• Béatrice

    BÉATRICE prend chaque jour le train pour se rendre au travail. Dans la cohue de la gare, un sac à main rouge attire son attention. Jour après jour, à chaque passage dans la gare, il semble l’attendre. Succombant à sa curiosité dévorante, Béatrice, en emportant l’objet chez elle, ouvre les portes d’un monde nouveau…

    --> Au travers de dessins vivants, colorés, joyeux, cet album sans texte est le premier de l'auteur. Un sac rouge renferme un album photos, on suit Béatrice à la découverte de ce contenu. C'est aussi poétique.  On peut penser que le sac rouge n'a pas fini d'être découvert... une suite? Bravo pour ce premier album qui montre un travail très abouti !


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  • In waves

    La perte d’un être cher et la façon dont on traverse le deuil, en surfant comme on peut la crête d’une grosse vague. Tantôt au-dessus de l’écume, tantôt envahi et fracassé par le poids de l’eau.

    Avec beaucoup de finesse et de pudeur, AJ Dungo, immortalise les instants de grâce de sa relation avec Kristen. La légèreté et l’émotion des premières rencontres, la violence du combat contre la maladie, la noblesse de la jeune femme qui se bat avec calme.
    Il évoque en parallèle leur passion commune pour le surf, l’océan. Et évite très justement l’écueil du pathos en intercalant dans son récit personnel, un petit précis d’histoire du surf.

    --> Roman graphique qui alterne un récit personnel de la maladie/deuil d'un amour perdue avec l'histoire du surf. La vague est omniprésente, mise en valeur par un graphisme sobre. Un bel album qui rencontrera ses lecteurs.


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  • Le journal d'Anne Frank

    Anne Frank est née le 12 juin 1929 à Francfort. Sa famille a émigré aux Pays-Bas en 1933. À Amsterdam, elle connaît une enfance heureuse jusqu’en 1942, malgré la guerre.
    Le 6 juillet 1942, les Frank s’installent clandestinement dans « l’Annexe » de l’immeuble du 263, Prinsengracht, où Anne écrit son journal.
    Le 4 août 1944, la famille est arrêtée vraisemblablement sur dénonciation.
    Déportée à Auschwitz, puis à Bergen-Belsen, Anne meurt du typhus en février ou mars 1945, peu après sa soeur Margot.

    Ari Folman et David Polonsky, scénariste et illustrateur de Valse avec Bachir, ont réalisé cette adaptation en roman graphique du Journal d’Anne Frank.

    --> Cette adaptation de qualité m'a donné envie de relire le journal d'Anne Frank... quelques années plus âgée. Le regard sur ses confidences a changé sans aucun doute. Cette adaptation lui rend honneur: entrée dans son journal par la bande dessinée, pourquoi pas? Il est à noter que le texte colle de près à l'original au risque de paraître long pour qui cherche dans la bande dessinée un texte épuré.


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  • L'art du sushi

    Franckie Alarcon

    Connaissez-vous vraiment les sushis ? Franckie Alarcon a voyagé au Japon pour rencontrer tous les acteurs oeuvrant à la fabrication de cette véritable oeuvre d'art culinaire. Du chef étoilé traditionnel au jeune cuisinier qui bouscule les codes, en passant par tous les artisans et producteurs impliqués, cet album raconte de A à Z le plus emblématique des produits japonais.

    --> Des dessins précis (à l'encre?) quelques pointes de couleurs bien choisies, un sujet très documenté (certains diront trop: il y a de la lecture!): cet album pourra séduire les connaisseurs de sushi et les curieux d'en savoir plus. J'y ai découvert beaucoup de choses, cela va de l'histoire du sushi à sa dégustation en passant par sa confection bien sûr, la variété des couteaux et un détour par la fabrication du saké. C'est détaillé et beau. Un livre à découvrir!


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  • Sept personnages

    Paris, 1673, funérailles de Molière. Agnès est invitée par Alceste, Argan et Scapin, à rejoindre un groupe financé par Harpagon afin de découvrir qui a empoisonné l’illustre auteur.

    Agnès est dépositaire du secret qui permet de ressusciter Don Juan, le seul à pouvoir dévoiler le nom du septième personnage, celui qui, selon la légende, fera toute la lumière sur la vérité.

    --> Le scénario mêle très habilement Sept personnages de Molière: l'hypocrite Alceste, la mal jugée Agnès, l'hypocondriaque Argan, le séducteur Dom Juan, l'avare Harpagon, ce bouffon de Scapin et Tartuffe l'imposteur , réunis pour découvrir qui a empoisonné leur créateur. Les dessins de Florent Calvez sont précis. Une réussite!

     


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  • Sept nains

    Sept nains sont bouffons et amuseurs à la cour d'un roi qui fête l'anniversaire de Blanche, sa fille chérie, née d'un premier mariage. Acrobaties, pitreries, jonglage, tout y passe. Hélas pour eux, la blague de trop va vexer la reine et décider de leur destin. Les voilà exilés du château, condamnés à la mine. C'est pour eux le début d'une longue descente aux enfers. Mais bon ou mauvais, ils n'ont pas dit leur dernier mot...

    Wilfrid Lupano et Roberto Ali

    Sept mineurs sapent un conte majeur

    --> ... "sept mineurs sapent un conte majeur"... conte détourné sous le crayon de Roberto Ali, ce 15ème tome de la série "Sept" est le premier que je lis. Plutôt une réussite tant au niveau du scénario que du dessin. Je vais fouiller pour en dénicher d'autres en bibliothèque, voir comment cette série s'articule.

     


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  • Sherlock, tome 1

    Une étude en rose

    Rapatrié d'Afghanistan à cause d'une blessure et de troubles psychologiques, le Dr. Watson retrouve un vieil ami de l'époque de la faculté de médecine qui lui présente son futur colocataire. D'un seul coup d'oeil, cette personne devine qu'il s'agit d'un médecin militaire de retour du Moyen-Orient, qu'un de ses proches est victime d'alcoolisme ou encore qu'il est suivi par un thérapeute. Le nom de ce colocataire ? Sherlock Holmes.

    --> Adaptation en manga de la série TV de la BBC.


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  • Le chien gardien d'étoiles

    L’histoire commence par la découverte des corps sans vie d’un homme et de son chien, dans une carcasse de voiture. Fait étrange, la mort de l’homme remonte à plus d’un an, celle du chien à trois mois à peine. Flashback... Un petit employé japonais au chômage offre un chiot à sa fille. Bientôt sa femme divorce. L’homme, qui n’a plus rien, part sur les routes, accompagné, dans ce qui sera son dernier voyage, par son seul et unique ami, le chien.
    2e partie : un jeune assistant social, chargé de disposer des corps découverts, décide de retracer la vie de ces deux êtres, jusqu’à leur déchéance finale. Il se remémore alors sa propre histoire avec le chien de son enfance…

    --> Une couverture attirante, cela n'en reste pas moins un manga. Une histoire touchante, une narration originale. Un manga "abordable" mais cela reste néanmoins un genre avec lequel j'ai du mal.


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  • American born chinese


    Lorsque les parents du jeune Jin emménagent dans une petite ville de Californie, celui-ci devient le seul élève d'origine chinoise de son école et se retrouve en butte aux moqueries et brimades de ses camarades. Jin multiplie les efforts pour se trouver des amis et tente dans un premier temps de faire oublier ses origines. Mais il réalise combien il est difficile de passer outre les stéréotypes qui lui collent à la peau. Il parviendra pourtant à trouver sa place et l'apaisement, en acceptant une part de sa culture d'origine, et surtout en s'acceptant lui-même.

    --> Le mythe d'un roi-singe, la vie du jeune Jin Wang, l'arrivée de Shing-Tok dans la vie de Danny... trois récits croisés pour une bd initiatique, un roman graphique qui dénonce une difficile intégration des asiatiques dans la société américaine pour un adolescent en quête d'identité.


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  • En pleine guerre napoléonienne, un navire français fait naufrage au large de Hartlepool. Parmi les débris, un seul survivant: un chimpanzé, mascotte de l'équipage portant l'uniforme tricolore. Mais, dans ce petit village d'Angleterre, où personne n'a jamais vu de Français, l'animal correspond assez bien à l'idée qu'on se fait de l'ennemi. Aussitôt, le singe est traîné en justice, et accusé d'espionnage...

    --> Aïe, aïe, aïe... je n'aime pas dire ça, mais je n'ai vraiment pas accroché au scénario: il peut y avoir une farce, une métaphore recherchée, un sens plus profond à cette histoire, un plaidoyer contre la peine de mort, la singerie des hommes, leur aveuglement? Je suis passée à côté. Lupano n'est pas un auteur pour moi. Je salue en revanche les dessins de Jérémie Moreau, que j'avais apprécié dans la Saga de Grimr.


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  • Les jours sucrés

    Loïc Clément et Anne Montel

    À 28 ans, Églantine apprend le décès de son père et part pour Klervi, le village breton de son enfance. Elle y retrouve sa vie d'avant, ses souvenirs et la pâtisserie paternelle (qui est désormais la sienne), mais aussi Gaël, son amoureux de l'époque, sa tante Marronde et tous les chats du village. Surtout, elle découvre le journal intime de son père. Il y a mis tous ses secrets de vie et de cuisine.
    Un véritable guide pour Églantine. Et si c'était l'occasion d'un nouveau départ ?

    --> Des dessins légers et précis, aquarellés pour raconter l'histoire d'Eglantine. Une jeune femme qui quitte son quotidien citadin pour régler ses affaires suite au décès de son père. Un père quitté il y a 20 ans sur qui on lui a raconté une version de 'histoire. Elle y aller et régler ces affaires dans la journée, mais le passé la rattrape malgré elle. Lecteur, on n'a aucun mal à s'attacher à Eglantine et les révélations à rebondissement auxquelles elle va faire front. Les jours sucrés...un titre alléchant!


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  • Ceux qui me restent

    Damien Marie et Laurent Bonneau

    Un voyage en Alzheimer.
    Florent a perdu sa femme beaucoup trop jeune.
    Il a tenté d’élever seul sa trop petite Lilie, maladroitement ou certainement pas assez. Et Florent et sa fille se sont perdus à leur tour. Elle l’a laissé encore plus seul pendant 20 ans. Aujourd’hui, à 70 ans, il n’a qu’un souhait, il veut la retrouver avant de mourir; sa Lilie qui vient maintenant le voir presque tous les jours, mais qu’il ne reconnaît plus.
    La maladie lui vole la mémoire pour le laisser toujours plus seul. Alors il cherche sans relâche, en vrac, dans les bribes de trop vieux souvenirs… Florent n’abandonnera plus; un voyage en Alzheimer.

    --> "Un voyage en Alzheimer" que dire de mieux. Cette bande dessinée est comme un coup de poing qui remue le corps et l'esprit, qui remue les tripes. C'est un traitement du sujet très différent de tout ce que j'ai lu/et vécu jusque là. Par des sauts dans temps, soutenus par des couleurs judicieusement choisies, on a le sentiment d'être perdu avec Florent, mais on comprend également où il s'égare en découvrant le(s) drame (s) de sa vie. On suit également sa Lilie qui après avoir demandé son émancipation, construit sa vie loin de lui, comprend avec sa maladie tout ce qui s'est joué avant elle. C'est poignant.

     


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  • Tempête au haras

     

    Jean-Philippe n'a qu'un rêve: devenir jockey. Né dans le haras tenu par ses parents, le même soir que Belle-Intrigante, il a grandi à ses côtés, et n'est jamais aussi heureux qu'à cheval. Lorsqu'elle met au monde une pouliche, Tempête, il en est certain : elle deviendra un crack! le crack qu'attendent ses parents depuis des années et qu'il montera. Mais un soir d'orage vient briser ses espoirs. Tempête, affolée, piétine le dos de Jean-Philippe, qui ne marchera plus. Il devra alors faire de l'impossible une réalité, pour renouer avec son rêve.

     


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  • The end

    ZEP

    Dans le cadre d'un stage, Théodore Atem intègre une équipe de chercheurs basée en Suède qui travaille sur la communication des arbres entre eux et avec nous. Ce groupe de travail dirigé par le professeur Frawley et son assistante Moon, tente de démontrer que les arbres détiennent les secrets de la Terre à travers leur ADN, leur codex. C'est en recoupant ces génomes avec la mort mystérieuse de promeneurs en forêt espagnole, le comportement inhabituel des animaux sauvages et la présence de champignons toxiques que le professeur comprendra, hélas trop tard, que ces événements sonnent l'alerte d'un drame planétaire duquel seul Théodore et quelques survivants seront épargnés.
    Serait-ce une nouvelle chance pour l'espèce humaine ?

    --> Des cases monochromes qui suivent les changements de lieux (comme dans Une histoire d'hommes) donnent un aperçu plutôt froid de cette bande dessinée qui finalement fonctionne bien. Une fiction bien inspirée sur la communication chimique des arbres et leur possible faculté de fabriquer une arme chimique pour détruire... l'homme!


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  • Avec Roger, l’Homme étoilé met une claque à la maladie sur les sons endiablés des tubes de Queen. Avec Mathilde, il apprend à parler le suédois, Edmond lui lance un véritable défi gastronomique et Nanie finit par l’adopter, en parfaite nouvelle grand-mère.

    Dans ce roman graphique plein d’humanité, émouvant et drôle, l’Homme étoilé, l’infirmier aux plus de 1OO OOO abonnés sur Instagram, raconte la vie aux soins palliatifs avec douceur, pudeur, amour et humour.

    --> Je suis désolée de ne pas être aussi enthousiaste que les précédentes critiques. Peut-être en attendais-je trop. Le sujet des soins palliatifs et de ce que vivent les soignants ne pouvait que me toucher. Mais ça s'est arrêté là. Je n'ai pas aimé les dessins.


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  • Les esclaves oubliés de Tromelin

    L'île des Sables, un îlot perdu au milieu de l'océan Indien dont la terre la plus proche est à 500 kilomètres de là... À la fin du XVIIIe siècle, un navire y fait naufrage avec à son bord une "cargaison" d'esclaves malgaches. Les survivants construisent alors une embarcation de fortune. Seul l'équipage blanc peut y trouver place, abandonnant derrière lui une soixantaine d'esclaves.Les rescapés vont survivre sur ce bout de caillou traversé par les tempêtes. Ce n'est que le 29 novembre 1776, quinze ans après le naufrage, que le chevalier de Tromelin récupérera les huit esclaves survivants : sept femmes et un enfant de huit mois.Une fois connu en métropole, ce "fait divers" sera dénoncé par Condorcet et les abolitionnistes, à l'orée de la Révolution française.Max Guérout, ancien officier de marine, créateur du Groupe de recherche en archéologie navale (GRAN), a monté plusieurs expéditions sous le patronage de l'UNESCO pour retrouver les traces du séjour des naufragés. Ses découvertes démontrent une fois de plus la capacité humaine à s'adapter et à survivre, en dépit de tout.L'archéologue a invité le dessinateur à les rejoindre lors d'une expédition d'un mois sur Tromelin. De là est né ce livre : une bande dessinée qui entremêle le récit "à hauteur humaine" (on "voit" l'histoire du point de vue d'une jeune esclave, l'une des survivantes sauvées par le chevalier de Tromelin) avec le journal de bord d'une mission archéologique sur un îlot perdu de l'océan Indien. Après le succès international de Marzi, Sylvain Savoia offre à nouveau aux lecteurs une magnifique leçon d'humanité.

    --> Dans le domaine de la BD reportage, c'est une histoire poignante racontée ici. On alterne entre des planches qui racontent le naufrage de L'Utile avec sa cargaison d'esclaves sur une île isolée de l'océan Indien au XVIIIè siècle et une mission archéologique (dont fait partie l'auteur) envoyée sur cette îlot en 2008. On prend connaissance du destin de l'équipage et de la "cargaison", l'expérience de Sylvain Savoia nous transporte avec lui 250 ans en arrière. Une histoire saisissante qui donne envie de lire sur le même sujet le livre d'Irène Frain: Les naufragés de l'île de Tromelin.

     


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  • Tempête au haras

    Chris Donner (scénariste, roman école des loisirs) Jérémie Moreau (illustrateur, adaptation)

    Jean-Philippe n'a qu'un rêve: devenir jockey. Né dans le haras tenu par ses parents, le même soir que Belle-Intrigante, il a grandi à ses côtés, et n'est jamais aussi heureux qu'à cheval. Lorsqu'elle met au monde une pouliche, Tempête, il en est certain : elle deviendra un crack! Le crack qu'attendent ses parents depuis des années et qu'il montera. Mais un soir d'orage vient briser ses espoirs. Tempête, affolée, piétine le dos de Jean-Philippe, qui ne marchera plus. Il devra alors faire de l'impossible une réalité, pour renouer avec son rêve.

    --> Adapté d'un roman publié à l'école des Loisirs, Tempête au haras nous emmène dans l'univers u cheval de course avec une histoire attachante. Une pioche au hasard des BD dans ma bibliothèque, et encore une fois je fais une découverte sympathique et je me rends compte qu'il s'agit du même illustrateur que La saga de Grimr, découverte il y a 3 mois (fauve d'or Angoulème 2018). Je vais courir chercher Le singe de Hartlepool (Scénarisé par Lupano, prix des libraires 2013)!


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  • Formica

    Fabcaro

    Formica, une tragédie en trois actes, le nouveau livre de Fabcaro (l'auteur de Zaï Zaï Zaï Zaï) est construit comme une pièce de théâtre, avec une unité de lieu et de temps, et découpé en trois actes. Formica rassemble, au delà de la famille protagoniste du récit, tout ce qu'on a jamais osé faire et dire lors de nos repas de famille.

    --> En partie absurde, assurément cinglant, "Formica, une tragédie en trois actes" est un dîner en famille revisité par Fabcaro. Pas de retenu, les pensées sont traduites au 1er degré et ça peut être hilarant. Les dialogues témoignent des pensées des invités, éventuellement des confidences, or, là, tout est dit à voix haute et guide la suite de la soirée. C'est inattendu et assez drôle au final.


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  • Les couloirs aériens

    Etienne Davodeau

    À 20 ans, Yvan considérait les quinquagénaires comme des gars en fin de course. Et ça y est, Yvan vient d’avoir 50 ans. Il a perdu son boulot, sa mère, son père. Et si ce n’est pas la fin de la course, c’est quand même un virage un peu glissant…

    --> A la hauteur d'un Davodeau, je pense que ce nouvel opus répond aux attentes de ses lecteurs. Son trait, son récit propre à toucher chacun, un peu trop d'introspection à mon goût et surtout un peu trop dépressif. Etienne Davodeau avance en âge, nous aussi: c'est un grand plaisir de le retrouver. 50 ans, un âge pivot de la vie, à mi-route.


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  • A bord de l'aquarius

    En novembre 2017, les deux auteurs embarquent à bord de l'Aquarius, un bateau affrété par une ONG pour sauver des migrants en mer. Ils donnent la parole aux membres de l'équipage, mais également aux migrants recueillis, dont les témoignages sont souvent poignants, voire insoutenables.

    --> C'est une forme de récit documentaire qui nous est proposé, c'est très pertinent dans le trait des dessins (précis, informatif), les couleurs (niveaux de gris et l'orange du sauvetage), le texte, en récit journalistique. Pour mieux comprendre ceux qui font SOS méditerranée et ce qui se passe dans nos eaux méditerranéennes. Une réussite, assurément.


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  • Irena

    Irena ire

    Irena

    Irena

    Tomes 1, 2, 3, 4...

    L'histoire vraie d'une héroïne oubliée.

    T1 et 2: 1940, l’armée nazie a envahi la Pologne. À Varsovie, les Juifs de la ville ont été parqués dans le ghetto : un quartier entier entouré de murs. Quiconque tente de s’en échapper est abattu sans sommation ; les seuls qui peuvent y entrer sont les membres du département d’aide sociale. Parmi eux, Irena vient tous les jours apporter vivres et soutien à ceux qui sont enfermés dans cet enfer et qui souffrent de maladies et de malnutrition. Ici, tout le monde la connait, les enfants l’adorent. Car Irena est un modèle de courage : elle n’hésite pas à tenir tête aux gardiens, à faire toujours plus que ce qu’autorise l’occupant nazi. Le jour où, sur son lit de mort, une jeune mère lui confie la vie de son fils, Irena se met en tête de sortir clandestinement les orphelins du ghetto. Pour que l’innocence soit épargnée de la barbarie, elle doit être prête à risquer sa vie.

    T3: 1947. Bien que l’Allemagne nazie soit tombée, le cauchemar pour les Juifs d’Europe n’est pas terminé. Persécutés par les communistes, abandonnés par les Alliés, leur route vers la terre promise d’Israël a encore des allures de long calvaire... Cette réalité, la jeune Oliwka la découvre brutalement lorsqu’on lui apprend qu’elle avait été confiée, encore bébé, à une famille adoptive pendant la guerre. Que sa véritable identité avait été changée pour échapper aux nazis. En réalité, elle s’appelle Astar Berkenbaum. Elle est juive. Et comme des milliers d’enfants, elle ne doit la vie sauve qu’à une femme : Irena Sendlerowa.

    T4: Nous sommes en 1983 à Yad Vashem, au mémorial de la Shoah à Jérusalem.
    Irena a enfin été autorisée par les autorités communistes Polonaises à venir planter son arbre dans l'allée des Justes parmi les Nations. 18 ans après avoir été honorée.
    C’est ici qu’elle rencontre une jeune femme qu'elle a sauvée, et sa petite fille. Irena leur raconte son histoire, son retour de l’enfer de la torture en 1944, à Varsovie, la fin de la guerre ... et le début d’un autre combat.

    Décédée en 2008, déclarée Juste parmi les nations en 1965, Irena Sendlerowa, résistante et militante polonaise, fut l’une des plus grandes héroïnes de la Seconde Guerre Mondiale, sauvant près de 2500 enfants juifs du ghetto de Varsovie. Et pourtant elle est oubliée des livres d’Histoire... C’est en lisant par hasard un article sur elle que Jean-David Morvan a eu le déclic : sa vie devait être racontée. Avec Séverine Tréfouël et David Evrard, il retrace sur trois albums le combat humaniste de cette « mère des enfants de l’Holocauste. »

    Porté par un dessin d’une grande sensibilité, Irena réussit le tour de force de parler sans lourdeur d’un sujet fort, poignant et profondément actuel... Toucher, émouvoir, parler d’hier pour raconter aujourd’hui...

    Série poignante et d’utilité publique, Irena nous raconte le destin hors-norme de l’une des plus grandes héroïnes de la Seconde Guerre mondiale. Ce troisième et dernier volume nous raconte la fin de son enfer en prison, mais aussi le début d’un autre combat : celui pour le salut de ses enfants au sortir de la guerre.

    --> Une bien belle personnalité qu'Irena Sendlerowa... cette série met en lumière son oeuvre, et rien que pour ça elle doit être lue. L'histoire de la Shoah à partir du ghetto de Varsovie et ces enfants sauvés... ne pas oublier. Le dessin, le texte portent cette histoire de manière pédagogique.


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  • Les Indes Fourbes

    Alain Ayroles et Juanjo Guarnido

    Fripouille sympathique, Don Pablos de Ségovie fait le récit de ses aventures picaresques dans cette Amérique qu'on appelait encore les Indes au siècle d'or.

    Tour à tour misérable et richissime, adoré et conspué, ses tribulations le mèneront des bas-fonds aux palais, des pics de la Cordillère aux méandres de l'Amazone, jusqu'à ce lieu mythique du Nouveau Monde : l'Eldorado !

    --> MAGNIFIQUE: Prenez les Indes Fourbes, vous avez déjà un bel objet entre les mains: la qualité de la couverture, douce, le format, le signet, on est devant un beau livre. Un peu de légèreté: le dessin de couverture montre un brin d'espièglerie dans le portrait de Don Pablos en couverture. Feuilletez-le: les couleurs ne manqueront pas de vous séduire, chaque case est travaillée, chaque planche. La BD s'annonce assez dense (142 planches), alors si comme moi vous n'êtes pas familiers des romans picaresques, vous respirez un bon coup et vous jouez le jeu: laissez-vous emporter par cette histoire, j'ai eu le sentiment d'une narration parfaitement calculée et équilibrée. Un coup de coeur!

    Les Indes Fourbes

     


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  • Ouessantines

    Ouessantines raconte une histoire de femmes. Une histoire de secret liant les plus vieilles femmes de l'île. Une histoire de proëlla, la fameuse croix de cire portée en terre au cimetière pour incarner les corps des disparus. Une histoire de naufrage et de phare battu par les vagues.
    En guise de décor, les paysages de landes seulement peuples de moutons et ce terrible brouillard qui trouble la vision mais aussi l'esprit des habitants de ce bout de terre au bout du monde.
    Lorsqu'une continentale débarque sur l'île pour ouvrir une maison d'hôtes, elle se heurte à des réactions hostiles, de lourds silences et de lointains secrets qui finissent par lui pourrir la vie.
    Puis, un jour survient un suicide étrange, celui de Marie, une femme trop vieille pour ne pas attendre paisiblement la mort...

    --> L'univers de Ouessant est bien porté par un dessin qui n'en fait pas trop malgré la rudeur de l'île. J'ai donc eu eu un bel album entre les mains. En revanche.... je me suis ennuyée dans le scénario, et la déception était à la hauteur de mon attente.


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  • Jusqu'au dernier

    L’époque des cow-boys tire à sa fin. Bientôt, ce sont les trains qui mèneront les vaches jusqu'aux abattoirs de Chicago. Accompagné de Benett, un jeune simplet de 20 ans, Russell a décidé de raccrocher ses éperons pour devenir fermier dans le Montana. En route, ils font halte à Sundance. Au petit matin, on retrouve Benett mort. Le maire préfère penser à un accident plutôt qu’à l'éventualité d'avoir un assassin parmi ses concitoyens et chasse Russell de son village. Mais le vieux cow-boy revient à la tête d'une bande d'Outlaws pour exiger la vérité sur la mort de Benett…

    --> Des beaux dessins, bien travaillés. On retrouve des cadrages variés dignes des plus grands westerns, les portraits sont expressifs en ayant un je ne sais quoi d'actuel: le trait de Gastine? Et le scénario sait ménager du suspens, ne pas aller dans le sens que j'aurais aimé et donc me surprendre... J'ai vraiment beaucoup aimé cette BD, vers laquelle je ne serais pas allée naturellement. Foncez! En plus l'un des auteurs est sympathique, je ne doute pas que le second le soit!


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  • Les culottés T.1

    Guerrière apache ou sirène hollywoodienne, gardienne de phare ou créatrice de trolls, gynécologue ou impératrice, les Culottées ont fait voler en éclat les préjugés.

    Quinze portraits de femmes qui ont inventé leur destin.

    Margaret, actrice « terrifiante », spécialisée à Hollywood dans les rôles de méchante ; Agnodice, gynécologue de l’Antiquité grecque qui dut se déguiser en homme pour exercer ; Lozen, femme apache, guerrière et chamane ; Annette, sirène australienne qui inventa le maillot de bain féminin… Pénélope Bagieu brosse avec humour et finesse quinze portraits de femmes, combattantes hors normes, qui ont bravé la pression sociale de leur époque pour mener la vie de leur choix.

    --> Grand succès pour cette sympathique BD qui met en lumière des destins de femmes peu ordinaires. Soyons nous-mêmes, c'est un peu ce que nous disent toutes ces histoires. Chaque portrait/biographie est court, et notre curiosité nous poussera à aller chercher d'autres informations. On en redemande, ça tombe bien il y a un deuxième tome (et une "intégrale").


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  • Préférence système

    Après le très remarqué Sukkwan Island et son premier album personnel, Paiement accepté, Ugo Bienvenu, auteur complet, figure de proue de la nouvelle animation, poursuit son exploration du futur.

    En 2120, le data est devenu si volumineux qu'il faut commencer à effacer des données. Toute archive frappée d'un visa d'élimination par le corps des « Prophètes », chargé d'opérer les choix cruciaux, doit être supprimée. Yves, archiviste humaniste du Bureau des Essentiels, ne peut s'y résoudre. Pour les sauver de l'oubli, il sauvegarde clandestinement certaines données, plus poétiques que politiques, et les rapporte chez lui pour les stocker dans la mémoire de Mikki, son robot domestique. Une infraction grave à l'éthique de sa profession. Les progrès de l'intelligence artificielle ayant par ailleurs permis de confier la charge de la gestation pour autrui (GPA) aux machines, Mikki, bot hermaphrodite, porte l'enfant d'Yves et Julia, son épouse. Cependant, au Bureau des Essentiels, des fuites ont été décelées et une vaste enquête est lancée parmi le personnel. Yves se sent soupçonné. Il décide de s'enfuir avec Julia, Mikki et l'enfant à naître pour rejoindre une bastide oubliée de tous, sur un causse désert. En route, traqué par les autorités, il perd le contrôle de son véhicule. Seul Mikki parvient à s'extraire, avec sa précieuse cargaison, de l'habitacle. Le choc déclenche l'accouchement. Une petite fille naît à quelques pas de la voiture en flammes, dans laquelle se consument les corps de ses parents biologiques. Une fuite éperdue dans la nature revenue à l'état sauvage conduit le bot et son fardeau de chair jusqu'à la vieille bastide. Caché du monde, au milieu de nulle part, Mikki entreprend de transmettre à celle qu'il a baptisée Isi tous les fragments de savoir entreposés dans ses mémoires. Parviendra-t-il à faire de sa pupille un être humain à part entière avant que les autorités toutes-puissantes n'arrivent à les localiser et que le dénouement inévitable ne survienne ?

    De son trait réaliste de plus en plus personnel et affirmé, Ugo Bienvenu donne corps et âme à cette ode à la Thoreau, chant à la Nature et à ces « données dispensables » qui font de nous ce que nous sommes.

    --> Dans un futur peut être pas si éloigné, le choix devra être fait de conserver -ou non- 2001 Odyssée de l'espace.... En réalité c'est un choix que nous faisons déjà. Que gardons nous de notre passé, quels faits doivent être retenus de l'histoire de l'humanité ? Dans l'univers imaginé par Ugo Bienvenu les robots ont leur place. Celle de mikki pourrait être déterminante. Il est évoqué l'Ai face aux humains. Une bd qui peut faire réfléchir.


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  • Nymphéas noirs

    Didier Cassegrain et  Frédéric Duval / Michel Bussi

    Dans le village de Giverny, où Claude Monet peint quelques-unes de ses plus belles toiles, la quiétude est brusquement troublée par un meurtre inexpliqué. Tandis qu'un enquêteur est envoyé sur place pour résoudre l'affaire, trois femmes croisent son parcours. Mais qui, de la fillette passionnée de peinture, de la séduisante institutrice ou de la vieille dame calfeutrée chez elle pour espionner ses voisins, en sait le plus sur ce crime ? D'autant qu'une rumeur court selon laquelle des tableaux d'une immense valeur, au nombre desquels les fameux Nymphéas noirs, auraient été dérobés ou bien perdus.


    Quand la passion se mêle à l'art en un jeu de miroirs, Michel Bussi nous emporte dans un tourbillon d'illusions et de mystère, merveilleusement retranscrit par Fred Duval et mis en lumière par Didier Cassegrain, dont les atmosphères évanescentes rappellent l'empreinte impressionniste.

    Bien plus qu'une adaptation, Nymphéas noirs est à la fois un hommage à l'un des mouvements les plus symboliques de la peinture moderne, un polar envoûtant à travers les époques et un superbe conte de fées empoisonné. À l'image de ces nymphéas, aussi sombres que sublimes.

    --> Bravo pour cette adaptation! Quel travail. Comment adapter un scénario relativement complexe? Les dessins doux, aquarellés de D.Cassegrain servent parfaitement l'histoire en nous laissant respirer et admirer. Presque 10 ans après avoir lu le roman de Bussi ce fut un grand plaisir de retrouver cette histoire alambiquée au suspens parfaitement retranscrit.


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  • Le sourire de Rose

    Sacha Goerg

    Intrigue entre récit intimiste et polar, une aventure d’aujourd’hui signée par le suisse Sacha Goerg, en pleine maîtrise de son art.

    Desmond, un gentil raté qui dispute à son ex-femme la garde de leur fils Théo, rencontre la jolie Rose. La jeune femme dissimule un secret : cleptomane, elle a dérobé à François, un vieux beau fortuné, un objet auquel il tient particulièrement. Tandis que Desmond s’abandonne peu à peu à l’attirance qu’il ressent pour Rose, les problèmes de celle-ci vont prendre une tournure pressante : flanqué de son garde du corps, François les prend en chasse, déterminé à récupérer son précieux objet à n’importe quel prix.

    Tout au long du "Sourire de Rose", Sacha Goerg interprète avec élégance et subtilité une intrigue ponctuée de faux-semblants. D’abord récit de mœurs intimiste, l’histoire se mue insidieusement en un polar menaçant dont les principaux personnages s’ingénient à ne jamais être tout à fait là où on les attend…
    Magnifiquement aquarellé, son dessin instinctif et efficace sait à merveille installer clairs-obscurs et ambiances en demi-teinte, s’offrir ici et là quelques échappées de pur bonheur graphique, sans pour autant perdre de vue la logique des personnages et les nécessités de la narration.

    Initialement créé dans le périodique numérique "Professeur Cyclope" pour une lecture en mode turbomedia, "Le Sourire de Rose" a été entièrement recomposé par son auteur pour s’adapter à la lecture papier.

    --> Découvert au détour des rayons de la bibliothèque, le hasard m'a amené vers cette bande dessinée que j'ai avalée d'une traite. J'ai aimé les dessins aquarellé, une mise en page aérée et une intrigue qui tend vers le polar. Une belle découverte malgré des notes critiques observées plutôt moyennes.


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  • La guerre des Lulus

    Régis Hautière et Hardoc

    Août 1914. L'offensive de l'armée allemande au nord-est de la France jette des milliers de villageois sur les routes. Dans le désordre ambiant, quatre enfants, Lucien, Lucas, Luigi et Ludwig, sont oubliés lors de l'évacuation de leur orphelinat. Bientôt, ils se retrouvent isolés derrière la ligne de front. Livrés à eux-mêmes en territoire ennemi, ils s'organisent pour survivre...

    --> Une série très bien notée que je devais lire depuis longtemps. Ce sera fait à l'occasion de la sortie du 6ème tome. Mon avis sera mitigé... il faut dire que l'attente était grande. J'ai aimé les dessins, apprécié le texte dans sa variété et sa qualité, j'ai trouvé en revanche le scénario un peu ennuyeux. Je vois cette BD parfois en jeunesse, parfois en adulte. Je la classerai comme excellente en BD jeunesse. Côté adulte, on fait le tour un peu vite de son esprit.


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  • Pendant que le roi de Prusse faisait la guerre. qui donc lui reprisait ses chaussettes ?

    Par Zidrou et Roger

    Un duo inédit pour un album plein d'humanité et de tendresse : Zidrou et Roger, le dessinateur de Jazz Maynard, signent le one-shot Pendant que le Roi de Prusse faisait la guerre, qui donc lui reprisait ses chaussettes ? Eh bien, c'est sa maman ! Madame Hubeau, elle, s'occupe seule de son grand enfant de 40 ans, Michel, handicapé. Un quotidien certes difficile, mais joyeux et qu'elle assume avec courage et générosité. Un magnifique hommage à toutes ces personnes admirables qui se battent dans l'ombre.


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