• Ravage

    René Barjavel

    "Vous ne savez pas ce qui est arrivé? Tous les moteurs d'avions se sont arrêtés hier à la même heure, juste au moment où le courant flanchait partout. Tous ceux qui s'étaient mis en descente pour atterrir sur la terrasse sont tombés comme une grêle. Vous n'avez rien entendu, là-dessous ? Moi, dans mon petit appartement près du garage, c'est bien un miracle si je n'ai pas été aplati. Quand le bus de la ligne 2 est tombé, j'ai sauté au plafond comme une crêpe... Allez donc jeter un coup d'œil dehors, vous verrez le beau travail!"

    De l'autre côté de la Seine une coulée de quintessence enflammée atteint, dans les sous-sols de la caserne de Chaillot, ancien Trocadéro, le dépôt de munitions et le laboratoire de recherches des poudres.

    Une formidable explosion entrouvre la colline.

    Des pans de murs, des colonnes, des rochers, des tonnes de débris montent au-dessus du fleuve, retombent sur la foule agenouillée qui râle son adoration et sa peur, fendent les crânes, arrachent les membres, brisent les os.

    Un énorme bloc de terre et de ciment aplatit d'un seul coup la moitié des fidèles de la paroisse du Gros-Caillou.

    En haut de la Tour, un jet de flammes arrache l'ostensoir des mains du prêtre épouvanté.

    --> Un décor bien posé, puis un récit qui s'assombrit, qui nous fait suffoquer. Toujours plus noir. On suit la progression de François Deschamps et ses acolytes. La construction du récit, l'écriture relèvent d'un grand classique. C'en est un!... à lire!


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  • Replay

    Ken Grimwood

    En ce 18 octobre 1988, Jeff Winston se trouve dans son bureau new-yorkais, et écoute sa femme lui répéter au téléphone : "Il nous faut, il nous faut..." Il leur faudrait, bien sûr, un enfant, une maison plus confortable. Mais surtout parler. A coeur ouvert. Sur ce, Jeff meurt d'une crise cardiaque. Il se réveille en 1963, à l'âge de dix-huit ans, dans son ancienne chambre d'université. Va-t-il connaître le même avenir? Non, car ses souvenirs sont intacts. Il sait qui va gagner le prochain Derby, et ce qu'il en sera d'IBM et d'Apple... De quoi devenir l'homme le plus puissant du monde, jusqu'à... sa deuxième mort, et qu'une troisième, puis une quatrième vie commencent...

    --> Si on avait la possibilité de reprendre notre vie en arrière. Qu'y changerait-on, de quelle manière tenterait-on de l'influencer ? Est-ce qu'on tenterait d'intervenir sur les autres vies, pour quoi, comment ? Quelles que soient nos décisions, que maîtrise-t-on ?
    En revivant sa vie plusieurs fois, Jeff prend de mieux en mieux conscience de sa propre mort, de ce qu'on laisse de nos vies, de ce dont on doit profiter le jour présent.


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  • Silo

    d'Hugh Howey

    Dans un futur postapocalyptique indéterminé, quelques milliers de survivants ont établi une société dans un silo souterrain de 144 étages. Les règles de vie sont strictes. Pour avoir le droit de faire un enfant, les couples doivent s’inscrire à une loterie. Mais les tickets de naissance des uns ne sont redistribués qu’en fonction de la mort des autres.
    Les citoyens qui enfreignent la loi sont envoyés en dehors du silo pour y trouver la mort au contact d’un air toxique. Ces condamnés doivent, avant de mourir, nettoyer à l’aide d’un chiffon de laine les capteurs qui retransmettent des images de mauvaise qualité du monde extérieur sur un grand écran, à l’intérieur du silo.
    Ces images rappellent aux survivants que ce monde est assassin. Mais certains commencent à penser que les dirigeants de cette société enfouie mentent sur ce qui se passe réellement dehors et doutent des raisons qui ont conduit ce monde à la ruine.

    --> Une dystopie qui m'a séduite.


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  •  

    de Connie Willis

    Oxford, futur proche. L’université est définitivement dépoussiérée : historien est devenu un métier à haut risque. Car désormais, pour étudier le passé, il faut le vivre. Littéralement.
    Michael Davies se prépare pour Pearl Harbor, Merope Ward est aux prises avec une volée d’enfants évacués en 1940, Polly Churchill sera vendeuse en plein coeur du Blitz, et le jeune Colin Templer irait n’importe où, n’importe quand, pour Polly…
    Ils seront aux premières loges pour les épisodes les plus fascinants de la Seconde Guerre mondiale. Une aubaine pour des historiens, sauf que les bombes qui tombent sont bien réelles et une mort soudaine les guette à tout moment. Sans parler de ce sentiment grandissant que l’Histoire elle-même est en train de dérailler.
    Et si, finalement, il était possible de changer le passé ?

    --> Prix Hugo, prix Nébula, prix locus: un livre multi-primé reçu dans le cadre de la masse critique.

    Trois historiens de 2060 voyage à en Angleterre pendant le Blitz, Londres est soumise au Black-out. Nous suivons Polly qui arrive à Londres le 15 septembre 1940, Eileen qui travaille pour Lady Caroline, propriétaire d'un manoir dans lequel elle accueille les enfants évacués de Londres. Elle doit s'occuper de Binnie et Alf Hodbin, deux insupportables gamins et Mike qui étudie les héros de guerre, devenus héros non prédestinés lors de l'évacuation de Dunkerque.

    L'immense avantage de ce roman est de témoigner avec intérêt de cette période précise de l'histoire.

    Chaque historien sait vers où se diriger pour être plongé, pour nous plonger au coeur de l'histoire. On s'éloigne assez vite du roman de science fiction, et le roman historique prend le pas. Seule demeure cette interrogation: et si ces voyages spatio-temporels pouvaient changer le cours de l'Histoire?

    Je regrette une lecture parfois laborieuse , entravée par des dialogues que j'ai trouvés ennuyeux. Il faut dépasser les 200 premières pages pour commencer à apprécier. Un début de lecture vraiment long, lecture que j'aurais abandonnée si elle n'était pas dans le cadre de la masse critique.

    Merci à Babelio et à l'éditeur pour cet envoi.


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  • Le monde inverti / Christopher Priest

    de Christopher Priest

    « J’avais atteint l’âge de 1000 Km » Helward Mann qui vient d’atteindre cet âge vit sur une planète inconnue dans une cité appelée Terre. Cette cité présente l’étrange particularité de se déplacer lentement sur des voies de chemin de fer. Au fur et à mesure de son déplacement, les techniciens de la Guilde des voies retirent les rails situées à l’arrière de la cité pour les placer à l’avant afin de lui permettre de continuer à avancer. Le chemin à suivre est fixé par la Guilde des topographes du futur et le but à atteindre est l’Optimum. De la fuite en avant vers cet Optimum dépend la survie de la cité car celui-ci se déplace continuellement et, plus elle s'en éloigne, plus elle subit d'étranges phénomènes affectant l'espace et le temps. Ainsi, Helward Mann, qui vient d'atteindre l'âge de 1000 Km et qui doit raccompagner trois paysannes dans leur village à l'extérieur de la cité, les voit-il se métamorphoser sous ses yeux, s'étirant en hauteur ou en largeur, tandis que, derrière lui, les ravins se comblent et les montagnes s'aplanissent.

    --> J'ai lu l'incipit, et hop, j'étais partie dans cet univers original, envoutant qui bouscule notre perception du monde. Et si c'était autrement?  Le livre a reçu un prix littéraire britannique en 1975, il n'est absolument pas démodé.

    Après quoi court cette cité en mouvement, comment en est-elle arrivée là? Qu'est-ce qui est réalité, illusion? Ce sont des vraies questions, que nous pouvons poser aussi à notre vie, à notre société. Une histoire très bien montée dans laquelle j'ai littéralement plongée, en souhaitant trouver la clé qui explique ce que vit la cité:

    Un système de guilde régit la cité dans laquelle on vit en vase clos. Sortir est le travail/privilège (?) des guildes. En suivant Helward dans son apprentissage, on découvre comment la cité est tractée. Pourquoi? Il nous faudra le découvrir avec lui, lorsqu'il va voyager vers le passé: à l'arrière de la ville, tout est déformé, la cité disparaitrait! Vers où aller? vers l'optimum: le point le plus stable, vers le futur. Lors de ses voyages, les repères spatio-temporels d'Helward sont déformés. C'est troublant, cela nous renvoie à nos propres repères, à notre subjectivité du temps qui passe.

     

    La cité connait des problèmes pour maintenir ses effectifs, et a besoin de "sang neuf": de femmes qui vivront quelques temps dans la cité pour donner naissance à des bébés qu'elles auront le choix de laisser ou emmener chez elles. Elles sont "prelevées" chez les tribus rencontrées: bien traitées puis relâchées, les conditions de négociation du prélèvement n'en sont pas moins révoltantes.

    Citations:

    - Le soir suivant ,l'échelle du paysage avait repris des proportions plus normales à ses yeux .Les arbres ressemblaient à des arbres et non à des buissons rampants.Les cailloux étaient ronds et l'herbe poussait en touffes ,non plus comme une moisissure verte.

    - Un simple rocher pouvait prendre l'apparence d'une bande gris foncé, d'un millimètre de large sur deux cents mètres de long. La crête basse, couronnées de neige, devant lui, pouvait être en réalité une chaîne de montagnes; cette longue bande verte, un arbre. Cette étroite bande blanchâtre une femme nue.

    - "J'avais atteint l'âge de mille kilomètres"

     


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    Soleil vert

    de Harry Harrisson

    New-York - Août 1999. Au milieu d'une population de trente-cinq millions d'hommes qui ont retrouvé les Fléaux et les Grandes Peurs du Moyen-Âge, un jeune policier, Andrew Rusch, recherche l'auteur du meutre de Mike O'Brien, un des gros bonnets du marché noir. Mais pourquoi poursuivre un criminel quand on sait que la victime méritait mille fois la mort ? Comment faire respecter la "loi et l'ordre" quand on est soi-même talonné par la solitude, l'angoisse et le désespoir ? Au cours d'une enquête mouvementée, alors qu'à la veille de l'an 2000 la ville est infestée par les Prophètes du Malheur, Andrew Rusch va découvrir sur quoi se fonde la puissance des Maîtres du Futur.
    Alliant la tradition du roman noir aux sortilèges du Space Opera, LE SOLEIL VERT est un grand voyage au coeur d'un avenir possible. Peut-être inévitable...


    --> Tu ne connais pas Soleil vert?!! (le film) C'est ce que l'on m'a dit et qui m'a poussée à ouvrir le livre. Il se lit rapidement, le film qui en est tiré a semble-t-il marqué une génération. Il a manqué quelque chose à ma lecture pour que je puisse le recommander. Un zeste d'ennui dans l'histoire bien que le décor et l'époque soient bien inspirés.
     

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  • de Xabi Molia

    Présentation de l'éditeur

     

    Paris, dans un futur très proche. Antoine Kaplan est un médecin chargé de traquer les premiers signes de la maladie qui transforme certains de ses concitoyens en êtres bestiaux et assoiffés de violence. L’épidémie gagne du terrain. Assiégés par les "infectés" et retranchés derrière des fortifications de fortune, les survivants sont exposés aux rigueurs de l’après-catastrophe : pénuries, promiscuité, soupçons…La femme de Kaplan, Hélène, scénariste d’une bande dessinée à succès, disparaît brusquement. La police découvre bientôt le cadavre de l'épouse, qui s'est visiblement donné la mort. Mais il apparaît aussi qu'elle avait un amant. Le doute s'installe autour des mobiles du suicide. Antoine Kaplan veut savoir qui était vraiment sa femme. Il reprend l’enquête à son compte. Et, sur les traces de la disparue, dérive de plus en plus vers les zones clandestines de la citadelle. Les souterrains de la ville sont les lieux de tous les trafics. Kaplan va s’y perdre, jusqu’à passer derrière les lignes ennemies. Car il veut connaître de la bouche de François Murillo, un activiste de l’ultragauche qui a été l'amant de sa femme, la vérité sur la disparition d’Hélène. Lors d'une rencontre finale glaçante, il découvre surtout que l'humanité n'est pas forcément une valeur partagée...

    Biographie de l'auteur

    Xabi Molia est né à Bayonne en 1977. Il est cinéaste et romancier. Son premier long métrage, Huit fois debout, est sorti en salle en 2009. Avant de disparaître est sont cinquième livre.

    --> Texte de science fiction dans le domaine de la littérature. L'histoire se déroule après 2013, à Paris. On survit à une infection. Après le suicide de son épouse, le narrateur veut comprendre ce qu'était sa vie. Ce livre nous porte vers des questions existentielles, des cheminements que l'on prend dans des situations extrêmes. C'est un livre de la rentrée littéraire 2011. C'est une lecture à enrichir par l'écoute de cette émission:
    http://www.franceculture.fr/emission-du-jour-au-lendemain-xabi-molia-2011-11-02
    Malheureusement, je n'ai pas terminé ma lecture: le sentiment de ne pas comprendre son écriture, je l'ai trouvée trop obscure ou trop paradoxalement trop répétitive. Elle est peut-être simplement trop littéraire pour moi... Pourtant la quête de Kaplan avait réussi à me captiver.


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  • Nous autres

    de Eugène Zamiatine

    Présentation de l'éditeur

    "... On nous attacha sur des tables pour nous faire subir la Grande Opération. Le lendemain, je me rendis chez le Bienfaiteur et lui racontai tout ce que je savais sur les ennemis du bonheur. Je ne comprends pas pourquoi cela m'avait paru si difficile auparavant. Ce ne peut être qu'à cause de ma maladie, à cause de mon âme. "
    Ainsi parle D-503, un homme des siècles futurs. Il vit dans une société qui impose fermement l'Harmonie sous la direction du guide. Or D-503 qui participe activement à l'expansion de cette organisation à l'échelle interplanétaire en arrive à l'autocritique, à la dénonciation, au rééquilibrage psychique.
    C'est en 1920 qu le Soviétique Eugène Zamiatine a conçu cette politique-fiction. Il y aborde, pour la première fois, les mécanismes de l'Utopie au niveau existentiel. Jusque-là, tous les organisateurs de sociétés futurs, sous la bannière de Platon et de saint Thomas More, se contentaient d'une description monomaniaque de leurs structures. Zamiatine introduit l'homme vivant dans ces souricières. La porte poussée, Aldous Huxley et George Orwell vont s'engouffrer dans le corridor.
    Quel extraordinaire prophète que ce Zamiatine, écrivain, mathématicien et ingénieur. Il y a soixante ans, la dissidence n'était pas encore une maladie mentale traitée à l'halopéridol. Le règne du père génial de tous les peuples, Staline, et de ses épigones n'avaient pas commencé. Et les pieux des camps de rééducation n'étaient pas encore systématiquement plantés. Pourtant, le ver était dans le fruit, et même à cette époque pas encore totalement occultée, l'ouvrage ne fut pas publié.
    L'oracle Zamiatine scrutant les brumes de l'Histoire de demain pousse un hurlement solitaire. Lui-même, en nos temps de surdité, condamné au silence et à l'exil, étouffé par l'angoisse, mourra à Paris, en 1937, à l'âge de 53 ans.

    --> Un monde régit par les mathématiques appliquées à toutes les théories humanistes, un constructeur de vaisseaux, dans un monde "parfaitement aseptisé", totalement contrôlé, jusqu'aux sentiments, évidemment.
    D-503 rencontre I-330 et nous sommes témoins de cette rencontre par les notes (journal) rédigés par D-503 chaque jour, pendant ses Heures Personnelles. Le tout sous la surveillance du "Bienfaiteur". L'amour n'a pas de mots, sauf la maladie. D-503 va être soigné : il n'y a pas de place pour l'imagination non plus dans la vie de D.
    Dans nous autres, les hommes vivent dans des immeubles transparents. Ils n'en tirent les rideaux que pour utiliser les coupons roses quui leur permettent une rencontre avec une personne de l'autre sexe. Le jour du vote de l'unanimité, on se rend aux urnes pour le même vote. D. en tombant malade fréquentera "la maison antique": sorte de musée des temps anciens.
    J'ai regretté la froideur du personnage, qui "malade" reste dénué d'envie de changer le monde.
    Les métaphores sont nombreuses et parfois répétitives; ce fut pour moi une lecture fastidieuse, heureusement intéressante car ce roman précède d'autres nombreux romans de science- fiction / dystopie où bonheur et liberté sont antinomiques.

    Citations:

    - "Je l'aime, cette vieille, dit I en montant un escalier large et sombre.
    Pourquoi?
    Je ne sais pas. Peut-être à cause de sa bouche, peut-être pour rien, comme ça, tout simplement."
    Je levai les épaules. Elle continua en souriant à peine, peut-être sans sourire du tout:
    "Je me sens bien coupable. Il est clair qu'on ne doit pas aimer "tout simplement, comme ça", mais "à cause de quelque chose". Tous les élements doivent être...
    "C'est clair", commençai-je, mais je m'aperçus tout de suite que j'avais laissé échapper ce mot et je jetai un regard sur ma compagne pour savoir si elle l'avait remarqué ou non.
    Elle regardait le plancher, ses paupières étaient baissées comme des rideaux.
    (page 37, note 6)

    - La construction de l'Intégral sera achevée dans 120 jours. Une grande date historique est proche : celle où le premier Intégral prendra son vol dans les espaces infinis. Il y a mille ans que nos héroïques ancêtres ont réduit toute la sphère terrestre au pouvoir de l'Etat Unique, un exploit plus glorieux encore nous attend : l'intégration des immensités de l'univers par l'Intégral, formidable appareil électrique en verre et crachant le feu. Il nous appartient de soumettre au joug bienfaisant de la raison tous les êtres inconnus, habitants d'autres planètes, qui se trouvent peut-être encore à l'état sauvage de la liberté. S'ils ne comprennent pas que nous leur apportons le bonheur mathématique et exact, notre devoir est de les forcer à être heureux. Mais avant toutes autres armes, nous emploierons celle du Verbe.
    Au nom du Bienfaiteur, ce qui suit est annoncé aux numéros de l'Etat Unique :
    Tous ceux qui s'en sentent capables sont tenus de composer des traités, des poèmes, des proclamations, des manifestes, des odes, etc... pour célébrer les beautés et la grandeur de l'Etat Unique.
    Ce sera la première charge que transportera l'Intégral.
    Vive l'Etat Unique. Vive les numéros. Vive le Bienfaiteur !
    (Note 1, page 15)

    Une âme? Quel mot étrange et depuis longtemps oublié!
    "C'est...très grave? balbutiai-je.
    - Incurable, tranchèrent les ciseaux.
    - Mais, en somme, en quoi cela consiste-t-il? Je ne me rends pas bien compte...
    - Commet vous expliquer... vous êtes mathématicien?.
    - Supposez une siurface plane, ce miroir par exemple. Nous clignons des yeux pour éviter le soleil qui s'y réfléchit. Vous y apercevez également la lumière d'un tube électrique; tenez, l'ombre d'un avion vient d'y passer. Tout cela ne reste qu'une seconde dans le miroir. Maintenant, supposez que par le feu on amolisse cette surface impénétrable et que les choses ne glissent plus, mais s'incrustent profondément dans ce miroiur, derrière lequel, étant enfants, nous cherchions si souvent avec curiosité ce qu'il pouvait y avoir. Cette surface aurait engendré un volume, un corps, un monde. Nous avons en nous un miroir sur lequel glissent le soleil, le tourbillon de l'avion, vos lèvres tremblantes et les lèvres d'un autre aussi.... Ce miroir froid réfléchit, renvoie, tandis que le vôtre, maintenant, garde trace de tout et à jamais. Vous avez vu un beau jour une légère ride sur la figure de quelqu'un - vous l'avez toujours en vous; vous avez entendu quelque part une goutte d'eau tomberdans le silence, vous l'entendez encore maintenant...
    - Oui, c'est justement ça", dis-je en le saisissant par la main. J'entendais dans le silence des gouttes d'eau tomber lentement du robinet du lavabo, et savais que ce serait pour toujours. "Mais pourquoi ai-je eu tout à coup une âme...Je n'en avais pas et puis, brusquement...Pourquoi personne n'en a--t-il, et moi..."
    - oui
    (Note 16, page 81)



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  • Les derniers hommes

    de Pierre Bordage

    Présentation de l'éditeur

    Le futur proche, après la troisième guerre mondiale. Dans une Europe dévastée par les pollutions chimiques, nucléaires et génétiques, les rares ressources intactes sont partagées par des tribus nomades qui ont pris chacune en charge l'exploitation d'une denrée spécifique. Solman le boiteux, du peuple aquariote - qui découvre et contrôle les sources d'eau -, possède le don de clairvoyance : infaillible juge des âmes, cet atout le confine aussi à l'écart de tous, qui se méfient de son talent. Seuls Raïma, la guérisseuse, puis la mystérieuse Kadija et un vieux scientifique de l'ancien monde vont l'accompagner dans sa quête pour échapper à l'apocalypse qui semble menacer les derniers hommes...

    --> C'est un roman de science fiction sur des bases humanistes et anti-fanatiques, inspiré par les grands mythes et l'apocalypse selon Saint-Jean. Ecrit sur un rythme régulier, on suit la migration du peuple aquariote et son donneur porteur du don de clairvoyance: Solman le boiteux. Les tribus se protègent les unes avec les autres derrière l'éthique nomade, mais  cette éthique bafouée on se demande qui tire les ficelles de cette fin d'humanité.

    L'auteur n'a de cesse de nous décrire les vraies natures de l'homme, de nous rappeler ses défauts et d'inciter à l'humilité face à la nature. Il n'évite pas les répétitions, et cela peut donner un sentiment de lenteur au roman, mais c'est ce qui donne la puissance de la fin du récit. La dernière partie est dense (trop?) et donne tout son poids au roman, elle fait s'effondrer des certitudes, redonne de l'espoir ou du désespoir.

    Une fois lu, on n'oublie pas le roman de Pierre Bordage, et on garde en tête la question: qu'est-ce qui fait agir les hommes?

    Une citation, qui n'est pas représentative mais qui parle de l'endroit où j'ai grandi:

    "L'état du pont métallique enjambant la Gironde avait suscité les plus vives inquiétudes avant son franchissement. Cependant, les chauffeurs avaient préféré courir le risque de le traverser plutôt que de prendre la piste de contournement du fleuve et d'effectuer un détour de plusieurs centaines de kilomètres." (il n'existe pas à ce jour de pont enjambant la Gironde. Tout au long du livre, les aquariotes se déplacent et nous passons tour à tour en île de France, en Galice, dans le massif central)

    Les clans et les personnages: (retrouvés sur wikipédia)

    • Aquariotes : Chercheurs d'eau
      • Solman : jeune homme boiteux, "donneur" (capable de lire dans les pensées et d'avoir des prémonitions). Ses parents, Piriq et Mirgwann, ont été assassinés lorsqu'il était enfant.
      • Raïma : guérisseuse atteinte de la transgénose, qui provoque des mutations anarchiques de son corps et de son esprit
      • Irwan, Orgwan, Lohiq, Gwenuver, Joïnner et Katwrinn : "pères" et "mères" (dirigeants) du peuple aquariote
      • Chak et Moram : chauffeurs de camion
      • Helaïnn l'ancienne et Hora : sourcières
      • Glenn/Jean : jeune orphelin sauvé par Solman et adopté par Raïma
    • Slangs : Troqueurs d'armes
      • ErHat
    • Albains : Originaires d'Albanie, ils cloîtrent leurs femmes et leurs filles à l'abri du regard des autres
      • Ismahil
      • Kadija
    • Scorpiotes : Originaires d'Ecosse, vivant en Lettonie, ils sont dotés d'étranges capacités à cause d'une exposition aux radiations nucléaires
      • Wolf/Caïn.
    • Sheulns : Intégristes du retour à la nature, se déplacent le long du littoral des Pays-Bas.
    • Lanx : Se déplacent en véhicules terrestres à voile.
    • Ariotes : Parcourent l'Espagne désertique en chars à bœufs ou à chevaux
    • Léotes : Pauvres, troquent des pierres précieuses et de l'or, qui n'ont plus beaucoup de valeur.
    • Virgotes : Éleveurs et dresseurs de chiens.
    • Kuoms : Fanatiques religieux.
    • Bakous : Prêtres errants, nus et mutilés.
    • Sadhus : équivalents des Bakous en Asie.
    • Arges : Geôliers en Transylvanie.
    • Capriotes : Troquent des matériaux
    • Cromagnons : Tribus cannibales

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  • Hunger Games

    de Suzanne Collins

    Présentation de l'éditeur

    Peeta et Katniss sont tirés au sort pour participer aux Jeux de la Faim. La règle est simple : 24 candidats pour un seul survivant, le tout sous le feu des caméras ? Dans chaque district de Panem une société reconstruite sur les ruines des États-Unis deux adolescents sont choisis pour participer au Jeu de la Faim. La règle est simple : tuer ou se faire tuer. Celui qui remporte l épreuve, le dernier survivant, assure la prospérité à son district pendant un an. Katniss et Peeta sont les « élus » du district numéro douze. Les voilà catapultés dans un décor violent, semé de pièges, où la nourriture est rationnée et, en plus, ils doivent remporter les votes de ceux qui les observent derrière leur télé... Alors que les candidats tombent comme des mouches, que les alliances se font et se défont, Peeta déclare sa flamme pour Katniss à l antenne. La jeune fille avoue elle-aussi son amour. Calcul ? Idylle qui se conclura par la mort d un des amants ? Un suicide ? Tout est possible, et surtout tout est faussé au sein du Jeu de la Faim... Public mixte à partir de 12 ans.

    --> ce roman a toutes les raisons de rencontrer un succès fou auprès des ados. Beaucoup de leurs interrogations, de leurs valeurs y sont présentes: la confiance en soi, en l'autre, le déterminisme personnel, l'entraide, la remise en cause du monde tel qu'il est dans un roman dystopique. Une plongée dans une télé réalité effrayante. J'ai commencé et poursuivi cette lecture sans m'en détacher: les évènements se succèdent les uns aux autres dans un rythme sans relache. Je ne lirai pas la suite parce que j'ai le sentiment d'avoir fait le tour de l'écriture de ce livre  qui n'offre pas de surprises littéraires, mais ça reste un bon moment de lecture.

     


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  • Un bonheur insoutenable

    de Ira Levin

    Présentation de l'éditeur

    Dans le futur, les nations ont aboli les guerres et la misère. Mais à quel prix ? Gouvernés par un ordinateur géant, les hommes sont - à l'aide d'un traitement hormonal mensuel adéquat - uniformisés, privés de toute pensée originale. Dans un univers où il n'existe que quatre prénoms différents pour chaque sexe, le jeune Li RM35M4419 va hériter de son grand-père d'un étrange cadeau : un surnom, Copeau. Ce sera le début pour lui d'une odyssée qui va l'amener d'abord à s'accepter en tant qu'individu, puis à la révolte. Il n'est heureusement pas seul, d'autres ont décidé de se rebeller. Mais seront-ils assez forts pour lutter contre Uni, le super-cerveau informatique de cette humanité déshumanisée ?
     

    Biographie de l'auteur

    Ira Levin. Né à New York en 1929, il est l'auteur de Ces garçons qui venaient du Brésil et de Les femmes de Stepford. Un bébé pour Rosemary, son chef-d'œuvre, a envahi le monde d'une inoubliable sensation de malaise et a été adapté au cinéma par Roman Polanski. Il a récemment donné une suite à ce best-seller, Le fils de Rosemary.

     --> "roman d'anticipation contre-utopique", oeuvre "dystopique" . Après avoir lu Farenheit 451 et L'oiseau d'Amérique, j'avais envie de continuer dans la science fiction. Dans ce roman, la réflexion est sur l'identité de chacun, le bonheur géré par les machines (on pense à l'oiseau d'Amérique), la dissimulation de l'histoire. La nécessité de lire (le thème est moins présent que dans les 2 autres romans, mais il existe).

    On peut lire l'article de ce blog : http://hyperbate.fr/dernier/?p=8331

    Je songe à relire Le meilleur des mondes / Aldous Huxley et 1984 / George Orwell.

    JE RECHERCHE LIMBO / Bernard Wolfe et LA KALLOCAÏNE / Karin Boye

    Citations:

    Une puissante Famille
    Une race parfaite
    Libérée de l'égoïsme
    De l'agressivité
    De l'avidité
    Chacun donnant tout ce qu'il a
    Et recevant tout ce qu'il lui faut

    Non, pensa-t-il. Ils ne forment pas une famille puissante, mais une famille faible et pitoyable, abêtie par des traitements chimiques et déshumanisée par des bracelets. Seul UNI est puissant.

     


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  • Farenheit 451

    de Ray Bradbury

    Quatrième de couverture

     

    451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s'enflamme et se consume. Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres dont la détention est interdite pour le bien collectif.

    Montag, le pompier pyromane, se met pourtant à rêver d'un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l'imaginaire au profit d'un bonheur immédiatement consommable. Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement pourchassé par une société qui désavoue son passé.

     

     

    L'auteur vu par l'éditeur

    Né en 1920, Ray Bradbury s'impose à la fin des années 40 comme un écrivain majeur, avec la parution d'une série de nouvelles oniriques et mélancoliques, plus tard réunies sous le titre de Chroniques martiennes. Publié en 1953, Fahrenheit 451, qui finit d'asseoir la réputation mondiale de l'auteur, sera porté à l'écran par François Truffaut.

    --> Un classique du genre science-fiction, qui met le livre et la lecture à l'honneur. Il a été écrit en 1953. Le héros vit à une époque où lire un livre est un crime. Il faut tous les détruire. François Truffaut a adapté le livre au cinéma en 1966.

    Un livre pour les plus jeunes (ados) se réfère à Farenheit 451: il s'agit de Virus LIV 3 ou la mort des livres de Christian Grenier.

    Citations:

    - "Nous ne naissons pas libres et égaux, comme le proclame la Constitution, on nous rend égaux. Chaque homme doit être à l'image de l'autre."

    "Bourrez les gens de données incombustibles, gorgez-les de «faits», qu'ils se sentent gavés, mais absolument «brillants» côté information. Ils auront l'impression de penser, ils auront le sentiment du mouvement tout en faisant du sur-place."

    "Il n'y a pas besoin de brûler des livres pour détruire une culture. Juste de faire en sorte que les gens arrêtent de les lire."

     

    Le résumé complet

    Première partie, Le Foyer et la Salamandre.

    Dans un futur indéterminé, Montag est un « pompier » dont le travail est de brûler toutes les œuvres écrites, sans exception. Lui et son escouade pyromane parcourent la ville à la recherche de toutes les bibliothèques illégales, et ont pour ordre strict d’en faire un autodafé. Le monde de Montag est un monde où posséder un livre, voire simplement lire une œuvre écrite, sont devenus des crimes. La littérature, répugnée par la société, n’existe plus. Jusque-là pleinement satisfait de son travail, Montag va un jour décider de soustraire des livres à leur destruction promise et de les lire. Il décide de cacher les œuvres chez lui, sans que personne ne soit au courant. Une nuit en revenant de son travail, au petit matin, en regagnant sa maison, il rencontre une jeune fille, au détour d'une rue. Elle s'appelle Clarisse McClellan, et a 17 ans. Elle est l'opposée en tous points de l'épouse de Guy Montag : Mildred, endoctrinée par la propagande télévisée.

    Deuxième partie, Le Tamis et le Sable.

    Découvrant les livres, il part en recherche d'une vieille connaissance qu'il n'a jamais dénoncée, sans vraiment savoir pourquoi. Il s'agit de Faber, un vieux professeur d'anglais retraité qui s'était fait licencier quarante ans plus tôt à la fermeture, par manque d'élèves et de crédits, de la dernière école d'arts libéraux. Une discussion a lieu entre les deux hommes, Montag proposant à Faber de réimprimer des livres. Finalement, Faber lui donnera une puce qui, introduite dans son oreille, lui permettra de communiquer avec lui en toute discrétion. Le but étant de découvrir les points faibles de l’univers des pompiers, et plus particulièrement du capitaine Beatty, le supérieur hiérarchique de Montag.

    Troisième partie, L'Éclat de la Flamme.

    Faber envoie Montag en mission de reconnaissance, mais Montag se fait démasquer et finit par brûler Beatty, lors d’une mission qui visait la maison même de Montag. En effet, sa femme, Mildred, avant de le quitter, avait averti les autorités de la présence de livres chez elle. Montag devient alors un dangereux criminel et est traqué sans merci par cette société pourtant au bord de la guerre. Il est alors poursuivi par le Limier (une machine robotisée programmée pour traquer, capturer et tuer tous ceux qui osent toucher aux livres. Le limier-robot est une machine qui ressemble à un chien-abeille avec ses huit pattes et sa trompe de laquelle sort un dard qui injecte des doses massives de morphine et de procaïne). Grâce à un ingénieux tour de passe-passe et surtout avec une chance incroyable, il parvient à s'échapper de la ville et se laisse porter le long du fleuve pour rencontrer les membres d'une communauté itinérante composée de vieux diplômés de Harvard qui habitent sur les routes, le long de vieux chemins de fer rouillés. Ils ont chacun appris un livre par cœur afin de le sauver de l'oubli auquel il était promis. Finalement, la guerre éclate et Montag voit la ville détruite, lui donnant une chance à un nouveau départ.

     


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    L'oiseau d'Amérique

    de Walter Tevis

    Présentation de l'éditeur

     

    Au XXVe siècle, l'humanité s'éteint doucement, abreuvée de tranquillisants prescrits en masse par les robots qu'elle a elle-même programmés à cette fin. Le monde repose désormais sur les épaules de Robert Spofforth, l'androïde le plus perfectionné jamais conçu, qui possède des facultés inouïes... sauf, à son grand regret, celle de se suicider. Mais l'humanité moribonde se fend d'un dernier sursaut. Paul Bentley, petit fonctionnaire sans importance, découvre dans les vestiges d'une bibliothèque l'émerveillement de la lecture, depuis longtemps bannie, dont il partagera les joies avec Mary Lou, la jolie rebelle qui refuse ce monde mécanisé. Un robot capable de souffrir, un couple qui redécouvre l'amour à travers les mots, est-ce là que réside l'ultime espoir de l'homme ?
     

     

    Biographie de l'auteur

    Professeur de littérature à l'université de l'Ohio, Walter Tevis (1928-1984) publie L'homme tombé du ciel, son premier roman, en 1963. Après un long silence, il revient à l'écriture en 1980 avec L'oiseau d'Amérique, comparé à sa publication au Meilleur des Mondes d'Aldous Huxley et à Fahrenheit 451 de Ray Bradbury.

    --> Un petit coup de coeur pour ce livre. J'ai sélectioné quelques citations, mais le choix a été difficile. Publié en 1980. La société dans laquelle évolue Paul est régie par des robots conçus par les hommes pour leur faciliter la vie et pour leur bonheur. 

    C'est la lecture et les livres qui vont faire évoluer Paul vers une autre manière de vivre, une quête de Liberté. J'ai songé alors au siècle des Lumières. Mais j'ai surtout pensé que notre société d'aujourd'hui manquait parfois autant d'humanité que celle que nous présente Walter Tevis.

    "L'Enseignement de la Lecture est [également] un crime contre la Vie Privée et la Personnalité."

    " J'ai lu un livre sur l'accouchement et sur la façon de s'occuper des nouveaux-nés. Mais je n'ai pas la moindre idée de ce qu'on ressent à être mère. Je n'ai jamais vu de mères."

    "Je lis presque continuellement. Je ne prends plus de "sopors" et ne fume plus de marijuana. Je lis jusqu'à tomber de sommeil et je m'effondre sur mon lit, l'esprit en ébullition, hanté par la foule des visages, des gens et des idées jaillis du passé qui tourbillonent dans ma tête; et enfin, épuisé, je m'endors comme une masse.

    Et j'apprends de nouveaux mots. 30 à 40 par jour.

    Bien avant les robots, l'Intimité et la Vie Privée, l'histoire de l'humanité n'était faite que de violence. Je ne sais pas ce que je pense, ni ce que je ressens, face à tous ces morts et tous ces évènements. La Révolution russe, la Révolution française, le Grand Déluge de Feu, la Troisième Guerre Mondiale et l'Incident de Denver. On m'avait appris, lorsque j'étais enfant, qu'avant le Second Âge tout n'était que violence et destruction car à cette époque, nous disait-on sans autres précisions, les droits individuels n'étaieent pas respectés. Nous n'avons jamais développé le sens de l'histoire; tout ce que nous savions, et encore à condition de nous livrer à des déductions, c'était qu'il y avait eu d'autres gens avant nous et que nous étions meilleurs qu'ils ne l'avaient été. Mais on ne nous encourageait pas à penser, sauf à nous-mêmes."

    "(...) les Baleen ne se parlaient presque jamais. Après chacune de mes lectures du soir, on allumait l'immense écran de télévision. (...) Certians se levaient pour aller chercher un morceau de poulet, une boîte de bière ou quelques cacahuètes dans la cuisine, mais il n'y avait jamais la moindre conversation dans la cuisine; personne ne voulait briser l'ambiance des spectacles TV."

    " Et je commençai à comprendre, à imaginer cet incroyable phénomène qui avait débuté dans les temps immémoriaux à l'ombre des arbres, dans les grottes et dans les plaines de l'Afrique, l'homme, bipède et simiesque, s'étendant partout et fabriquant d'abord ses idoles, puis ses cités. Et l'homme aujourd'hui, drogué, s'avançant en titubant sur le chemin qui le menait au néant à cause d'une machine déréglée. Une minuscule pièce de machine. Et un robot plus qu'humain qui se refusait à essayer de la réparer."

     et puis: "PAS DE QUESTIONS, RELAX", "SEXE VITE FAIT, SEXE BIEN FAIT", "ABANDONNEZ-VOUS A L'ECRAN"


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