• L'attentat

    Yasmina Khadra

    Dans un restaurant de Tel-Aviv, une femme se fait exploser au milieu de dizaines de clients. À l'hôpital, le docteur Amine, chirurgien israélien d'origine arabe, opère à la chaîne les survivants de l'attentat. Dans la nuit qui suit le carnage, on le rappelle d'urgence pour examiner le corps déchiqueté de la kamikaze. Le sol se dérobe alors sous ses pieds : il s'agit de sa propre femme.
    Comment admettre l'impossible, comprendre l'inimaginable, découvrir qu'on a partagé, des années durant, la vie et l'intimité d'une personne dont on ignorait l'essentiel ? Pour savoir, il faut entrer dans la haine, le sang et le combat désespéré du peuple palestinien...

    --> La quatrième de couverture donne l'essentiel pour savoir dans quel roamn on entre. La narration n'est pas toujours au même niveau, on peut passer d'un témoignage et de confessions descriptives à naïves à une réflexion philosophique. Comme dans les hirondelles de Kaboul, du même auteur, le récit est un prétexte pour l'auteur de nous informer, nous interroger sur l'intégrisme islamique. Le roman est fort, et comme après le précédent, on n'en sort pas indemne.


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    Dans les ruines brûlantes de la cité millénaire de Kaboul, la mort rôde, un turban noir autour du crâne. Ici, une lapidation de femme, là des exécutions publiques, les Taliban veillent. La joie et le rire sont suspects. Atiq, le courageux moudjahid reconverti en geôlier, traîne sa peine. Le goût de vivre a également abandonné Mohsen, qui rêvait de modernité. Son épouse Zunaira, avocate, plus belle que le ciel, est désormais condamnée à l'obscurité grillagée du tchadri. Alors Kaboul, que la folie guette, n'a plus d'autres histoires à offrir que des tragédies. Le printemps des hirondelles semble bien loin encore...

    --> L'auteur est un homme, algérien, il peut être nécessaire de le préciser. Au centre de son récit : la condition de la femme en Orient dans le destin croisé de deux couples à Kaboul. Atiq et,sa femme Mussarat, Mohsen Ramat et sa femme Zuneira. S'ajoutent les personnages de Nazish, un vieillard fatigué qui rêve d'entendre un morceau de musique et Mirza Shah, un opportuniste qui fut ami d'enfance d'Atiqh dans un autre Kaboul, avant d'être Moudjahidin. L'auteur place les deux époux face à des questions existentielles: l'un attend la mort de sa femme sans arriver à la répudier, l'autre ne comprend pas comment il a pris part, malgré lui, à la lapidation d'une femme. L'épouse de l'un n'a plus aucun espoir et continue dans quelques sursauts de vitalité à vouloir être une bonne épouse, l'autre ne se résout pas à oublier ses idées féministes et préfère vivre cloîtrée plutôt que faire le jeu, des taliban dans la rue. Inutile d'en dire plus, les destins de ces deux couples vont se rejoindre. Yasmina Khadra nous offre un récit plus philosophique qu'il n'y paraît, ses personnages sont profondément seuls et chacun nous pousse à s'interroger sur le sens de la vie, le sens de cette vie. L'écriture de Yasmina Khadra s'envole régulièrement en métaphore, mais nous ramène toujours à la réalité. Un roman intense et fort.


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