur, sa vérité ne cessent de lui échapper, depuis l’enfance, depuis toujours, reculant chaque fois qu’elle croit l’approcher au plus près, au plus brûlant. L’amour, un mot hagard. »
    Pour cette rentrée littéraire 2013, l’avant Mai 68 puis sa traversée font irruption dans l’oeuvre de Sylvie Germain.
    Comme une tapisserie de légende, les fils de l’intime et du tragique se tissent en Petites scènes capitales, qui du berceau jusqu’à la mort disent l’infini bonheur d’être au monde, fût-ce au prix de douleurs difficiles à endormir.
    L’élève de Levinas raconte Lili, ses parents, sa belle-mère, ses soeurs et frère par alliance, etc., guidée par ce qu’un autre disciple de Levinas – Alain Finkielkraut – dénomme La sagesse de l’amour.
    Telle celle d’une tragique grecque des temps modernes, sa plume inspirée conduit jusqu’à une magnifique catharsis.

    L’AUTEUR
    Depuis presque trente ans Sylvie Germain construit une oeuvre singulière imposante et cohérente. Couronnée de nombreux prix littéraires : Prix Femina en 1989 pour Jours de
    colère, Grand Prix Jean Giono en 1998 pour Tobie des Marais, Prix Goncourt des lycéens en 2005 pour Magnus, Prix Jean Monnet de littérature européenne en 2012 et Grand Prix SGDL
    de littérature 2012 pour l’ensemble de son oeuvre, elle a publié aux éditions Albin Michel trois romans : Magnus (2005), L’inaperçu (2008), Hors champ (2009), un hommage à ses parents :
    Le monde sans vous (2011) et un retour sur son parcours d’écriture : Rendez-vous nomades (2012). Elle vit et travaille à Angoulême. Elle voyage souvent, invitée pour des conférences
    aux quatre coins de France et du monde. Elle vient d’être élue à l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique au fauteuil de Dominique Rolin. La date de sa réception sera connue ultérieurement.

    --> Une disciple de Levinas, multi-récompensée... je ne suis pas rompue à la littérature et je ne savais pas à quoi m'attendre. J'ai découvert une écriture tout à fait accessible, Des phrases travaillées qui se succèdent sans liaison mais avec raison. Des faits et des ellipses qui laissent le lecteur s'approprier l'histoire. On traverse la vie de Lili/Barbara, le tragique c'est le lecteur qui le construit. La dernière scène est restée opaque à mes yeux, mais le tout me laisse un agréable sentiment de lecture!

    Citations:

    Georges-Edouard Falaize arrive le jour de l'enterrement, il se rend directement au cimetière. Quand Chantal l'aperçoit, elle lâche le bras de sa mère et va directement vers lui. Elle lui saisit la main, ils rejoignent e cortège côte à côte. Paul, Jeanne-Joy, le père se relaient auprès de Viviane qui avance d'un pas mal assuré, ou plutôt récalcitrant, comme si elle tentait de retarder l'instant de l'inhumation. Chantal marche la tête haute, la bouche et le regard durs, elle ne pleure pas. Lili, si. Personne ne lui tient la main, son père est trop soucieux de Viviane pour s'occuper de sa fille, et trop frappé de chagrin pour s'inquiéter de sa peine. On porte en terre son Feu-Follet. Tout en pleurant Christine, Lili se demande si la douleur de son père serait aussi vive s'il l'avait perdue, elle, sa fille. Va-t-il lui retirer l'amour, à ses yeux déjà insuffisant, qu'il lui porte, lui en vouloir d'être sauve tandis que son Feu-Follet est morte? L'affection qu'elle porte à Christine est-elle condamnée à se doubler d'une jalousie inconsolable, à perpépuité?
    page 66
    scène 18


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  • Rien où poser la tête

    Françoise Frenkel

    En 1921, Françoise Frenkel, jeune juive polonaise passionnée par la langue et la culture françaises, fonde la première librairie française de Berlin "La Maison du Livre".

    Rien où poser sa tête raconte son itinéraire : contrainte, en raison de ses origines juives, de fuir l'Allemagne en 1939 après la prise de pouvoir d'Hitler, elle gagne la France où elle espère trouver refuge.

    C'est en réalité une vie de fugitive qui l'attend, jusqu'à ce qu'elle réussisse à passer clandestinement la frontière suisse en 1943.

    Le récit qu'elle en tire aussitôt et qu'elle choisit d'écrire en français dresse un portrait saisissant de la France du début années quarante.

    De Paris à Nice, Françoise Frenkel est témoin de la violence des rafles et vit sans cesse menacée. Tantôt dénoncée, tantôt secourue, incarcérée puis libérée, elle découvre une population divisée par la guerre dont elle narre le quotidien avec objectivité.

    Rien où poser sa tête, soixante-dix ans après sa publication en 1945 à Genève, conserve, miraculeusement intactes, la voix, le regard, l'émotion d'une femme, presque une inconnue, qui réussit à échapper à un destin tragique.

    --> Récit autobiographique de l'exil de Françoise Frankel pour échapper à la déportation. Pas de misérabilisme, des faits. Polonaise passionnée de langue française, elle ouvre une librairie francophone à Berlin qu'elle fuira en 1939 pour la France. De paris à Nice en passant par Vichy et Avignon. Puis la Savoie pour gagner la Suisse. Elle écrira publiera son livre en 1945, à peine 2 ans après avoir rejoint la Suisse. Son récit sera ensuite redécouvert dans un vide grenier de Nice et republié, préfacé par Patrick Modiano. Un livre que me fait découvrir une dame âgée de 85 ans, amie d'enfance de ma maman et juive, enfant cachée de nice...


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  • La servante écarlate

    de Margareth Atwood

    Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d'esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred, « servante écarlate » parmi d'autres, à qui l'on a ôté jusqu'à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l'austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler… En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté.

    Paru pour la première fois en 1985, La Servante écarlate s'est vendu à des millions d’exemplaires à travers le monde. Devenu un classique de la littérature anglophone, ce roman, qui n'est pas sans évoquer le 1984 de George Orwell, décrit un quotidien glaçant qui n'a jamais semblé aussi proche, nous rappelant combien fragiles sont nos libertés. La série adaptée de ce chef-d’oeuvre de Margaret Atwood, avec Elisabeth Moss dans le rôle principal, a été unanimement saluée par la critique.


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  • Une année en Provence

    Peter Mayle

    Installé près de Ménerbes, l'écrivain Peter Mayle a visité les arrière-salles de Provence, à l'heure où le vin semble plus clair ; tracé le portrait d'Amédée, fermier et vigneron pour qui «Vous aimez le lapin ?» signifie généralement : «Puis-je emprunter le pré du bas pour y planter de la luzerne ?» ; écouté avec le sérieux d'un profane et l'ironie d'un Londonien les pourparlers, les mots, les marques d'affection d'un village du Lubéron, et fini par comprendre la formule chantante - mais combien mystérieuse - lâchée au milieu des repas : Encoredupaingue ?.Cette chronique quotidienne et malicieuse a fait le tour du monde. Elle connaît en France un succès sans précédent.

    --> L'auteur anglais vient s'installer en Provence. En 12 chapitres pour une année il porte un regard londonien. Le couple a bien l'intention de s'intégrer dans sa nouvelle vie.


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  • Aïe-ça-meurt

    Dominique Pénide

    Au pays d'Alzheimer, les moments burlesques malmènent " le devoir de mémoire ". Personne n'en sort intact, ni le patient, ni son entourage. Trois femmes, la mère, le fille, la garde-malade, font face chacune à sa manière au temps qui se déglingue. Avec une franchise bouleversante et déterminée Dominique Pénide dit cette épreuve, entre abattement et haine, compassion et découragement. ...Je t'ai fixée d'un air hagard, en songeant que désormais tu allais oublier et oublier encore. Jusquà la signification des gestes les plus simples de la vie courante. Bientôt, tu ne te rappelleras plus à quoi sert une fourchette, tu essaieras de couper ta viande avec un peigne, comme dans les histoires de fous, et un jour, tu ne sauras plus que je suis ta fille. J'ai si peur de ne plus te connaître, le jour où tu ne me reconnaîtras plus.


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  • La maladie de Sachs

    Alors ça fait mal là, et puis là ça tire, et quand je fais ça j'ai comme une douleur de l'autre côté, alors vous comprenez, Docteur, j'ai préféré vous appeler pour vous en parler, des fois que... Tu les écoutes dix fois, cent fois de suite. Tu as de la patience, docteur Sachs, tu rassures toutes leurs angoisses, tu écoutes leurs mots pour mieux soigner leurs maux. À toi, on peut tout dire, d'ailleurs on te dit tout. Et tout ce qu'on te dit, tu en feras un roman : parce que tu ne peux pas tout garder pour toi, parce que toi aussi, tu as des maux à dire. C'est ça, La Maladie de Sachs : une succession de récits apparemment anodins, qui se rejoignent, se complètent et finissent par trouver un sens : l'histoire d'une vocation mêlée à un trop-plein de sentiments. Roman singulier, roman exceptionnel : l'ouvrage de Martin Winckler rencontra un accueil enthousiaste et reçut le prix du Livre Inter 1999, avant qu'Albert Dupontel ne vienne incarner le docteur Sachs dans l'adaptation cinématographique de Michel Deville : La maladie de sachs. --Karla Manuele

    --> Dans la salle d'attente du Docteur Sachs les patients souffrent en silence. Dans son cabinet, les plaintes se dévident, les douleurs se répandent. Qui soigne la maladie de Sachs? En 1999 Michel Delville en tire un film (Alberts Dupontel, Valérie Dréville)


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  • Le pigeon

    Patrick Süskind

    "Lorsque lui arriva cette histoire de pigeon qui, du jour au lendemain, bouleversa son existence, Jonathan Noël avait déjà dépassé la cinquantaine, il avait derrière lui une période d'une bonne vingtaine d'années qui n'avait pas été marquée par le moindre événement, et jamais il n'aurait escompté que pût lui arriver rien de notable sauf de mourir un jour. Et cela lui convenait tout à fait. Car il n'aimait pas les événements, et il avait une véritable horreur de ceux qui ébranlaient son équilibre intérieur et chamboulaient l'ordonnance de sa vie."

    Qu'est-ce qu'un "événement" ?
    Que se passe-t-il, en somme, quand "il se passe quelque chose" dans la vie d'un homme ?
    Tel est au fond le sujet, étonnamment simple et profond, de ce nouveau conte philosophique et cocasse de l'auteur du "Parfum".

    Patrick Süskind est né en 1949 à Ambach, en Bavière. Il a fait des études littéraires à Munich et à Aix-en-Provence et exerce le métier de scénariste. Outre "Le parfum", best-seller mondial, il a écrit une pièce de théâtre à un personnage, "La contrebasse".


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  • Le vieux qui lisait des romans d'amour

    Luis Sepulveda

    Antonio José Bolivar connaît les profondeurs de la forêt amazonienne et ses habitants, le noble peuple des Shuars. Lorsque les villageois d'El Idilio les accusent à tort du meurtre d'un chasseur blanc, le vieil homme quitte ses romans d'amour - seule échappatoire à la barbarie des hommes - pour chasser le vrai coupable, une panthère majestueuse...

    "Il possédait l'antidote contre le redoutable venin de la vieillesse. Il savait lire. "

    "Il ne lui faut pas vingt lignes pour qu'on tombe sous le charme de cette feinte candeur, de cette fausse légèreté, de cette innocence rusée. Ensuite, on file sans pouvoir s'arrêter jusqu'à une fin que notre plaisir juge trop rapide." Pierre Lepape, Le Monde


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  • Le vieil homme et la mer

    Ernest Hemingway

    Tu veux ma mort, poisson pensa le vieux. C'est ton droit. Camarade, j'ai jamais rien vu de plus grand, ni de plus noble, ni de plus calme, ni de plus beau que toi. Allez, vas-y, tue-moi. Ca m'est égal le quel de nous deux tue l'autre. Qu'est-ce que je raconte ? pensa-t-il. Voilà que je déraille. Faut garder la tête froide. Garde la tête froide et endure ton mal comme un homme. Ou comme un poisson. Le vieil homme et la mer a pour héros Santiago, un vieux pêcheur cubain très pauvre. Il n'a qu'une affection dans sa vie : un gamin qui l'accompagne à la pêche. Mais la pêche est depuis longtemps mauvaise, et les parents du gamin ne veulent plus qu'il aille avec ce trop vieil homme qui n'a pas rapporté un poisson depuis si longtemps- depuis quatre-vingt-quatre jours exactement. Alors, le quatre-vingt-cinquième jour, le vieux prend son bateau et part tout seul sur la mer. Un énorme espadon mord à son hameçon. Après une lutte terrible qui dure trois jours, il a enfin raison du grand poisson et peut l'amarrer mort dans sa barque. Mais, comme le vieux, enfin, met le cap sur la terre, les requins arrivent et, malgré ses efforts pour les chasser, ils dévorent peu à peu l'espadon tout entier. Quand Santiago rentre au port, complètement épuisé, il ne reste de l'espadon que la tête et l'arête. Il faut voir dans ce poème épique, aux résonances bibliques et homériques, une parabole : celle de la victoire dans la défaite. C'est un thème cher à Hemingway. L'homme ne triomphe jamais tout à fait - et ici l'échec est total. Mais ce qui importe c'est l'effort pour braver le destin - et ici l'effort est immense. Ce récit est écrit dans une langue familière et grandiose à la fois. Hemingway y réussit, avec une aisance admirable, la synthèse difficile entre une vision réaliste de la vie et une mystique du courage et de l'espoir indestructibles de l'homme. On a vu avec raison dans Le vieil homme et la mer un des chefs-d'œuvre de Hemingway.

    Autre résumé:
    À Cuba, le vieux Santiago ne remonte plus grand-chose dans ses filets, à peine de quoi survivre. La chance l’a déserté depuis longtemps. Seul Manolin, un jeune garçon, croit encore en lui. Désespéré, Santiago décide de partir pêcher en pleine mer. Un marlin magnifique et gigantesque mord à l’hameçon. Débute alors le plus âpre des duels… Combat de l’homme et de la nature, roman du courage et de l’espoir, Le vieil homme et la mer est un des plus grands livres de la littérature américaine.

    --> Il était une fois un vieil hoome tout seul dans son bateau qui pêchai au milieu du Gulf Stream. En qauatre-vingt-quatre jours, il n'avait pas pris un poisson. Les quarante premiers jours, un jeune garçon l'accompagna; mais au bout de ce temps, les parents du jeune garçon déclarèrent que le vieux était décidément sans remède et Salao ce qui veut dire aussi guignard qu'on peut l'être. On embarqua donc le gamin sur un autre bateau, lequel, en une semaine, ramena trois superbes poissons."...

     


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