• Algues vertes

    Inès Léraud et Pierre van Hove

    Des échantillons qui disparaissent dans les laboratoires, des corps enterrés avant d'être autopsiés, des jeux d'influence, des pressions et un silence de plomb. L'intrigue a pour décor le littoral breton et elle se joue depuis des dizaines d'années. Inès Léraud et Pierre van Hove proposent une enquête sans précédent, faisant intervenir lanceurs d'alerte, scientifiques, agriculteurs et politiques.

    --> Une BD documentaire fort bien faite, révoltante. La puissance médiatique des canaux d'information générale nous perdent dans le vrai du faux... les marées vertes on a en vu des traces et même plus (Finistère nord), on en a senti l'odeur. Bah, c'est naturel cette mauvaise odeur... les vent vont la dissiper. Les marées vertes existent, ont toujours existé, mais pas à cette fréquence. Des animaux sont morts, un homme est mort, les affaires étouffées au nom du tourisme. Maintenant on nettoie à grands renforts de protection... Cette enquête reprend de manière éclaircissante les acteurs autour des raisons de ces marées et de leur nettoyage. Parce qu'il ne s'agit pas de nier les marées, mais reconnaître leur fréquence, ce qu'on en fait. Pour décider de changer... Révéler ce qui est étouffé. Pour ma part, j'ai découvert l'affaire Thierry Morfoisse dans cette BD.  Je serai désormais plus en alerte sur ce sujet, dont le livre a le mérite de citer un grand nombre d'acteurs qui créent l'immobilisme "bien malgré eux" voudrait-on penser...


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  • L'homme qui ne disait jamais non

    Olivier Balez et Didier Tronchet

    Violette est hôtesse de l’air. Elle prépare le concours pour devenir profiler. Depuis les attentats du 11 septembre, les aéroports recrutent ces professionnels pour repérer les comportements dits « à risque ». Violette s’est tout de suite lancée dans l’aventure. Dans l’avion, à l’approche de l’aéroport de Lyon, elle remarque un homme qui semble perdu. L’homme ne se souvient de rien. Ni pourquoi il a pris l’avion, ni de la date du jour, et pas même de sa propre identité. Violette décide de venir en aide à celui qui, selon son passeport, s’appelle Étienne Rambert et vit à Lyon. Dès lors, traînant Étienne comme un boulet, Violette va mener l’enquête tambour battant et percer, peu à peu, le secret de la véritable personnalité d’Étienne. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle ne sera pas au bout de ses surprises. La moindre étant celle qui conduira Étienne, toujours flanqué de Violette, à Quito, en Amérique du Sud… précisément là d’où il venait deux jours plus tôt !

    --> Cette BD aurait pu être un coup de coeur. Je l'ai avalée: le sujet de l'amnésie a de quoi plaire, ajoutez à cela une pincée de suspens et un peu de temps devant soi, on ne décroche pas. Mais... le personnage de Violette est too much, et la fin trop...éclairante. Après nous avoir laissé dans un semblant d'ombre, on nous prend par la main pour tout nous expliquer. C'est cela cette BD, une comparaison qui souffre de son inspiration hitchkockienne géniale (La maison du docteur Edwardes).L'homme qui ne disait jamais non


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  • Le jardin de minuit

    par Edith

    Été. Angleterre, XXe siècle. Tom Long est contraint de passer ses vacances chez son oncle et sa tante, car son frère a la rougeole. Ils habitent un appartement, situé dans un immeuble sur cour. L'ennui s'installe... Quand soudain, une nuit, un événement étrange se produit : l'horloge du hall sonne treize coups ! La cour a laissé place à un immense jardin... Tom s'y risque, il y devient invisible sauf aux yeux d'une petite fille de son âge, Hatty, vêtue d'une tenue du siècle dernier. Elle semble vivre dans un temps qui n'obéit pas aux lois chronologiques... Quel mystère se dissimule derrière ce bouleversement temporel ?...

    --> Adaptation d'un roman jeunesse, cette bande dessinée a beaucoup pour plaire. Des dessins Un crayon frais, détaillé tout en restant simple. Le scénario joue avec le fantastique, le merveilleux de l'enfance. Agréable.


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  • L'île Louvre

    De Florent Chavouet

    Le musée du Louvre est devenu île, sous les crayons de couleurs de Florent Chavouet. Muni d’un pass délivré par les autorités du musée, il se rend sur ce territoire insulaire à la rencontre de ses habitants (ceux qui travaillent dans cette institution), de ses visiteurs (les touristes du monde entier) et de ses paysages (l’ensemble des salles et des oeuvres exposées). Carnet de voyage en main, l’auteur s’amuse à nous décrire cette île-musée et ses traditions. Au fur et à mesure de ses déambulations, il nous plonge ainsi dans la vie quotidienne du Louvre, restituant avec un sens du détail digne des plus grands enlumineurs les lieux les plus courus comme d’autres bien moins connus. Les Editions du Louvre et Futuropolis poursuivent avec Florent Chavouet leurs parutions où carte blanche est donnée aux artistes.

    --> "Je vais parler du lieu, c'est pas sur que ça fasse une histoire": l'auteur nous prévient. On déambule dans le Louvre, ses visiteurs, ses surveillants ses coulisses un peu aussi. C'est bourré d'anecdotes, assez drôles. Les dessins sont vraiment plaisants. "Ca me rappelle Game of thrones" "En plus balaise je trouve".


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  • La fille de Vercingétorix

    Jean-Yves Ferri / Didier Conrad

    Escortée par deux chefs arvernes, une mystérieuse adolescente vient d'arriver au village. César et ses légionnaires la recherchent, et pour cause : au village, on murmure que le père de la visiteuse ne serait autre que... le grand Vercingétorix lui-même, jadis vaincu à Alésia !

    --> Cap clap, Bravo! Ce nouvel opus des aventures d'Asterix est dans la respect de l'héritage de Gosciny et Uderzo. Point d'ombre au tableau. Une version modernisée, qui peut donner goût à nos ados de ce plonger dedans, comme une potion. Mon fils a aimé aussi c'est dire.


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  • Le Havre

    Jacques habite un havre de paix. Tout roule pour lui, sa nana, son job, qu'est ce qui pourrait bien perturber cette tranquillité ? Bien sûr, barman dans un bar de nuit ce n'est pas toujours tout rose… La clientèle n'est pas de premier choix, mais cela met un peu d'originalité dans une vie grise… Et pourtant, en cette période proche de Noël c'est le rouge qui va faire basculer sa vie. Le rouge sang, le rouge de la trahison… Le Havre, Au buveur d'étoiles, est un polar ayant pour principal acteur un barman de nuit. Ce bar où se rencontre toute une faune de noctambule, fournit une source inépuisable d'histoires sordides. Le deuxième personnage c'est la ville du Havre. Sombre et propice aux aventures nocturnes, cette grande ville portuaire offre tous les ingrédients du polar. Le style réaliste, le dessin en noir et blanc de Jay rehausse le côté sombre de l'histoire. Enfin le mélange savamment dosé du texte et de la bande dessinée donne une ambiance toute particulière où l'amertume du héros mêlée à ses rêves enfuis dégage comme une noire poésie.

    Le Havre

    Sur le port du havre, il y a un barman de nuit… Il s’appelle Jacques Daniel, et le cent quatre-vingt degrés de son horizon est en train de sombrer comme le mercure dans le thermomètre. Un peu comme la courbe du moral des français face à la crise mondiale… Sa Mimi a disparu et le froid hante les rues. Certains lâcheraient prise et se laisseraient glisser sur la ligne du toboggan des statistiques, mais les fêtes de fin d’année pointent le bout de leur nez…
    Et puis il y a ce flic qui a besoin de lui mais qui prend sans jamais rien donner en échange. Jacques Daniel s’en méfie… mais il l‘aime bien aussi. Quelque part, il le considère comme son allié. Mais la vérité de chaque jour n’a désormais plus grand-chose à voir avec celle de la veille, et la parano guette… Notre homme a déjà pas mal trinqué… Cette fois, on est dans le dur : Le béton et la neige, et Jacques fait des rencontres qui vont changer sa perception de l’urbain et de son malheur. D’événements en rencontres, des pièces du puzzle vont apparaître, il faudra juste les mettre en place… Mais que pèse un barman de nuit quand sur l’autre plateau de la balance se trouvent un notable et le plus gros fournisseur d’emploi régional ?

    --> Une bande dessinée qui mêle la narration aux cases. C'est limpide, pas trop de texte à lire, mais il n'en faut pas plus. Des cadrages originaux et des dessins en noir et blanc très sympa. Une intrigue qui tient en haleine... on enchaîne  vite sur le tome 2.

    --> Toujours des cadrages variés, une pointe d'humanité qui vient se glisser dans le scénario, un suspens tranquille entretenu jusqu'au bout, des vue sympas du Havre une BD découverte par hasard que je recommande.


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  • Les filles de Montparnasse

    Premier volet d'une tétralogie, ce livre suit les destins mêlés d'un groupe d'amies partageant le même appartement, dans le Montparnasse des années 1870. Amélie sera écrivain, Garance voudrait être un grand peintre, Elise rêve d'être chanteuse et Rose-Aymée est modèle. A la manière d'un feuilleton (ou d'une " série"), le récit entrelace les épisodes de leurs destins respectifs : carrières, amours, amitiés, coups de théâtre, ruptures. Avec ses couleurs flamboyantes, son érotisme, Les filles de Montparnasse est un roman somptueux et baroque, en Technicolor. Au fil de ces trois volumes, c'est toute une époque qui revit sous nos yeux, celle des années qui suivent la Commune de Paris.

    --> On retrouve bien Nadja, de Chien bleu. Des couleurs au service d'un graphisme séduisant. Mais quelle déception sur le scénario. Je ne suis pas rentrée dedans. Des histoires de femmes placées les unes à côté des autres.


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  • La saga de Grimr

    de Jérémie Moreau

    La Saga de Grimr est une quête d’identité tragique dans un décor grandiose. Le héros y est confronté à chacun des piliers de la culture islandaise : le prestige de la généalogie, le culte de la loi et la superstition.
    1783. L’Islande, accablée par la misère, doit encore subir le joug du Danemark. Et le sort de Grimr, devenu orphelin, est plus cruel encore dans ce pays où l’homme se définit d’abord par son lignage. Doté d’une force impressionnante, il se sait capable de rivaliser avec les plus fameux héros de saga même s’il n’est le fils de personne. Il ne lui manque que l’opportunité de prouver sa valeur…

    --> L'Islande, ses sagas. Ici l'histoire d'un homme dont on devine que transformée en légende, en saga elle viendra alimenter les soirées d'hiver. Encore faut-il quelqu'un pour témoigner de la vie de cette homme "né de personne". J'ai tout aimé dans cette BD, avant tout la simplicité et par dessus tout la bonne surprise ; mais aussi le graphisme: ça foisonne, ça bouillonne, ça explose, tant dans les paysages que pour le personnage de grimr; tout en étant maintenu dans les ton pastels.
    Belle surprise au détour d'un emprunt hasardeux.


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  • Jacques Damour

    Alors qu'il arpente les boulevards d'un Paris transformé, Jacques Damour se souvient de son ancienne vie à Ménilmontant... Ciseleur sur métaux, marié à Félicie, il était pauvre mais heureux avec ses deux enfants, Eugène et Louise. Tout a basculé pendant le siège des Prussiens... C'est le début de la Commune, Berru, un peintre en bâtiment affamé, qui mange bientôt matin et soir chez les Damour, tient des propos enflammés, prône la république, la justice et l'égalité et convainc le père et le fils d aller se battre sur les barricades. Mais Eugène est touché par une balle en pleine poitrine et meurt. Peu de temps après, Jacques Damour est fait prisonnier et est déporté au bagne de Nouméa. Berru, lui, a filé trois jours avant l arrivée des troupes...
    C'est cet « ami » justement que Damour retrouve par hasard sur le pont Notre-Dame. Berru lui apprend alors que Félicie s'est remariée avec un riche boucher des Batignolles. Les deux hommes, grisés par le vin, partent pour la boucherie... Quelle sera la réaction de Félicie en voyant Damour qu'elle croit mort depuis dix ans ? Eugène va-t-il être vengé ? Et Louise, qu'est-elle devenue ?

    --> Adaptation d'une nouvelle de Zola, c'est limpide, l'histoire nous tient en haleine, le contexte politique de l'époque est bien présent. On est bien dans l'univers de Zola. A cela près que les dessins sont pastels, frais et rendent les récits sombres plus soutenables. J'ai beaucoup aimé. Il ne reste plus qu'à lire la nouvelle d'Emile maintenant. Mention spéciale pour le personnage de Félicie dont la vie de femme semble appartenir aux hommes... j'ai hâte de lire comment Zola traitait le personnage dans sa nouvelle.


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  • Le goût d'Emma

    À 30 ans, sur une simple candidature spontanée, Emma réalise son rêve d’enfant en rejoignant l’équipe des inspecteurs du prestigieux et mystérieux guide Michelin. Ses tournées d’inspection vont la mener sur les routes de France pour découvrir non pas les grandes tables étoilées qui la faisaient rêver – privilège des inspecteurs les plus anciens – mais des hôtels et des restaurants qui ne paient pas de mine.

    --> 4 années inspectrice au guide Michelin. Ce roman graphique se lit d'une traite. Pas de suspens, il ne tient pas en haleine, mais il déborde de passion, ne fait pas dans les détails ennuyeux, j'ai passé un bon moment avec Emma et dans les coulisses du guide rouge.


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  • Septembre en t'attendant

    Alissa Torres est enceinte de 7 mois et demi lorsqu'elle perd son mari Eddie dans les attentats du World Trade Center.
    Elle dépeint avec émotion le manque et la douleur d'une disparition aussi injuste. Elle ne cache rien des difficultés rencontrées, des réactions parfois blessantes de son entourage, des frustrations engendrées par les organismes d'aide aux victimes, de l'acharnement malsain de certains médias... C'est finalement son mari qui l'aidera à survivre, puisque c'est dans les souvenirs de leur vie commune qu'elle puisera la force de se battre chaque jour... Pour leur fils. En mémoire d'Eddie.

    --> J'ai ressenti une terrible solitude, nécessaire, pas larmoyante de l'auteure. Un temps pour revenir à la vie. Cet album est finalement un album sur le deuil, celui que chacun parcourt à sa manière, le contexte du 11 septembre est une enveloppe, le deuil, l'absence est le coeur de ce  roman graphique.

    .Roman graphique autobiographique, Alissa l'auteure a fait appel à une dessinatrice. On porte un regard renouvelé sur le 11 septembre, centré sur cette jeune veuve enceinte au moment de l'attentat. Elle évoque les indemnités proposées aux victimes et les polémiques qui vont avec, les preuves qu'il a fallu trouver pour dire que son mari était bien employé d'une compagnie du world trade center (c'était son deuxième jour là-bas). Elle évoque les "si" ç'avait été autrement, le bouts de chair retrouvés qui permettent d'en savoir plus sur les circonstances de la mort, les sollicitations des médias... et puis il y a le premier anniversaire du 11 septembre qu'elle décide de passer à HawaÏ. 3 pages en couleurs tombent à la fin du récit: les multiples photos et document de son mari sur une double page, une photo simple et unique de son bébé et elle dans l'eau vraisemblabement en plongée à HawaÏ. La vie qui reprend.

     

     


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  • Giorgi Albertini et Gregory Panaccione

    Rien ne nous a vraiment préparés à cette folle épopée mêlant science-fiction, polar, conte initiatique et roman sentimental décalé. Mais une chose est certaine, vous allez vivre une expérience de lecture jubilatoire... Bloch vient de recevoir l'appel de sa vie : il va enfin intégrer la mythique Chronosquad pour une mission en Égypte antique ! Une banale fugue d'adolescents d'un centre de vacances que l'expérience de ses coéquipiers, Penn et Beylogu, devrait permettre de résoudre rapidement. Mais ce qui se présentait comme une balade temporelle de santé se transforme bientôt pour Bloch en voyage initiatique...

    --> Un récit étonnant, original qui mêle les voyages dans le temps à l'enquête policière. Le personnage de Bloch est attachant, plutôt drôle.


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  • En attendant Bojangles

    Ingrid Chabbert et Carole Maurel

    Un couple et leur fils nagent dans le bonheur, en compagnie de Mademoiselle Superfétatoire, un grand oiseau exotique adopté par la mère. Cependant, imprévisible et extravagante, cette dernière entraînera malgré elle sa famille dans un dangereux tourbillon, que tenteront d'éviter père et fils.

    --> Trois ans plus tard, je ressors aussi émue, amusée et attristée par la lecture de cette adaptation du roman éponyme. Ne passez pas à côté de la préface et replongez vous avec délice et désespoir dans cette histoire d'Olivier Bourdeaut. Je ne pense pas que l'adaptation puisse se passer du roman, mais l'adaptation ne le dénature pas. La fin m'est apparue plus "violente", plus "vraie". L'ensemble aussi "réjouissant"!


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  •  Secret pour secret

    de Charlotte Bousquet et Jaypee

    Voilà Lucas. Lucas et ses yeux de chien battu. Lucas et ses mains moites, ses baisers trop mouillés. Lucas, qui n’a toujours pas compris qu’entre nous c’est terminé. Dégage, Lucas. Disparais ! Fous-moi la paix ! D’habitude, en soirée, je danse, je m’éclate. Ça me permet d’oublier les semaines en solitaire, le silence étouffant de cet appartement trop grand. Là, c’est le contraire. Je me sens étrangère. Pas intégrée. Désintégrée.

    « Je suis enceinte. » C’est réel, puisque je l’ai dit. Je n’ai plus le choix, je ne peux plus faire comme si j’en m’en foutais.

    --> Sur le thème de la grossesse non désirée et l'ivg.


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  • Invisible

    de Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini

    Sensible et mélancolique, un drame pour aborder le thème du suicide avec les adolescents

    En classe comme dans sa famille, Marie est invisible. Sa passion ? La couture et les bijoux faits main. Lorsqu'elle observe les autres filles, elle se trouve laide, grosse, inutile. Le seul qui la voit, c'est Soan. Mais ce regard est capable de faire éclore chez Marie une nouvelle confiance en elle. Une confiance bien fragile.

    --> J'aime cette collection chez Gulf Stream, mais attention, coeurs bien serrés, c'est de suicide qu'il s'agit et pas seulement d'un mal être adolescent. Personnellement, je ne m'attendais pas à la chute. 


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  • L'essai

    de Nicolas Debon

    Avec L'Essai, Debon signe un histoire complète qui, entre fiction et réalité, met en scène l'histoire vraie d'une communauté anarchiste.

    Dans son nouveau one shot, Nicolas Debon s'inspire de l'histoire vraie d'une communauté anarchiste installée dans les Ardennes en 1903. Fonctionnant sur le principe de liberté et sur les préceptes libertaires, la communauté de L'Essai illustre à merveille l'espoir d'un modèle de société différent et exempt de toute autorité, dans une France plongée dans la misère. Un récit historique poignant sur un épisode méconnu de notre histoire et mis en images par un auteur au talent hors du commun.

    Une aventure documentaire, un récit inspiré d'une histoire vraie, mais aussi une bande dessinée servie par un graphisme original avec des couleurs directes parfaitement appropriées aux décors majestueux.

    - 1903, Les Ardennes, une communauté anarchiste. Je suis curieuse d'expériences qui ont été et n'ont pas perduré, pour me poser des questions, tenter de comprendre, expliquer des convictions. Cette bande dessinée est parfaite pour découvrir l'expérience de cette communauté et choisir d'en savoir plus. Quant au dessin, je ne suis pas une grande amatrice, mais c'est ce que j'aime.


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  • Embarqué

    Christian Cailleaux

    «Durant des mois, j'ai accompagné des marins sur leurs navires. Je me suis interrogé sur les raisons justifiant une telle mobilisation d'hommes et de moyens. Il est évident que les intérêts des autorités françaises, civiles et militaires, sont économiques et stratégiques, à l'heure où l'espace maritime apparaît de plus en plus comme le prochain territoire à conquérir. Mais qui sont les jeunes gens, filles ou garçons, qui s'embarquent sur ces bateaux ? Qui en sont les ouvriers ? Qui sont les marins du XXIe siècle qui se dirigent vers les falaises sombres des antipodes battues par les vents ? Que reste-il de "La Royale" et, dans son sillage, de la découverte du monde et d'escales exotiques censées donner un sens à la vie ? Bienvenue à bord !» Christian Cailleaux.

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  • Chateaux Bordeaux

    Eric Corbeyran

    À la suite du décès de leur père, les trois enfants Baudricourt héritent de l’exploitation vinicole familiale, un vaste domaine situé au cœur du Médoc. Les deux frères comptent se séparer rapidement de la propriété et des dettes dont elle est criblée. Mais leur décision est aussitôt remise en cause par la détermination de leur sœur, Alexandra, qui voit dans cet héritage l'opportunité de rebâtir sa vie sur les terres de son enfance. Décidée à reprendre en main le vignoble paternel, Alexandra se retrouve rapidement au pied du mur. D'un côté, elle affronte l'hostilité de son entourage, de l'autre, elle sait que pour réussir elle va devoir tout apprendre, car la fabrication d'un grand cru ne s'improvise pas. Avec humilité et courage, Alexandra se consacre dès lors entièrement à son nouvel univers qui deviendra - au fil du temps - sa passion...

    Le vin est au cœur de l'intrigue de cette grande fresque familiale qui séduira les amateurs de grands crus comme les néophytes. Une saga digne des Maîtres de l’Orge commence ici, au cœur du Médoc, orchestrée par Corbeyran et Espé.

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  • Le patient

    Timothée Le Boucher

    La police arrête une jeune fille errant dans la rue, couverte de sang, un couteau à la main. En se rendant chez elle, les agents découvrent avec effroi une scène de massacre : toute sa famille a été assassinée... 6 ans plus tard, Pierre Grimaud, l’unique survivant du « massacre de la rue des Corneilles », se réveille d’un profond coma. L’adolescent de 15 ans qu’il était au moment des faits est aujourd’hui un jeune homme de 21 ans. Désorienté, encore paralysé et souffrant d’amnésie partielle, il est pris en charge par le docteur Anna Kieffer, psychologue spécialisée sur les questions de criminologie et de victimologie. Pendant leurs séances, Anna tente de l’amener à se souvenir des circonstances du drame, malgré ses pertes de mémoire. Pierre lui évoque la présence mystérieuse d’un « homme en noir » qui hante ses rêves, probable réponse inconsciente à son traumatisme. Après plusieurs rendez-vous, Anna découvre en Pierre un être sensible et très intelligent. Touchée par son histoire, elle se met même à le prendre en affection. Petit à petit, une véritable complicité s’installe entre eux. Anna n’imagine pas à quel point ce patient va changer sa vie…

    Après le remarqué Ces jours qui disparaissent, Timothé Le Boucher revient avec un ouvrage témoignant une nouvelle fois de sa science narrative exemplaire. S’inscrivant dans une veine plus réaliste, Le Patient est un thriller psychologique prenant et surprenant, laissant entrevoir quelques-uns des thèmes de prédilection de l’auteur : le rapport à l’autre, la notion du « temps », de l’identité et de la mémoire.

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  • Didier Quella-Guyot

    Un fils revient au pays après 25 ans sans avoir donné la moindre nouvelle à ses parents qu’il a quittés brutalement pour entrer dans l’armée. "Viré" d’Indochine par le Vietminh, il a fini par s’installer près de "chez lui", sans pour autant renouer vraiment avec son père, veuf, qui vit encore dans ses collines des Cévennes. C’est à la faveur des terribles inondations de 1958 qu’ils vont se reparler, remonter le temps, refaire l’histoire, leur histoire.

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  • Ces jours qui disparaissent

    Timothé Le Boucher

    Que feriez-vous si d’un coup vous vous aperceviez que vous ne vivez plus qu’un jour sur deux ? C’est ce qui arrive à Lubin Maréchal, un jeune homme d’une vingtaine d’années qui, sans qu’il n’en ait le moindre souvenir, se réveille chaque matin alors qu’un jour entier vient de s’écouler. Il découvre alors que pendant ces absences, une autre personnalité prend possession de son corps. Un autre lui-même avec un caractère bien différent du sien, menant une vie qui n’a rien à voir. Pour organiser cette cohabitation corporelle et temporelle, Lubin se met en tête de communiquer avec son « autre », par caméra interposée. Mais petit à petit, l’alter ego prend le dessus et possède le corps de Lubin de plus en plus longtemps, ce dernier s’évaporant progressivement dans le temps... Qui sait combien de jours il lui reste à vivre avant de disparaître totalement ?

    --> Tel le temps qui s'accélère, je suis rentrée dans cette bande dessinée et je ne l'ai plus lâchée. Comme son héros Lubin, je me demandais combien de temps serait écoulé avant de tourner la page. Au delà de la fiction, ce livre nous interroge sur l'identité, l'ambivalence des personnalités, le passé et les expériences qui font ce que chacun devient. C'est aussi la folie qui est interrogée. C'est très astucieux. J'ai par ailleurs aimé le dessin auquel les fans de BD peuvent trouver quelque chose de trop simpliste. J'ai aimé aussi le ton en apparence naïf qui laisse la place aux bons sentiments: une amitié indéfectible, un amour fidèle, et même quand l'esprit de vengeance pointe, Lubin reste quelqu'un de très fréquentable! Bravo!


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  • Rose

      Rose 

    Rose

    Denis Lapière

    Emilie Alibert

    Valérie Vernay

    Un jour, le père de Rose Klein est abattu dans de mystérieuses circonstances et son corps, retrouvé sur la plage, comme pour une lugubre mise en scène. Livrée à elle-même, la jeune femme s'improvise détective et se lance en quête de réponses, sans se douter qu'elle va se heurter à des énigmes qui dépassent le simple domaine du naturel... Et si la vérité était liée à ce don étrange qu'elle a de se dédoubler et qu'elle ne s'explique pas, à cette "maladie" qui l'accompagne depuis sa naissance ?

    --> Coup de coeur pour le premier tome de cette série jeunesse. Pour les dessins et les couleurs, pour les textes juste suffisants. Pour un scénario astucieusement mis en images. Les auteurs mettent en scène le dédoublement de la personnalité, dont on ne sait pas s'il relève de quelque croyance occulte ou de psychiatrie, sous couvert d'enquête policière. Rose est une héroïne attachante et intrigante. Un démarrage fort prometteur...

    Son père abattu dans de mystérieuses circonstances. Des fantômes qui hantent l'immeuble paternel. Et une faculté à se dédoubler qu'elle croit être une maladie. Rose, détective malgré elle, va devoir enquêter sur des morts suspectes reliées à un tableau célèbre mais aussi une terrible malédiction vieille de 500 ans.
    Et si la clé de ces énigmes se trouvait dans le secret de sa naissance ?

    --> Fidèle au premier tome pour la mise en scène, l'histoire s'essouffle un peu. Pas réellement de nouveauté dans le scénario. Les dessins restent beaux, mais sans surprise.

    L'enquête de Rose Klein sur l'assassinat de son père arrive à sa fin. Les morceaux du puzzle se rassemblent pour désigner le coupable et le mobile... Pourtant, il reste de nombreuses interrogations au sujet des trois fantômes – Bob, Achille et Wanda –, des tableaux exposés au musée et des raisons de ce don étrange que Rose avait finalement apprivoisé. Est-elle vraiment qui elle croit être ?

    Troisième et dernier tome d'une trilogie sombre et élégante, ce récit conclut en beauté un triptyque fantastique écrit par Émilie Alibert et Denis Lapière, et dessiné par Valérie Vernay.

    --> Déception pour ce troisième tome qui clôt une série au début fort prometteur. Deux tomes voire un long aurait suffit. Les dialogues peu denses qui faisaient l'atout du premier tome rendent l'ensemble lent. C'est dommage.


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  • Un monde si tranquille   Un monde si tranquille   Un monde si tranquille

    Etienne Davodeau

    Albert Colin, individu effacé que sa femme méprise, milite sans vraiment savoir pourquoi pour un parti d'extrême droite dont il admire les dirigeants. Ayant assisté au meurtre d'un des leaders de ce parti, il suit les tueurs et parvient à les maîtriser : une occasion pour Albert d'avoir peut-être son heure de gloire Mais parfois il vaudrait mieux ne pas s'aventurer dans les coulisses du pouvoir.

    --> Une série un peu inégale à mon goût, dans ce premier tome (mon préféré) la chute n'est pas forcément attendue. Le suspens est particulièrement bien porté par le format bande dessinée: un scénario réussi. Davodeau nous interroge sur le modèle politique et économique d'un parc de loisirs bien connu. On retrouve son engagement!

    TOME 2

    Surnommée « Grande Gueule » par ses collègues techniciennes de surface aux Transports Doublet, Nina risque de perdre sa place. Chauffeur dans la même entreprise, Castor est poussé vers la porte par ses collègues. Mais ni Castor ni Nina ne peuvent envisager de se retrouver à la rue... C'est Samuel Faure, directeur des ressources humaines, qui va s'occuper de leurs cas à ses risques et périls.

    --> Deuxième tome de la série Un monde si tranquille. Regard porté sur Nina qui est enfermée dans un mensonge aux yeux de sa fille et son père (et d'elle même?). On ne sait pas pourquoi elle en est arrivée là. La colère et la rage l'habitent; subissant les railleries de ses collègues, les menaces de son employeur. Portrait original de la précarité par Davodeau.

    TOME 3

    À la sortie de lentraînement, Titou, la star du FCE, est une fois encore sollicité par une vieille femme qui lui réitère sa supplique : venir au repas danniversaire de son mari atteint dune grave maladie et fan inconditionnel du joueur. Surmontant ses réticences, il accepte et passe une agréable soirée jusquà larrivée dun invité surprise qui va faire basculer son destin de façon tragique

    --> On retrouve dans ce troisième tome une chute assez inattendue, bien qu'annoncé dès la première page. Pied de nez au football professionnel en restant dans la fiction, Davodeau se fait une nouvelle fois le porte parole des "petites gens", d'un monde si tranquille. Ces trois tomes rassemblent des histoires bien différentes et qui mettent la rage de l'humain au coeur des scénarios.


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  • Et si l'amour c'était aimer?

    de Fabcaro

    Henri et Sandrine forment un couple heureux et épanoui à qui tout réussit, jusqu'à ce qu'un jour apparaisse Michel, un brun ténébreux, qui va faire chavirer le coeur de Sandrine. Ensemble ils vont vivre une idylle aussi brûlante qu'interdite. Mais la vie est-elle toujours du côté de l'amour ? La passion n'est-elle pas qu'une feuille morte emportée par une brise d'automne ? L'Arc-en-ciel des sentiments ne finit-il pas toujours par disparaître derrière le nuage de la réalité ?

    --> Une parodie de roman photo à la Fabcaro, c'est très drôle, inattendu. Cela relève parfois du Vaudeville, c'est décalé, absurde.


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  • L'obsolessence programmée de nos sentiments

    De Zidrou / Aimée de Jongh

    " Le corps se résigne plus vite que l'âme.
    Le temps le ride, l'injurie, l'humilie...
    Il fait avec, le corps, beau joueur.

    L'esprit, lui, est mauvais perdant.
    Il ne conçoit que par à-coup,
    par révélations douloureuses,
    par effrois successifs. "

    --> Un album que j'ai apprécié à biens des égards, son regards partiellement pudique sur le corps vieillissant, la sexualité. Mais la grossesse à plus de 60 ans ... pourquoi?


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  • Appelez-moi Nathan

    De Cécile Castro

    Nathan est né Lila, dans un corps de fille. Un corps qui ne lui a jamais convenu, il décide alors de corriger cette erreur génétique avec le soutien indéfectible de sa famille, ses amis, ses profs et, à seize ans, des injections de testostérone de 0,8 mg par mois. Quitte à devenir quelqu'un, autant que ce soit vous-même.


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  • Nos yeux fermés

    De Akira Sasô

    Ouvrez les yeux sur les petits bonheurs de la vie !

    La vie n’est pas tendre avec Chihaya... Et elle le lui rend bien. Le bonheur ? Elle ne connaît pas. Son père alcoolique, sa mère partie, elle enchaîne les petits boulots pour pouvoir joindre les deux bouts. Un jour, son pied heurte accidentellement la canne d’Ichitarô, un non-voyant. À partir de cet instant, ce jeune homme à la joie de vivre communicative va tout faire pour entrer dans la vie de Chihaya et lui faire voir le monde autrement.

    Dans ce conte moderne touchant, Akira Sasô nous invite à voir le monde autrement qu’avec nos yeux, un vrai hymne à la tolérance, à l’acceptation des autres et de leurs différences, mais aussi un hymne à la vie, dans ce qu’elle a de plus simple et de plus beau.
    Les personnages s’animent sous le crayon de l’auteur, qui dépeint avec simplicité la vie quotidienne d’un trait doux qui invite à la réflexion et au calme.


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  • Zaï Zaï Zaï

    Fabcaldero

    Pour n'avoir pu présenté sa carte de fidélité au supermarché, un auteur de bandes dessinées est confronté à un vigile avec lequel il a une altercation. Il parvient à s'enfuir et sa traque par la police provoque une réaction en chaîne: les médias s'emballent, la sociétée se divise.

    --> Un jeune homme ne peut pas présenter sa carte de fidélité à la caisse d'un supermarché: il a changé de pantalon. Averti, l'agent de sécurité le menace d'une roulade arrière. Le jeune homme fuit, un poireau à la main. C'est un road movie qui part de là que nous Fabcaro raconte. Une fuite absurde, de l'humour décalé, un regard incisif sur notre société. C'est drôle! Mon bémol: c'est un auteur de BD qui raconte la vie d'un auteur de BD...


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  • La virginité passé 30 ans

    Atsuhiko Nakamura et Toshifumi Sakurai

    L'auteur du très remarqué Ladyboy vs Yakuzas revient en français. Adaptant en manga l'oeuvre d'un sociologue de renom, Sakuraichi nous livre une oeuvre déroutante, presque aux antipodes du titre qui l'a fait connaître. Dans ce recueil unique en son genre, l'artiste dresse le portrait de 8 japonais... vierges ! Toute ressemblance avec des personnes réelles ne serait pas fortuite.
    Au Japon, un quart des hommes entre trente et cinquante ans n'aurait jamais eu d'expérience sexuelle, ce qui représente donc plus de 4 millions d'individus... vierges ! Ce sont les vies de huit d'entre eux qui sont mises en scène dans ce manga sociologique. Des vies bien réelles, entre souffrances et désirs, espoir et fierté, honte et humiliations publiques... Avec un regard bizarrement tendre et sans jugement, mais aussi très acerbe sur la société, Sakuraichi nous dévoile leur intimité, dénonçant du même coup toute l'hypocrisie du système. Un système qui use les individus, les tue à petit feu. Malgré des situations humainement inacceptables, les auteurs se refusent à tout compromis, et nous offrent une vision sans fard d'un Japon bien réel. Victimes et bourreaux à la fois, les " puceaux tardifs " décrits dans ce recueil ne sont-ils pas, après tout, que le résultat des dérives d'une société trop déshumanisée ?

    --> Pas de concession, 8 portraits de japonais... Ce livre a provoqué chez moi un malaise, je ne connais pas la société japonaise, je ne me rends pas compte à quel point il peut être caricatural ou réaliste puisqu'il est présenté comme tel... C'est cru, direct, explicatif aussi.


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    Kobane Calling

    de Zero calcare

    Envoyé par l'Internationale (le «Courrier International» italien), Zerocalcare part aux confins de la Turquie, de l'Irak et du Kurdistan Syrien pour rejoindre la ville de Kobane, à la rencontre de l'armée des femmes kurdes, en lutte contre l'avancée de l'État Islamique.  À partir de ce voyage, Zerocalcare livre un reportage d'une sincérité poignante, un témoignage indispensable et bouleversant qui s'efforce de retranscrire la complexité et les contradictions d'une guerre si souvent simplifiée par les medias internationaux et le discours politique. Le tout avec l'inimitable ton, extrêmement drôle et touchant, le langage et l'univers d'un auteur qui sait interpréter comme personne, le quotidien, les craintes et les aspirations de sa génération. Blogueur, auteur de bandes dessinées dans une veine autobiographique, Zerocalcare suscite un phénomène éditorial au succès inédit dans l'histoire de la bande dessinée italienne.

    --> Pour mieux comprendre la situation des kurdes de Syrie, la présence du PKK.

     


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