• Arrêtez-moi là!

    de Iain Levison

    Charger un passager à l'aéroport, quoi de plus juteux pour un chauffeur de taxi? Une bonne course vous assure une soirée tranquille. Ce soir-là, pourtant, c'est le début des emmerdes... Tout d'abord la cliente n'a pas assez d'argent sur elle et, pour être réglé, il vous faut entrer dans sa maison pourvue d'amples fenêtres (ne touchez jamais aux fenêtres des gens!). Plus tard, deux jeunes femmes passablement éméchées font du stop. Seulement, une fois dépannées, l'une d'elles déverse sur la banquette son trop-plein d'alcool. La corvée de nettoyage s'avère nécessaire (ne nettoyez jamais votre taxi à la vapeur après avoir touché les fenêtres d'une inconnue!). Après tous ces faux pas, comment s'étonner que deux policiers se pointent en vous demandant des comptes? Un dernier conseil: ne sous-estimez jamais la capacité de la police à se fourvoyer!

    --> Un démarrage rapide, j'ai plongé dans ce livre, la narration m'a tenu en haleine. Un peu de longueur en milieu de livre, mais rien de décourageant. Et enfin, la fin... la fin... à lire pour découvrir la fin, que j'ai préféré ignorer.

     


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  • Dans la peau d'un maton

    de Arthur Frayer

    Que savons-nous vraiment de la prison ? Uniquement ce que veulent bien nous en dire des détenus ou des membres de l’administration pénitentiaire.

    Arthur Frayer a voulu aller plus loin. Pour voir par lui-même ce qui se passe dans ce monde clos, ce jeune journaliste a passé le concours de gardien de prison et est devenu, l’espace de quelques mois, un « infiltré ». En stage à Fleury-Mérogis, puis en poste à Orléans, il raconte ses mois passés en détention. On découvre avec lui, en partageant son inquiétude, son étonnement et souvent sa colère, la réalité des maisons d’arrêt surpeuplées, les humiliations quotidiennes – pour les détenus comme pour les matons –, le désespoir et la folie, la roublardise de tous, le poids de l’enfermement.

    Au fil des jours, toutes les certitudes du journaliste vacillent : comment rester juste ? Comment œuvrer à la réinsertion quand on doit exercer un métier épuisant dans des conditions si difficiles ?

    De cette expérience hors du commun est né un récit bouleversant, d’une force rare.

    --> Un travail journalistique, qui se laisse lire de manière fluide. L'auteur ne s'attarde pas en analyse, même pas à la fin. Un livre instructif, un regard sur la prison.


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  • Un tout petit rien

    Camlle Anseaume

    Le monde de Camille, 25 ans, s'écroule lorsqu'elle se découvre enceinte de l'homme avec qui elle partage ses nuits mais pas beaucoup plus.

    "Le plus gros engagement qu'on ait pris ensemble, c'était de se dire qu'on s'appellerait en fin de semaine. C'était quand même un mardi. [...] C'est beaucoup plus que sexuel, c'est beaucoup moins qu'amoureux. C'est nos culs entre deux chaises..."

    Son amant claque la porte en apprenant la nouvelle. Commencent alors pour elle douze semaines d'hésitation, entre réunions avec ses amies, rencontres houleuses avec sa famille, et rendez-vous médicaux. Camille fait des listes de "pour" et "contre", désespère en montant les sept étages qui la mènent à sa chambre de bonne, et pleure quand un de ses yaourts vient s'écraser en bas... Le temps file mais elle ne parvient pas à faire son choix: garder l'enfant et l'élever seule, ou s'en séparer et tenter de reprendre le cours normal de sa vie ?

    Camille Anseaume signe, avec une justesse remarquable, un très joli roman sur le passage à la fois douloureux et réjouissant d'une existence à une autre. Un récit plein de poésie, tendre et drôle, qui décrit finalement plus la venue au monde d une mère que celle d'un enfant.

    --> Plus que le statut de mère célibataire, c'est tout simplement la manière de raconter sa grossesse qui m'a touchée dans ce récit. Même dans une grossesse partagée en couple, en famille, l'enfant est portée par la femme, seule. Au delà de toutes les partages possibles lors des examens, des discussions pour projeter l'arrivée de bébé, les techniques de préparation à l'accouchement suivies avec le papa; c'est bien dans le seul corps de la mère que la vie prend racine et ce récit de mère célibataire en est un très beau témoignage.

     


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  • Tout bouge autour de moi

    de Dany Laferrière

    Le 12 janvier 2010, Dany Laferrière se trouvait à Port-au-Prince. Un an après, il témoigne de ce qu'il a vu. Sans pathos, sans lyrisme. Des "choses vues" qui disent l'horreur, mais aussi le sang-froid des Haïtiens. Que reste-t-il quand tout tombe ? La culture. Et l'énergie d'une forêt de gens remarquables.

    --> C'est un témoignage, celui de Dany Laferrière. Un témoignage du terrible tremblement de terre qui a secoué Port-au-Prince en 2010. Des chapitres courts, comme autant de portraits de scènes prise sur le vif. Pas seulement le jour même mais aussi après. L'auteur sera rapidement rapatrié au Canada, il nous y livre là aussi quelques chapitres lorsqu'il observe le désastre derrière le petit écran. Puis il revient rapidement à Port-au-Prince pour les obsèques de sa tante et continue les portraits, chapitre après chapitre.


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  • Moyenne

    de Laurence Kiberlain

    J'ai toujours été moyenne en tout. Moyenne en cours, j'ai eu le bac avec la moyenne, j'étais moyenne à la fac, moyenne jolie, moyenne intelligente, moyenne intéressante.
    Certains événements m'ont obligée à me dépasser.
    Depuis je ne peux plus n'être que moyenne.

    --> Un nouveau roman sur le handicap (IMC: infirme moteur cérébral). Un récit. Actuel, factuel, fort. Les phrases courtes s'en tiennent aux faits et sont tout à fait adaptées à un récit intime sur lequel on veut témoigner sans trop s'épancher. Un livre très touchant sans misérabilisme.


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  • Un moment de couple

    de Nelly Alard

    Juliette, ingénieur dans l'informatique, et Olivier, journaliste, ont deux enfants et une vie de couple moderne. Lorsque Olivier avoue à sa femme avoir une liaison, l'univers de Juliette vacille. Comment survivre à la trahison? C'est à cette question que ce roman, écrit au scalpel, sans concession mais non sans humour, entend répondre. Rien n'y échappe, ni les risques de la vie à deux et les glissements du désir ni les contradictions d'un certain féminisme et la difficulté d'être un homme aujourd'hui.

    --> Une moitié de roman longue... où j'ai failli abandonner à plusieurs reprises. Et puis, finalement l'adultère mérite peut-être ces longueurs. Dans ce que vivent Juliette et Olivier, rien n'est finalement très tranché et cette longueur nous le montre. Heureusement, le dénouement réserve une petite coupure dans le scénario, que ce soit le dénouement de l'histoire de V et Olivier ou celle de Juliette. A lire? Pourquoi pas.

     

     


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  •  

     La démesure

    ... soumise à la violence d'un père

    de Céline Raphaël

    "Céline est privée de nourriture, battue des années durant, enfermée. Elle craint chaque week-end pour sa vie, travaille, travaille encore, pour briller et jouer les pianistes prodiges en gardant le secret sur l’horreur de sa vie familiale. Et autour d’elle, un silence assourdissant. Comment suspecter l’horreur de la servitude sous les atours de l’excellence ? L’exigence absolue de la perfection qui devient justification de tous les excès et de tous les abus et qui mystifie l’entourage d’autant plus facilement que cette esclave n’est pas affectée à une tâche de souillon mais à une production artistique réservée aux élites ?"  Daniel Rousseau.

    --> Un roman témoignage, probablement réparateur pour son auteure, mais pas seulement. Elle veut aussi sensibiliser. Mais pas seulement. Elle montre, sans théorie superflue des mécanismes qui se sont mis en place chez elle, chez son père. Elle témoigne aussi des lieux traversés pendant son placement. L'anorexie est aussi au coeur du roman. Ca glace parfois le sang, pourtant ce n'est jamais larmoyant. Et quel titre! Il est parfaitement adapté, comme chaque mot de la narration.

    Citations:

    - Dès que nous sommes arrivés à la maison, il m'a jetée par terre sur le carrelage de l'entrée. J'étais sur le ventre. D'une main, il m'a maintenu la tête contre le sol, de l'autre, il m'a mis les deux mains dans le dos et a appuyé son genou contre mon dos. Il m'écrasait. J'étais à moitié consciente. Je savais que maman et Marie l'imploraient de me laisser tranquille, mais je ne réagissais plus. Au bout de quelques minutes, il me demanda si j'étais calmée et prête à travailler sérieusement. Sans attendre ma réponse, il m'a lâchée et nous sommes retournés dans la salle de jeu pour travailler.

    - Aujourd'hui, j'ai renoué avec cet instrument.
    Pour moi. Parce que je me suis rendu compte qu'il a le pouvoir de rendre les gens heureux, le temps d'un morceau.

    - Un soir, peu après mon dixième anniversaire, alors que j'avais reçu de nombreux coups et que je n'avais pas eu le droit de dîner, mon père a décidé que je n'irai pas me coucher sans une dernière punition. Il m'a emmenée dans la cuisine et m'a fait asseoir à table. Il a ensuite pris une assiette et y a mélangé de l'omelette froide, un yaourt, du pain, de l'eau et de la salade.
    "Tu ne sortiras de table que lorsque tu auras tout fini. Tout. Y compris la sauce."
    J'ai alors osé me tourner vers lui, entre bravade et désespoir. Je lui ai demandé, en larmes, ce que je lui avais fait pour mériter de souffrir comme il me faisait souffrir. Même Haydn, notre berger allemand, était mieux traité que moi. Mon père m'a répondu froidement, en me regardant droit dans les yeux :
    "Tu es pire qu'un chien."

    Ces mots irrémédiables ont marqué ma chair jusqu'au sang. Je ne les oublierai jamais. J'ai beaucoup de mal à m'en défaire.

    - " J'avais beaucoup de mal à gérer l'enfermement. Je faisais des crises d'angoisse violentes tant je me sentais seule et perdue. Aujourd'hui encore, j'ai des difficultés avec la contrainte de temps et d'espace à laquelle nous devons tous nous soumettre. "

    "« Tu es pire qu’un chien. »
    Ces mots irrémédiables ont marqué ma chair jusqu’au sang. Je ne les oublierai jamais. J’ai beaucoup de mal à m’en défaire."

    " Pour la première fois de ma vie, je n'avais plus peur de mourir seule pendant le week-end. Pour la première fois de ma vie, je savais que si je n'étais pas au lycée le lundi matin, quelqu'un s'apercevrait de mon absence et appellerait les secours. "

    " «[...]Je suis perplexe. Tu as attendu quatorze ans pour parler? Tu ne pouvais pas te rebeller avant si c'était si terrible que cela chez toi?»
    Le ton était donné. Comme d'autres, elle ne me croyait pas et avait sans doute été séduite par les beaux discours de mon père. Mes parents étaient visiblement trop bien habillés pour avoir osé maltraiter leur fille. "

    " Ces adultes ignorent le courage qu'il faut pour se libérer d'un asservissement, encore plus quand cet état est imposé par ceux-là mêmes qui doivent être des protecteurs. Pour l'enfant, en prendre conscience et le dénoncer nécessitent une maturité exceptionnelle ou une détresse extrême. "

     


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  • Depuis quelques jours, je découvre des courts témoignages de vie, téléchargeable sur le site "Raconter la vie"


    Le projet Raconter la vie par raconterlavie

     

    Des petits livres

    Un site internet participatif

    Parler de la société réelle

    Donner la parole, faire sortir de l'obscurité

    Raconter la vie est un projet initié (ou soutenu?) par Pierre Rosanvallon. De simples gens témoignent de leur vie dans un court texte.

    Marin pêcheur

    --> la vie d'un marin retraité. Des faits. Les postes qu'il a occupé sur chaque bateau, le nom des bateaux qui se sont succéder. Des naufrages: celui de son ami, celui de son bateau aussi.
    Un récit simple, qui donne l'image d'un homme simple à la dure vie de labeur.

    Je suis l'ombre fatiguée qui nettoie vos merde en silence

    --> Etudiante qui travaille dans la restauration rapide et qui étouffe de colère dans son poste.
    J'ai aussi été étudiante travaillant en restauration rapide, et je ne me suis pas du tout retrouvée dans son récit (sauf pour l'odeur qui reste pour moi un vif souvenir désagréable) Elle a quitté son travail, et elle a bien fait!

    Les drames qui peuplent mon bureau

    --> Psychologue scolaire en ZEP, elle donne à lire quelques vie de famille révélées par des signalement à l'école.
    Plaisir de lire l'écrit d'une collègue, qui écrit comme j'ai envie souvent de la faire: des tranches de vie des enfants que nous croisons, suivons, pour lesquels nous nous impliquons et que nous ne reverrons probablement pas.

    Matricule 113

    --> Etudiante caissière dans la grande distribution.
    Une écriture qui m'a plutôt ennuyée, et des faits trop généralistes, je recommande plutôt le roman Les tribulations d'une caissière de Anna Sam.

    Ligne 11

    --> Conducteur de métro.
    J'ai aimé le vocabulaire technique qui accompagne son récit. Et il faut bien l'avouer, prenant le métro à Paris je m'étais souvent demandée comment ces conducteurs voient les quais, les passagers, les tunnels... J'ai eu un bout de réponse.

    Ma machine et moi

    --> Du bonheur du confort moderne avec l'arrivée de la machine à laver à la panne pour laquelle il faut attendre la potentielle commande d'une pièce de rechange en Chine ou acheter une nouvelle machine parce que ce sera moins chère.
    --> Petit récit plein d'humour, chacun y retrouvera du vécu et se persuadera encore un peu plus que nos modes de consommation nous font marcher sur la tête.

    Les cheveux d'Elsa

    --> Terrible témoignage, brut de faits d'une mère dont la fille, 16 ans est atteinte d'un cancer qui va l'emporter en 14 mois.
    --> Tous les récits de Raconter la vie sont brefs. Ici, sont condensés la détresse face à la maladie, la force de combattre et une fin inéluctable. C'est dur.

    Street marketing

    Elle distribue des flyers destinés à faire entrer les passants dans une bijouterie sous prétexte d'y recevoir un bracelet pour la fête des mères.
    --> Un très court texte bien écrit avec une petite chute inattendue.

    Sous France

    Texte très court (3 pages?) d'une prostituée, ouvert sur l'espoir: elle "commence à voir un peu le jour" en commençant une formation dans la petite enfance.
    --> Court témoignage touchant.

    Aimer enseigner malgré tout

    Professeur de français en ZEP, de l'autre côté de Paris. Il a commencé proche de chez lui, a continué dans un collège difficile de centre ville, poursuit dans un établissement pour ainsi dire "noir".
    --> Il parle des difficultés, mais laisse surtout le sentiment d'accepter, et même de laisser penser que sa salle de classe demeure un monde à côté des trafics et incivilités du collège, sans pour autant dire qu'il fait mieux que les autres. C'est un témoignage qui n'est ni larmoyant, ni plaintif, juste un témoignage de faits, loin des préoccupations de ceux qui font les programmes de l'école.

    Fragments d'école

    .....
    --> .....

     

    Je me suis converti à l'islam

    Catholique converti à l'âge de 20 ans. L'éloignement des amis. Le regard de la famille. Son rapport à l'islam.
    --> Pas extrémiste du tout: un témoignage simple, concret et je dirais presque logique.

     

    L'heure du thé

    Dans un village, la narratrice a passé quelques années. Elle écrit. Elle se lie à une ancienne institutrice.
    --> Bof... j'ai trouvé ce récit obscur, comme si l'écrire faisait plaisir à l'auteur, mais l'auteur ne nous dit pas tout de sa motivation et cela rend le récit trop opaque.

     

     

     
    Pierre Rosanvallon, Le Parlement des invisibles par raconterlavie


    Pierre Rosanvallon devant les députés socialistes par GroupeSRC

     


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  • Merci pour ce moment

    de Valérie Trierweiler

    "Tout ce que j'écris est vrai. A l'Elysée, je me sentais parfois comme en reportage. Et j'ai trop souffert du mensonge pour en commettre à mon tour", Valérie Trierweiler.

    --> Allez, j'avoue, je l'ai lu. Personne ne s'en vante... Quelle provocation de révéler une part de la vie privée du Président. Est-ce respectueux de nos institutions?

    Valérie Trierweiler laisse surtout penser qu'elle est victime d'un homme menteur et manipulateur. Bon. Son témoignage, s'il était anonyme pourrait toucher. L'homme qu'elle aime éperdument n'est pas celui qu'elle croyait. Elle accuse en partie le pouvoir et sa fonction de l'avoir transformé, mais pas seulement. Elle accuse l'homme. On la sent manipulée. Mais qui des deux manipulait l'autre? Un couple sous influence. Je me suis demandée dans quelle mesure le couple pouvait être mis en scène pour servir la destinée de chacun. Et Valérie Trierweiler ne s'y est pas retrouvée. Elle clame n'avoir rien cherché. Tout juste a-t-elle soutenu quand il le fallait l'homme qu'elle aimait. Parce qu'elle est sincère, vraie, simple, humaniste, généreuse et j'en passe. Elle vient de chez les petites gens, elle ne possédait pas les codes de ces grands de la République (du royaume ai-je presque envie d'écrire). Elle ne possédait pas l'Etiquette. Trop de choses ont joué en sa défaveur. Et elle a souffert, beaucoup trop, des mensonges et de l'indifférence de son compagnon. Bon. Tout ça c'est ce qu'elle écrit. Son déballage. Parce qu'elle répète qu'elle n'aime pas déballer sa vie privée toutes les trois pages. Pourtant c'est ce qu'elle fait. Elle se clame sincère, mais parfois il ne faut pas en faire trop.

    Elle est probablement sincère, oui. Mais ce genre d'histoire je préfère les lire dans les romans de Tatiana de Rosnay. Ce roman se veut témoignage mais utilise les ficelles de la fiction en moins bien écrit. Cela fera du bien à son auteur. Cela ternira sans aucun doute l'image du Président encore un peu plus. Et cela donne un triste témoignage de nos institutions.

    Son récit est plaintif, larmoyant. Trop beaucoup trop. Elle est parfaite (enfin presque, elle dégage quelques défauts pour qu'on tende à l'écouter jusqu'au bout). Engagée dans les belles causes. Elle ne doit rien à personne. Finalement, tout le long du récit elle fait tout pour qu'on s'apitoie sur elle. Une fois le livre terminé, j'ai relevé la tête, regardé les gens qui m'entouraient, et je me dis que si elle est si malheureuse, il doit y avoir vraiment trop de gens malheureux sur terre.

    C'est un livre qui sent mauvais. Lisez-le pour savoir de quoi il s'agit (mais ne l'achetez pas!): il est un symptôme d'une République peut-être malade.

    "J'ai trop souffert" écrit-elle.... je préfère utiliser mon capital compassion pour d'autres souffrances.

    CITATIONS:

    - Je n'ai pas le droit de me plaindre : je traverse une épreuve, pas un drame.

     


    n dimanche de décembre, alors que nous déjeunons chez le couple Valls, la conversation se porte sur le ministre du Budget et son compte en Suisse.
    – C’est terrible pour lui, il ne dort plus, remarque Manuel Valls.
    Je lui réponds :
    – S’il ne dort pas, c’est qu’il n’a pas la conscience tranquille.
    – Ça n’a rien à voir, là on touche à sa dignité.
    Manuel Valls aurait pu choisir un autre mot que « dignité ». Le débat sur le mariage pour tous alimente alors la « fachosphère ». Sur Internet, l’extrême droite est remontée à bloc, je me fais insulter à longueur de temps. Donc la dignité de Cahuzac ne m’émeut pas autant que les autres convives.
    – Et moi ? Quand je me fais traiter de première pute de France, on ne touche pas à ma dignité ?
    D’une même voix, François et son ministre de l’Intérieur se récrient :
    – Ça n’a rien à voir.
    Non, rien à voir, lui est un homme politique drapé dans son honneur et moi une femme sans statut, une poupée vaudou que l’on peut insulter et traîner dans la boue. Je ne relève pas. Je suis convaincue que Jérôme Cahuzac va tomber. Je persiste :
    – Je suis sûre qu’il ment.
    Chacun reste sur ses positions. Les deux hommes le couvrent parce qu’il est l’un des leurs, un politique et un ami. Manuel Valls finira par lâcher à son propos :
    – On tient, on tient, jusqu’au moment où on ne tient plus.
     
    - Son assurance devrait me tranquilliser définitivement, mais le poison s'est installé.
    -Il n’arrive pas à m’expliquer clairement la distance qu’il veut installer entre nous sur certains sujets. Alors il agit à sa manière – pas vu, pas pris – en utilisant le non-dit, l’esquive et le mensonge.
    -Je me souviens du premier bâton de rouge à lèvres un peu raffiné que je me suis offert, du sentiment de féminité qu'il m'a donné. Jusque-là, j'empruntais ceux de ma mère ou de ma grand-mère, mémé Simone, à qui je prenais aussi une poudre de riz dont je n'oublierai jamais la bonne odeur, malgré la marque bas de gamme. Ma petite grand-mère [...] n'était qu'une simple couturière avec ses doigts experts, mais elle était tellement coquette. [...] J'ai encore le goût de la pastille Pulmoll que nous venions régulièrement lui quémander à la porte de sa chambre.
     
    - Je viens d’une famille où l’on ne vit pas à découvert. Chez moi, on considère qu’on ne dépense pas l’argent que l’on n’a pas et nous continuons tous à faire attention au prix de chaque chose. J’en ai gardé des stigmates : je ne sais pas « claquer » ni « flamber ».
     
    - En dehors de Laurent Fabius, il ne faut pas être expert pour comprendre que la plupart des nouveaux ministres n’ont pas le niveau. Je suis affligée de ce que j’entends. Je les observe en silence, en me demandant comment tel ou tel a pu être nommé ministre. Équilibre de courant, équilibre de sexe, équilibre régional ou de parti. Peu sont là pour leur compétence.
     
    - La moitié des ministrables dont les noms circulent me sont d’ailleurs inconnus. Ils viennent des entrailles du PS, des radicaux et des Verts. Leur nomination est le résultat de calculs d’appareils, d’un jeu de billard à plusieurs bandes. Certaines femmes ministres sont même choisies sur catalogue.
     

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  • de Bruce Chatwin

     

    LECTURE EN COURS

     

    Citations:

    - page 12: La loi sur les droits à la terre - le Land Rights Act - donnait aux "propriétaires" aborigènes des titres de propriétés sur leur pays, à condition que celui-ci soit inoccupé; et le travail qu'Arkady s'était inventé consistait à traduire la "loi tribale" dans le langage juridique de la couronne.

    Personne ne savait mieux que lui que les jours "idylliques" de la chasse et de la cueillette étaient finis - si tant est qu'ils aient jamais été idylliques. Ce que l'on pouvait faire pour les aborigènes, c'était préserver la plus essentielle de leurs libertés: celle de rester pauvres ou, comme il l'exprimait avec plus de délicatesse, l'espace dans lequel ils puissent être pauvre.

    - page 24: Blesser la terre [...] s'est se blesser soi-même, et si d'autres blessent la terrre, c'est vous-mêmes qu'ils atteignent. Le pays doit rester vierge, comme il était au Temps du Rêve, à 'époque où les ancêtres amenèrent le monde à l'existence en le chantant.

    - page 36:Les Pintupi étaient la dernière tribu"sauvage" à avoir été contactée dans le Grand Désert Occidental et introduite à la civilisation blanche. Jusqu'à la fin des années 1950, ils avaient continué à pratiquer la chasse et la cueillette, nus dans les dunes, comme ils l'avaient fait pendant au oins dix mille ans.

    C'étaient des gens insouciants et très ouverts d'esprit, qui ne connaissaient pas ces rudes rites d'initiation propres aux groupes plus sédentaires. Les hommes chassaient le kangourou et l'émeu. Les femmes cueillaient des graines, ramassaient des racines et tout ce qui pouvait se manger. En hiver, ils s'abritaient derrière des pare-vent de spifinex; et, même en pleine sécheresse, l'eau leur faisait rarement défaut. Une bonne paire de jambes était leur valeur la plus sûre et ils riaient sans cesse. Les quelques Blancs qui les visitèrent furent surpris de voir leurs nourrissons gras et en bonne santé.

    Mais le gouvernement décréta que les hommes de l'âge de pierre devaient être sauvés ... pour le Christ, si besoin était. En outre on avait besoin du Grand Désert Occidental pour y mener à bien des opérations minières, éventuellement des essais nucléaires. Il fut donc ordonner d'embarquer les Pintupi dans des camions de l'armée et de les installer dans des lotissements du gouvernement. Nombre d'entre eux furent envoyés à Popanji, un camp situé  l'ouest d'Alice Springs, où ils moururent victimes d'épidémies, se prirent de querelle avec les hommes des autres tribus, se mirent à boire et à jouer du couteau.


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  • Nos voisins d'en dessous

    de Bill Bryson

    L'Australie n'est pas seulement célèbre pour ses kangourous, ses drag-queens et ses surfeurs. On y trouve aussi les bestioles les plus voraces et venimeuses du globe, des déserts où mieux vaut ne pas s'aventurer pour un petit besoin, et puis de drôles de gens persuadés que vous les prenez pour des ploucs du bout des antipodes. Bill Bryson, l'illustre auteur chez Payot de Motel Blues et American Rigolos, aimerait ressembler à Indiana Jones plutôt qu'à Mister Bean. Le voici donc surarmé de courage pour sillonner l'Australie et en aborder les thèmes les plus divers: sa flore, sa faune et sa population, mais aussi l'histoire très singulière de son exploration et de sa colonisation, sans oublier la " question aborigène ", car si une plume aussi caustique traite d'un sujet aussi grave, c'est pour mieux nous en révéler toutes les aberrations.

    --> Un mélange d'humour pour apporter des informations sérieuses, c'est un livre plutôt plaisant. C'est un véritable récit de voyage, avec l'art de raconter les histoires. Il nous donne sa sensibilité à ce pays, il nous fait partager ses rencontres et ses impressions. A lire sans aucun doute si vous voyagez là-bas! On apprend beaucoup de choses, des généralités aux faits plus anecdotiques.

    Citations:

    - ce pays ne connaît pas de coups d’État, n 'épuise pas ses réserves de poissons , n'arme pas d'horrible despotes, ne pratique pas la culture de la drogue de façon indécente . Bref, c'est un pays qui ne joue pas les gros bras et ne fait pas sentir sa puissance d'une manière provocante et déplacée. Un pays stable , pacifique et correct. Un pays qui n'a ps besoin d'être surveillé du coin de l'oeil , ce qui fait qu'on ne le regarde même plus

    - Si La Pérouse avait été plus rapide , il aurait pu proclame l'Australie terre française et épargner à ce pays deux cents ans de cuisine britannique.

    - En fait, je pense qu'il est tout simplement impossible de répertorier en une seule vie l'intégralité des dangers qui vous guettent dans le moindre buisson d'acacia ou la moindre flaque d'eau de cette contrée si étonnamment riche en espèces aux crocs venimeux ou acérés

    -Ma promenade m'a conduit devant des magasins au luxe tapageur - Prada,Hermès, Ralph Lauren. Impeccable. Mais pas très intéressant. Je n'avais pas parcouru treize mille kilomètres pour contempler des serviettes de bain signées Ralph Lauren.

    - la plupart des serpents ne vous feront aucun mal . Si vous vous trouvez dans le bush face à l'un d'eux, arrêtez-vous net et laissez-le passer tranquillement sur vos chaussures.
    Personnellement, au palmarès des "conseils les moins susceptibles d'être suivis" j'accorde le premier prix à celui-là.

    - Après des années d'études patientes et laborieuses (avec le cricket il ne peut en être autrement) , j'en suis arrivé à la conclusion que ce jeu gagnerait beaucoup à l'introduction de quelques chariots de golf. Ceux qui prétendent que les Anglais ont inventé le cricket uniquement pour rendre intéressante et palpitante toute autre forme d'activité humaine ont tort. Loin de moi l'idée de dénigrer un sport qui fait le bonheur de millions de gens - dont certains arrivent même à garder les yeux ouverts pendant les matchs- mais, franchement, c'est un jeu bizarre. C'est le seul sport qui inclut une pause pour le thé. C'est le seul sport qui porte le même nom qu'un insecte. C'est le seul sport où les spectateurs brûlent autant de calories que les joueurs ( et même plus , s'ils sont un brin enthousiaste). C'est la seule activité de type compétitif- mis à part les concours de boulangers- où les acteurs s'habillent tout en blanc le matin et se retrouvent aussi immaculés en fin de journée.

    - Un homme arrive à la finale de la coupe de football australien à Melbourne et constate avec surprise que le siège à côté de lui est vacant . Or généralement , tous les billets de finale sont vendus des mois à l'avance et il ne reste jamais le moindre place libre. L'homme s'étonne donc.
    - excusez-moi dit-il à son voisin , mais comment se fait-il que cette place soit inoccupée?
    - c'est la place de ma femme, réplique celui-ci, un peu morose . Malheureusement elle est décédée.
    - Mais c'est affreux ! Je suis terriblement navré!
    - Ouais . Elle n'a jamais raté un match de sa vie.
    - Vous auriez pu proposer sa place à un ami ou a l'un de vos parents?
    - Impossible :ils sont tous à l'enterrement.


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  • Embrouille en Provence

    Peter Mayle

    Quand le milliardaire français Francis Reboul vient chercher Sam Levitt jusqu'à Los Angeles pour lui demander de servir de prête-nom dans une société immobilière à Marseille, Sam est à la fois tenté et un peu réticent : pourquoi cet homme, à qui il a volé pour plusieurs millions de grands crus lors de son dernier séjour en France, veut-il lui confier cette délicate besogne ?
    Mais, emporté par l'enthousiasme de sa petite amie séduite à l'idée de prendre des vacances dans le midi de la France, Sam accepte. Il va devoir déjouer les manoeuvres et intrigues de deux autres candidats en lice dans ce projet architectural qui suscite polémiques et rivalités : une Parisienne, qui veut bétonner la magnifique anse des Pêcheurs, et un lord anglais, déjà acoquiné avec le président du comité de sélection, un Corse mafieux...
    Le personnage principal de cette histoire très enjouée de corruption et de magouilles est bien sûr la Provence, et particulièrement Marseille avec sa gastronomie, son Vieux Port, ses petits bistrots et sa douceur de vivre.

    --> J'ai choisi ce livre dans le cadre d'une opération masse critique organisée par Babelio. J'ai lu, il y a déjà longtemps, Une année en Provence du même auteur. J'en ai un bon souvenir. Quelle déception ici. On retrouve un univers animé par la passion que l'auteur a pour la Provence mais on ne sort pas des clichés: sur la Provence, sur les riches qui fréquentent la Côte d'Azur, les américains, les belles filles, la cuisine française. C'est parfois charmant, à l'image d'une Année en Provence, mais c'est la plupart du temps assez insipide. Les dialogues sont décevants. Et l'histoire n'est pas portée par l'intrigue, qui m'a ennuyée.

    Voici donc, je remercie babelio et l'éditeur, mais recommande de se tourner plutôt vers un livre comme Une année en Provence..


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  • L'île des oubliés

    de Victoria Hilsop

    L'été s'achève à Plaka, un village sur la côte nord de la Crète. Alexis, une jeune Anglaise diplômée d'archéologie, a choisi de s'y rendre parce que c'est là que sa mère est née et a vécu jusqu'à ses dix-huit ans. Une terrible découverte attend Alexis qui ignore tout de l'histoire de sa famille : de 1903 à 1957, Spinalonga, l'île qui fait face à Plaka et ressemble tant à un animal alangui allongé sur le dos, était une colonie de lépreux ...
    Quels mystères effrayants recèle cette île que surplombe les ruines d'une forteresse vénitienne ?
    Pourquoi, Sophia, la mère d'Alexis, a-t-elle si violemment rompu avec son passé ?
    La jeune femme est bien décidée à lever le voile sur la déchirante destinée de ses aïeules et sur leurs sombres secrets ...
    Bouleversant plaidoyer contre l'exclusion, L'Île des oubliés, traduit dans vingt-cinq pays et vendu à plus de deux millions d'exemplaires, a conquis le monde entier.

    --> Premier intérêt de ce roman: découvrir l'existence -réelle- de cette léproserie à Spinalonga, la dernière en Europe. Le développement de cette cité -fictif?- est intéressant. Mais l'intrigue est centrée sur une histoire familiale, pas vraiment de suspens: dès le début du texte, on sait que Alexis, fille de Sophia a besoin de venir en Crète pour comprendre ses racines. Ainsi le roman soulève la question de nos racines, des secrets du passé. On s'attache à la vie de Maria. Le bémol: le roman souffre d'une écriture un peu plate, heureusement que le roman se déroule sur plusieurs années et que les évènements se succèdent.


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  • En finir avec Eddy Bellegueule

    de Edouard Louis

    Je suis parti en courant, tout à coup. Juste le temps d'entendre ma mère dire Qu'est-ce qui fait le débile là ? Je ne voulais pas rester à leur côté, je refusais de partager ce moment avec eux. J'étais déjà loin, je n'appartenais plus à leur monde désormais, la lettre le disait. Je suis allé dans les champs et j'ai marché une bonne partie de la nuit, la fraîcheur du Nord, les chemins de terre, l'odeur de colza, très forte à ce moment de l'année. Toute la nuit fut consacrée à l'élaboration de ma nouvelle vie loin d'ici". En vérité, l'insurrection contre mes parents, contre la pauvreté, contre ma classe sociale, son racisme, sa violence, ses habitudes, n'a été que seconde. Car avant de m'insurger contre le monde de mon enfance, c'est le monde de mon enfance qui s'est insurgé contre moi. Très vite j'ai été pour ma famille et les autres une source de honte, et même de dégoût. Je n'ai pas eu d'autre choix que de prendre la fuite. Ce livre est une tentative pour comprendre.

    -->Si ce livre avait été écrit par un garçon qui ne s'en était pas sorti par les études, aurait-il reçu la même écoute? Sont-ce les études de sociologie d'Edouard qui nous font lire ces lignes avec autant d'attention?

    Entre roman et témoignage. C'est un livre touchant, et même bouleversant. Mais. Il m'a semblé trop lourd de subjectivité. Un témoignage-fiction. C'est cette ambiguïté qui m'a dérangée. Des faits sont lâchés comme un témoignage, mais ils sentent la romance  ou tout du moins un manque de recul sur une enfance récente. Trop caricatural. Dans ses interviews, l'auteur parle de vérité, pas de caricature. Sûrement puisqu'il le dit. Mais sa vérité. C'est une lecture rapide, d'un week-end. A emprunter.

     


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  • La terre du bout du monde

    De Tamara Mc Kinley

    Angleterre, 1770. Susan Penhalligan accepte un mariage de raison pour sauver sa mère et son frère Billy de la misère. Mais son coeur est pris par Jonathan Cadwallader, parti courir les mers à bord de l’Endeavour du capitaine Cook.

    Quinze ans plus tard, Billy est déporté en Australie pour contrebande. De leur côté, Susan et son mari partent s’installer à Botany Bay, à quelques kilomètres du futur centre de Sydney, où l’Empire britannique a décidé de fonder une colonie. Ils y découvrent un continent fascinant ainsi que ses habitants, les aborigènes.

    Mais Susan est loin de se douter de tout ce qu’elle va devoir surmonter avant de pouvoir faire sienne cette terre du bout du monde…

    --> Une agréable manière de découvrir l'histoire de la colonisation de ce pays-continent. Et quand on prépare un voyage pour y aller... un incontournable! L'auteure nous prévient cependant qu'il y a des anachronismes.

    Je vais tenter de poursuivre la romance avec le deuxième tome pour savoir ce que deviennent les familles Collinson, Cadwallader et Penhalligan.


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  • Ne t'inquiète pas pour moi

    de Alice Kuipers

    Maman, je suis allée au supermarché. Regarde dans le frigo. J'ai arrosé les plantes. J'ai nettoyé la cage de Jeannot Lapin. J'ai rangé le salon. Et la cuisine. Et j'ai fait la vaisselle aussi. Je vais me coucher. Ton esclave à domicile, Claire.
    Une correspondance par Post-it sur le frigo entre une mère et sa fille. Lorsque la mère tombe malade, le temps presse mais l'espoir demeure.
    Un livre comme un trésor qui chuchote à l'oreille l'importance de ceux qu'on aime...

    --> 1 ou 2 heures de lecture pour ce roman "pos-itolaire" dans lequel nous lisons les post-it laissés à la maison par une mère (qui apprend cancer du sein) et sa fille de 16 ans, Claire. Une forme d'écriture originale, qui en dit plus que ce qu'elle laisse à lire, mais un peu lassante sur l'ensemble du livre.


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  •  

    de Tonino Benaquista

     

    --> Loufoque, drôle, mais des longueurs... j'ai eu du mal à le terminer.


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  • Certaines n'avaient jamais vu la mer

    De Julie Otsuka

    L'écriture de Julie Otsuka est puissante, poétique, incantatoire. Les voix sont nombreuses et passionnées. La musique sublime, entêtante et douloureuse. Les visages, les voix, les images, les vies que l'auteur décrit sont ceux de ces Japonaises qui ont quitté leur pays au début du XXe siècle pour épouser aux Etats-Unis un homme qu'elles n'ont pas choisi.
    C'est après une éprouvante traversée de l'océan Pacifique qu'elles recontrent pour la première fois à San Francisco leur futur mari. Celui pour lequel elles ont tout abandonné. Celui dont elles ont tant rêvé. Celui qui va tant les décevoir.
    A la façon d'un choeur antique, leurs voix s'élèvent et racontent leurs misérables vies d'exilées ... leur nuit de noces, souvent brutale, leurs rudes journées de travail dans les champs, leurs combats pour apprivoiser une langue inconnue, la naissance de leurs enfants, l'humiliation des Blancs, le rejet par leur progéniture de leur patrimoine et de leur histoire ... Une véritable clameur jusqu'au silence de la guerre. Et l'oubli.

    --> Une style direct, brut, qui interpelle. Des phrases courtes jusqu'à être un peu trop répétitif pour moi. Des phrases qui bousculent. "Certaines...". Les destin de centaines de femmes.


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  • Les gens heureux lisent et boivent du café

     

    Ils étaient partis en chahutant dans l'escalier. J'avais appris qu'ils faisaient encore les pitres dans la voiture, au moment où le camion les avait percutés. Je m'étais dit qu'ils étaient morts en riant. Je m'étais dit que j'aurais voulu être avec eux.

    Diane perd brusquement son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l'exception de son coeur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l'existence. C'est peut-être en foulant la terre d'Irlande, où elle s'exile, qu'elle apercevra la lumière au bout du tunnel. Entre « Le Journal de Bridget Jones » et « Love Story », l'histoire de Diane nous fait passer par toutes les émotions. Impossible de rester insensible au parcours tantôt dramatique tantôt drôle de cette jeune femme à qui la vie a tout donné puis tout repris, et qui n'a pas d'autre choix que de faire avec.

    --> C'est une histoire terriblement attachante, mais que je n'ai pas trouvée à la hauteur de la présentation de l'éditeur, c'est dommage. On en sait peut-être trop avec la quatrième de couverture, comme si tout était dit. Cela reste une histoire émouvante, et même bouleversante. Une lecture aisée et agréable.


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  • Précieux cadavres

    de Dorothée Lizion

    La ville de Caen, celle que François Ier aime appeler la "Venise Normande", est en train de perdre ses plus illustres concitoyens. Ils sont retrouvés massacrés, griffés, déchiquetés, dans les fossés de la ville, comme de vulgaires déchets de boucherie. Un loup hors du commun est incriminé, faute de mieux.
    Le destin des bourgeois de Caen est remis entre les mains d'un louvetier pragmatique, réfléchi, témoins de faits improbables. Le seul élément qui leur échappera jusqu'à la dernière page est le réel mobile du meurtrier. et peut-être même le meurtrier lui-même ....


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  • Romantique, libérateur et totalement addictif, ce roman vous obsédera, vous possédera et vous marquera à jamais.
    Lorsqu’Anastasia Steele, étudiante en littérature, interviewe le richissime jeune chef d’entreprise Christian Grey, elle le trouve très séduisant mais profondément intimidant. Convaincue que leur rencontre a été désastreuse, elle tente de l’oublier – jusqu’à ce qu’il débarque dans le magasin où elle travaille et l’invite à un rendez-vous en tête-à-tête.
    Naïve et innocente, Ana ne se reconnait pas dans son désir pour cet homme. Quand il la prévient de garder ses distances, cela ne fait que raviver son trouble.
    Mais Grey est tourmenté par des démons intérieurs, et consumé par le besoin de tout contrôler. Lorsqu’ils entament une liaison passionnée, Ana découvre ses propres désirs, ainsi que les secrets obscurs que Grey tient à dissimuler aux regards indiscrets…

    Traduit de l’anglais par Denyse Beaulieu

    EL James, ancienne productrice de télévision, mariée et mère de deux enfants, vit à Londres. Depuis sa plus tendre enfance, elle rêvait d’écrire des récits dont les lecteurs tomberaient amoureux, mais avait mis ces rêves entre parenthèses pour se consacrer à sa famille et à sa carrière. Elle a enfin trouvé le courage de prendre sa plume pour rédiger son premier roman, Cinquante nuances de Grey. Elle est également l’auteur de Cinquante nuances plus sombres et de Cinquante nuances plus claires.


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  • Ken Follet 

    Ken Follet

     

    Pour Les piliers de la terre, voir l'article très complet de wikipédia: http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Piliers_de_la_terre

     


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  • Chers voisins

    Aurélie Champagne / Collectif

    Chers voisins inventorie les petits mots affichés dans les cages d'escaliers ou les parties communes des immeubles concernant les règles de vie ou l'exaspération des habitants face aux bruits et autres désagréments.

    --> à l'origine, il s'agit d'un blog: on a envoyé au blogueur des tas de petits mots trouvés dans les immeubles à destination d'un voisin. C'est drôle, surtout les premiers, parce que c'est redondant, et qu'ensuite on ne cherche plus que l'originalité. Une compilation a ensuite été diffusée en pdf, puis l'édition de ce livre.

    Ce que j'aime partiuclièrement, c'est le statut de cet écrit. "Le petit mot".

    Mon préféré: un mot pour dire à la voisine que c'est un plaisir de l'entendre pratiquer son instrument, au point d'éteindre la musique chez soi pour l'écouter jouer. (peut-être le seul mot gentil du recueil... ben c'est mon préféré, on ne se refait pas.)

    Le blog est ici: http://chersvoisins.net/

    et autre chose là: http://chersvoisins.tumblr.com/

     


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  • Cannibale

    de Didier Daenincks

    1931, l’Exposition Coloniale. Quelques jours avant l’inauguration officielle, empoisonnés ou victimes d’une nourriture inadaptée, tous les crocodiles du marigot meurent d’un coup. Une solution est négociée par les organisateurs afin de remédier à la catastrophe. Le cirque Höffner de Francfort-sur-le-Main, qui souhaite renouveler l’intérêt du public, veut bien prêter les siens, mais en échange d’autant de Canaques. Qu’à cela ne tienne ! Les « cannibales » seront expédiés.
         Inspiré par ce fait authentique, le récit déroule l’intrigue sur fond du Paris des années trente – ses mentalités, l’univers étrange de l’exposition – tout en mettant en perspective les révoltes qui devaient avoir lieu un demi-siècle plus tard en Nouvelle-Calédonie.

    --> sous forme conté, inspiré d'un fait réel, un grand-père témoigne aurpès de jeunes kanaks tenant un barrage de sa participation à l'exposition universelle de 1931. La moitié des participants, déjà parqués comme des animaux et obligés à se donner en spectacle, sont emportés sans consultation pour l'Allemagne: ils ont été la monnaie de change contre des crocodiles destinés à l'exposition!

    Citations:

    - "Tu vois, on fait des progrès : pour lui nous ne sommes pas des cannibales mais seulement des chimpanzés. Je suis sûr que quand nous serons là-bas, nous serons redevenus des hommes."

    - "Tous les enfants de la tribu m'entourent et me demandent comment c'était la France, Paris. Je leur invente un conte, je leur dis que c'est le pays de merveilles. Mais très tard, je raconte pour les Anciens. Je leur explique qu'on nous obligeait à danser nus, hommes et femmes; que nous avions pas le droit de parler entre nous, seulement de grogner comme des bêtes, pour provoquer les rires des gens, derrière la grille; qu'on insultait le nom légué par nos ancêtres." (p. 47)

     

    — Ah, c’est enfin vous, Grimaut ! Cela fait bien deux heures que je vous ai fait demander... Que se passe-t-il avec les crocodiles ? J’ai fait le tour du parc ce matin, avant de venir au bureau, je n’en ai pas vu un seul dans le marigot...
         Grimaut commence à transpirer. Il baisse les yeux.
         — On a eu un gros problème dans la nuit, monsieur le haut-commissaire... Personne ne comprend ce qui a bien pu se passer...
         — Cessez donc de parler par énigme ! Où sont nos crocodiles ?
         — Ils sont tous morts d’un coup... On pense que leur nourriture n’était pas adaptée... Á moins qu’on ait voulu les empoisonner...
         L’administrateur reste un instant sans voix, puis il se met à hurler.
         Grimaut déglutit douloureusement.
         — Morts ! Tous morts ! C’est une plaisanterie... Qu’est-ce qu’on leur a donné à manger ? De la choucroute, du cassoulet ? Vous vous rendez compte de la situation, Grimaut ? Il nous a fallu trois mois pour les faire venir des Caraïbes... Trois mois ! Qu’est-ce que je vais raconter au président et au maréchal, demain, devant le marigot désert ? Qu’on cultive des nénuphars ? Ils vont les chercher, leurs crocodiles, et il faudra bien trouver une solution... J’espère que vous avez commencé à y réfléchir...
         L’adjoint a sorti un mouchoir de sa poche. Il se tamponne le front.
         — Tout devrait rentrer dans l’ordre au cours des prochaines heures, monsieur le haut-commissaire... J’aurai une centaine de bêtes en remplacement, pour la cérémonie d’ouverture. Des crocodiles, des caïmans, des alligators... Ils arrivent à la gare de l’Est, par le train de nuit...
         — Gare de l’Est ! Et ils viennent d’où ?
         Grimaut esquisse un sourire.
         — D’Allemagne...
         — Des sauriens teutons ! On aura tout vu... Et vous les avez attrapés comment vos crocodiles, Grimaut, si ça n’est pas indiscret ?
         L’adjoint se balance d’un pied sur l’autre.
         — Au téléphone, tout simplement. Ils viennent de la ménagerie du cirque Höffner, de Francfort-sur-le-Main. C’était leur attraction principale, depuis deux ans, mais les gens se sont lassés. Ils cherchaient à les remplacer pour renouveler l’intérêt du public, et ma proposition ne pouvait pas mieux tomber...
         Albert Pontevigne fronce les sourcils.
         — Une proposition ? J’ai bien entendu... J’espère que vous ne vous êtes pas trop engagé, Grimaut.
         — Je ne pense pas... En échange, je leur ai promis de leur prêter une trentaine de Canaques. Ils nous les rendront en septembre, à la fin de leur tournée.

    Nous avons longé la Seine, en camion, et on nous a parqués derrière des grilles, dans un village kanak reconstitué au milieu du zoo de Vincennes, entre la fosse aux lions et le marigot des crocodiles. Leurs cris, leurs bruits nous terrifiaient. [...] Au cours des jours qui ont suivi, des hommes sont venus nous dresser, comme si nous étions des animaux sauvages. Il fallait faire du feu dans des huttes mal conçues dont le toit laissait passer l'eau qui ne cessait de tomber. Nous devions creuser d'énormes troncs d'arbres, plus durs que la pierre, pour construire des pirogues tandis que les femmes étaient obligés de danser le pilou-pilou à heures fixes. [...] J'étais l'un des seuls à savoir déchiffrer quelques mots que le pasteur m'avait appris, mais je ne comprenais pas la signification du deuxième mot écrit sur la pancarte fichée au milieu de la pelouse, devant notre enclos : Hommes anthropophages de Nouvelle-Calédonie.

     


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  • Le mystère de la tapisserie inachevée

     de François Vallet

    Résumé

    Pourquoi Lulu, ouvrier agricole dans la campagne normande se retrouve-t-il accusé de deux meurtres ?
    Pourquoi un instituteur en fin de carrière et une bibliothécaire vont-ils devenir contre toute attente chevaliers des Arts et Lettres ?
    Pourquoi Guillaume le Conquérant envahit-il l’Angleterre en 1066 ?
    Qui relie ces personnages que tout sépare à 928 ans d’écart ?
    C’est ce que nous dévoile ce roman qui nous fait revivre l’épopée normande du XIe siècle et vivre au XXe siècle une sombre histoire criminelle qui verra son dénouement éclairé par la clef du mystère de la Tapisserie inachevée.

    --> Les chapitres courts s'alternent: l'un raconte la tapisserie de Bayeux, l'autre se déroule en 1994. La narration de la tapisserie est agréable: pour qui connait ce chef d'oeuvre, on le voit se dérouler sous nos yeux. J'ai moins accroché avec l'écriture du polar contemporain: un meurtre (ou plutôt deux), une arrestation (celle de Lulu) et la visite d'un instituteur à une spécialiste des incunables. On sait que les histoires vont se rejoindre et que l'auteur "s'amuse" à nous faire passer d'une histoire à l'autre. D'un temps historique (1066) à un temps contemporain.
    ... je n'ai pas accroché. j'ai fais l'effort jusqu'à la moitié du roman, mais j'abandonne. Je suis lassée de l'écriture de ce polar. C'est bien l'écriture qui me gêne, et non l'intrigue qui elle m'a tenue en haleine jusqu'à lire la moitié du livre. Peut-être que j'y reviendrai...mais je ne crois pas!

    2 jours après... je me suis autorisée à sauter des pages pour ne plus lire que le fin du "polar". ça vaut le coup de connaître le dénouement.


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  • Voyage avec un âne dans les Cévennes

    En septembre 1878, R. L. Stevenson accompagné d'un âne – mais à pied – traversait en douze jours les Cévennes, de Monastier à Saint-Jean-du-Gard. Dormant sous les étoiles qui avaient éclairé la révolte des camisards, attiré par la voix lointaine d'une flûte, emporté par les ombres qui valsaient en mesure à l'appel du vent, se lavant dans l'eau courante des rivières, amical envers les moines trappistes comme envers les dissidents protestants, il découvrit la magie des rencontres, la complicité des paysages, l'ivresse de la liberté. Trouvant dans une approche sensuelle et poétique de la nature toutes les raisons de croire en l'amour qui allait changer son existence, il ramena de cette marche sur les chemins des bergers le livre le plus cordial et le plus confiant en la vie.

    --> Célèbre l'histoire de Molestine et son maître à travers les Cevennes? Je ne le savais pas avant de me rendre dans cette région originale, authentique, rude. Un incontournable si on va dans les Cévennes!

    Citations:

    -"Quant à moi, je voyage non pour aller quelque part, mais pour marcher. Je voyage pour le plaisir de voyager. L’important est de bouger, d’éprouver de plus près les nécessités et les embarras de la vie, de quitter le lit douillet de la civilisation, de sentir sous mes pieds le granit terrestre et les silex épars avec leurs coupants. Hélas ! tandis que nous avançons dans l’existence et sommes plus préoccupés de nos petits égoïsmes, même un jour de congé est une chose qui requiert de la peine. Toutefois, un ballot à maintenir sur un bât contre un coup de vent venu du nord glacial n’est point une activité de qualité, mais elle n’en contribue pas moins à occuper et à former le caractère. Et lorsque le présent montre tant d’exigences, qui peut se soucier du futur ?"

     

     


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  • Après l'extase, la lessive

    de Jack Kornfield

    Dans le domaine de la spiritualité, tous les récits, tous les enseignements, semblent avoir la même fin : l'éveil. Or, passé ce rare moment de plénitude, la vie reprend son cours, avec ses obligations et ses désagréments. Comme le résume avec humour Jack Kornfield : " Après l'extase, il y a la lessive ". Intrigué par ce versant jamais évoqué de la vie spirituelle, qui pourtant en éclaire la finalité, ce dernier a enquêté auprès de maîtres zen, de lamas, de rabbins, d'abbés ou de nonnes, qui, chacun à leur manière, tirent de leur expérience un message primordial : il n'existe pas de parcours idéal mais pour être authentique et bénéfique, la vie spirituelle doit se réaliser ici et maintenant.

    --> une écriture simple, qui me fait craindre des répétitions au début du livre. Peur d'avoir trop souvent envie de bailler, mais heureuse de pouvoir lire des sentiments bienveillants et rassurants...à suivre...

    Des citations (choisies par easy-redaction Babelio):

    p.195
    Pour quasiment tous les pratiquants, les phases d’éveil et d’ouverture sont suivies de périodes de peur et d’enfermement. Ces moments de sérénité profonde et d’amour nouveau laissent souvent place à des situations de perte, de fermeture, de peur, de découverte d’une trahison qui à leur tour disparaîtront devant l’équanimité et la joie.
    [...]La seule chose surprenante est de voir à quel point cette vérité nous surprend. Tout se passe comme si nous espérions au plus profond de nous-mêmes qu’une expérience, une importante réalisation, un nombre suffisant d’années dédiées à la pratique puissent enfin nous hisser hors d’atteinte de l’existence, au-delà des conflits ordinaires du monde.
    Nous nous accrochons à l’espoir de pouvoir, grâce à la vie spirituelle, nous élever au-dessus des blessures de notre souffrance humaine et ne jamais avoir à les endurer de nouveau.

    p.224
    Nos cultures patriacarles nous ont conditionnés à considérer les autorités comme étant supérieures, à ne faire confiance ni à nos corps ni à nos sensations et à suivre ceux qui “savent mieux”.Nous n’avons pas été encouragés ou initiés à penser par nous-mêmes. Le désir d’être secourus, de trouver quelqu’un qui connaît la vérité au milieu de ce monde de confusions, est à la base de nombreuses communautés de disciples aveugles.

     

    Nous avons tous besoin de périodes fécondes, de temps de jachère, d’instants où nous sommes ramenés plus près de l’humus de la terre.
    Comme si une chose en nous ralentissait et nous rappelait.
    Même si notre transformation est de taille, même si nous nous sentons sereins et inébranlables, par certains côtés notre retour va inévitablement nous tester.
    Les miennes... à venir....

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  • La vérité sur l'affaire Harry Québert / Joël Dicker

    de Joël Dicker

    *prix goncourt des lycéens 2012

    *grand prix du roman de l'académie française

    Joël Dicker, né à Genève le 16 juin 1985.

    À New York, au printemps 2008, alors que l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois. Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d’avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison. Convaincu de l’innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d’écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ? Sous ses airs de thriller à l’américaine, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert est une réflexion sur l’Amérique, sur les travers de la société moderne, sur la littérature, sur la justice et sur les médias.

    --> Aïe pour la première moitié du livre... j'ai peiné. Je trouvais cette histoire caricaturale, les répétitions de l'auteur (pourtant utiles, on le comprend avec le dénouement) ennuyeuses, la langue pauvre... et c'était paradoxal pour parler d'un écrivain qui aurait écrit LE roman de sa vie, LE chef d'oeuvre. Mais j'avais lu plusieurs avis très positifs (et un très négatif), le roman a été récompensé... il fallait persévérer. Alors je ne dévoilerai rien de la deuxième moitié du roman. L'ensemble est réussi, on ne veut plus décrocher avant de connaitre la fin de l'histoire , et c'est essentiel. Un bon moment de lecture finalement.

    --> On y évoqie l'Alabama des années 60, peu après la fin de la ségrégation, à mettre en réseau avec Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur ou La couleur des sentiments.

     


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  • Un an

    de Jean Echenoz

    Présentation de l'éditeur

    « Une jeune femme, prénommée Victoire découvre un matin son ami Félix mort près d’elle dans son lit. Elle ne se souvient pas de ce qui est arrivé, mais elle file, dans le Sud-Ouest, en emportant ses économies. Sa fugue va durer un an, d’où le titre. Au début, tout va bien. Elle loue une villa au Pays basque, se trouve un amant. Mais l’amant lui vole ses sous et Victoire va parcourir une à une les étapes de la dégringolade sociale : après la villa, les chambres d’hôtel, de plus en plus miteuses, puis la belle étoile ; le vélo, puis l’autostop et, quand elle est devenue trop sale, trop dépenaillée pour le stop, la marche au hasard, l’association avec d’autres clochards, le chapardage, la promiscuité, la perte progressive de soi et du monde. L’histoire d’une errance en forme de descente, une aventure picaresque que l’auteur achève en la ramenant à son point de départ.Un an, dans sa simplicité linéaire, immédiate, met en valeur la poétique d’Echenoz. Celle-ci repose sur le combat perpétuel que se livrent une réalité mystérieuse et dont le sens fuit sans cesse – le monde, les objets, les personnes, les formes, les sons, les paroles, l’espace, le temps – et les mots pour la dire le plus exactement possible. » (Pierre Lepape, Le Monde)

    --> Le rythme de ce livre nous emporte littéralement dans le départ, la fuite, l'errance de Victoire... On a le sentiment qu'elle vit les évènements tels qu'ils se présentent. On sent l'absurdité de la situation, mais on y croit parce que l'écritue de l'auteur ne laisse pas de place au doute. C'est un court roman qui se lit d'un trait, bien qu'on soit parfois obligé de s'arrêter pour respirer un peu, regarder autour de soi et se rassurer avec la réalité.
    C'est le premier roman d'Echenoz que je lis, il faut que je continue...

    Citations:

    - Victoire, s'éveillant un matin de février sans rien se rappeler de la soirée puis découvrant Félix mort près d'elle dans leur lit, fit sa valise avant de passer à la banque et de prendre un taxi vers la gare Montparnasse. (=incipit)

    - Les événements lui reviendraient tôt ou tard en mémoire, sans doute, autant considérer par la fenêtre une zone rurale vaguement industrielle et peu différenciée, sans le moindre hameçon por accrocher le regard quand elle n'était pas masquée par le remblai. Pylônes, fils électriques et raccords d'autoroutes intersécants, fourragères, lotissements jouxtant des excavations. Isolés dans les friches parmi les animaux absents, se profilaient quelques locaux techniques dépendant d'on ne sait quoi, quelques usines d'on se demande quoi. Bien que de marques et d'essences limitées, les arbres étaient non moins semblables entre eux que les automobiles sur une route nationale un moment parallèle aux rails.


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